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Eurasien
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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 7 février 2011 16:04

    Quant à la vénalité.

    En dehors des parents virtuellement enterrés, car quoi qu’on en dise, un parent qui se voit retirer ses enfants est socialement et familialement enterré, en dehors de des maheureux complètement décrédibilisés et régulièrement soupçonnés des pires attitudes, les seuls adultes qui seraient bien placés pour parler de l’ASE et de ce qui se passe dans une famille d’accueil, ce sont les personnels de l’ASE et les familles d’accueil.

    De même qu’il n’est pas bon que ce soit un bâtonnier qui juge d’un litige entre un avocat et son client, (litige portant généralement sur une question, d’honnaires) de même il n’est pas bon de se faire une idée de l’ASE et de ses effets en n’écoutant que les personnes qui en vivent.


    Hormis les enfants en jeu et les parents ruinés, les seuls à être bien placés pour voir ce qui se passe dans la Machine ASE sont des gens qui ont intérêt à défendre leur casse-croûte.

    Chacun de nous connaît le sentiment de responsabilité non sociale, purement humaine, consistant à ramasser un bébé abandonné pour le nourrir, dans la mesure où ça ne priverait pas significativement ses propres enfants. Ce sentiment, même des animaux l’auraient (J’ai vu la vidéo d’une panthère ayant adopté le petit singe d’une guenon qu’elle venait de tuer)
    Et chacun sait également le grand mal qu’il fait à des parents quand il leur vole leurs enfants.

    L’ASE et les parents d’accueil ont à gérer in petto (car ce n’est jamais explicité) des deux sentiments antagonistes que sont le devoir d’assistance à enfant en danger et la cruauté qu’il y a à retirer des enfants à leurs parents.

    En général, dans la nature, on ne s’occuperait d’un enfant seul qu’après avoir bien vérifié qu’il est abandonné. D’autre part, il y a aussi des parents qui abandonnent leur enfant en signalant très explicitement que c’est un abandon (par exemple on déposerait nuitamment l’enfant sur le seuil d’une église ou devant une crèche)

    Dans les cas que traite l’ASE, très rares sont les cas où les parents sont heureux ou soulagés par l’intervention de l’ASE. Cela, les parents d’accueil le savent, le subdorent (car ce n’est jamais explicité par l’ASE). Du coup, ils subodorent qu’ils sont en train de participer à un acte de cruauté envers les parents. Mais aussi envers les enfants qui la plupart du temps, n’ont ni demandé ni souhaité cette déchirane séparation-dramatisation.

    Alors aussi bien les parents d’accueil que les personnels de l’ASE, tous peut-être sauveteurs, mais sûrement cruels envers des parents, se jouent un film, celui du sauvetage, celui de la responsabilisation, celui du bon ordre, celui de l’équilibre, celui du contrôle. Et ça a pour effet essentiel de dénier, de taire, d’enterrer le geste de cruauté, peut-être d’injustice profonde, qu’on a commis envers des parents, envers leurs enfants, envers une famille.

    J’ai vu, chez Aventis, dans un centre où il y avait un bâtiment très isolé réservé à la captivité des primates non humains à des fins de tests, que le personnel subissait une énorme pression dans l’axe de la propreté (strictement aucune contamination pour que les animaux soient purs avant les tests) qu’ils en oublaient l’horreur fondamentale que cette captivité constituait.


    C’est comme si un colonel commandant une éxécution s’appliquait à demander à ses soldats de bien veiller ào ce que le condamné ait la possibilité de fumer un clope. « Il a eu sa clope, on a respecté sa dernière volonté, on est soulagé »


    Les familles d’accueil font ce travail pour l’argent qu’il procure et les personnels de l’ASE y bossent aussi pour de l’argent

    Il est logique que ces personnes soient particulièrement taiseuses sur les limites et les incongruités d’une Machine qui les fait vivre. Toujours, toujours, sans aucune exception, ces personnes vont à argumenter l’utilité de leur job, leur dévouement à la bonne cause, celle de l’enfant. Ah la bonne cause que celle de l’enfant à sauver !


    Qu’il y ait des cas de cruauté manifeste de parents envers des enfants et qu’il faille alors les séparer, j’en conviens. Mais à force de trouver cette Machine fort belle et indiscutable, on en est aujourd’hui à voir qu’un plombier qui aurait laissé son fils seul dans le jardin du Luxembourg, le temps de quelque travaux, se le fait retirer. D’emblée, d’office.

    D’ici, nous avons l’impression qu’un juge des enfants avait pris cette décision de placement en réfléchissant tout seul. En réalité, ce juge, comme tous les juges et chefs, a subi la pression de la masse. Ce juge a lu ce qui s’était raconté sur les foras, il a vait remarqué que la plupart des intervenants avaient lancé que ce père était irresponsable, indigne etc.. Ce juge aura décidé selon la rue. L’effet Milgram vaut dans les deux sens


    Si on laisse la Machine briller d’un éclat toujours supérieur à celui des individus, on va bientôt se retrouver tous, parents indignes et ruinés.
    A la limite, chaque parent, disqualifié en ce qui concerne ses propres enfants,et vu le problème quantitatif que ça poserait, se verrait confier les enfants des autres qu’il élèverait sous surveillance, en bon ordre et machinalement.



    Je crois qu’il faut constamment considérer les Machines avec circonspection et ne jamais les idolatrer. Si l’on constate une anomalie dans une famille, il faut d’abord accompagner à distance. Par exemple en rendant visite à la famille une fois par semaine et en posant tout à plat. Une très grande part des problèmes pourraient être résolus dans défaire les familles.




  • easy easy 7 février 2011 14:27

    Cette affaire, par sa médiatisation, par sa récupération en télé ou sur AVox, permet essentiellement à ceux qui se jettent dessus, de se blanchir, en tant que parent.
    Cent, mille, dix mille, un million de personnes bavasseraient dessus que ce ne sera jamais pour dire autre chose que l’incurie d’autrui et bien entendu, des parents, des vrais parents, à qui on a retiré les enfants.
    Ces bavasseurs se retrouvant alors en position de donneur de leçon.

    Je le dis souvent, nous ne savons pas faire autrement que juger de manière très binaire. Nous avons pourtant une expérience personnelle de la vie qui nous a plusieurs fois prouvé que tout en ayant écrasé un chien nous ne sommes pas salaud ; que tout en ayant trompé notre conjoint, nous ne sommes pas une ordure ; que tout en ayant oublié de déclarer un détail au fisc, nous ne sommes pas un bandit ; qiue tout en ayant une fois menacé un voisin, nous ne sommes pas terroriste.

    Nous savons pourtant tous très bien que si des juges démagogues ou des concierges, alertés par quelque personne malveillante (et les enfants peuvent en faire partie), observaient tous nos comportements passés, les plus secrets, les mieux dissimulés, ils trouveraient dix fois matière à nous traiter de criminel.
    Ne serait-ce que pour avoir refusé -par déni, par surdité- d’aider une vieille tante à payer son loyer, à s’acheter de quoi bouffer. Ou, plus d’actualité, pour avoir pris en photo notre fille dans son bain.

    Nous savons que nous sommes limites mais nous sommes pourtant fort diligents et agiles à enfermer autrui dans une condamnation.

    C’est qui nous ?

    Ce n’est probablement pas tout le monde. Tout le monde n’a pas participé à la tonte des femmes ayant couché avec l’ennemi. Mais nous sommes suffisamment nombreux à aimer jouer les saints pour que les lynchages et les stigmatisations se produisent.

    Nous ce n’est pas tout le monde, loin s’en faut ; Mais ça représente tout de même déjà beaucoup de monde.


    Il y a plein d’effets de groupe qui influent sur nous, sur ce que nous disons ou écrivons, donc sur les jugements que nous émettons. Dont les divers effets Milgram (les chefs subissent également la pression de la masse) ou le paradoxe d’Abilene. C’est forcément sous l’effet de ces principes actifs que tous ceux qui jouent au bavardage (tout le monde ne bavarde pas, ne clavarde pas) adoptent des positions aussi binaires.

    Par le OUI ou par le NON, il faut s’exprimer sans nuances pour faire autorité quand on joue au bavardage. Et sur tous les sujets susceptibles de nous envoyer en prison, il n’est pas question de ne pas se dire à fond dans un camp, le camp des plus forts, tant qu’à faire. Ou alors carrément dans le camp des groupuscules terroristes. Mais papoter, comme nous le faisons entre collègues, au bistrot ou sur AV tout en restant très nuancé en évitant soigneusement de plomber par exemple les parents désaisis de leurs enfants, ça ne se fait pas.


    Il suffit de relire, ici et ailleurs, TOUT ce qui aura été raconté et commenté au sujet de cette affaire dans laquelle, à la base, rien n’a été dit de moche concernant les parents de cette fille, pour vérifier qu’effectivement, lorsqu’il y a un jugement d’émis concernant les parents déssaisis considérés en masse, il s’agit toujours de jugement infamant. Sur les milliers de réflexions lancées par les bavardeurs et bavardeuses autour de ce cas, pas une seule n’aura témoigné de pitié (je parle de pitié chrétienne, de celle issue de la tendresse) ou de compassion pour les parents dont on a retiré les enfants.

    Ca fait un monde dur, très dur.







    Cela dit.

    L’ASE est une administration. Assez comparable à la Justice. Elle a été inventée par notre société pour essayer de résoudre des problèmes individuels. Comme le système carcéral, comme l’armée, comme la Justice, comme l’EN, elle n’est pas forcément bonne de manière absolue ou face à Dieu si vous préférez.

    Rien ne dit que Dieu trouverait normal que les hommes organisent une armée, que des hommes en incarcèrent d’autres, que des hommes en fusillent d’autres, que des gens retirent des enfants à leurs parents. Par principe d’intelligence, nos machines sociales ne devraient jamais être considérées comme absolument, définitivement, constamment, universellement valables. Surtout quand on voit qu’elles n’ont rien résolu des souffrances individuelles et que de surcroît, il leur arrive de provoquer clairement de la souffrance.

    Si on garde constamment à l’esprit qu’aucune de nos Machines sociale n’est absolument parfaite ou valable, alors nous ne devrions jamais les adorer ni immoler qui que ce soit sur leur autel ou pire encore, en leur nom.

    « Au nom de la Loi, je vous arrête ! » Quelle connerie !


    L’ASE, en tant que Machine, fait au mieux son travail. Et comme l’a précisé Fergus, elle a considéré qu’elle devait interdire l’amour entre les parents d’accueil et leurs petits pensionnaires.

    Sachez, si vous n’en avez pas fait l’expérience, qu’il est assez facile, pour un parent élu parent d’accueil, de se comporter en machine. De ne pas s’attacher ni créer de lien en dehors de celui du respect. Oui c’est facile, beaucoup plus facile qu’on le croit.
    C’est peut-être plus difficile si l’enfant est très jeune, c’est peut-être plus difficile si le parent d’accueil est lui-même sevré de gosses, mais globalement, s’occuper de gamins de manière mécanique, surtout avec la tutelle et la supervision permanente de l’ASE est facile. C’est du reste le seul et unique cas où l’on est parent encadré. C’est très agréable et encore une fois très facile à vivre sur le plan déontologique.

    Que de son côté, l’enfant soit très demandeur d’attachement, ça va de soi. Mais encore faut-il le dire. A considérer les choses de manière naturaliste, on comprend que tout enfant a un intérêt vital à établir un lien solide avec celui qui le nourrit et l’abrite, quand bien même ne serait-il pas son géniteur. L’enfant a une stratégie de survie qui le pousse à se faire aimer par celui qui tient le frigo ou plus largement le pouvoir, fusse-t-il un CRS en titane.
    Tout parent d’accueil, quand il est face à un enfant stratège-vampire d’affection, est tenté de le satisfaire. On a tous entendu parler du devoir que l’on a de répondre à la demande d’affection d’un enfant). Mais d’une part ce professionnel a ses propres enfants à qui il doit garantir l’exclusivité de son affection sous peine de gros clash familial, et d’autre part, il y a la forte présence morale de l’ASE qui lui dit que non seulement il n’a pas le devoir d’offrir au vampire l’affection qu’il réclame, mais qu’il en a même l’interdiction. 
    De la même manière, un geôlier reste facilement distant vis à vis de son prisonnier parce que sa hiérarchie lui dit qu’il n’a ni le devoir ni le droit de s’en approcher. On lui inculque même l’obligation inverse, celle d’être sec, intraitable et inhumain.


    Dès qu’il est question d’Armée, de Justice, d’ASE, on n’est plus dans l’humain-individu, on est dans un produit du groupe humain, dans la Machine. Et là il n’y a plus de câlins. Par contre il y a des pelotons d’exécution, de la prison, des barbelés et des gibets. Le tout étant encadré par la valeur DEVOIR.



    Il ne faut donc pas, dans un article ou un commentaire, mettre dos à dos, l’une jugée bonne, l’autre jugée mauvaise, deux attitudes provenant de deux entités différemment organisées.

    L’ASE + la famille d’accueil c’est une entité froide, agissant par le biais du devoir et qui tient clairement la prison dans la main, car quiconque la trahit devra la subir. Cette entité est humaine au sens où ce sont les êtres humains qui l’ont conçue et qui la font fonctionner mais on y pratique la non-humanité-singulière. On y pratique le respect froid. Comme on doit respecter un serpent, une araignée ou une méduse. Pas comme on se laisse aller à aimer un koala, un bébé phoque, un ourson, un chiot.

    Différemment, les vrais parents de l’enfant constituent une entité passionnée, individuelle, caractérisée, singulière, personnalisée, déchirée, hocqueteuse, marquée par une histoire et bourrée de sentiments particuliers qui lui font comme une carte génétique à la fois historique et sentimentale. Dans cette entité, la notion de devoir est accessoire et personnalisée. L’attachement y domine le devoir.



    A ceux, probablement effrayés à l’idée qu’ils puissent un jour se retrouver condamnés, qui s’empressent de dénigrer les parents ruinés en recourant aux poncifs de type « Parents indignes, irresponsables, incapables... » je dis qu’ils donnent aux Chefs l’impression de trouver la Machine meilleure que l’Homme. Ces chefs vont alors imposer plus de Machine qu’il n’y en a déjà et, à terme, en tant qu’individu singulier, vous ne vaudrez plus rien, pas même aux yeux de vos enfants. Sinon en termes de devoir « Tu es mon père, alors tu me dois ceci, cela »



    Oui, des enfants peuvent grandir en kolkhoze, peuvent être élevés au sein d’une Machine asentimentale. Oui on peut le faire comme on a su le faire pour les poulets et les cochons.
    Oui, bien sûr que oui, Gattica est possible.

    C’est ça que vous voulez ?
    Vous ne voulez plus que des films avec des personnages artificiels de type Avatar ? Vous en avez marre des films avec de vrais acteurs, des Nicholson, des Hopkins ?

    A mon sens, nous sommes déjà à mi-chemin entre le concept familial tel qu’il était au XVIIIème siècle et Gattica.

    De la même manière que les trentenaires actuels vivent leur célibat sans drame, sans panique, parce qu’ils voient des réservoirs immenses de type Meetic et que chacun va au zapping des liaisons, de même les adolescents et les préados zappent aussi en jouant d’un réservoir inépuisable. Et c’est de cette manière zappiste qu’ils regardent leurs parents.

    Pour bien faire les choses, plus un parent est Machiné, plus il est standardisé, plus il est interchangeable, zappable.



    Pour ma part, je crois qu’il faut supporter chaque personne avec ses défauts et même, paradoxalement, se féliciter qu’elle en ait au lieu d’en appeler constamment à la Police, à la Machine comme référence asolue du Bien ou du mieux-être.



  • easy easy 6 février 2011 13:32

    La chaleur qui règne dans le métro provient des frottements mécaniques, des résistances électriques et des viandes à 37°.

    A partir du moment où la Terre est passée des reptiles, des poissons, des mollusques, des insectes, aux mammifères ou plus exactements aux animaux à sang chaud, ya des chances pour qu’une source nouvelle de chaleur, s’ajoutât aux incendies de forêts pour contribuer à la réchauffer.

    Mêrme une ruche, même une termitière, même une fourmillière, s’échauffe par l’activité de ces petites bestioles pourtant froides.
     
    Il me semble plus que clair que si la couche de mammifères atteignait les 4 m d’épaisseur, la Terre, en tous cas son atmosphère, serait plus proche encore des 37°.


    L’activité physique + l’activité biochimique produisent de la chaleur.
    Plus ya de bestioles chaudes qui bougent, plus la Terre s’échauffe.

    Sans chiffrer, sans calculer, c’est acquis, c’est certain.

    Posons, toujours sans rien calculer, que si la température de l’atmosphère approche trop les 37° toutes les bestioles crèveront de chaud.

    Il va donc se produire, si la croissance de la biomasse se poursuit, un seuil d’équilibre entre sa masse et la surchauffe qu’elle produit. Equilibre viable mais certainement étouffant. Bin on a le temps de s’y faire.

    Déjà, avec ça, sur le plan moral ou éthique, je ne vois pas matière à culpabiliser.
    La Vie s’est installée sur Terre, les condtions de cette vie ont continuellement changé, la Vie s’est débrouillée avec les changements qu’en partie elle provoquait, l’homo sapiens sapiens n’a pas à s’en mordre les doigts.




    Ensuite. 
    Un échauffement serait, en plus d’être étouffant, générateur de tempêtes, cyclones et autres joyeusetés de ce genre.

    Ah bon ? Mais pourquoi donc ?
    Punaise, on se croit encore aux âges farouches où, paraît-il, Ao considérait que la foudre était une manifestation de la colère de Dieu contre lui. 

    A l’évidence, même en France, on est encore superstitieux. On croit sourdement en l’ordalie, en un Manitou qui serait vengeur et répresseur des fautes et excès de l’homme et de lui seul.

    Les imprécateurs, les annonciateurs d’apocalypse ont encore de beaux jours devant eux.


    Quand les sauterelles explosent en nombre et font d’un paysage verdoyant un désert en 4 jours, ce n’est en aucun cas la marque d’une colère de la nature contre ces bestioles ou contre les arbres. Mais uniquement et forcément la preuve que Dieu ou la Nature est fâché de l’Homme.


    Je crois qu’il est logique, maintenant qu’on vient de découvrir la finitude du Monde, d’économiser sur tout.

    Mais s’empêcher de péter et de faire crac crac au motif que ça dérange l’Ordre des choses et alors que cet Ordre n’a jamais existé que dans nos fantasmes, c’est de la superstition.

    Sur ce point de l’écoéthique, il me semble deviner quelque chose. Ce concept ne peut être profondément compris que par les générations ayant clairement gaspillé. Ce concept a un brillant qui tient à la mocheté des tas d’ordures que nous avons vus, de nos yeux vus. 

    Mais dans X temps, les autres générations qui n’auront baigné que dans l’Economie, que dans le Durable, ne verront plus trop en quoi cette démarche est formidable et nécessaire. Les descendants de Nicolas Hulot seront-ils aussi motivés que lui ?
    Peut-être le Monde connaîtra-t-il constamment une sucession de phases gaspilleuses et de phases économes.

    Cette alternance, cette friction éthique, zéniste / épicurienne, ne se produira peut-être pas de façon marquée, par périodes, mais de façon diffuse et permanente, y compris en ce moment. 

    Si ça se trouve, l’humanité ne sera jamais nettement plus économe qu’elle ne l’est actuellement. Si ça se trouve, elle sera constamment peuplée de gens tantôt gaspilleurs, tantôt économes.

    Bin oui ; la mort nous obsédant, nous n’aimons rien tant que jouer avec la possibilité du suicide (à tout échelle, individuelle,familiale, clanique, sociale, planétaire). Un coup on fait gaffe de ne pas tomber dans un escalier, un coup on tente de toucher le soleil.



  • easy easy 5 février 2011 14:54

    Difficile sujet.

    Il me semble que ce qui rend l’appréciation ou le jugement de cette question aussi difficile c’est le fait que depuis la nuit des temps, surtout ici, en Occident, on aura considéré que les choses et situations sont soit normales (ou naturelles) soit anormales (ou contre nature).

    Nous ne savons pas faire autrement que procéder de façon binaire.

    Plus exactement, quand nous sommes entre amis autour d’une bière, nous parvenons parfois à une discussion sans tranchées ni tranchants. Chacun dit son point de vue sans chercher à clore, en maintenant très ostensiblement toutes les portes ouvertes.
    Mais dès que l’ambiance devient moins détendue, c’est très rapidement que les orateurs vont vers la radicalisation des positions ; qui deviennent alors forcément manichéennes ; qui versent alors très vite vers les diverses références Godwin (il n’y a pas que Hitler).

    Tout se passe comme s’il était absolument impossible de convaincre, lors d’un débat, par exemple à l’Assemblée, en restant dans un positionnement large, souple et tolérant. Il faut que le discours soit tranché pour qu’il ressorte violent donc fort donc convaincant.




    Manichéisme oblige, les homos, qui n’en voulaient profondément pas, sont obligés de jouer la carte de la normalité. Car c’est ça ou l’exclusion, le lynchage.

    Et du coup, quand hypocritement ou l’air de rien, ils cherchent à se faufiler dans le bon camp de la normalité, ils choquent les hétéros qui estiment que l’homosexualité n’est en rien normale. C’est que la normalité, au lieu de ressortir plutôt comme une indigence, comme une banalité, comme un manque d’originalité et d’intérêt, ressort, lors des jugements sociaux, lors des ordalies aussi, comme une force.

    Le jeu subtil d’un Alain Delon ou d’un BLH ou d’un Bidochon, consiste, face à des petits cercles, face à une dame, à ressortir comme étant extraordinaire, original, tout en conservant intacts les atouts leur permettant de se prévaloir de la normalité au cas où ils seraient mis en examen. Ah là c’est sûr, aux assises, c’est pas l’endroit où il faut mettre en avant son anormalité.


    Pour tout un chacun, à cause de la menace permanente d’être lapidé pour cause d’anormalité, il est impératif de pouvoir se rattacher, le cas échéant, lors de situation à haut risque, au camp des normauxpathes, des névrosés de la norme.

    Et le visa de la normalité n’est pas gratuit. Ceux qui pensent l’avoir de bon droit en sont jaloux. Ils defendent leur exclusivité, leur chance. Car, ils le savent, en un rien de temps, une Saint Barthélemy peut s’inverser et les chasseurs devenir des proies.

    Par exemple, l’entrée d’un noir dans un bar réservé aux blancs, si elle devient normale, bousculerait complètement la notion de normalité qui faisait celle du blanc. Et si le blanc perd des points de normalité, il se sent en danger selon le bête principe de meute. Il va donc refuser cette perturbation. A moins qu’en échange on lui offre un autre médaille de normalité.
    Si on dit au blanc qu’en échange d’une normalité établie sur sa seule couleur de peau, il peut en obtenir une autre sur la foi de son aptitude à calculer la trajectoire de la comète Halley, il va verdir. Il va refuser. On le comprend.

    Quand bien même on coulerait dans le bronze une loi édictant que plus jamais on ne lynchera une minorité, un quasimodo, un monstre (de forme ou d’attitude) chacun comprendra que rien, aucune loi n’arrête une foule hystérique.

    Aujourd’hui et dans 1000 ans, une femme sait et saura toujours que si elle couche avec l’occupant, elle risque le lynchage. Aujourd’hui et dans 1000 ans, un homo, parce qu’il est clairement dans un camp minoritaire, sait et saura toujours qu’il risque le lynchage, quelles que soient les lois.

    Cette peur sourde mais constante qu’on s’inflige mutuellement, aboutit à ce que chacun tortille sa singularité pour pouvoir, tout de même quelque part, prétendre au visa de la normalité.

    Fondamentalement, qu’est-ce qu’ils en ont à foutre les homos du mariage ; rien, absolument rien.
    Sauf que très stressés par le risque qu’ils encourent constamment d’être piétinés et livrés aux chiens, ils tentent par toutes sortes de ruses de grapiller ici ou là quelques marques, quelques indices, quelques cachets de normalité. Comment ne pas les comprendre.


    Mutatis mutandis, ces minoritaire de l’amour que sont les homos, (il y en a d’autres encore bien plus minoritaires) sont dans une situation comparable à celle de Juifs ayant à vivre sous un régime nazi. Ils doivent se déguiser, ils doivent voler, ils doivent tricher, ils doivent ramper dans les égouts. Et parfois, si la loi et l’ambiance le leur permet, ils défilent très visiblement en groupe très singulier. Ya pas moyen de faire autrement pour survivre. Ramper quand on est isolé, faire tintamarre quand on est en bande.


    Tant que nous en resterons à considérer qu’il est bon de pendre, de fusiller, de lyncher, de torturer, d’incarcérer, de ruiner, d’insulter, d’humilier publiquement un être humain pendant qu’il peut être mal voire monstrueux d’aimer hors cadre, tous les minoritaires seront obligés de ramper et de grenouiller pour dérober quelque titre de normalité à la masse majoritaire.



  • easy easy 4 février 2011 17:46

    «  »«  »«  »«  »«  » On peut parler des saints et de Dieu sans croire en la sainteté, ni en l’existence de Dieu, comme on peut parler des fées et des licornes, en tant que produits de l’imagination«  »«  »«  »«  »«  »«  »« 

     En effet, on peut. Mais en évitant justement les questions qui obligent à en parler.
    Les enfants ont le chic pour poser des questions embarrassantes et on se voit à botter souvent en touche. En effet, un politique peut dire »RDV à l’église Saint Sulpice" en éludant toute question portant sur ce qu’il en pense. Mais un enfant lui demanderait ce qu’est une licorne, il répondra volontiers que c’est une invention de l’esprit.
    Ce qu’il peut dire des fées, des dragons et des djins, il ne peut pas le dire au sujet des saints, des prophètes, des tables de la loi, de l’ostie, du Graal.... Il ne peut pas dire que ce sont des inventions sans scandaliser ceux qui y croient.

    Alors elle est où la laïcité sinon de pure forme ? Il est où le rationalisme quand on ne peut poas dire que personne n’a jamais marché sur l’eau ni multiplié des pains et encore moins ressuscité ?

    Il y a no man’s land.

    C’est cela, le no man’s land, le seul progrès que les rationalistes peuvent obtenir.

    Bin une zone de non-dits, pour un rationaliste, c’est une capitulation.

    Entretenir une zone de non-dits c’est s’interdire le blasphème et ça, vous dites ne pas en vouloir.

    C’est la raison pour laquelle je demande que les rationalistes, que les laïques, puissent exposer clairement leur point de vue sur ces supersitions et qu’il en ressorte alors une manière laïque de parler de chacune des pages des Livres et de la foi, manière qui devrait rester supportable aux oreilles des croyants.

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