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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 30 novembre 2010 20:58

    Julien,

    Bidochon, de toutes les choses, a toujours tout compris.
    Bidochon a toujours su ce qu’était une plage. Mais la dire, préciser où elle commence et où elle finit, pourquoi et comment elle est là, cela, il ne sait pas le dire. Ce sont les docteurs qui savent dire les choses en les taillant, en les épluchant, en les réduisant, en les séparant et en les déformant.

    Bidochon a toujours tout compris sans avoir su le dire.

    Interrogé, jamais Bidochon de 1970 n’aurait affirmé qu’en délivrant à sa banque un ordre de virement de 1000 F de Paris vers Rome, il allait y avoir le moindre transport d’or. Bidochon a toujours compris que ce transfert reposait sur une mise en réseau de fiduciaire. Et Bidochon se doutait bien que sa banque prélevait quelque chose pour
    ce service ficuciaire, exactement comme il se doute que son notaire prélève quelque chose pour fiduciariser des transferts de propriété.

    Aujourd’hui, des docteurs démagos enseignent à Bidochon une manière de raconter ce qu’il savait sans savoir le dire et Bidochon peut enfin dire qu’il a toujours su. Et il en fait des gorges chaudes de ce verbe nouveau.

    Pffff !

    Quelle comédie !
    Depuis que nous avons 12 ans, nous avons entendu parler des chaînes, de l’avion, de la boule de neige, de la liste sur laquelle on pose son nom et on envoie un chèque à celui qui est en haut de la pyramide de Ponzi avec l’espoir qu’à notre tour, si tout se passe bien, nous serons prochainement en haut de cette pyramide. A nous de recevoir mille chèques bien gras.

    Mais on joue les étonnés face à l’affaire Madoff alors qu’elle est ce qu’il y a de plus banal. Et tous ceux qui ont joué avec lui savaient très bien ce qui se passait. Chacun espérait simplement ne pas être pris dans l’acte final. C’est uniquement quand on n’a pas pu en profiter qu’on lève les bras aux ciel. Ceux qui ont profité se font discrets et ceux qui se sont fait avoir aussi, tant l’arnaque était évidente.

    Quelle comédie car chacun spécule. Si ce n’est sur le prix de revente de son logement, c’est sur celui de sa bagnole, sur le terrain que son grand-père pourrait léguer ou sur ses sicav. 



    A cette heure-ci, je suis le seul, à ma connaissance, à dire que ce que le docteur Grignon a choisi d’appeller argent dette, pourrait tout aussi bien s’appeler argent crédit ou argent confiance ou argent fiduciaire, ce serait tout aussi exact. Je me suis fait moinser à tour de bras sur ce sujet hier, mais aucun Grignoniste ne se pose devant moi pour me démontrer que j’ai tort.
    En ce grand moment de frustrations exacerbées (car en effet, les riches s’en mettent vraiment beaucoup dans les fouilles puisque nous adorons leurs L’Oréal et leurs Potter)
    il est de bonne tonalité démagogique de dire que l’argent est créé à partir de la dette afin de faire ressortir que l’emprunteur est pendu et que le banquier est le méchant.

    Tu parles d’une nouveauté. De tous temps, l’emprunteur a toujours eu la corde au cou et s’en est tiré 98 fois sur 100 (sauf quelques cas à spirale vicieuse du genre subprime qui ont vu, avec la faillite massive d’emprunteurs, la faillite et la disparition de dizaines de banques) ?
    Dans ce principe fiduciaire, basé sur la confiance ou une convention, sans matérialisation, il est de bonne logique qu’il y ait de temps en temps des effets larsen qu’on appelle bulles. Et alors, ce n’est pas parce que l’effet Larsen fout de temps en temps la merde dans les sonorisations des salles qu’on peut se passer de microphones et d’amplificateurs créant parfois des amplifications exponentielles. Ce n’est pas parce qu’il y a parfois des bulles et des gamelles que le principe de l’argent fiduciaire est à jeter aux orties.


    Ca change quoi de mettre l’accent sur la victimisation de l’emprunteur puisqu’il y a encore et toujours des milliers de particuliers et de patrons qui sont à supplier leur banquier de leur prêter de cet argent appelé dette par Grignon ?

    Punaise, le coup d’enfer en ce moment est précisément d’emprunter dix millions de cet argent appelé dette, de le convertir en immeuble et de rembourser l’imbécile de banquier quasiment sans intérêt et en monnaie de singe qui a de fortes chances d’être dévaluée. Et ça, des tas de Bidochon l’ont compris et s’y emploient vu la hausse de l’immobilier.

    Faudrait savoir, c’est quoi le bidule de singe, la pierre, le billet de banque, les actions PPR ou l’or ?



    Le fantasme de savoir dire ce que l’on sait confusément, c’est cela qui fait marcher l’Occident car c’est ici qu’on adore savoir et jouer aux docteurs, à l’analyse, à la dissection.
     
    Et depuis Grignon, plein de Bidochon se découvrent docteurs de la finance, après s’être découverts docteurs en fusion des matériaux et en journalisme d’investigation

    En Occident, plus ya de chômeurs, plus ya floraison de docteurs en toutes choses.

    A Bidochon je ne reproche donc rien et je sais qu’il sait tout (je ne plaisante pas). C’est quand, par le verbe, il joue au docteur, au fin limier et au prédicateur qu’il me paraît ridicule.



  • easy easy 30 novembre 2010 15:49

    J’apprécie cet article.
    J’ai fait 2 ans de paléontologie à Jussieu mais on ne nous apprenait pas à remettre en cause les dessins et interprétations des maîtres. Ca ne s’apprend peut-être qu’à partir de la maîtrise.
    En fait, il y aurait autant de travail à reconsidérer les hypothèses (posées en dogmes) des maîtres en rassemblant ce qu’on a déjà trouvé à travers le monde, qu’à chercher de nouveaux fossiles.



  • easy easy 30 novembre 2010 15:34



    Ca fait des mois qu’on nous joue l’’argent dette« 
    Il y a quoi, 50 % des gens qui ont déjà lu ce qui est écrit ici.

    Résultat ?
    Rien n’a bougé.

    Pourquoi ? Parce que les gens n’ont pas été révulsés ? Que nenni.
    C’est simplement parce que les gens considèrent in petto et très égocentriquement plusieurs choses.
    D’abord, ils n’en sont pas morts de l’argent dette. Ils ont même l’impression que leur problème c’est le chômage et la stagnation de leurs revenus (choses qu’ils n’avaient pas eu à subir en d’autres époques alors que le système bancaire était le même). Ils ont aussi l’impression que leur autre problème est celui du logement et que sur ce plan, ils ne voient pas en quoi l’argent dette est pour quelque chose dans le prix de l’immobilier. Ils ont même l’impression que les taux de crédit étant très bas, ce système bancaire soi-disant pourri a au moins l’avantage présent de proposer de l’argent pas cher (Monnaie de singe peut-être mais si l’on peut l’échanger contre un immeuble en pierre, bin c’est chouette)
    Mais surtout, les gens qui ont découvert l’ »argent dette« ont confusément compris qu’il s’agissait de dette ou de confiance selon l’éclairage qu’on voulait apporter à la chose. Car chacun se souvient parfaitement avoir un jour ou l’autre poussé la porte de son banquier en carressant l’espoir d’obtenir de lui un prêt (dans le langage bancaire) ou une dette (dans le langage anti bancaire et victimaire)

    Pendant qu’ici une poignée de personnes cherche à jouer les Zorro, des milliers d’autres -parfaitement informées que le système ne fonctionne et ne tient que par croyance- sont en train de croiser les doigts pour que leur banquier leur accorde confiance autour d’une reconnaissance de dette. Oui, confiance Vs Dette.

    Car ce que Grignon a appelé argent dette peut aussi bien, s’appeler argent confiance ou plus neutrement, argent conventionnel.

    Quand bien même tous les banquiers éditeraient la lettre que notre ami Morpheus dit adresser à son banquier et le présenteraient à tous leurs clients, ça ne changera strictement rien au jeu actuel (c’est comme l’Eglise, on y croit, on y va, on y sacrifie des cierges, on s’y marie, on s’y enterre, alors elle existe)
    J’ai même l’impression que les banquiers éditeraient et diffuseraient ce papier, le système fonctionnerait encore mieux.

    Si l’on ne croit vraiment ni en Dieu ni en l’Eglise, on l’ignore, on ne lui adresse pas des courriers, on n’y met pas le feu, on n’en parle pas, on s’en tape.

    Quand on ne croit pas en quelque chose, on la délaisse.
    Demander aux banquiers des papiers marqués 50 euros ? C’est ça délaisser ? C’est ça ne pas croire en cette monnaie de singe ?

    Ceux qui ne croient vraiment pas en la monnaie (ou qui sentent que la croyance générale dans la monnaie va en diminuant) sont ceux qui transforment cette monnaie, qu’elle soit simplement inscrite en ligne de crédit sur leur compte ou qu’elle soit sous forme de papier dans leur porte-feuille, en autre chose : en tableaux, en cuivre, en or, en oeuf de Fabergé, en actions, en potagers, en immeubles, en forêts, en lacs, en îles et en droits d’auteurs.

    Depuis que la monnaie existe, les gens ont eu le réflexe de ne conserver sous forme liquide qu’une fraction de leur patrimoine. Cette fraction permettant justement des opérations d’échange liquides, faciles et rapides à réaliser. Que cette fraction vienne à s’éroder soit par ml’inflation soit par l’effondrement total de la confiance en cette monnaie, c’était la part du feu que chacun acceptait. Selon ce principe, seuls ceux qui ne possèdent pas de trésor sous forme plus concrète et plus diversifiée, se retrouvent très mal en cas de dévaluation du papier.
    Pour les autres, la catastrophe est gérable.

    Les milliardaires ont peu de liquidités. Ils convertissent en permanence leurs profits en toutes sortes de choses plus concrètes et indiscutables (une grosse opération immobilière est en cours place Vendôme, qui traduit ce principe) 

    Aller à 20 000 aux DAB et retirer chacun 1000€ de misère, obliger les banques à préparer 20 millions d’Euros pour des gens qui semblent soudain vouloir coucher avec, les caresser jour et nuit, ce serait signifier aux banques qu’on en a marre de ces billets bidons ?



    Cher Morpheus, je serais votre banquier, vu le ton très courtois de votre lettre, je le serais aussi.
    Mais à peine seriez vous un peu plus agressif, que je vous répondrais ceci  »Cher monsieur Morpheus, étant donné vos propos, je vous propose de vous mettre interdit bancaire sur toute la Planète (ceux qui ne veulent plus se laisser avoir par le casino se font bien interdire de casino). Quant aux billets que vous possédez et que vous considérez nuls, je vous propose de ne pas les retirer au DAB et de me les laisser« .


    Car, chers amis, arrive ici un des paramètres qui ont fait le gigantisme du système bancaire et dont Grignon ne dit mot : l’ubiquité.
     
    Quand Obélix désire un poisson et que le poisonnier ne veut pas d’obélix, Obélix peut jouer de triangulation, passer par le forgeron qui toucxhera l’épicier qui atteindra le poisonnier qui délivrera alors le poisson à Obélix. La chaîne de confiance-crédit-dette-reconnaissance peut fonctionner car chacun connaît les autres et peut mesurer le crédit de chacun. Ajouter un peu de papier conventionnel dedans n’est qu’une facilité de plus ou un moyen de remplacer l’ardoise.
    Par contre, quand Obélix part en Corse et qu’il veut acheter un saucisson, personne ne le connaît et il crèverait de faim s’il ne possédait pas une monnaie universelle sur lui.

    Au-delà des caravaniers de la Route de la Soie, c’est lorsque congés payés, voiture, Trigano, Club Med, avion, charter, que chacun des Bidochons de France a voulu que le Pakistanais reconnaisse son crédit »M’enfin pourquoi ce macaque refuse mes francs contre son tapis de merde ?"
    Là, c’est chaque consommateur qui a hurlé au désespoir de n’être pas crédible
     au-delà de son village. Là les banques ont dû accélérer le processus de réseau et d’interconnexion avec toutes les facilités fiduciaires que ça imposait. Elles ont convenu de ne pas faire réellement circuler les billets entre la banque de monsieur Bidochon et celle du marchand de tapis. Elles ont convenu de faire bouger les chiffres sur les ordinateurs. Et Bidochon le savait très bien que le crédit qu’il obtenait à mille lieues de chez lui s’obtenait sans aucun déplacement matériel de valeurs, par un seul jeu de confiance et d’écriture.

     Fiduciaire bon sang !

    Et par dessus le marché, Bidochon exigeait que le système règle aussi le problème des changes. Bidochon s’en foutait des colliers de coquillage et des plumes comme monnaie, il ne connaissait que les francs et à la rigueur le collier de perles en plastique du Club. Aux banques de se démerder pour convertir les monnaies et contenter chacun aux antipodes. Les banques ont réglé tout ça, sans se faire chier à trimballer des caisses de biffetons. Bidochon en avait marre de rentrer tous les étés avec les poches pleines de ferraille pesetas qu’il allait forcément égarer dans quelque boîte à chaussure. Bidochon a rêvé de l’euro. Son patron aussi qui allait avoir moins de bordel de frais de change pour faire son import export.

    Et pour faire bonne mesure, Bidochon, ouvrier ou patron, voulait de l’immédiateté. Il voulait être partout en même temps, et pour la même valeur, carrément. Bidochon détestait attendre 2 jours que ses valeurs aient été transférées. Non, Bidochon voulait une ubiquité parfaite de sa personne, de son crédit, de son prestige et de son patrimoine. En fait, Bidochon cherchait même à apparaître plus prestigieux à Bangkok où il la jouait prince qu’à Sarcelles où il la jouait vendeur de fours à pizzas.

    American Express on t’a rêvée, on t’a adorée.
    Diner’s Club, Visa, Eurocard Mastercard ....mes trop belles

    Et aujourd’hui, Bidochon feint tomber des nues. Quoi ?? Tout ça c’était du vent, yavait pas de matérialité derrière tout ça ? Et ya des opérateurs du système bancaire qui ont profité de la virtualité absolue pour me facturer des frais de garde sur des gardes de chiffres ? Les salauds !!!

    Plus faux-cul et victimaire que Bidochon tu meurs.







  • easy easy 29 novembre 2010 22:09

    Nan nan, ils rigolent pas.
    Il leur faut jouer les blazés, les initiés, les « Pfff, tout ça je le savais déjà »



  • easy easy 29 novembre 2010 21:39

    Sans dire que vous avez raison sur le fond (moi, j’ai vu qu’un fait simplissime était toujours interprêté et que les interprétations -car chacun a la sienne- évoluaient avec le temps, même 3000 ans après) je trouve que vous dites joliment ce que vous avez envie de dire.

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