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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 4 février 2011 12:12

    Je trouve cet exposé sophiste.



  • easy easy 4 février 2011 12:09

    Bon bon, alors continuons sur la flûte.

    Certes, il y a les os qui sont souvent des tubes. Mais il y a aussi le bambou (il existe des variétés pleines mais la plupart sont creuses). Une fois les cloisons de séparation situées au niveau des noeuds cassées, on se retrouve avec un tube léger et solide.

    Au Vietnam, où il y a beaucoup de bambous, il y a plus de 50 ethnies (un record),. dont la plupart sont montagnardes et méconnues (Hmongs et consors..) Et bien la flûte est leur truc. On en ferait la collection, je crois qu’on atteindrait facilement les 300 modèles différents.


    [Et il y a des flûtes doubles, deux flûtes utilisées simultanément, depuis les Grecs anciens (Cf Hypahie-Agora), depuis les Océaniens aussi anciens. Flûtes doubles dans lesquelles on souffle avec la bouche, mais pas toujours. Bin voui, ya pas qu’avec la bouche qu’on peut souffler dans une flûte, les amis. La cornemuse étant une déclinaison particulièrement aboutie du principe multi flûtes]



    Nos amis Japs, ils en ont des flûtes de toutes sortes. Ils affectionnent en particulier le shakuhachi. Vous savez, c’est cet instrument qu’on entend dans les films d’Akira Kurosawa, ambiance dépouillée, son de flûte qui arrache le coeur...

    Vous savez la méticulosité extrême des Japs. Et bien les shakuachi devaient être fabriqués avec une précision diabolique. Par exemple, le diamètre des trous était contrôlé et rectifié par adjonction de couches de laque. Cette laque rendait certes les trous plus inusables mais ils étaient ainsi façonnés au micron près.

    Dans les pièces traditionnelles japonaises, il y a fatalement des morceaux de shakuachi. Certains particulièrement difficiles rendaient leurs exécuteurs célèbres.

    Et une secte, vous savez, de ceux qui ont un chapeau tressé qui retombe sur le cou en étant alors un peu plus ajouré au niveau des yeux, (Cf « Les poignards volants »). Secte dont les membres se faisaient la réputation de jouer parfaitement le shakuachi, la secte fuke. Ses membres avaient le privilège shogunal de jouer de cet instrument et pouvaient arpenter le pays avec le visage quasiment dissimulé. Du coup, espionnite aigüe faisant, on prit l’habitude de tester tout moine promeneur ainsi masqué en lui demandant d’éxécuter une oeuvre très difficile au shakuachi. S’il échouait, il était considéré comme faux Fuke donc vrai espion et exécuté.



    Faisons-nous une réflexion. Quand un type invente un instrument ab nihilo ou par adaptation-modification, il en est jaloux. Naturellement jaloux. De tous temps, les facteurs-utilisateurs d’instruments de musique, tenaient très probablement à préserver leur secret. La rareté des instruments retrouvés dans les sites archéologiques pourrait découler de cette jalousie fondamentale.

    La jalousie des prométhées les secrets de fabrication, les savoir-faire, dans tous les domaines (musique, outils, sidérurgie, poterie...), auront certainement contribué à la rareté des pièces retrouvées intactes (les beaux objets qu’on retrouve intacts étant justement ceux placés dans des tombes, là où personne n’est censé aller fouiller).
     
    Le secret était probablement si conceptualisé, si bien compris, si bien protégé, qu’il devenait une valeur en tant que tel. Certes, un secret aura toujours permis de se faire du fric, mais autrefois on ne se faisait pas des montagnes de fric à la Sony ou à la Microsoft et le secret pouvait n’avoir qu’une valeur métaphysique. On pouvait y trouver une raison de vivre ou de mourir. 

    Ou la la , je déborde du sujet !

    Je finis donc.

    Et bien ce serait Jules Ferry, qui (dans le prolongement des scientifiques), en vulgarisant le savoir, la connaissance, en forçant tous les Français à parler et à écrire français, en faisant disparaître les patois nationaux mais aussi des colonies, aura démoli la composante la plus métaphysique donc la moins matérialiste du Secret.
    Et Julian Assange n’aura rien arrangé à cette tendance.

    Les dieux apprécient la musique et détestent la transparence.



  • easy easy 4 février 2011 10:43


    Ah mais voilà la personne à qui je vais poser la question qui me taraude depuis 30 ans.

    Il me semble avoir vu un schéma représentant en coupe, un bécher rempli aux 3/4 d’un liquide et, oh miracle de ses propriétés tensio-actives, ce liquide grimpait (en film mince) sur la paroi de verre pour retomber vers l’extérieur.
     Peut-être ce bécher était-il placé dans une cuvette contenant un peu de ce liquide. Le niveau de ce liquide placé dans le bécher étant plus élevé en altitude que celui de la cuvette, en glissant le long de la paroi qui le sépare de celui de la cuvette, il chercherait la mise à égalité des niveaux. Ca se passerait comme selon le principe des vases communicants mais par le biais d’un film liquide pouvant alors remonter des parois.

    Ce composé liquide existe-t-il vraiment ou n’était-ce qu’un schéma d’hypothèse ?



  • easy easy 4 février 2011 04:53

    Erratum

    «  »«  »« Des molécules architecturées D dévient la lumière polarisée vers la droite (on les dit dextrogyre ou +) d’autres, architecturées D, la dévient vers la gauche (on les dit lévogyre ou -) »«  »«  »





  • easy easy 4 février 2011 04:43

    LOL, sympa ce sujet. Merci xtf 17 (avec un pseudo comme ça on se croirait déjà à Gattaca)

    Ca me rappelle l’époque rêveuse de mes études à Jussieu. En fait la science en tant que bidule organisé, pensé selon l’esprit d’Aristote puis de Buffon, c’est fait pour rêver. c’est très prométhéen. On s’y fait souvent des soucis mais il s’agit alors de soucis de chercheurs, ce qui n’a rien à voir avec le souci d’une mère qui se demande comment nourrir ses enfants.

    Ahhh j’y retournerais volontiers sur les bancs, pour écouter les profs raconter des machins et des trucs comme ça. C’est trop bon.



    Sur ce que vous dites, vous connaissez si bien votre sujet que vous en ignorez forcément à quel point notre ignorance est crasse.

    Ainsi, vous partez de la chiralité des molécules, avec un dessin de deux molécules non planes l’une étant montée en image miroir de l’autre, le tout sur un dessin des deux mains d’une même personne (qui se ressemblent donc mais sans être identiques, sans être superposables) 
    Là dessus vous parlez de forme L et de forme D

    Puis plus loin, vous introduisez la notion de lumière polarisée où l’on trouve les mots Dextrogyre et Lévogyre.

    le spécialiste ne s’y trompe pas mais le béotien pourrait en venir à penser qu’une molécule L est lévogyre pendant qu’une molécule D est dextrogyre. Or, si ma mémoire est bonne, ce n’est pas le cas. Vous me corrigerez le cas échéant, ça va sans dire.

    J’explique ce que je crois me souvenir : Les molécules symétriques, ici dessinées devant des mains, sont donc constituées d’un atome de carbone (tétravalent, il a 4 axes de liaison disposés en tétrapode) et au bout de chacun de ses bras de liaison, il y a une molécule. Soit H, soit, COOH, soit NH², soit un radical ici symbolisé R.

    Rien qu’à partir du constat qu’il peut exister ces deux formes de construction, il fallait bien les désigner différemment. Par pure convention, il a été décidé (par exemple, car je ne suis plus sûr du choix) que si on place le Radical R en « haut » et qu’à lire dans l’ordre de grosseur croissante, les trois autres molécules, on tourne dans le sens de rotation horaire, et bien la molécule sera désignée L (ou S comme sinister). Inversement, si pour lire cet ordre on doit tourner dans l’autre sens, on dira que cette molécule est de type D (ou R comme rectus) 

    C’est donc par leur grosseur (ou somme des numéros atomiques) que des molécules sont examinées et c’est selon leur disposition relative qu’elles sont appelées D/L (ou R/S).

    Evidemment, on aurait eu plaisir à croire que toutes les molécules à architecture L dévieraient la lumière polarisée vers le même côté (soit vers la droite, soit vers la gauche). Mais pas de bol, c’est le bazar.
    Des molécules architecturées D dévient la lumière polarisée vers la droite (on les dit dextrogyre ou +) d’autres, architecturées L, la dévient vers la gauche (on les dit lévogyre ou -)
    Et certaines molécules architecturées L sont lévogyres, d’autres sont dextrogyres.

    Ouille macouille, on s’y perd si on n’est pas expert car il y a très facilement confusion entre le L ou le D qui désigne l’architecture d’une molécule et le l ou le d (ou + /-) qui désigne son sens de déviation de la lumière polarisée. 

    Nous les béotiens, ce qu’on doit retenir quand on nous parle de forme des molécules en même temps que de leur pouvoir de dévier la lumière polarisée, c’est que la déviation n’est pas corellée à la forme ; c’est qu’on ne peut pas prédire dans quel sens une molécule déviera la lumière polarisée à partir de la seule connaissance de sa forme.
     

    Tous les acides aminés qui fonctionnent normalement dans nos corps, qui entrent dans la composition des molécules géantes que sont les chromosomes sont architecturées L mais toutes ne sont pas lévogyre.

    Détail agaçant : il existe des bactéries et des mollusques farcis d’Acides Aminés D.





    A part ça, et là je vais encore sortir du sujet mais d’une autre manière, cette histoire de molécules identiques en substance et contenu mais pas en architecture donc pas en propriétés, pose constamment des problèmes aux labos pharmaceutiques.

    Un labo mélange des composés, il touille et retouille, il en sort un produit qui se trouve très souvent être un mélange à parts égales, racémique donc, de deux sortes de molécules, énanciomères l’une de l’autre, l’une architecturée D, l’autre architecturée L. 

    L’une s’avèrera être un médicament, l’autre s’avèrera être un poison. 

    (Un mélange racémique ne dévie pas la lumière polarisée puisqu’il contient à parts égales les deux sortes de molécules, l’une déviant dans un sens, l’autre sans le sens inverse)



    Mais trop souvent, en tous cas avant l’épisode dramatique de la thalidomide, le labo ne savait pas qu’il mettait en comprimés les deux formes mélangées, quasiment indistinguables. Lors des essais, ce sont parfois des mélanges racémiques qui sont administrés aux cobayes. Et il se trouve que l’une des deux formes de la molécule peut rester sans effet chez un patient mais se transformer dangereusement chez quelques rares patients (sous certaines conditions, un énanciomère peut se transformer en l’autre énanciomère)



    Je ne sais pas comment s’organisent désormais les laboratoires, mais s’ils ne séparent toujours pas systématiquement les deux énantiomères, je me demande comment ils peuvent comprendre ce qui s’est passé en cas de catastrophe sanitaire. On n’en parle jamais dans les medias lors des grands drames pharmaceutiques mais je suis convaincu qu’ils tiennent très souvent au fait que les labos ne font pas toujours cette séparation (peut-être coûteuse) à la sortie de leur athanor.

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