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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 21 janvier 2011 21:01

    «  »« Marine... ?.....rien à lui reprocher sur le plan des zaffaires »«  » ai-je lu quelque part.

    Staline non plus. 
    Pol Pot non plus.
    Pétain, Laval, Himmler, Léopold II, Mao, Amin Dada, Napoléon, Louis XIV, Louis XVI, N III, Mussolini, Franco, ils n’ont jamais été décriés pour affairisme. Pas même Léopold II.

    Du reste, ce qui a révolté les Tunisiens contre Ben Ali, ce n’était pas d’abord son affairisme aiguisé.

    Les peuples supporteraient très bien un cupide au palais ; à condition de n’avoir pas à subir aussi des brimades, des exécutions, des tortures, des incarcérations.

    Il est toujours possible de jouir par procuration de la richesse de son maître (même le christianisme soutient ce ménanisme mental). Mais, toujours par procuration, il n’est pas possible de jouir de la cruauté de son maître.

    A moins d’être maso ou d’être convaincu que cette cruauté ne sera infligée qu’à d’autres.




  • easy easy 17 janvier 2011 13:37

    Clap clap clap !



  • easy easy 14 janvier 2011 22:47

    Attention Geneste, ici je parle de la dimension répressive, du rôle de flic.
    Oui, une fois que l’ouvrier a été formé, il faut le laisser disons s’organiser. ne pas lui dire ce qu’il doit faire toutes les minutes. Ca c’est pour l’action fantasmée, idéale, relative au travail.

    Mais dans une entreprise, il y a, comme à la maison, des lâchetés de la part de chacun, des paresses, des mensonges, des vols. Et là il faut réprimer, sanctionner, licencier. C’est la partie horrible de l’activité d’entreprise. Et cette horreur, cette besogne de flic, de bourreau, je ne trouve pas normal qu’elle soit déléguée à un intermédiaire. La dureté des décisions de répression devrait être prise par le patron et par lui seul. A lui de se démerder avec sa conscience. Et il n’est pas bon qu’il se sente appuyé ou de bon droit quand il saque.

    Car l’effet Milgram, il ne l’a pas remarqué, vaut également dans l’autre sens, de bas en haut. Quand un colonel ordonne qu’un gus soit fusillé, le fait qu’en dessous de lui des dizaines de personnes exécutent son ordre sans broncher, lui donne nettement l’impression qu’il a parfaitement raison d’être sévère. Et la fois prochaine il le sera un cran de plus. C’est de cette manière que le nazisme est devenu de plus en plus dur.

    Dans cet esprit, quand un jour j’ai dû faire piquer ma chienne qui était paralysée du train arrière, j’ai demandé au véto de me laisser vider la seringue. C’était douloureux et paniquant pour ma pauvre chienne. J’ai mis mon visage contre sa gueule pour qu’elle puisse me mordre si elle le voulait et j’ai pleuré en injectant le poison. J’ai souvent regretté d’avoir été si jusqu’auboutiste (le véto était stupéfait de ma demande, lui qui a l’habitude de voir les gens lui déléguer la charge de ma mise à mort) car ça m’a troumatisé. Mais je n’ai plus jamais adopté de chien.

    Je ne conseillerais à personne d’en faire autant mais voilà, pour moi, c’est fait. Je suis allé au bout de cette vision selon laquelle on ne doit pas déléguer les gestes de punition, de torture ou de mise à mort. On ne doit pas se retrouver au bal pendant qu’on a des subalternes qui torturent un gus dans une cave. On ne doit pas déléguer notre dureté, elle doit nous exploser à la figure. C’est le seul moyen de se convaincre de renoncer à l’usage de la force, de la violence.

    On ne doit pas user de cosmétiques ou de médocs sans voir de très près ce que subissent les animaux qui servent de cobaye.


    Ce que je dis là n’a pas vocation à renverser le monde. Je ne compte pas le refaire. Mais je crois salutaire que de temps à autre, cette vision soit remise sur la table et que chacun y réfléchisse un peu. On a maintenant des chaînes de commandement (méchants, cruels) qui comportent autant d’étages de les gratte-ciel. De tout en haut on ne sent pas l’odeur du sang qu’on fait couler. Les guerres ne sont toujours pas exclues.

    Si j’avais eu un salarié suicidé dans mon entreprise, j’aurais été renversé, traumatisé. Le patron de FT, de tout là-haut ? Il ne ressent rien en pareil cas. Il lui faudrait 30 suicides pour qu’il envisage de renoncer à un WE de chasse en Sologne.



  • easy easy 14 janvier 2011 16:53

    Rectification : Informelle car si ce chef d’équipe avait bien un salaire faisant 1,7 fois le SMIC, les autres étant au SMIC, rien sur sa feuille de paye ni sur son contrat n’indiquait qu’il devait superviser le travail des autres. Il était officiellement « ouvrier menuisier » pendant que les autres étaient « ouvriers toutes mains ».



  • easy easy 14 janvier 2011 16:48

    Cher Geneste,

    Vous avez été autrefois, mon ennemi. Dans la vraie vie.

    Je force le trait. Détendons-nous.


    C’était vers 1984 - 1986. Dans ma tite entreprise, dans le 93, (convention collective de la métallurgie), il y avait 6 ou 8 ouvriers, censés fabriquer des capots d’insonorisation. En dehors de l’un d’eux qui avait des notions de menuiserie, les autres ne savaient pas ce qu’était une vis. Je leur ai tout appris de ce métier.
    Comme j’étais forcément très souvent chez les clients (soit en prospection soit en livraison-installation) mes gars finissaient par ne plus rien foutre à l’atelier. J’avais donné une chance à ceux des candidats à l’embauche qui m’avaient semblé être le plus dans la mouise et je me retrouvais donc avec au moins deux ex taulards, 1 séropositif et trois drogués. Seul l’ouvrier un peu qualifié était super clean et sérieux.

    Cet ouvrier sérieux avait été mon tout premier ouvrier. Les ouvriers suivants étaient donc placés sous son autorité informelle. Informelle car si ce chef d’équipe avait bien un salaire faisant 1,7 fois le SMIC, les autres étaient au SMIC.

    Un jour, j’arrive à l’atelier et je constate la complète débandade. Ils n’arrivaient même pas à me raconter un quelconque mensonge tant ils avaient fumé et bu.
    Vexé, je m’en prends au chef d’équipe et en apparté, je lui reproche de n’avoir pas surveillé ou tenu les autres gars. Je lui impose une mise à pied de 3 jours (pas de salaire donc). Les autres, je les licencie.

    Mon chef proteste et me dit que dans ces conditions, il démissionne. Pour qu’il touche le chômage, je le licencie avec les indemnités légales. Une fois dehors, il porte plainte aux prud’homme pour licenciement abusif.

    Je me retrouve avec vous (ou un de vos autres collègues) en face de moi et je perds ce procès. Je dois verser à cet ouvrier le prix d’une voiture neuve (alors que moi je ne roulais que dans des poubelles)


    Mais c’est ainsi. Chaque fois que des gens débattent d’une question en restant calmes, je fais confiance en leur décision. Et j’ai compris le jugement de ce tribunal.

    Ce gars n’avait aucune obligation écrite de contrôler les autres équipiers. Son autorité sur eux était informelle. Je lui confiais cette responsabilité de manière implicite, vague, floue. Et il s’en acquittait tant que les autres voulaient bien jouer le jeu. Tant qu’ils n’étaient pas trop tiraillés par leurs démons. Mais lorsque les gars se sont mis à fumer du cannabis, à boire de la bière, mon chef d’équipe n’était pas suffisamment haut placé, il partageait bien trop leur quotidien, pour pouvoir les stopper.

    Puisque j’avais installé une hiérarchie très floue, je n’aurais pas dû, quand la situation était difficilement gérable, m’en prendre de façon nette à ce pseudo responsable.
    J’aurais dû le sermonner de façon seulement floue.


    J’ai donc compris mon erreur. Mais mon entreprise ayant duré 20 ans, j’ai eu des milliers d’occasions pour réfléchir à cette question de délégation d’autorité. Et quand je réfléchis à une question, je pousse le raisonnement au rouge.


    Est-il normal, même en le payant en conséquence, même en le structurant en conséquence, d’employer un salarié pour qu’il fasse le flic à la place du patron ?

    A la suite de cette affaire, ma réponse a toujours été NON et j’ai toujours été le seul flic de mon entreprise.


    Je sais bien qu’il y a des millions d’entreprise ou de structrures dans le monde où il y a une hiérarchie de flics qui est installée. Mais je ne trouve pas ça sain.

    Un entrepreneur, un dictateur, a des intérêts fondamentalement différents de ses employés, de ses administrés. C’est par un jeu de perversion de l’esprit que le principe de la délégation d’autorité s’est partout et de tous temps installé. C’est ce principe et seulement lui, qui a permis à des entrepreneurs de mettre à son service des centaines de milliers d’employés et de se faire des fortunes immenses, donc indécentes.

    Ce que je dis ici confine clairement aux principes que Milgram a mis en évidence. Puisque nous constatons que dans une chaîne d’autorités, un grand chef peut en venir à faire décapiter ou fusiller ou incarcérer une personne, sans se salir les mains ou la conscience, il faut dénoncer cette chaîne. 

    A mon sens, jamais les hommes n’auraient dû accepter cette chaîne qui permet l’émergence de kapos et de bourreaux, qui permet les guerres, qui permet les Saint Barthélémy, qui permet les affaires Halimi/ Gang des barbares ou le Stalinisme.

    Certes, c’est le principe de ces chaînes qui permet la constitution de royaumes, de nations, d’Etat.
    Et bien nous aurions dû nous en passer.

    Dans l’affaire du vase de Soissons, Clovis a exécuté lui-même sa sentence.
    La constitution de bandes, de clans, d’équipes, dans lesquelles un homme commande directement dix ou 30 personnes maximum (avec tous les turn over possibles et fréquents qui vont de soi) c’est cela le maximum que nous aurions dû accepter. Nous n’aurions jamais dû accepter le principe de la chaîne des responsabilité qui conduit à ce qu’un intermédiaire sanctionne un subalterne sans même que le chef ne soit présent, sans même qu’il ait à en assumer la charge sur sa conscience. (Hitler, et peut-être les Napoléon, n’ont jamais tué qui que ce soit directement)


    Plus loin, mais toujours dans le fil de cette vision, le principe qui fait que des actionnaires, hyper distants des réalités humaines d’une entreprise, puissent, grâce à cette cascade de délégations de pouvoirs, ruiner la vie de millions d’employés sans rien ressentir de pesant au niveau de leur conscience, est une folie qui n’aurait jamais dû exister.

    Et ça vaut pour les abattoirs. Si on veut manger de la viande, on doit tuer soi-même.

    Puisse l’ex-syndicaliste que vous étiez, y réfléchir avec moi, en toute amitié.

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