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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 24 mars 2011 20:29

    «  »«  »«  »«  »Ceci dit : si le coeur, à Tchernobyl a explosé, alors, cela voudrait-il dire que ça a fait comme une bombe atomique ?«  »«  »«  »


    Outchhhh !


    A Tchernobyl, l’explosion était moléculaire.
     
    Soit l’eau légère de l’échangeur primaire a bouilli et ça aura fait genre cocotte minute à soupape bouchée (pas de flamme), soit l’eau s’était radiolysée en H² et O² puis ces deux composants, accumulés dans quelque poche, auront explosé ensemble à la faveur d’une étincelle (flamme) 
    La cloche sous laquelle l’explosion s’était produite était très épaisse et lourde. Le couvercle est monté au ciel et il est retombé en fracassant l’enveloppe du coeur. C’est alors seulement qu’en plus des radioéléments déjà libérés par l’explosion du circuit d’eau primaire, d’autres radioéléments sont sortis à l’air libre en provenance du corium qu’on pouvait voir d’hélico.



    A Fuku, la principale différence c’est que c’était bien plus sûrement des explosions H+O qui ont soulevé des enveloppes légères qui sont retombées sans faire trop de dégâts. A priori même si les enceintes de confinement sont un peu fissurées, aucun des coriums n’est à l’air libre. A Fuku et pour l’instant, ce ne sont pas les coriums qui polluent, mais les piscines qui s’achèchent faute de circuit de recyclage normal et où les barres stockées s’échauffent et irradient alors à l’air libre.




  • easy easy 24 mars 2011 18:30

    «  »«  »«  ».Il n’y a donc pas de groupes de pompages mobiles dans tout le Japon ?«  »«  »«  »«  »"

    Les gens qui sont loin des chantiers, qui passent leur vie entourés de produits de consommation courante, ne réalisent pas que beaucoup de choses sont encore fabriquées à la demande. Ce sont des machines extraordinaires souvent taillées sur mesures et nécessitant un ou deux ans de délai de fabrication. Du coup, il existe des matériels qui ne sont fabriqués que par une seule usine dans le Monde.

    Sauf à prévoir une hélice de rechange, si le Charles de Gaulle en casse une, il est bon pour attendre des mois à port.



  • easy easy 24 mars 2011 16:00

    Concernant les simulations qui montrent l’évolution du nuage, les ingénieurs sont partis d’hypothèses, par exemple une masse de X m3 d’air pollué à Y radiations, émise à 20h de la centrale en une couche située entre 20m et 200m d’altitude. Et de là, ils ont demandé à leur logiciel, compte tenu de ce que la machine sait des vents, de dessiner la carte de dispersion. Il suffit que le panache de départ soit monté un cran plus haut pour que ces belles cartes soient archi fausses. 

    Peu importe les cartes, nous sommes trop loin du Japon pour qu’elles aient un grand sens. En France et sur la durée, quels que soient les vents et courants, nous nous prendront notre part de dilution totale.

     
    Une carte de dispersion n’a de sens que très près du point démission, que dans les premiers jours, que si les fuites ne durent pas et qu’au sujet des radio-éléments à demi-vie très courtes


    Hormis le cas du dirigeable parisien, les autres stations de mesure sont au sol. La radiactivité du nuage est portée par des particules plus fines que dans le cas Tchernobyl où beaucoup de bétons et ferrailles ont été explosées. 

    Ce que l’on mesure au sol, c’est la radioactivité des particules déjà retombées (et les premières indications sont en nanosievert). Or les particules déjà retombées ne représentent qu’une infime partie de ce que nous avons encore au-dessus de la tête après seulement 10 jours d’émission.

    Lorsque les émissions cesseront et que tout sera retombé, dans 10 ans, nous aurons accumulé des millions de fois ce que nous venons de prendre.







  • easy easy 24 mars 2011 15:33


    Une explosion du coeur ne présente qu’un seul avantage : il n’y a plus rien à refroidir. Mais à part ça, on se retrouverait avec des masses considérables de saletés dispersées dont le MOX à dangerosité. inconnue.


    C’est à analyser en fonction des produits en jeu mais une explosion chimique classique crée une surpression. Or une surpression créerait une densification du corium susceptible de favoriser une explosion nucléaire. Et si en un point quelconque du corium une explosion nucléaire démarre en raison de conditions favorables, tout le site vire à l’explosion nucléaire.

    Le graphite est un ralentisseur de réaction. Il suffirait de plonger des billes ou briques ou barres de graphite dans le corium pour qu’il se refroidisse avant que le graphite n’ait le temps de fondre. Mais si c’est valable sur le papier, on ne peut pas le faire dans une centrale, parce qu’il n’y a pas la place, pas les accès, pas les outils, même pas les pavés de graphite. Comme outil de catastrophe, une centrale dispose d’escabeau, de seaux, de serpillères, de pelles à ordure, de quelques paires de pinces et tournevis, rien de plus. Rien n’est prévu qui soit à l’échelle d’un corium. 




  • easy easy 24 mars 2011 11:01

    Pas glop ces nouvelles perspectives qui s’ajoutent aux autres déjà pas trop fun.

    Essayons toutefois de trouver une soluce de moindre mal.

    A Tchernobyl, les responsables (dont un blaireau devenu chef par son seul stakanovisme) qui s’étaient lancés un beau matin dans une expérience « pour voir » et qui s’étaient soudain trouvés face à un emballement puis à une explosion de la boîte (soit par explosion de vapeur d’eau soit par explosion H²/O²) avaient été obligés de construire une soluce de moindre mal à toute vitesse puisque le corium était toujours à sa place mais à l’air libre. Leur solution a été prise par défaut, il y a encore eu des surprises mais globalement, le résultat est effectivement de moindre mal. 

    On peut encore espérer que Fukushima pourrait être vaguement contrôlé par bête arrosage continuel (un arrosage continuel évite les choc thermiques qui brisent les matériaux plus efficacement que tout) et qu’on ait alors le temps de gamberger à une solution de moindre mal mais cette fois sans sacrifier des centaines de milliers de liquidateurs.

    Il y a d’abord la question des jus sales qui s’écoulent de ces arrosages qu’il faudrait régler en les canalisant vers la mer afin de libérer un peu le chantier de ses multiples dangers.
     
    Et il faudrait remettre en route les énormes pompes ou les remplacer. Tout ça n’est pas impossible à faire.

    Ensuite on pourra envisager de creuser des galeries pour fabriquer un réceptacle ad hoc au corium lorsqu’il aura traversé le radier de béton. Si on trouve que ce réceptacle est intéressant, dès qu’il sera terminé on aidera le corium à y descendre.

    Quel serait le principe qui rendrait ce réceptacle intéressant ? Il me semble qu’il devrait déjà diviser le corium en des dizaines ou centaines de parts, chacune pouvant alors se refroidir plus vite et pouvant être plus facilement récupérée après refroidisssement pour un meilleur capsulage. Mais au minimum, ce réceptacle contiendra probablement toutes sortes de billes ou alvéoles d’absorption.
    Qui sait, peut-être pourront-ils même, surtout s’ils arrivent à diviser le magma, encapsuler et traîner les capsules vers cet endroit où la plaque océanique se glisse sous le Japon. En espérant qu’ensuite ces capsules seront entraînées 100 km plus profond.


    Tout peut dégénérer mais en l’état actuel des choses (où tout est certes cassé ou en panne mais aussi bien mieux surveillé qu’avant la cata), avec du courage et de la patience, cette cata peut encore finir en 1 ou 5 Tchernobyl en termes de nuisances planétaire, mais sans sacrifier des milliers de liquidateurs.

    Et si effectivement ce drame se termine en valeur de 1 ou 5 Tchernobyl, l’humanité y survivra. Les dommages seront alors juste suffisants pour qu’elle renonce à poursuivre dans cette voie. Cela constituera le second plafond prométhéen après celui de la bombe.


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