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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 21 mars 2011 14:51

    Bonjour Lilaluz,

    « ...la Corne de l’Afrique »


     smiley



  • easy easy 21 mars 2011 13:55

    Quelles que soient les véritables raisons (autant mettre ça au pluriel) personnelles de Sarko de s’être lancé dans cette guerre contre Kadhafi (en étant parfaitement conscient d’être en partie manipulé par les EU) son argumentation publique sera celle qu’il faudrait, tout aussi publiquement, démonter.

    Si l’on ne fait qu’attribuer des motivations secrètes à notre Chef, on s’épuisera en vain.

    Il expose des arguments publiables, énonçables, ce sont ces arguments qu’il faut démonter.

    Cet argument de fond que Sarkozy et l’ONU exposent c’est donc la protection des Libyens.
    (l’argument du nécessaire départ de Kadhafi étant moins fondable, il est zappé en cet épisode martial)

    Et s’il y a eu tant de monde d’accord autour de l’argument de la protection des Libyens c’est qu’il y a un fonds culturel issu de la Méditrerrannée qui a fait florès et ce fonds c’est le fonds chevaleresque qui consiste à faire fi de sa propre personne pour aller sauver quelque veuve et orphelins inconnus au très lointain.

    Tant que ce concept ne sera pas démonté et mis en examen, il sera toujours possible de l’invoquer pour larguer des bombes quelque part, y compris en interne (Un gouvernement peut faire valoir ce concept de protection de chais pas qui pour tuer des manifestants).
     
    Or ce concept n’est pas du tout universel. Ici, on a l’impression qu’il ne peut pas en être autrement que d’aller pourfendre au loin quelque dragon terré en grotte supposé terroriser une population mais beaucoup de peuples ignoraient cette drôle d’idée.

    Voyons que des histoires dans lesquelles un méchant minotaure terrorise une population qui appelle alors à l’aide quelque chevalier en train de se la couler douce, il y en a des tonnes, dans nos contes et légendes. Mais dans la réalité de l’Histoire, ça ne s’est réellement produit que très rarement.
    Il y a eu le cas Erzebeth Bathory, le cas Gilles de Rais, la bête du Gévaudan, au total une poignée ou deux de cas où la population a réellement appelé au secours quelque chevalier courageux à sa délivrance.


    Mais en Méditerranée, depuis les Ulysse et autres Thésée, on a fait tout un plat de la disposition à combattre un dragon qui ne nous a personnellement fait aucun mal. Les joutes du Moyen-äge, réservées aux nobles et se produisant sous les yeux des belles, traduisaient au quotidien cette fantasmagorie.


    En réalité, bien plus courants étaient les cas de peuples dirigés par un dictateur et qui n’avaient pas idée d’appeler qui que ce soit à la délivrance. C’est qu’au fond, même quand on en bave de vivre sous le joug d’un dur, on y trouve aussi des avantages. On a à passer sous les fourches caudines de son maître mais au moins sera-t-on sûr qu’on n’aura pas à mourir sous l’épée d’un envahisseur. On peut se dire que notre maître a surtout besoin de nos bras et de nos talents alors qu’un envahisseur nous préfèrerait tous morts.

    C’est la quasi totalité des peuples qui ont, pendant des millénaires, préféré fonctionner sous la férule d’un maître absolu et qui, en cas d’attaque extérieure, se sont battus assez volontiers pour le statu quo. 

    Les Libyens pro Kadhafi, peut-être la moitié ou le quart des Libyens, sont des gens qui savent toutes les formes de gouvernance mais c’est comme ça, ils aiment assez l’idée de mourir pour le Chef (ils aiment en tous cas le chanter). Ca nous semble ringard mais il y a un siècle nous en étions encore là et depuis, c’est pour une figure plus abstraite que nous sommes prêts à mourir (à le chanter en tous cas) . 

    Mourir pour quelque chose qui n’est pas soi, pour quelque chose qui nous dépasse, pour une transcendance, qu’elle soit incarnée sous forme d’un Roi ou qu’elle soit plus virtuelle ou symbolique sous la forme d’un concept social ou d’un drapeau, c’est très équivalent. Faire rempart de son corps pour protéger un roi, une croix, un drapeau, ou une langue, c’est très équivalent et Dieu seul saurait dire quelle abnégation est la plus folle.


    Là, Sarkozy et l’ONU disent qu’ils jouent la chevalerie. Mais c’est parce qu’il leur semble que les insurgés réclament la démocratie. Le jour où il y aura des insurgés encerclés eux aussi par leur tyran mais qui réclameront une théocratie, le même Sarko, la même ONU oublieront de dégainer cette même blanche épée. Et ce jour-là, ce sera le tour des théocraties en place d’invoquer la défense de la veuve et de l’orphelin pour balancer des bombes.

    Il faut donc mettre en examen le romanesque, l’épique, et l’Allemagne vient de montrer qu’elle est à la pointe de cette démarche. Mettre en examen ça ne veut pas dire occire, ça veut dire examiner.



  • easy easy 21 mars 2011 12:18


    Bonjour Zen,

    Vous avez écrit «  »«  »« Cela dit , je ne suis pas sûr que, même mieux informée, une majorité soit prête à renoncer facilement à des avantages à court terme,  »«  »« 

    Alors je ne vous pilorise pas  smiley


    Sans cette phrase..


    Lorsqu’un drame se produit et qu’il existe des preuves impossibles à dénier que tout le monde est peu ou prou responsable au sens où tout le monde savait mais laissaiit faire, on parvient à extirper de cette masse et dans le meilleur des cas : »En effet, nous sommes tous responsables mais il y en a qui sont plus responsables que d’autres« 
    La suite ou conséquence implicite de cette assertion c’est qu’il faut piloriser, pilonner, empaler et plonger dans l’huile bouillante ces  »plus responsables que d’autres« .


    Ce pourrait être le combat de ma vie que de discuter de ce point. 
    Ce serait un combat dans lequel j’aurais à faire face au maximum d’ennemis et de bunkers rhétoriques à la fois. Mais j’aurais encore contre moi toutes les lois, tous les contrats. Des montagnes de papier (comme disent les avocats) affirment que, par exemple, si l’on travaille dans le poireau on est »plus responsable que d’autres« de ce qu’il advient du poireau. Les  »plus de responsabilité« sont inscrits dans des milliards de contrats et je serais complètement laminé sous le poids de ce papier. La messe serait alors dite.

    Mais si, sans invalider pour autant ce papier, je pars librement et ab nihilo des principes de psychologie de groupe (dont quelques faits ont été mis en évidence par Milgram), alors je peux prouver que la somme des infimes responsabilités de chaque individu formant la masse est toujours supérieure à la responsabilité d’un seul homme. 


    Pour un Martien, il peut y avoir autant d’infinis dans un individu que dans une foule.

    Mais dans la pratique et dans les rapports entre la masse et l’individu, la première possède plusieurs infinis alors que le second n’en possède aucun.


    Un type seul ne peut pas, sauf à s’appeler Christ, porter une responsabilité infinie. Le plus de responsabilité que peut prendre un individu doit équivaloir tout au plus, à sa vie, au prix, à la force, à l’énergie, à l’or de sa vie, de sa pensée, de son intelligence. Un gus ne peut pas donner plus que tout son temps, toutes ses intelligences, toutes ses douceurs, toutes ses forces, toutes choses qui, l’un dans l’autre, suffisent en général tout juste à soi-même, avec un peu de rab pour porter quelques enfants, un conjoint, guère plus. 
    En moyenne des individus, ce qui nous amène à peu près au cas d’un Touareg disposant d’un pick-up, un individu ne peut donner que lui. Et un individu, même entier, même avec le réservoir de son pick-up plein à ras bord, ce n’est pas grand chose à l’échelle de la masse humaine. 

    C’est donc se mentir d’office que d’aller à considérer qu’un ingénieur de centrale nucléaire a fondamentalement une responsabilité dépassant le poids de ses 80 kilos. Et le fait est que tous les gens qu’on a pilorisé à la suite de cata, n’ont jamais pu, réparer les considérables dégâts. Quand bien même un »responsable par contrat« se couperait en un million de petits morceaux, il ne réparera rien de rien.

    Et cela nous le savons tous. Pendre un individu »responsable sur contrat" alors que ça ne change plus rien à une catastrophe, c’est résoudre une seule chose, le feu de la colère et de la vengeance. 



    Concrètement, un individu pourrait recevoir des infinis de la part de la masse, alros que la masse ne peut recevoir que des miettes de la part d’un individu.
    De là, la responsabilité de la masse devrait toujours être considérée comme infiniment plus grande que celle de l’individu, même quand cet individu est couronné. 

    Mais bon, elle est maline la masse.
    Elle sait très bien dire qu’elle est responsable quand un type invente seul un bidule marrant dans son garage, elle le panthéonise pour nationaliser son exploit et on l’entend alors s’enorgueillir de son Passé prestigieux mais elle sait aussi bien dire qu’elle n’est pas du tout responsable des conneries que fait un type seul dans son coin.

    La Masse nationalise les profits et privatise les pertes.




  • easy easy 21 mars 2011 10:44

    Que de richesses dans cet article et ses liens !
    J’apprécie surtout parce qu’il évite en grande partie l’habitude éditoriale qui consiste à proposer un plat facile constitué de crabe en bâtonnet facile fait à partir de surimi lui-même facile. Depuis chaque recoin du tableau proposé, chacun est invité à reprendre une réflexion personnelle, à sa manière.

    De toutes manières, je préfère les papiers qui nous renvoient à nos propres responsabilités, les papiers miroirs donc, aux papiers qui pointent des méchants du doigt, les papiers index. Je crois, que même quand le diable semble être plus particulièrement installé dans le corps d’un autre, ce mal s’est nourri du lait de nous tous.

    Entre autres exemples, le « lobby du nucléaire » c’est en réalité nous tous (Excepté ceux qui se sont toujours dirigés vers les urnes pour voter explicitement contre, soit à peu près 1% de la population totale). Le bbby du nucléaire est constitué des 99% de la population.
    Cette quasi totalité de la population va s’empresser, quand ça fume, que ça pète et que ça gicle, de prétendre qu’elle n’était pas explicitement pour, qu’elle était même plutôt contre, mais les chiffres sont là.

    Lorsque nous avons eu, par un bulletin, à choisir entre nous opposer franchement au nucléaire avec des perspectives de restriction de confort immédiat ou fermer les yeux sur les risques spéciaux du nucléaire pour disposer d’un stade offert par cette industrie, nous avons choisi le stade. Faut bien que les gamins s’aèrent.

    Entre deux urgences, il y a à se demander si nous n’avons pas été trop intolérants vis-à-vis des gens ayant choisi de vivre en roulotte ou en yourte.



  • easy easy 20 mars 2011 11:18

    L’art et la culture ?
    La part de l’art dans la culture plutôt.
    Ou la part de l’art et de la culture dans la politique.
    Ou la part de la politique dans l’art.
    En fait, tout se tient par la barbichette. Tout est miroir de tout.



    A part ça, concernant l’iconographie, la statuaire, leur part dans la constitution des cultures et donc des transcendances, il y aura la page du cheval et celle de l’après cheval.

    Pendant 5000 ans d’Histoire chevalière, il était presque toujours possible de représenter un chef physiquement présent donc engagé, donc courageux, sur un champ de bataille.

    On pouvait même en représenter en train d’agoniser d’un coup d’épée.

    Depuis qu’il n’y a plus d’écuries ni de sabres, même au plus fort des batailles, les chefs ont les jambes croisées sur un bureau vernis situé aux antipodes et ne courent plus que le risque de recevoir un coup de fil.

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