• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

easy

easy

59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 21 3431 838
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0
Modération Depuis Articles modérés Positivement Négativement
L'inscription 230 126 104
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 18 décembre 2010 21:26

    Whaiiiii , vous y avez marché pieds nus !!!!!
    Ma ma mia ! 


    Ma cape est à vos pieds chère Ariane.


    Le personnage que vous avez choisi pour illustration ? 
     
    Cépasbien.
    Pour une raison très simple à expliquer. Parmi mes névroses, il y en a une qui va à exiger qu’une femme soit physiquement tout le contraire d’un homme. Même dans un visage bien fait, si je vois qu’il s’en est fallu d’un pouième de gène pour faire de la fille un garçon, je détale. 

    Le gland que vous proposez a un visage tellement efféminé qu’il serait difficile pour une femme pourtant très féminine, par exemple Meryl Streep, de passer à côté sans lui ressembler un peu trop, selon mon regard.



  • easy easy 18 décembre 2010 19:33





    En effet Ariane, il n’est pas possible à une femme de transmettre à un homme, son excitation pour la vue de corps d’hommes. A des hommes, elle peut raconter son émotion et être comprise mais elle échoue à la faire partager. C’est pour ça que, par exemple Marguerite Duras, parvient à satisfaire tout le monde en nous offrant le spectacle de deux corps chacun offrant support à fantasme aux hommes pour l’une, aux femmes pour l’autre.

    En effet aussi, et selon le même principe, les tripatouillages entre filles ne vous excitent pas.

    Cela dit, même en faisant l’effort de m’imaginer fille, j’ai du mal à vous suivre. Car vous faites un gros travail de projection pour trouver de l’érotisme dans ce champ de corps musclés. Tous ces personnages semblent ne professer qu’une seule foi, celle de l’ataraxie sexuelle.

    M’enfin, Ariane, c’est Pompéi qui devrait vous exciter, pas ces imbandés de la Sixtine !
     

    Ou alors, vous ne pensiez qu’à Michel Ange lui-même quand vous regardiez son plafond. Car pour ma part, quand je vois le visage d’Eve à un doigt du sexe d’Adam, je pense ni à Eve ni à Adam mais exclusivement à Michel Ange et je peux aisément le suivre dans ses provocations libidineuses. 

    Vous seriez tombée sous le charme du peintre, non de sa peinture.

    Si tel est bien le cas, je vois quatre conditions pour que la mayonnaise prenne et tienne. D’abord il faut donc que vous perceviez son pouvoir (c’est établi puisqu’il est célèbre) ensuite il faut qu’il vous ait adressé un clin d’oeil (ça aussi c’est fait puisque vous avez su décoder ses clefs), il faut aussi qu’il ait besoin de vous malgré tout (c’est fait quand vous lui consacrez un papier). Enfin il vous faut pouvoir faire état d’une relation avec lui (c’est fait puisque vous avez précisé être retounée trois fois sous le baldaquin du maître pour le connaître)

    Et nous, là dedans ? 
    Bin on est là pour vous tenir la chandelle.


    Oh, ça me fait penser que ça va bientôt être la chandeleur. Mmmmm !



    Allez prolongeons encore la discussion sur un autre point.
    Les artistes sont très souvent susceptibles et orgueilleux, comme vous le savez. Et vous savez aussi qu’ils cherchent tous un moyen d’exister au-delà de leur mort ;
     Avec sa coupole et avec son plafond peint, Michel Ange sera l’artiste ayant le mieux placé son image pour les siècles. Beaucoup mieux que Léonard de Vinci qui ne doit sa gloire actuelle qu’à des hasards et à son inventivité vraiment très fertile.
    Certains artistes ont fait en sorte que leur dépouille ne soit jamais dérangée en faisant graver des menaces sur leur tombe, d’autres en se faisant emmurer afin de ne jamais être piétiné. Et bien Michel Ange s’est placé au-dessus de tous en un endroit hors de portée de la souillure.

    Stratège génial. 


    Enfin, plus en rapport avec la nudité de ce plafond. 
    Un jour d’été, je me suis présenté devant l’entrée de la basilique avec ma fille et mon épouse. L’une d’elles portait une jupe au-dessus des genoux. Les gardes ont refusé l’accès pour cause d’indécence. C’est à tour de rôle, en se refilant le pantalon, que chacune a pu entrer admirer les nudités du maître.

    Tiens, essayez seulement de marcher pieds nus dans un musée bourré de nus, vous verrez les gardes vous reprocher d’être indécente. Même dans un musée des colonies, même au musée de l’Homme. 


    Du coup, un des trucs qui me fait fondre chez une fille, c’est quand elle a l’envie et l’audace de marcher pieds nus, souliers tenus d’une main, dans un musée.





  • easy easy 18 décembre 2010 17:40

    Ah j’oubliais. Il se pourrait que le sentiment qu’on doive le plus refouler et dénier soit celui de la très naturelle jalousie. Tant qu’un individu ressent quelque jalousie sur quelque sujet envers quelqu’un (surtout envers quelqu’un de sa famille), il n’est plus innocent.


    Ce qui implique que le seul fait de vouloir se réserver quelque chose ou quelque faveur, n’est pas innocent. D’où la performance extraordinaire de Diogène. Ca implique aussi qu’une personne généreuse de son corps propose de l’innocence.



  • easy easy 18 décembre 2010 17:12

    Chère Ariane,

    Nous sommes donc d’accord, Michel Ange reste à ce jour le seul artiste du Monde à imposer à ses spectateurs une contorsion qui les fragilise. Et cela pour parler de sujets importants.

    Je ne proteste pas contre son procédé (manipulation si l’on veut être plus accusateur), je trouve même que l’astuce de la déstabilisation imposée peut nous amener à voir des choses nouvelles et que c’est donc intéressant.

    Je suis seulement attristé du résultat. Moi, je ne dérangerais les gens, je ne les obligerais à de telles positions instables que pour leur montrer les seins, le nombril, l’anus, les couilles de Dieu ainsi que ses crottes de nez.
    MIchel Ange aura, toujours à mon sens, bien plus fasciné par sa performance physique, car il s’est imposé une torture, que par la qualité de ses peintures, sorties de ce plafond.

    Que l’on soit du bâtiment comme moi ou que l’on n’y connaisse rien, on a forcément conscience d’abord et avant tout de la torture qu’il s’est imposée puisque nous, nous ne tenons pas la pose plus de 3 minutes pendant que nos bras restent tranquillement le long du corps pendant ce court instant.

    Il n’aurait peint là-haut que les animaux de l’Arche de Noé, son oeuvre serait tout aussi célèbre.

    Il y avait eu un numéro de Spirou dans lequel on était parvenu à écrire Coca Cola sur toute la face visible de la Lune. Whaouuuuuuh ! Pareil que pour le plafond de la Sixtine, c’est la performance technique ou l’investissement matériel qui épate, pas le fond de l’image.


    Une fois qu’on a écrit Coca Cola sur la Lune, on peut toujours ajouter un contenu plus intellectuel en faisant remarquer, par exemple, que la marque veille sur nous pendant notre sommeil... 

    Les artistes, surtout depuis la Renaissance en Europe, ne sont jamais à court d’idées marketing.
    La provocation était une de leurs astuces
    http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/caravage/amourvainqueur.htm
    et la performance physique ou la patience une autre : Boules de canton, livres miniatures, noyaux d’olives sculptés, grains de riz gravés... 

    Alors là-dedans, la nudité était une des provocations possibles, rien de plus, rien de transcendant.



    Vous m’opposez que la mise à nu des corps est un bon début à la sensualité. J’en conviens. Mais d’une part, sur son plafond, Michel Ange n’a satisfait que ceux et celles qui aiment les muscles et les carnations rose cochon (les hétéros têtus dans mon genre n’y trouvent pas d’excitation, au contraire), d’autre part la représentation de la sensualité n’est pas excitante. C’est la représentation de l’objet excitant qui excite, pas la représentation de l’excitation ou de l’excité.

    Michel Ange offre aux femmes et aux homos une réprésentation de dizaines d’objets excitants tout en chair rose et musclée, ça vous excite, tant mieux pour vous. Mais il n’offre rien à ceux qui, comme moi, sont excités par les représentations de fragilités et de rareté.

    Ici on a un huis-clos entre un personnage fou de passion pour un autre. Le spectateur se sent alors à la fois voyeur privilégié et s’interroge sur lui-même. On est dans le méditatif.
    http://mythologica.fr/grec/pic/pygmalion_gerome.jpg
    Alors que sur le Plafond on a une proposition d’orgie ou de camp naturiste. On est dans l’hédonisme, en effet.






    Mais c’est surtout sur votre phrase ’’’’’’’’’ « ses images n’illustrent aucun drame. » Non, elles sont avant le drame. Dans le charme d’un hédonisme innocent. «  »«  »«  » que je voudrais rebondir.

    Qu’est l’innocence (considérée in petto) ?

    Je propose la réponse suivante :
    Il nous arrive, vers 1 an, de commencer à apprendre que le caca, cépabien. Peut-être commençons-nous alors à refouler sa vision. Plus sûrement, vers 5 ou 8 ans, nous découvrons la mort (d’un animal, d’un proche) et nous constatons que les adultes nous incitent à ne pas y penser alors que c’est important. Il me semble que c’est à partir du moment où nous commencons à refouler des visions considérées comme cépabien, que nous perdons notre innocence.

    Prenons un exemple plus dur. Une rumeur affirme qu’un pendu a une érection. Ceux qui connaissent cette rumeur, qu’ils y croient ou non, ont inévitablement idée de regarder à travers le pantalon d’un pendu pour voir si c’est vrai ou non. A moins d’être personnellement submergé par le drame de cette pendaison (d’un proche par exemple) chacun va perdre son temps et sa concentration religieuse, compasionnelle pour vérifier si le pendu bande.
    Bien entendu, chacun a honte d’avoir une préoccupation aussi futile alors qu’il devrait plutôt être préoccupé par l’horreur de cette exécution. Bien entendu, chacun refoule cette idée qui évoque une perversion quand elle se présente à son esprit mais ouppps, trop tard, l’idée est arrivée, on n’a pas été correct, on a honte et on n’en dira jamais rien à personne. C’est cela ne plus être innocent, à mon sens. (On peut recouvrer une partie de cette innocence avec un partenaire d’intimités à qui l’on dirait absolument tout, surtout ce qui est interdit de penser)

    L’innocence, on la perd entre ses 2 et 8 ans. Dès cet âge là, il y a des choses qu’on pense mais qu’on ne dit pas. Dès cet âge là, on devient hypocrite. Alors il ne peut pas y avoir d’hédonisme innocent. 

    Pour qu’un enfant reste longtemps innocent, il faudrait qu’il ait autour de lui des gens capables de tout entendre, de ne jamais censurer aucune de ses pensées. En fait, pour rester innocent, il faudrait n’avoir strictement peur de rien.


    Michel Ange, innocent ? La bonne blague !

    (Diogène de Sinope serait celui qui se serait efforcé de rester innocent et qui aurait à peu près réussi sans devenir fou)




  • easy easy 18 décembre 2010 14:50

    Encore un beau sujet !

     Merci Ariane

    L’homme n’est pas trop conçu pour regarder au-dessus de sa tête. Il peut regarder à 45°, 60° au-dessus de l’horizon sans trop de difficulté mais au-delà, ça lui pose des problèmes fondamentaux, vitaux, de sécurité et d’équilibre.
    Je considère donc que les efforts déployés pour décorer les plafonds ont quelque chose de fou. Et il se pourrait bien que ceux qui les ont conçus aient cherché à exploiter le vertige, la mise en danger que suppose le regard pile au-dessus de soi.
    Je ne doute pas qu’un homme aussi intelligent que Michel Ange ait eu pleinement conscience qu’il placerait les spectateurs en situation fragile, dangereuse.


    Quand on fait de la plongée sous-marine, il est d’usage et de sécurité de descendre à plusieurs, en palanquée. De là, on pourrait en venir à croire que c’est une ballade sympa car en groupe. En réalité, à cause du masque, on a un champ visuel réduit et on se sent seul. Quand on regarde quelque chose, on ne sait pas ce que les copains regardent dans le même temps.
    Dans une galerie de peinture traditionnelle, les choses à regarder sont à hauteur des yeux, les regards sont horizontaux et chacun voit où les autres portent leur regard. 
    Et bien le regard vers le plafond est le seul regard qui nous isole complètement des autres. Et Michel Ange ne pouvait manquer de considérer ce fait.

    Il ne pouvait manquer de considérer un autre fait. Chaque fois qu’une personne fait un discours en se posant en autorité, elle fait des mouvements de bras et de mains qui, à un moment ou à un autre, comportent le pointage de l’index vers le ciel. Très étrange ce pointage vers rien sinon une autorité supérieure. Et Michel Ange de nous faire ses deux personnages principaux pointant de cet index mais cette fois horizontal. Tout en couché, en allongé. Quant à l’expressivité même de ces index, elle va davantage à la sensualité qu’à la menace ou à l’autorité.


    L’homosexualité ne m’émeut que dans son drame. Par exemple, YS Laurent me faisait vraiment pleurer de compassion. Mais je ne vois pas dans les images mêmes du plafond de la chapelle Sixtine, le drame de son auteur (de même que je ne vois pas dans les robes d’YSL, son drame). Et comme en dehors des instants de déménagement, de charpente ou de guerre, je suis assez allergique au contact des muscles, à l’homogénéité des couleurs de peau, les images de ce plafond ne me touchent pas. 

    Pas sexy, pas glamour ce bazar.

    Ses images n’illustrent directement aucun drame et sur le plan esthétique, elles comportent tout ce que je fuis. Alors que les tableaux de Gérôme sur Pygmalion & Galatée représentent directement le drame de l’homme idéaliste (Et là on voit de belles différences de musculature et de carnation). ’Lâge mûr« de Camille Claudel, voilà une oeuvre qui illustre un impossible.

    Je trouve toute représentation de Dieu (qui est une question métaphysique et ne peut que le rester), (écrite, sculptée ou peinte), affligeante, consternante de finitude quand elle ressort en solution plus qu’en mystère. Or, sur son plafond, Michel Ange semble dire »Voilà Dieu, voilà la Création selon moi". 
    Quoi ? Tout ce chantier pour montrer ça, seulement ça, de la peau et du muscle ?

    Il me faut en arriver à étudier sa vie à Michel Ange, pour être ému. (Sa Pieta ne m’émeut pas alors que Daphné et Apollon du Bernin, comme ça illustre une impossibilité, une infinitude, ça me touche)

    Ce qui m’a ému à Saint Pierre comme pour toute autre grande construction, c’est le constat de la communion durable qu’il a fallu entre des centaines d’hommes pour arriver à construire un tel monument. 

    Le Facteur Cheval est bien le seul à avoir construit un bidule colossal tout seul mais généralement, les monuments se construisent à plusieurs et ce qu’ils disent surtout c’est que des gens se sont rassemblés pour entreprendre quelque chose dans l’enthousiasme et la paix.

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv