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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 14 janvier 2011 14:37

     rectification : (si on n’évoque pas ce point on ne dit rien)



  • easy easy 14 janvier 2011 14:30

    Le reproche que fait Alpo47 ne me semble pas justifié. 

    Il y a toujours ceux qui ont décidé de faire quelque chose (qui sont animés d’une certaine vision des choses qu’ils n’expriment pas forcément explicitement) et il y a les spectateurs de ces entreprises (qui eux, sont obligés de commenter, de s’en arranger).

    Les industriels ont effectivement délocalisé parce que ça leur offrait plus de marge, comme vous le dites Alpo. Mais les spectateurs de ces délocalisations, commentaient de deux manières :
    Soit en « cépabien parce que ça va nous mettre au chômage et ça va nous faire perdre notre savoir-faire ».
    Soit - et c’est alors in petto- en « bin ça sera toujours cette saleté en moins chez nous », comme le dit Geneste.

    Si la voix des « cépabien de délocaliser » avait été prépondérante ou convaincante, bin les délocalisations auraient stoppé.
    Que s’est-il passé quand les patrons ont décidé de délocaliser ? Il s’est passé que personne n’a su trouver les arguments pour les y faire renoncer. Et alors ? Et bien c’est là qu’arrive l’argument consolateur, le pansement « Bah, après tout, d’une part, ça me fera la tondeuse à gazon moins cher, d’autre part ça sera toujours cette saleté d’usine en moins chez nous ».

    C’est qu’il a bien fallu que les ouvriers, les consommateurs, les politiques, trouvassent, d’abord in petto puis de manière de plus en plus coagulante, démagogique, des arguments pour justifier leur échec à conserver l’emploi et le savoir-faire en France.

    Réellement, il n’y a peut-être eu que 10 % des Français qui auraient explicitement dit immédiatement « Bin ça fera toujours ça de saletés en moins ici » (peut-être étaient-ce les marginaux, les bergers, les rentiers, les bas du front, je ne sais pas). Mais in petto, c’est 60, 70 peut-être 80 % des Français qui se sont finalement consolés avec cet argument après avoir été choqués et angoissés par les fermetures de nos usines.

    Cette consolation secrètement digérée a ensuite transpiré de chacun de nous sous la forme d’un manifeste plus....actif, plus entreprenant, plus conducteur, plus maître : Vive la verdure, vive la dépollution, vive la mer propre, vive la décroissance !...

    L’art de passer d’une situation subie à la même situation où l’on se donne l’air de l’avoir voulue.
    L’art de la collaboration. L’intelligence avec l’ennemi. L’intelligence. L’adaptation.

    Il y a alors eu d’authentiques slogans qu’on s’est tous mis à reprendre aussi bien dans les tribunes politiques que devant la machine à café, que dans préaux des collèges, qu’autour des tables familiales. C’est passé du vague in petto au verbe, puis du verbe hésitant à la formule bien rodée, devenue imparable.
    De la mort, de la perte d’un être cher, on s’est efforcé de passer à l’entreprise funéraire rentable.

    On s’est d’abord fait niquer à sec par la délocalisation puis on s’est tellement consolé avec la proprisme qu’il est devenu argument massue.

    « La saleté n’a plus rien à faire ici »

    « Ici on veut du propre »

    Et plus personne ne peut s’opposer à ce mot d’ordre. Du coup les plus malins arrivent même à se faire du fric avec. Greenwashing, si tu me vois...

    Il ne faut pas se raconter d’histoires. Nous avons été au moins 90 % à avoir tenu des discours écolos par ci par là, au moins devant nos enfants, au moins devant notre belle, au moins devant notre mère et notre chien. Et ces réflexions propristes coïncidant avec le Netisme étaient donc, pour une très grande part, des réflexions fondamentalement consolatrices. (à lire les CV sur les réseaux, c’est fou ce qu’il y a comme gens qui prétendent avoir un hobby vert)

    C’est sûr. Nous savions que nous perdions gros à ces délocalisations, à la prostitution de notre savoir-faire, c’est sûr. Mais nous étions totalement désarmés, impuissants pour enrayer ce mouvement de délocalisation essentiellement lié à la cupidité des patrons au départ (c’est d’abord de la cupidité de la part des pionniers de la délocalisation, puis, une fois que le mouvement s’est amplifié, une fois qu’il est devenu majoritaire, la délocalisation est devenue absolument vitale pour les retardataires)

    Etant entendu que l’intérêt pécuniaire de la délocalisation allait forcément se réduire lorsque, par effet mécanique les salaires du tiers monde allaient se niveler aux nôtres. Ici ça baisse, là-bas ça monte et à terme, tout sera égal. Mais dans l’intervale, ouille macouille.


    Geneste a donc raison de dire que nous avons bien accueilli les délocalisations
    selon le biais « Bah, ça sera toujours ces saletés en moins chez nous » . Cette réflexion positiviste (prenons les choses du bon côté) bien qu’installée en nos âmes par dépit ou par défaut, par consolation, une fois qu’elle a été verbalisée, une fois qu’elle s’est entendue partout, elle est devenue plus certifiée, consacrée, valide. Elle pouvait même être reprise par les patrons les plus cupides.

    Et là dedans, quand les politiques ont besoin de trouver un argument pour justifier qu’il faut réduire les budgets de l’enseignement, et bien ils utilisent, au moins en filigrane de leurs discours, cet argument de consolation propriste que nous sommes évidemment prêts à entendre puisqu’il germe déjà en nous.

    Quand on ne sait pas argumenter fortement contre la cupidité, contre la vénalité (parce que nous le sommes tous) alors nous sommes mûrs pour le proprisme, l’écologisme.


    Genest a donc raison d’enjamber bien des détails pour en venir à dire que le proprisme a sous-tendu le mouvement anti sciences dures. Il a raison de dire que l’unique argument de fond pour réduire les heures de formation en sciences dures provient du proprisme « on va tous bosser dans des bureaux, Exit la pollution ».

    Tu parles.
    On le sait tous que cet argument est consolateur et que nous avons perdu quelque chose d’inconsolable. La domination du monde.
    Et nous en sommes à espérer que cette perte nous offrira au moins la domination de la propreté ou de la durabilité globale, planétaire.

    Ce développement que je viens d’entreprendre sur les fondements de notre proprisme consolateur, Genest ne pouvait pas le faire. Quand on fait un papier, on doit synthétiser et passer sur des tas de détails. C’est aux intervenants de détailler davantage certains points du papier d’un auteur. 




    A part ça. J’ai personnellement buté sur les maths au concours de médecine et j’ai constamment reproché à l’Université de sélectionner les futurs toubibs sur les maths. J’ignore si j’ai eu raison de m’ofusquer de cet état de fait.

    Mais dans les autres disciplines, et pour autant qu’on garde, parmi les objectifs sourds mais profonds qu’on a en soi, le désir d’être dans un pays dominateur (si on n’évoque pas de point on ne dit rien) je trouve que les sciences dures doivent rester centrales.

    Le reproche que je ferais alors, et a posteriori c’est toujours facile, au système pro sciences dures d’avant 1980, c’est qu’il était trop hégémonique, qu’il écrasait trop les sciences humaines, seules susceptibles de fournir à chacun les briques morales lui permettant de donner du sens à son existence qui ne soit pas que productiviste, que matérialiste.
     
    Je rappelle que pendant des siècles, notre pays a dirigé le monde en étant porté par des valeurs ou des arguments de domination qui n’étaient pas matérialistes. Foi, raison, savoir, humanisme et nationalisme ou patriotisme et racisme ont été les arguments massue pendant des siècles. Même dans l’épisode colonial, il n’y avait pas que du vénal dans l’esprit de ses zélateurs.

     Alors que la délocalisation est strictement vénale.

    Je ne dis pas que Jules II a appelé à la croisade sans avoir la moindre vision cupide. Je ne dis pas que Cauchon a jugé Jeanne sans considérer le moins du monde son pécule. Mais je dis que des milliers de croisés et d’anti croisés sont partis en galère portés par tout ce qu’on voudra sauf pour de l’argent. Je dis que des Avéroès, que des Darwin, des Champollion, des Baudelaire, des Palissy, des Rubroeck, des Catherine de Medicis, ont mis le paquet, ont engagé corps et âme dans des entreprises sans avoir la moindre vision vénale. Il y avait même des gens nés riches, qui avaient consacré leur vie à une entreprise coûteuse, finissant par les ruiner matériellement mais les comblant moralement. 


    Même récemment, même après l’émergence des millionnaires à la Astor, à la Rockfeller, il y avait encore des gens animés par autre chose que le fric. Le baron Haussmann (à qui les pauvres peuvent toujours reprocher d’avoir fait de Paris une ville de riches, d’avoir fait naître la cupidité immobilière) s’était vu proposer, après ses grandes oeuvres, une demeure de prestige. Il a refusé. 



     



  • easy easy 13 janvier 2011 20:59

    J’apprécie l’effort de Canine et des autres intervenants d’AV qui se donnent du mal pour essayer de décortiquer les astuces de rhétorique.
    Bien trop de discours, bien trop d’entreprises idéologiques ne fonctionnent que sur des trucs (et en effet lancer au moment optimal d’une conversation, une alerte aux idées qui puent, constitue une de ces astuces)
    On ne dit plus rien.

    On ne fait que jouer à un jeu de verbiage avec des cartes, compremant des atouts, des jokers parfaitement connus et agréés.
    Le premier qui peut poser un poncif floche sur la table emporte la mise, à défaut de carré d’as.

    Reste à savoir si, depuis que le verbe existe, il n’en a pas été toujours de même. Et j’ai bien peur que oui. Selon les époques, les contextes, il y avait probablement des cartes rhétoriques à placer au bon endroit pour emporter une joute.

    Si c’est bien le cas, si l’on a effectivement toujours fait semblant de discuter, ça expliquerait pourquoi, alors que nous accumulons 5000 ans de bavardages, on ne sait toujours pas répondre vraiment aux questions métaphysiques et sociales les plus basiques.

    Prenons par exemple cette histoire où l’on raconte la réplique de Dumas à quelqu’un cherchant à le blesser
    «  »«  »« On raconte qu’un jour Dumas entra dans un salon. L’un de ses détracteurs le voyant arriver changea de conversation et se lança dans une savante dissertation sur les »nègres", comme l’on disait alors. Voyant que l’écrivain restait impassible, l’odieux personnage l’apostropha directement :

    - Mais au fait, mon cher maître, vous devez vous y connaître, en nègres, avec tout ce sang noir qui coule dans vos veines.

    Dumas répliqua :

    - Mais très certainement. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière grand-père un singe. Vous voyez, Monsieur : ma famille commence où la vôtre finit«  
     »«  »«  »«  »«  »«  »"

    C’est certes très adroit en termes de joute, ça cloue le bec au méchant mais hélas, là non plus, il n’y a pas de véritable débat. Cette réplique est sans aucune valeur philosophique sur le fond d’autant qu’elle reprend l’argument du mépris. de l’agresseur.







  • easy easy 24 décembre 2010 12:22

    J’apprécie beaucoup ce papier.



  • easy easy 20 décembre 2010 19:03

    «  »«  »«  »«  »Ce qui est beau est vrai, disaient-ils«  »«  »«  »«  »

    Hélas alors pour les Quasimodo.

    Le beau séduit, semble béni des dieux donc sacré et on l’adore alors. C’est cela, c’est cette subjectivité au beau que nous devrions nous empresser de reconnaître pour rendre justice au laid qui n’est coupable de rien et qui n’a que le tort de n’avoir pas été gâté par la nature.

    Oui le beau est adorable, oui on a envie de l’ériger en vérité. Mais il n’est pas plus vrai que le laid et le pustuleux.

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