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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 18 mars 2011 10:13

    Je crois aux changements et l’ère des grandes surfaces aura forcément une fin.

    Un changement de tendance se fait parfois sur des petits riens.
    Par exemple, il suffit que dans des BD on dessine une Cellutite tirant un caddie à deux roues en tissu écossais pour que plus aucune jeune femme n’ose en tirer un et qu’en conséquence les marchés et les commerces de proximité perdent une part de marché. (Les hommes, tirer un caddie en tissu écossais ? Plutôt crever !)

    Or, toujours sur le registre de la caricature de l’homoroue à partir de l’engin qui nous porte ou qu’on pousse, le caddiman à 4 roues en a pris plein la figure et quasiment dès son apparition. C’est des millions de fois que l’image du chariot à pièces a été utilisée dans toutes sortes de film (dont des fins du Monde, des apocalypse), et jamais à l’avantage de celui qui le pousse. Il y a donc depuis presque 30 ans, une raillerie facile qui va à faire passer le pousseur de Cad x 4 pour un Bidochon, un zonard et un proclodo.

    Faire ses courses dans une grande surface est dévalorisant et nous passons tous sous les fourches caudines banc rouge anti Manouche pour remplir notre frigo et notre réservoir. Nous avons supporté pendant 30 ans cette humiliation, ce face-à-face avec le ridicule de notre vie, chaque fois que nous sommes entrés dans ce genre de grande aire commerciale où les caméras et vigiles nous prennent d’emblée pour des voleurs.

    Notre envie de trouver une solution moins humiliante est immense et le moindre relooking plus glamour de ces endroits nous offre une raison de persister à pousser encore et encore le chariot à pièce faute d’alternative meilleure.

    Il faudrait donc des changements de données très profonds pour que nous en finissions avec ce caddie de la honte. 
    Et dans ce changement, le e-commerce joue sa part. Acheter les mêmes choses au même prix et au même Géant mais sans avoir à se sentir con de devoir danser pendant une heure avec son symbole grillagé et tintinnabulant sur une musique de cafard et un éclairage qui ne l’est pas moins, c’est la soluce qu’offre la vente sur le Net et la part de ce marché va en augmentant. 

    Les grandes surfaces sont prêtes à subir un quelconque lourd changement de données (dont le renoncement à la voiture par exemple) et à abandonner alors leurs structures physiques, leur immense parking. Mais elles resteront les maîtres du jeu en achetant de grands volumes, en nous livrant à domicile et les commerces plus petits devront d’une manière ou d’une autre s’approvisionner chez ces gros acheteurs. 

    Pendant que la très grande majorité des gens choisissent d’habiter près d’un centre commercial, d’autres, souvent beaucoup plus riches mais pas toujours, font un point d’honneur d’habiter dans un endroit, par exemple les coeurs des villes, où il n’y en a pas, où ils ne peuvent même pas être soupçonnés de savoir ce qu’est un chariot à pièces. (Je connais des familles, logées Avenue de l’Opéra, qui sont dans cette ligne de pureté).




  • easy easy 17 mars 2011 18:35

    «  »«  »«  »«  »« qu’est-ce qui a merdé , et comment ça a pu merder à ce point  ??? »«  »«  »"

    J’adore cette question et je crois qu’elle va désormais me hanter (je parle sérieusement).

    Je ne doute pas que j’irais souvent à me répondre que c’étaient les projections des futurologues de l’époque qui merdaient, mais j’ai l’impression que ça ne me satisfera pas tant il me restera l’impression confuse que le plus difficile n’est pas d’aller vers un objecitf mais de le concevoir ; Jacques Rougerie avait eu le très grand mérite de concevoir une vie sous la mer, nous avons eu les yeux qui brillaient, il ne restait plus qu’à... mais ...rien...
    Etrange



  • easy easy 17 mars 2011 16:59

    J’aime beaucoup le ton à degrés multiples de ce papier.

    Ma mère, si elle me voyait faire du delta, avait le choix entre deux prédictions
    -Tu n’auras pas d’accident
    -Tu vas avoir un accident.

    Quelle prophétie avait le plus de « chance » de se réaliser ?

    Pareil avec le train qu’on pourrait rater.

    Et finalement, bien que l’accident se produise forcément un jour ou l’autre, y compris en descendant la poubelle, la prophétie de Cassandre n’est pas autoréalisatrice car celui qui est provoqué en son prométhéisme redouble d’attention pour s’éviter le ridicule d’avoir commis une erreur que d’autres avaient largement su prédire.



    A part ça et pour revenir plus dans le sujet du papier, nous revenons de loin en matière d’appel à la prudence.
    En fait toute la prudence était à inventer entièrement après la seconde guerre mondiale et Hiroshima. Jusque là, les instances les plus « anciennes, sages, posées, averties » allaient plutôt à lancer à des gens « Baïonnette au fusil, chargez ! »

    En 1912, le tailleur parisien (autrichien aussi) Franz Reichelt, se jette de la tour Eiffel avec son parachute et s’écrase. Il avait prévenu de son exploit et il y avait du monde au balcon. Pas une seule personne, pas même son épouse ravie d’être devenue l’épouse d’un personnage, ne lui a dit qu’il pouvait se faire mal, qu’il fallait au moins poser un filet, une piscine. Pas une seule des milliers de célébrités que nous encensons aujourd’hui, pas même le couple Curie, personne n’a crié casse-cou.

    Il faut dire que depuis 1800, il y avait dans l’air un désir de morbide dans le monde Occidental. C’était l’époque où l’on aura le plus observé l’anus du monde et les cadavres en habits de soirée. De nos jours, il se passe encore des choses horribles comme des égorgements. Mais elles ne sont pas perpétrées dans un sens transcendantal comme au XIXème. A l’époque, on allait voir les organes de la vénus Hottentote, les nègres du monde derrière des barreaux au zoo de Vincennes, on posait sur son buffet un plâtre d’écorché, on collectionnait les têtes réduites, on peignait l’Origine du Monde, ...

    Et nous venons donc de là. Ce n’est qu’après 45, après la peur de tous crever sous un déluge de bombes atomiques pendant la guerre froide, que nous avons progressivement abandonné notre goût pour le morbide. Il en reste évidemment des relicats, en particulier en salles obscure, mais on ne peut plus en faire salon. Gottfried Helnwein a du mal à trouver des lieux pour exposer et pourtant ce qu’il cherche à faire ne consiste pas à normaliser le sordide mais au contraire à nous dégouter de ce qui nous reste de reptilien, à avoir peur de notre reptile, à nous en méfier.

    Ce mouvement vers le propre, la vie, la jeunesse et la sécurité, ce refus de l’apocalypse du fait de l’homme, a conduit à l’apparition des CHSCT, des lignes de vie sur les toitures, aux rails de sécurité, aux limitations de vitesse, aux ceintures de sécurité, aux air-bags. De ce mouvement vers l’esprit de prudence et de préservation est née l’écologie.



  • easy easy 17 mars 2011 15:38

    @ Henri François,

    Moi aussi à l’Empire Wagram, en 68. Il y avait une caissière derrière une guérite.



  • easy easy 17 mars 2011 14:57

    @ Triodus

    LOL, nous sommes tous sur les nerfs.

    Au fond, bien des systèmes devraient fonctionner comme le Net, en toile.

    C’est un cette tendance qui se met en place d’une part par interconnexion des lignes, d’autre part par diversification des fournisseurs de courant sur ce réseau. Fermes photovoltaïques et éoliennes injectent dans le réseau aux côtés des centrales de toutes sortes. En France, chaque KWH d’électricité que nous utilisons est, sans que nous le sachions, de 8 ou 12 sources tournantes possibles.

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