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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 9 février 2011 15:42

    «  »«  »«  »«  »«  »« par contre, refuser d’apprécier une pub parce que c’est une pub, ce n’est pas avoir l’esprit critique mais le jugement dans un état critique »«  »«  »«  »«  »«  »"

    J’opine

    C’est triste, déprimant au possible, de voir que tant de gens en sont à se pendre aux poncifs. Et concernant la pub, le méta poncif est qu’il faut s’en méfier comme de la peste quand on est averti (tu parles). C’est donc en tant que sachant, en tant que pas-du-tout-panurge, qu’on ne doit même pas la regarder. Qu’on ne doit en tous cas jamais avouer l’avoir regardée. En parler est donc impossible aux initiés.

    Mah, vers 1890, l’église était si diabolisée qu’il ne fallait même pas regarder les clochers. Peut-être fallait-il même se boucher les oreilles toutes les heures.



  • easy easy 9 février 2011 15:31

    «  »«  »«  »«  »La question à vous poser est comment est-ce que vous, qui êtes plutôt critique, avez pu vous laisser séduire par un marchand de bagnole ?«  »«  »«  »«  »«  »"

    En n’étant pas dogmatique.



  • easy easy 9 février 2011 15:13

    Comme vous dites Ariane, les garçons et les filles, ça fait deux points de vue forcément différents.

    Mais s’y ajoutent, nous le comprenons bien, des vécus différents. Alors que je suis né après 1950, j’ai tout de même vécu 10 ans de la pire des guerres modernes. Alors la guerre jusque dans les étoiles, ça me déprime.

    Et il y a une autre chose que je n’ai pas dite dans ma première réaction. J’en ai plein dos des récupérations de l’enfant à des fins publicitaires, surtout quand, en principe, l’achat du bien en question relève d’une décision d’adulte.
    Qu’il y ait des gosses dans les pubs pour les jouets ou les bonbons, OK. 
    Mais depuis 20 ans, on voit des parents devoir choisir leur voiture, parfois leur maison (rien d’autre il me semble) en fonction de la décision ou au moins des préférences de leurs enfants. 

    Ca nous montre que l’adulte ne sait plus choisir, qu’il est perdu et que l’enfant (avec ses copains ajoutés), allez savoir pourquoi, sait choisir. 
    Cette inversion des rôles ou des puissances, ne peut pas être sans effet pervers. Elle incite forcément les enfants à croire qu’ils savent mieux que les adultes ce qu’il faut faire, y compris face à un ET. Et bien entendu, elle altère le peu de confiance que les adultes peuvent avoir en leur expérience. Ce qui nous renvoie tous à l’enfance pour l’enfance, au jeunisme.

    L’adulte capitule devant la critique puérile dès lors que cette critique est émise par une masse. A trop d’adultes, le discours blasé et critique des gamins paraît supérieur parce que ces derniers ont désormais un langage de bande, de masse, et de masse respectée, protégée, sollicitée. L’enfant a une bande comprenant un milliard de membres utilisant tous les mêmes codes, les mêmes poncifs et insultes. Subissant un des effets Milgram, le parent se retrouve isolé et mis en minorité culturelle, donc d’autorité. S’il n’adopte pas le verbe et la vision des gosses, il n’existe pas à leurs yeux.


    A part ça. Ce concept d’enfant jouant une aventure magique me semble dépassé. 
    Il y a 40 ans, un garçon portait une panoplie de Zorro et il devait fantasmer le reste. Le vrai Zorro monte un cheval et tue des méchants. L’enfant Zorro doit fantasmer la chevauchée et le tuage. 



    L’enfant d’aujourd’hui, passe son temps de loisir sur des jeux vidéos où tout est là. Il joue à des jeux où i’l n’y a pas de version plus « vraie ». Ce quil rencontre, dans c’est jeux, c’est l’alfa et l’oméga du fantasme. Il n’y a pas de débordements possibles. Dans ces jeux, il y a des personnages vituels, avec des pouvoirs, avec des méga muscles mais le joueur n’en voit pas de version plus « réelle » au cinéma par exemple. Ces personnages de jeux vidéos restent donc dans son esprit sous la forme finale la plus aboutie qui est ...bin une bête animation vidéo qu’il manipule en live.

    De plus, les aventures des personnages de ces jeux vidéos sont faites par le biais de la participation d’un collège de joueurs, là encore en temps réel.


    Quand un enfant des années 50 devait jouer à Aladdin, il devait, après avoir enfilé quelque sandale, faire un paquet de transpositions, pour se situer à une époque antérieure, pour avoir des tapis le transportant dans les nuages, et pour revivre des aventures originellement dictées par les personnages de l’époque et du contexte du « vrai » Aladdin. et il faisait ça tout seul.
     
    La période Dark Vador relève encore de cet ancien concept. Et en effet, un gosse qui en endosse la tenue, est obligée de faire des tas de fantasmes et il le fait tout seul, comme dans ce film.

    Mais c’est dépassé.

    Paradoxalement, avec les jeux vidéos modernes l’enfant d’aujourd’hui vit des aventures bien plus réelles. Il n’a pas besoin d’en rajouter à ce qu’il vit pleinement quand il est sur sa console et co-joue avec des dizaines d’internautes (interchangeables, sans grande valeur singulière) à travers le monde.

    Paradoxalement, l’enfant vidéojoueur d’aujourd’hui est moins sollicité ou attiré par la magie que celui des années 50.
    Pour lui, la magie maximale est là, dans la conception et la réalisation des jeux vidéos auxquels il donne vie maximale. Elle n’est pas ailleurs. Elle ne peut pas être ailleurs (exception faite des quelques restes de pèrenoëleries)

    Il ya 30 ans, beaucoup de garçons fantasmaient de faire léviter des choses, à commencer par eux-mêmes. Il y a 30 ans, il paraissait constamment des livres sur les possibilités surnaturelles ou « méconnues » des hommes. Possibilités à redécouvrir donc au travers de stages auprès de quelque mâitre es Katmandouceries. De nos jours, ils sont très minoritaires ceux qui en sont encore là. C’est fini le rêve de l’homme qui parle aux éléphants, qui parle aux singes, qui parle aux dauphins aux loups et autres chevaux. C’est fini le Grand Bleu que certains étaient allés voir 80 fois en salle.


    Reste à savoir ce qu’est devenue la force ou pulsion fantasmatique chez l’enfant d’aujourd’hui. J’ignore où elle est passée, quel est son avatar. 



    Autrement dit, cette pub a été conçue par les vieux enfants de l’époque, pour toucher les vieux enfants de l’époque. 
    L’ex babalasko qui achèterait cette caisse en escomptant surprendre son fils de la sorte, serait gravement déçu. Ou alors le gosse sort tout droit de chez les Amishs.


    Les gosses d’aujourd’hui, c’est quand ils voient une porte ne pas s’ouvrir toute seule qu’ils sont surpris.
     



  • easy easy 9 février 2011 13:35


    Remarquée en tous cas, cette pub.

    Merci Ariane pour ce sujet.


    J’aurais supprimé toute musique.

    Sans aucune musique, on se serait trouvé dans le cas où des caméras fixes, disons de surveillance vidéo, auraient capturé l’aventure d’un enfant.

    La présence d’une musique et qui plus est de la musique même du film où il y a Dark Vador, rend le film lourd lourd lourd. Plombé.

    J’aurais eu cette excellente idée à traiter, non seulement j’aurais supprimé toute manipulation lourdingue du genre musical mais j’aurais également exigé un jeu plus vrai de la part de l’enfant. Ici, ses gestes sont trop parfaits. Certes, le personnage étant des plus théâtraux, on ne peut guère l’imiter sans amples gestes. Mais tout de même, un enfant partirait dans ce trip, il ne ferait pas des gestes traversant aussi bien le masque. Nous n’avons plus rien à deviner tant il force les expressions. Alors que dans la réalité d’une telle aventure, l’enfant jouerait surtout pour lui-même. Ses gestes seraient essentiellement intériorisés. Surtout pour faire léviter des choses.

    Un produit peut effectivement, c’est bien prévu ainsi, se faire aimer au travers d’une pub. Et bien si l’objectif consistait à faire aimer un constructeur qui se distingue des autres par l’attention qu’il accorde aux choses vraies, le metteur en scène a raté le centre de sa cible.

    Ce film ne sonne pas vrai tout en prétendant refuser le chiqué et le cliché.


    De toutes manières, associer une voiture (à moins qu’elle tienne nettement plus que d’autres d’un vaisseau spacial), avec la musique stressante d’un film montrant la guerre, la guerre encore, la guerre toujours, la guerre recherchée par l’enfant, ne me semble pas judicieux.



  • easy easy 9 février 2011 13:05

    J’ai passé mon enfance à Saigon.

    Il y avait, dans les années 50-60 une diaspora chinoise constituée des plus commerçants, des plus entreprenants parmi les habitants de la Chine ayant choisi d’en partir quand elle s’était déchirée entre la tradition impériale et la convoitise des Occidentaux.
    Le Vietnam avait clairement subi 1000 ans d’influence chinoise. Mais la présence de cette diaspora chinoise à Cholon, ville voisine de Saigon, que la colonisation française avait eu bien du mal à maîtriser, enfonçait le clou de cette sinisation du Vietnam.

    Le résultat c’est que, par exemple, la fameuse fête du Têt est très rouge de couleur (parce que c’est la couleur du bonheur en Chine. D’où le rouge des pétards) et bourrée de références à l’argent (faux billets, faux lingots d’or offerts sur les autels, à l’intention des morts)

    Et les gamins, chez eux, entre voisins, sur les trottoirs devant les écoles, jouaient à mille sortes de jeu ayant la plupart du temps comme enjeu final, de l’argent.

    C’est un des pays où à tout coin de rue, que dis-je tous les 3 m de rue, on voit des gens, des enfants (dont le sens est alors bien différent d’ici) vendre des trucs, des bidules, des machins, bouffe, cigarettes, friandises, gadgets...) Plus que n’importe où ailleurs.

    L’enfant de Saigon de l’époque était donc hyper névrosé non exactement de l’argent en masse, car la masse, la fortune, ça n’existait pas, c’était hors de concept de la plupart des gens, maisdu petit jeu de l’argent.

    Toute leur attention étaient tendue vers les petites actions susceptibles de rapporter quelque pièce ou billet.

    Vous savez, une névrose, il faut la regarder de près. Par de moindres détails, elle entraîne dans une direction ou dans une toute autre.
    Et là j’insiste, la névrose du fric, chez les Saigonnais d’alors était de se faire du petit fric, très souvent, constamment, du petit fric. Il y avait donc dans cette vision obsédante, la considération que l’argent devait obligatoirement tourner, circuler, vite, vite, passer d’une main à une autre. Observez le commerce de rue en Extrême-Orient et vous verrez ce qu’on ne voit pas ici : l’argent circuler.


    Puis il y a eu l’influence Occidentale avec principalement les études poussées, l’acquisition des diplômes pour, plus tard, avoir un bon métier. Et la préoccupation à étudier a pris progressivement le dessus sur les jeux de rue, de trottoir. Chacun s’est replié dans sa chambre en sacrifiant ses instants présents, en investissant du sacrifice présent pour un futur meilleur. Et ce futur meilleur, ce fantasme qui se vit isolément des autres, ouvre la porte aux délires. D’autant que les médias de plus en plus présents montrent des cas de fortunes colossales édifiées un peu partout sur la planète.


    Petit à petit, l’attrait pour l’argent s’est transformé. Il est passé d’une passion pour le jeu de billes ou de combat de coqs où l’on gagne trois sous, le jeu étant lui-même une composante énorme de cette passion, à une passion pour la fortune. Ce qui est toute autre chose.

    Dans la névrose d’autrefois, il allait de soi qu’il fallait des partenaires de jeu. Il était donc indispensable d’être urbain, agréable, gai. Et il était également indispensable d’aider un ruiné à se rétablir en lui prêtant trois sous. On se prêtait tout le temps de l’argent, de personne à personne (la tontine étant un des aspects de ce principe).

    Alors que dans la nouvelle version de cette névrose, on n’a plus du tout besoin de partenaires de jeu. On ne se voit pas jouer avec qui que ce soit. On se voit jouir de la seule possession de la fortune et des biens matériels qu’elle procure.
    Dans la nouvelle version, les autres peuvent bien crever.

    Je considère qu’actuellement, le Vietnam pourrait être un des derniers endroits d’Asie où il reste encore une part conséquente de la névrose ancienne formule, celle qui place le jeu au centre de l’affaire. Celle où l’on n’envisage pas la fortune. Celle où l’on explose de joie pour avoir gagné à un jeu de cartes. Celle où il faut des camarades de jeu. Celle où il faut que ça grouille, celle où il faut des éclats, des cris, des rires. Celle où l’argent permet de jouer avec les autres, de créer des cris, des rires.

    De nos jours, en France, l’exemple des énormes yatchs nous montre que l’objectif est de faire fortune pour s’isoler, pour pouvoir vivre sur une île où tout est façonné à sa manière. Cet objectif névrotique est bien plus difficile à avouer, et pour cause puisqu’il est associal, puisqu’il méprise le grouillant.

    La névrose fric-jeu, quoique névrose donc forcément un peu inconnue par soi-même, pouvait tout de même s’avouer indirectement. On disait très clairement qu’on avait envie d’aller voir des potes pour jouer aux cartes avec eux.

    La névrose fric-fortune, elle aussi nous échappe en zone de semi-conscience, mais elle est forcément bien plus muette puisque par essence, elle va à écraser complètement les autres et vise l’isolement maximal dans le confort matériel maximal.

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