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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 8 février 2011 16:48

    Pour Antonio,

    L’effet Milgram.
    La partie la plus connue de ses expériences est celle où l’on constate qu’un individu pris au dépourvu, face à une personne d’autorité elle-même bien installée, capitule et exécute ses ordres sans plus solliciter sa conscience, interroger ses propres valeurs.

    Ce que je traduis ainsi : Mis en situation inhabituelle, il faut le préciser, un individu manque de référence pour juger de la chose nouvelle et se fie, se plie aux jugements de ceux qui ont l’air de bien connaître l’affaire.

    Exemple. Un ou deux amis te disent de les accompagner à un club où tu n’as jamais mis les pieds. Tu verrais ce qui s’y passe en étant seul, tu interrogerais tes repères, tes valeurs, tes habitudes pour essayer de trouver ce que tu dois faire. Mais là, tu te laisses guider par tes amis qui ont l’air de bien connaître les règles du jeu. Tu marches dans leur ombre et s’ils te disent qu’il est normal de te foutre à poil, tu te fous à poil...
    Un soldat n’irait jamais à tirer sur un camarade mais si le colonel lui en donne l’ordre, il le fera


    Ce principe ne s’arrête pas là.

    Car il y a en gros deux sortes d’autorités. Celle qui émane d’un individu (uniforme, médailles, blouse blanche, costume bleu marine, voiture de prestige etc) et celle qui émane d’un groupe, d’une masse. C’est très puissant une masse et quoi qu’elle dise, ce qui compte c’est sa force acquise par le nombre.

    La plus forte de toutes étant celle qu’on constate immédiatement devant le spectacle d’un individu seul qui hypnotise une masse. Car en lui seul, il représente là, immédiatement, les deux forces (l’effet d’immédiateté joue beaucoup car souvent, avec le recul, à tête reposée, chacun peut revenir à ses propres repères)

    Un individu peut donc avoir une force de persuasion faisant autorité sur un individu moins habillé mais une masse aussi peut faire autorité sur un individu se sentant seul.
    Si un type se trouve dans une salle où tous les autres disent que la couleur du plafond est rose alors qu’il le voit vert, il ira à dire qu’il est rose (sauf si la réponse à la question de couleur est posée à bulletin secret)

    Les bancs de poissons, les nuées d’oiseaux, les suricates, les singes, assurent leur sécurité en suivant immédiatement les cris ou mouvements d’alerte. Nous avons hérité de cette habitude et si la foule se rue vers une porte bloquée, personne n’a idée de faire le contraire. Le mouvement, la voix, le jugement de la foule fait autorité et même un César doit en tenir compte, faire avec, la dompter, la maîtriser. S’il y parvient, il est le maître du Monde.


    Quand Bigard fait son mariole devant 30 000 personnes, s’il a envie de se moquer d’un spectateur en brossant son crâne dégarni, il va y parvenir sans aucune peine et sa victime sera obligée de faire bonne figure. En dehors de la salle, Bigard ferait ça au même type, il se prendrait un pain.

    Quand on sait que la masse des gens est sensible au miel du sentimentalisme, on a intérêt à jouer la carte de la confiserie. C’est ce qui fait que des émissions où tout le monde est dégoulinant de bon coeur, d’amour et de générosité marchent très bien. C’est surtout ce qui fait qu’il est difficile de dire à quel point elles occultent et déforment la réalité. On est en ce moment dans une période où la majorité des gens veulent croire que l’enfant est un ange (dans les bons quartiers en tous cas). Il est donc difficile de dire qu’il est déjà stratège à 7 ans sans se prendre une volée de bois vert.


    A côté de l’effet Milgram où l’on examine les effets de l’autorité (d’une personne ou d’une masse) il y a le paradoxe d’Abilene.
    Cette fois, ce n’est plus l’effet d’autorité qui joue mais l’effet pervers du manque de clarté ou d’explications entre les membres d’un groupe (qui peut être réduit au binôme, au couple) 
    Par exemple. On organise une teuf chez soi ; Tout se passe bien. Vers 1 h du mat, il y en a qui rentrent. Mais il y en a qui traînaillent. Chacun de ceux qui restent se demande ce que souhaitent les autres. Plus de déconnade ? Plus d’alcool, plus de drogue ? Plus de quelque chose mais quoi ? Et il y en a un qui lance une proposition « Allons en boîte ». Au fond, chacun trouve qu’il est bien tard, que demain faut aller bosser...Mais tout le monde, y compris celui qui avait lancé l’idée histoire de se montrer d’initiative, croit que ça fait plaisir aux autres d’y aller et chacun s’oblige, se force. Ils vont tous se retrouver en boîte alors que personne n’avait vraiment envie d’y aller.

    On peut retrouver dans ce paradoxe d’Abilene des effets Milgram mais ici, chacun sans exception, est piégé.


    Dans la vie c’est 10 fois par jour que chacun de nous participe, profite ou subit un de ces effets qui font les groupes, les sociétés.




  • easy easy 7 février 2011 23:40

    Je vous déconcerte, ça ne m’étonne pas. 
    Dostoïevski vous renverserait.

    Bon, le débat entre ceux qui voient et savent dire à peu près les complexités et ceux qui voient simplement et ne s’éloignent surtout pas des poncifs ne sera pas clos ce soir.

    Je vous vois vous agiter encore comme grenouille sur feu devant mon assertion selon laquelle vos parents sont vénaux. Vous ne savez me répondre que leur petit salaire.

    Je crois que sans surseoir, vous devriez interroger vos parents et leur demander si oui ou non l’ASE exige d’eux qu’ils fassent ce travail d’abord et surtout pour l’argent. Quand ils vous aurons répondu, quand ils vous aurons avoué que c’est bien le cas, vous descendrez d’un cran de votre nuage rose et commencerez à comprendre que c’est plus compliqué que ça en a l’air. Qu’en tous cas, il est impossible de simplifier la problématique du placement par le miel de l’amour.

    L’ASE interroge les candidats qui, ayant fouillé sur le net, en ayant interrogé d’autres familles d’accueil, savent devoir répondre vouloir faire ce boulot pour l’argent qu’il rapporte. C’est effectivement un salaire modeste mais c’est correct, confortable et prestigieux ./. à un boulot d’égorgeur de moutons, de fileteur de morue ou de gratteur de moules.

    L’ASE ne veut surtout pas de gens idéalistes, elle ne veut surtout pas d’enfiévrés. Elle veut des gens qui exécutent froidement et proprement les consignes officielles, qui sont prêts à se séparer d’un gamin élevé pendant des années (en se faisant des montagnes de soucis pour lui étant donné la responsabilité) sans sourcillier, sans pleurer ni sortir les violons ou les mouchoirs. C’est dans ces conditons vénales et très professionnelles que les choses peuvent se passer le plus correctement possible. (le mot vénal n’est jamais employé tant il a mauvaise presse, mais son concept est dans le filigrane des contrats)

    Et c’est malheureusement parce que les employés de l’Ase refusent d’admettre leur vénalité, parce qu’ils refusent de se voir comme intéressés par la misère des autres, qu’ils dérapent et transpirent de quelque chose d’affectif. Cette sueur affective (je dis sueur car c’est un produit de soi qui ne se contrôle pas) opère soit en positif selon le biais « nous on t’aime » soit en négatif selon le biais « tes parents ne t’aiment pas ». Trop souvent l’enfant accueilli sent une de ces deux odeurs.

    Simple, vous dites.
    Simple l’intromission soudaine d’un ou de plusieurs enfants étrangers au sein d’une famille comprenant déjà des enfants en propre. Simple cette cohabitation ?
    Oui c’est simple, vraiment simple, quand on élude toute la problématique que ça pose déjà à ses propres enfants. Oui, on peut se rassurer en affirmant que tout se passe très bien, que les enfants du foyer sont même enchantés de partager leur maison, le temps disponible de leurs parents. Oh que c’est simple !


    Heureusement, l’ASE est d’expérience. Elle sait que ce n’est pas simple et qu’il vaut mieux que l’on parle d’argent, rien que d’argent et de règles éducatives froides. Heureusement qu’elle sait qu’il ne faut pas que les parents d’accueil s’égarent à donner à croire qu’ils font ça d’abord et surtout par bonté d’âme, par altruisme, par compassion, par pitié, par générosité, par amour.
    Non, ces traits, ces sentiments doivent être placés le plus officiellement possible, derrière l’intérêt pécuniaire. Alors seulement on est pro.


    Il y a un film qui s’appelle Dreamer. Il raconte l’histoire d’un cheval blessé, qu’en principe on abat mais qui là, à la demande de la fille d’un éleveur, est sauvé. Et c’est tant mieux. Son père lui rappelle que le métier d’éleveur oblige à ne pas s’attacher aux bestioles. On les soigne très bien, on se fait un sang d’encre pour leur santé et leur bien être, on se tue à la tâche pour leur confort et leur pleine forme mais on ne doit pas s’y attacher car on est pro et on les élève uniquement pour l’argent que ça rapporte.

    Mais je vous en prie Fergus, je ne vous retiens pas plus longtemps. Passez donc un coup de fil à vos parents et demandez-leur si l’ASE préfère ou non qu’ils fassent ce job surtout pour l’argent.


    Au fond, Fergus, je vous choque simplement parce que vous redoutez l’accusation de vénalité. Cette accusation vous aura peut-être traumatisé mais sachez que dans ma bouche, il n’y a pas de jugement. Je ne dis pas que c’est bien ou que c’est mal. Vous avez remarqué que je fais régulièrement référence à Dieu auquel je ne crois pas un instant, mais c’est pour dire que le jugement des hommes est une chose très critiquable, jamais universelle, jamais absolue à mes yeux.

    Pour moi, la vénalité n’est pas une maladie honteuse. Ce n’est ni bien ni mal. On est intéressé par l’argent comme on l’est par le cul, les parfums ou les pizzas. Le tout c’est de ne pas en faire une obsession, de ne pas tout ramener à ça et de savoir faire sans, à l’occasion. La vénalité n’est déplorable que quand elle est sans partage, exclusive et jalouse de tout autre sentiment, quand elle obère la pitié, la magnanimité, le pardon ou la générosité par exemple.
    Sinon, je la trouve normale, ni scandaleuse ni vilaine.

    Bonne nuit




  • easy easy 7 février 2011 20:35

    D’une façon générale, les pigments performants sont toxiques.

    Très basiquement, tout biologiste le sait, une cellule subissant une coloration en meurt. On parle de fixation. Mais là il s’agit de colorants qui fixent par réaction chimique directe.

    Les autres colorants, pigmentaires, sont fabriqués, broyés pour être très fins et là ils intoxiquent déjà par étouffement. Par exemple la poussière de charbon, elle entre dans les bronchioles, elle sature les potentialités phages des cellules et les étouffe. Et bien c’est pareil au niveau de l’épiderme, ça peut tout boucher.

    Ainsi, en dehors même de la toxicité chimique éventuelle d’un colorant, sa finesse peut tuer les cellules par etouffement.


    Ce qui est étonnant, c’est que les anciens tripotaient le plomb, le mercure, les pigments, toutes sortes de saletés dans le genre et ils en souffraient très probablement, mais l’Histoire ne nous le rapporte pas. On nous fait tout un foin de la présence de plomb dans les peintures (surtout extérieures) alors que des générations entières de gens ont bossé directement ce métal à longueur de journée sans dommage remarqué.

    Punaise, Michel Ange, avec de qu’il s’est bouffé comme poussières de marbre, comme pigments, par tous les trous, a vécu tout de même presqu’un siècle !



  • easy easy 7 février 2011 19:44

    Dans la plupart des cas, on utilise le dioxyde de titane parce qu’il est un pigment très blanc et pas trop cher.

    Des blancs, il y en a une infinité et il ya des gus qui arpentent les jungles avec un petit nuancier (de pigments compactés) des meilleurs blancs jusque là repérés, dans l’espoir d’en trouver un meilleur encore.


    Actuellement, le blanc le plus blanc serait celui du pumage de gorge d’une sorte de pie.

    Au bout du « plus blanc que blanc » il y a une véritable course économique au blanc.

    Même course au noir. Celui des pneus n’est pas obtenu avec un pigment noir mais avec un certain mélange de pigments colorés.

    (le fabricant qui saurait fournir des caoutchouc colorés, autres que noir, par exemple pour l’industrie automobile, ferait immédiatement fortune)





  • easy easy 7 février 2011 19:10

    Si les familles d’accueil ne font pas ça pour l’argent, alors elles sont perverses.

    Posez précisément la question à vos parents, demandez-leur ce qui est dit par l’ASE à ce sujet ; Ils devraient vous répondre que l’ordre leur est donné de considérer qu’ils ne font ça que pour l’argent.

    Cher Fergus, je vous vois redouter l’accusation de vénalité. Pour vos parents. Mais sur ce chapitre de la vénalité, il y a aussi à boire et à manger.
    Il est parfois, pas toujours, extrêmement difficile de dire où et quand commence la vénalité dans notre rapport à l’argent.
    Ne tremblez pas devant le risque d’accusation de vénalité ou d’égoïsme ou de cupidité ou de concupiscence ou de perversité ou de cruauté. Ne tremblez pas vis à vis de Dieu je veux dire. Car vis-à-vis des hommes, il y a de quoi trembler, en effet.

    Je m’évertue à dire la Machine sociale et à préciser qu’elle ne devrait jamais être considérée comme parfaite.

    Si donc la Machine doit toujours être considérée avec des pincettes, avec circonspection et prudence, si l’on convient de n’y recourir que dans les cas vraiment impossibles à traiter autrement, on doit se méfier de tous les qualificatifs au tranchant de guillotine.

    Les qualificatifs comme égoïste, avare, cupide, vénal, vicieux, pervers, manipulateur....devraient être considérés davantage comme des troubles ou défaillances de la part de ceux qui les brandissent que de la part de leurs cibles.

    Désacralisez le côté infamant du mot vénal, banalisez-le en considérant que l’un dans l’autre, nous sommes tous vénaux puisque nous tripotons tous de l’argent et que seuls quelques uns sont hyper vénaux ou essentiellement vénaux.
    Mais oui, on peut être à la fois vénal et généreux (comme Eddy Barclays, comme Bill Gates, comme Coluche) alors que certains sont vénaux et également radins.


    Cessons de trembler quand on nous dit qu’on travaille pour de l’argent. C’est normal. C’est normal de faire un métier susceptible de concilier une vie familiale intense et une rémunération. Je veux dire que Dieu n’y trouverait rien à redire. Ainsi, les parents d’accueil doivent dire, aussi bien à leurs supérieurs de l’ASE, qu’à leurs parents ou amis, qu’ils font ça pour l’argent.

    Dans la réalité, ils déclarent leur vénalité aux gens de l’ASE car elle l’exige mais ils ont une nette tendance à dénier cette vénalité toute ordinaire vis-à-vis de leurs parents ou amis de sorte à paraître plus généreux qu’intéressés.

    Et aux enfants placés, on leur dit quoi ? Qu’on est vénal ou généreux. Et bien on ne dit rien. Devant eux on n’aborde pas cette question (et bien d’autres). Quand l’enfant est placé à environ 15 ans, il n’est pas dupe. Il sait que les accueillants font ça pour l’argent, même s’ils font bien leur boulot, car rien n’empêche d’être à la fois intéressé et méticuleux, bien au contraire.
    Quant aux enfants plus jeunes, qui ne pigent pas ce qu’est l’argent, les besoin de rentrer de la thune, on ne leur dit rien et on leur laisse donc la voie libre pour la reconnaissance. L’enfant peut croire qu’on s’occupe de lui par intérêt pour sa personne et il est tenté de se croire alors non interchangeable. L’illusion de générosité, bien que cultivée implicitement, ne trompe pas l’enfant très longtemps.

    Car c’est un truc de fou l’ASE, sous bien des aspects. Ceux des enfants qui ont toute conscience des enjeux pécuniaires dont il est l’objet de soins tant de la part de l’ASE que des parents d’accueil, réalisent qu’ils sont interchangeables. Pour eux c’est déjà Gattica.


    Tant qu’on reste à considérer, tous ensemble qu’une famille est irremplaçable, ça veux dire que ses individus ne sont pas interchangeables.
    Mais quand on commence à dire que la Machine peut décider de défaire une famille et au pied levé, dans la journée, trouver de nouveaux quasi-parents pour l’enfant, alors tout le monde devient interchangeable. La famille est désacralisée et c’est la Machine qui le devient car elle, on ne peut pas s’en défaire.


    Et dois-je aborder ce que les enfants naturel de la famille d’accueil balancent à la tronche des protégés ? « Mes parents n’en n’ont rien à foutre de toi. Ils ne font ça que pour l’argent »



    Oui, dans certains cas, l’enfant est indiscutablement soulagé d’être exfiltré de sa famille. Placé, on le voit plus calme, plus concentré sur ses études... Mais qu’a-t-on fait au juste ? On lui a démontré l’interchangeabilité des gens. Quand dans ton entreprise tu ne fais pas exactement comme il faut, t’es viré, jeté sur le trottoir. L’enfant placé découvre très tôt l’interchangeabilité des gens, l’élevage en batterie.

    D’autre part, l’enfant exfiltré n’a aucune preuve que ses parents sont également bien traités, soignés, considérés avec respect.
    Il a plutôt les indices voire les preuves du contraire. Une lettre lui arrive, de ses parents. On va lui dire « Tu sais, tu n’es pas obligé de la lire, ni d’y répondre »
    Sous un semblant de neutralité, car cette phrase semble neutre, on lui dit en fait que la famille n’est pas sacrée, qu’il peut la bouder, la jeter. On l’autorise à rejeter.
    Il va de soi que ces assurances qu’il sera de toutes manières protégé par l’ASE peuvent calmer un enfant angoissé. Mais qu’on ne s’y trompe pas. L’angoisse est déjà sa drogue. Il ne peut pas s’en passer et va trouver d’autres prétexte pour l’entretenir.


    L’enfant placé voit constamment et immanquablement ses parents être dégradés, humiliés, cernés d’interdits. Il voit que personne ne dit jamais du bien d’eux pendant que les compliment vont régulièrement aux autres adultes « Tu verras, madame Michu est très bien » . 

    Par ce seule fait de la dégradation, méritée ou non, de leurs parents, les enfants font très naturellement une démarche en rejet. Il faudrait que l’enfant ait des couilles de tigre pour résister à la stigmatisation de ses parents et les défendre « Bin, quoi que vous en disiez, mon père qui m’a laissé tout seul dans le parc, je le trouve super et je l’adore »

    Les enfants Cambodgiens, pourtant pétris de confucianisme, après seulement 4 semaines de bourrage de crâne de la part des nouveaux mâitres, les Khmers rouges, qui leur ont confié des fusils, ont tué leurs parents avec un regard froid.


    Noooonn jamais l’ASE ne dénigre les parents, NOooonn surtout pas, quelle erreur ce serait. Bin dans les faits, implicitement, au travers des barrages mis en place pour leur interdire toute approche non autorisée, les parents sont sous-infantilisés mais en plus ils ne sont pas soignés et se retrouvent bien plus souvent en prison qu’en hôpital. Et cela leurs enfants le perçoivent très bien. Et les enfants, pas fous, stratèges et vulnérables à tous les effets du genre Milgram, se rangent du côté du plus fort. Ils dénigrent et rejettent leurs parents pour faire comme tout le monde.

    Noooonnn jamais un parent d’accueil ne dira à un protégé que sa mère est une salope, noooon, bien sûr que non. Ca ne se passe pas comme ça le dénigrement. Il est sous-entendu. Le parent d’accueil, cisaillé par les questions dont j’ai parlé plus haut, cherche à calmer sa conscience en s’auto persuadant qu’il est un parent modèle. Le seul fait de se poser en parangon de vertu disposant de tous les droits mais aussi du respect et de la considération de la Machine, face à un enfant protégé, immole ses parents ou les envoie au Tartare sous ses yeux.

    Histoire complètement hors ASE.
    C’est un gamin, blondinet, fragile de naissance (il devait dormir presque debout pour ne pas vomir). Voilà que sa mère démarre un cancer de la thyroïde et en devient grosse, difforme. Vers 13 14 ans, ce gamin élevé très cocon, école religieuse etc. très doué en tout, se retrouve bête noire des autres élèves. Il ne sait pas quoi faire pour se faire adopter par la société des gamins de son âge. Il remarque que d’une part ses camarades se moquent de ceux qui sont encore accompagnés par leurs parents à l’école et qu’ils se moquent aussi d’une certaine grosse mère. La sienne, hélas.
    Un jour de son anniversaire, il avait invité des camarades, la fête battait son plein et je l’ai entebdu dire à ses copains que sa mère est une grosse vache. Il dénigre sa mère (qui entre temps avait perdu son emploi, qui était dans la merde sur tous les plans) pour se faire bien voir de ses potes. Le cas de sa mère étant devenu indéfendable, il la jette.


    Face au pouvoir énorme de l’ASE, de la Machine, quel gosse oserait lui résister et affirmer lui préférer ses parents ?
    Aucun, ou alors un très jeune, paradoxalement. Mais dès 6 ou 7 ans, l’enfant stratège est là, et entre un néoparent plein de pouvoirs et de prestige, et ses parents ruinés enchaînés, il n’hésite guère.


    Ceux et celles qui ont été longtemps chômeurs avec des ados à la maison doivent comprendre de quoi je parle. Ils ont vu leurs enfants chercher à les remplacer.



    Que devient un enfant passé sous les fourches caudines de l’ASE ?

    Alors qu’un enfant peut pousser ses parents à bout afin de vérifier la solidité spéciale du lien familial, il ne peut faire le mariole chez une famille d’accueil. Il sait vite, car on le lui dit les dents serrées, on le déplacera encore s’il ne se soumet pas. Et on se retrouve avec des jeunes gens à la fois désentimentalisés (voire pire, écoeurés du sentimentalisme) et affichant une image normative. (leurs saloperies, ils les feront bien en douce)

    Ces enfants se retrouvent non seulement avec une ascendance ruinée et diabolidée, non seulement ils seront extrêmement hypocrites et changeants, mais ils découvriront quand ils seront parents s’ils le deviennent, qu’ils ont trahis leurs parents sur l’autel de la Machine.

    C’est que s’il y a un temps où la Machine semble avoir du charme tant elle surclasse les parents, passés les 18 ou 23 ans, elle apparaît terriblement exigeante et sourde.

    Ce que je dis là, ce ne sont pas les gens qui bossent dans cette Machine qui le diront.





    Je ne suis pas pour la suppression de l’ASE et des prisons. Mais je suis clairement pour qu’on y recoure avec beaucoup, beaucoup plus de parcimonie.

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