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Eurasien
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Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 27 janvier 2011 12:03

    Vous cultivez une sourde paranoïa cher Bernard (paranoïa au sens vulgaire)

    Richard Durn faisait régulièrement les mêmes réflexions que vous sur le Monde, selon son ami qui nous l’a rapporté après la catastrophe.





    Ca fait au bas mot 10 000 ans que l’homme croit en des dieux dont il naurait vu que des manifestations mais à partir desquelles il aurait beaucoup spéculé : S’il y a un coup de foudre, une sècheresse (des choses contrariantes pour l’homme mais pas pour un scorpion), il spécule qu’il y a derrière cette manifestation quelqu’un qui l’a produite, qui a voulu la produire et cela avec une intention maléfique.
    Il y a un Méchant caché et en embuscade.

    Vous arrivez après 10 000 ans de superstition et vous êtes superstitieux, mais vous ne le savez pas, forcément.

    L’homme, les scientifiques surtout, ont beau essayer de mettre le cosmos en rayonnage, en bon ordre de compréhension, dans tous ses aspects et recoins, il présente des aberrations. C’est très probablement grâce à elles que la vie, puis la forme actuelle du vivant est ce qu’elle est. Sans aberrations, pas de lumière, pas de baleine, pas de langouste. Pas de Terre.

    Pour peu que la vie soit relativement rare dans le cosmos, la Terre serait un des combles d’aberration cosmique.
    Le comble de ce comble c’est que des fruits de ces aberrations dénoncent les aberrations en fantasmant à quelque bon ordre. 

    Le hasard de la distribution des cartes vous fait jalouser le tirage d’autres hommes que vous trouvez glandeurs ou profiteurs. Richard Durn pareil. Mais je saurais trouver des gens considérant que votre situation est aberrante, pas au sens de bleu ou verte mais au sens d’anormalement abusive.

    Ca vous déplaît que je vous compare trop à R Durn ? Vous trouvez que j’abuse ? Mais vous nous abusez en nous servant des foncifs dont l’éculé frigo vendu aux Esquimaux.

    R Durn en avait plein les carnets des poncifs de ce genre. Il réclamait plus de reconnaissance sociale mais sa seule et très relative originalité était d’avoir fait collection de lieux communs négatifs et de s’empoisonner le regard avec.

    Je vous invite d’abord à identifier les causes personnelles, familiales, de cette névrose qui vous conduit, comme une partie d’entre nous ici, à cette collectionnite des conneries ou perles de ceux qui nous dirigent, nous écrasent, nous ruinent, nous humilient, et qui montent compulsivement des expos, des galeries, des installations portant titre général « Notre malheur, à cause d’eux ». Eclairage ici, agrandissement là ; sous-tirage ici, fond sonore là ; accroche aposématique ici, décor sombre là.

    Puis à utiliser votre intelligence libérée pour gamberger sur ce qui fait la limite entre le moment où chacun doit intervenir sur l’état des choses, sur le moment où il ferait mieux de cesser d’intervenir (en laissant donc une part au chaos) et sur ce qui fait qu’il n’y a jamais deux personnes posant le curseur au même endroit au même moment.



  • easy easy 26 janvier 2011 15:16



    Si ce n’était qu’une question de folie, après tout, pourquoi ne pas officiellement l’honorer puisque la folie fait partie du paysage de l’humanité.


    Mais quand cette folie va à la paranoïa, quand elle appelle au massacre d’une communauté, de manière hystérique et massive, un Etat aux prétentions pacifistes ne devrait jamais l’encenser et en faire une référence solide. Ou alors dans la catégorie bien précisée des folies.

    Si Richard Durn avait écrit en long et en large ses visions paranoïaques contre la communauté des décideurs administratifs qui n’ont pas su reconnaître sa valeur, ses diplômes et l’ont contraint à n’exercer que des jobs de pion ; si l’Etat avait honoré de tels écrits, alors une nouvelle Saint-Barthélemy contre les fonctionnaires et les édiles serait possible.


    Il serait absolument anormal que notre Etat encense la qualité d’une épée, de son tranchant, de ses ornementations, alors qu’elle est suspendue au-dessus d’une communauté qui l’a déjà vue tomber sur elle, comme ça, un beau jour.

    Il est complètement anormal, cruel, pervers, égoïste et lâche de la part des défenseurs de Céline, de répondre aux Juifs effrayés que la ficelle est suffisamment solide alors que sa solidité n’est pas fixe, pas immuable ; alors qu’elle est variable et extrêmement susceptible. Il est particulièrement pervers d’aller jusqu’à dénier que les écrits de Céline constituent une menace contre les Juifs et de faire diversion en faisant sauce de l’esthétique. Il est toujours possible d’esthétiser. Il est même très intéressant d’esthétiser quand on tue.

    Certains écrits de Céline constituent une menace contre les Juifs. Surtout quand ils sortent des cantines, des fonds privés, pour être replacés en pleine lumière, pour être encensés par certains qui ne focalisent alors que sur l’eshétique du style.



    C’est une chose de vivre sous une épée suspendue par une vraie ficelle faite de fibres végétales qu’aucun agent extérieur ne peut modifier. Le menacé peut fait un effort intellectuel pour se dire que la ficelle qui a tenu 2 jours peut forcément tenir des siècles.

    Mais la ficelle qui retient la véritable épée qui menace les Juifs depuis la nuit des temps, n’est constituée que de la bonne volonté de ceux qui l’ont installée là. Un jour ils y ajoutent d’autres liens, un jour, ils envoient des rats la ronger.

     Ils en jouent et en jouissent de cette variabilité, les sadiques installateurs.

    « Eih, toi, là-dessous, oui oui, toi le Juif. Comme tu l’as compris, la solidité de la ficelle ne tient qu’à moi et à mes potes. Un verre de trop et hop !
    Mais t’inquiète, je ne te veux pas de mal, personne ne te veut de mal, et quand on boit, on sait s’arrêter. Ah ah ah ! Quelle belle installation ! Que d’émotions elle procure ! Tu sais, toi ou un autre en dessous, c’est sans grande importance. Ce qui compte surtout pour nous c’est que la cible soit vivante et que sa vie ne tienne qu’à un fil, lui-même dépendant de notre volonté. Certes, sur ce coup là, c’est encore toi qu’es là-dessous. Mais n’y vois surtout pas d’acharnement pour autant, ne deviens pas parano pour si peu »


    Le supplice de l’épée de Damoclès, avec une vraie ficelle de chanvre, c’est une gentille farce par rapport à l’horreur que subissent réellement les minorités. Dans la réalité de ce supplice, les ficelles Damoclès sont particulièrement changeantes. Croc de boucher un jour, karcher un autre. Le contrôle de la solidité de l’installation est impossible à faire et n’intéresse surtout pas ceux qui se marrent de l’avoir ou la voir installée au-dessus d’autrui.

    Ce qui est indispensable pour jouir farfaitement de cette installation, c’est de savoir que dans l’Histoire, la ficelle a très souvent rompu.

    Céline était déséquilibré et lunatique. Un coup il disait que les chevaux des camps ennemis fraternisent sans faire d’histoire, que nu on n’est plus des ennemis ; un coup il disait qu’il faut exterminer des gens. Sont sadiques ceux qui se servent de ce malade pour tresser une infernale ficelle.





    Le lien, entre deux personnes, sa solidité, doit se comprendre comme pouvant varier le long d’un axe depuis un zéro jusque vers deux directions opposées. Dans la plupart des cas, les liens entre les gens oscillent entre le zéro et l’infini positif. Dans la plupart des cas, quand deux amis se fâchent, le curseur de leur lien retourne vers le zéro.

    Ce n’est que dans quelques cas particuliers que le curseur dépasse le zéro de la neutralité pour passer en zone négative. Et c’est dans cette zone négative que se situe le désir de tuer.

    Lorsqu’on parle de lien entre des gens, on a surtout en tête son segment qui va de très positif à zéro et sur ce segment, il n’y a que des degrés de protection, d’amitié, de sauvegarde.
    Mais dans les autres cas, heureusement minoritaires, le lien se situe en zone négative et il ne s’agit plus que de plus ou moins forte envie de tuer. Ce lien, à gauche du zéro, est un lien meurtrier.


    Et bien cette ficelle, ce lien qui tient une épée suspendue au-dessus de la tête de personnes qui voient et comprennent l’extrême précarité de leur sort, cette ficelle là, est strictement négative. Son curseur ne se promène qu’entre le zéro et l’infini négatif.
    Une ficelle Damoclès ne passe jamais en zone positive. Elle est là pour tuer, plus ou moins. Elle n’est pas là pour protéger.




    C’est une chose d’avoir sans son cabinet de curiosités une vierge de Nuremberg, une tête réduite de Jivaros. Ca vaut même la peau du cul entre amateurs. C’est une chose d’avoir chez soi, une lampe faite en peau de Juif sous l’époque Nazie. Ca aussi ça s’échange à prix d’or entre amateur. C’est une chose d’avoir le Malleus Maleficarum, Mein Kampf ou Bagatelles pour un massacre dans sa bibliothèque.

    C’est toute autre chose de sortir ces objets extrêmement significatifs et de les honorer publiquement primo comme devant faire partie de nos richesses nationales ou culturelles et secondo sans dire qu’ils représentent des valeurs morales qui, pour naturelles qu’elles puissent être éventuellement, sont contraires aux valeurs de fraternité et de paix globale que nous disons vouloir défendre.


    Lorsqu’un musée des horreurs nous invite à regarder des engins de torture sans dire mille fois que penser les utiliser est mal, très mal et très lâche, il joue d’une limite, il joue de la perversité commune et son entreprise est perverse.





    Les Juifs ? Allons au fond du pot au lieu de tourner autour.
    Eux ou d’autres, ils s’empareraient de tous les diamants, de tout l’or du Monde, qu’ils ne m’ôteraient pas la vie. Donc jamais je ne penserais à les tuer. Jamais.





    La vie doit être considérée comme sacrée, comme toute première valeur et on ne devrait jamais exprimer quoi que ce soit allant dans le sens d’une incitation au meurtre.


    Et je suis capable de dire cela sans faire appel à quelque autorité, quelque maître à penser, quelque bible que ce soit. 



  • easy easy 25 janvier 2011 12:56

    Excellente initiative. Oui la question mérite d’être posée.


    Chaque fois qu’on change de focale pour observer quelque chose, on voit des aspects et des paramètres différents. Or nous n’avons que deux yeux, un pauvre cerveau et surtout une limite pour exprimer, dans un discours et même dans une thèse, la complexité-diversité des choses.

    Selon une certaine focale, avec un certain oeil, on peut voir surtout que les Africains se pourrissent mutuellement la vie, surtout quand ils se civilisent et passent matérialistes. Mais selon une autre focale, on peut effectivement voir que leur image de bêtes de somme leur colle à la peau et que le réflexe de les exploiter colle aussi à la peau de leurs ex colonisateurs. Et cela, au travers des générations.

    Renonçons à attendre des Martiens qu’ils s’expriment et se fassent entendre de nous par le biais d’une rhétorique complètement différente de la nôtre, celle qui nous permet de communiquer sur le Net ou à l’ONU par exemple. N’attendons pas des Africains ou des Inuits, qu’ils puissent nous toucher par le biais d’une rhétorique qui serait trop originale. 
    Les Africains, doivent exposer, avec le même vocabulaire, la même sémantique, les mêmes leviers émotionnels, éthiques et moraux auxquels le reste du Monde est habitué, leur propre conception de leur continent, de leur identité.
    Ca aurait été plus naturel et plus juste qu’ils crient leur identité avec des tam-tam. Mais à part quelques uns, la plupart des non-africains en rigoleraient.

    C’est donc malheureusement avec la même technique oratoire, les mêmes mots, les mêmes ficelles rhétoriques que celles couramment utilisées par les puissants, qu’ils doivent forger leur credo.

    C’est toute la problématique des Amérindiens. Pour parvenir à se faire un tout petit peu entendre, ils ont été obligés de se dénaturer en parlant Blanc et même en se nommant en langage Blanc.

    Les Chinois, tout puissants et originaux qu’ils soient, doivent eux aussi se plier au format de la rhétorique ISO. Dans deux siècles, les Chinois penseront comme pensent les Allemands.

    Tous les peuples originaux, et les Africains le sont, doivent trouver le moyen de parler la langue banale du Monde électronique tout en disant quelque chose de singulier.

    C’est comme si en utilisant tous les mêmes Lego, chacun de nous devait construire une maison originale et la faire admettre comme valable par les autres.

    C’est très difficile. Il est très difficile pour les Corse de faire valoir une identité particulière si déjà ils doivent renoncer à parler Corse.
    Mais ce n’est hélas que par ce biais de la langue commune qu’on peut faire entendre sa singularité.


    J’ai insisté sur la langue mais, au-delà, ce principe vaut pour tout le reste. Difficile pour un Chinois ou un Africain de faire valoir sa singularité quand il joue avec les mêmes ballons de foot, quand il roule dans les mêmes voitures, quand il se rafraîchit avec les mêmes clim., quand il avale les mêmes médocs que le reste du Monde.



    Même langue, même rhétorique, mêmes objets convoités, même monnaie, même cuisine, aboutissent forcément à une perte d’identité singulière, à rejoindre la pensée ou la vision centrale. Et dans cette vision centrale, il y a la mémoire qu’il a été possible de traiter les Noirs comme des bêtes.



  • easy easy 23 janvier 2011 00:03

    Merci pour votre avis éclairé.

    Ce que je deviens ?

    Je me creuse sur un sujet peu abordé.
     
    Pour cause puisqu’il s’agit de la solitude sociale absolue. Celle de quelques individus sur cette planète, qui n’appartiennent ou qui ne sont cooptés par aucune communauté, aucune fraternité laïque. Et cela du seul fait qu’ils sont d’un sang mêlé maudit.
    Tiens par exemple, ce serait le cas d’un garçon né d’un Juif et d’une Palestinienne. Surtout si, passé les premiers temps de laborieuse résistance, le couple finit par craquer sous l’effet de la pression sociale.

    Quel luxe est alors celui d’un Céline ! Qui fait très clairement et indicutablement partie d’un groupe, français en l’occurrence, physiquement placé en son centre géographique, de s’en poser à la marge intellectuelle dans un mouvement très volontaire, drapé dans un peplum de fierté ou d’individualisme choisi et insolite. Quel luxe que cette bouderie ! Mais rien n’y fait, la marginalisation très voulue des Céline ne consolera en rien ceux et celles qui n’ont pas la possibilité de se placer en marge d’un groupe car il n’en relèvent d’aucun.

    L’ostensible bouderie des Céline de ce coeur social auquel ils appartiennent quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils disent de méprisant à son adresse, ne consolera jamais les mendiants de la fraternité et de l’amour que sont les rares individus qui grelottent de froid entre les tourbillons de Charybde et Scylla. 


    Quel luxe que de pouvoir se disputer entre frères !
    Quel luxe de pouvoir claquer la porte de quelqu’endroit !
    Quelle liberté que de pouvoir cracher dans la soupe de sa communauté !



  • easy easy 22 janvier 2011 22:21

    A Ariane, notre chère agrégée de français,

    Dans voyage au bout de la nuit, Céline écrit
    « Justement, la guerre approchait de nous deux sans qu’on s’en soye rendu compte et je n’avais plus la tête très solide »
    A votre idée, est-ce qu’en 32, il était de bonne orthodoxie d’écrire soye de cette manière ?

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