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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 28 juillet 2010 12:14

    @ Pierre,

    Devant le sang qui coule des affrontements dits religieux, se creuser la tête d’abord pour comprendre d’où ça vient et ensuite pour concevoir une formule de pacification, c’est plus que logique, c’est prométhéen. Apporter une soluce aux autres, c’est notre plus grand rêve.


    Mais il y a un bidule irréductible dans l’homme. Il ne veut pas des soluces des autres (ça se voit même sur ce forum). Par moments et sur une certaine trame, des regroupements se font tout de même ; il y a des conventions, des contrats, des accords, des paix. Mais constamment, juste après la signature, il y a du tirage.
    Aucun contrat n’a jamais tenu indéfiniment. Ceux qui sont allés au plus loin sont allés à la mort de leurs contractants.

    Nous ne voulons pas des soluces des autres (Lacan disait que nous ne voulons pas de l’amour des autres non plus) et nous avons un profond besoin de combattre.


    Combattre est à s’entendre au sens large et va jusqu’à se combattre soi-même.

    Le combat basique des bestioles, pour leur survie, c’est une chose. Mais l’homme est bien trop intellectuel pour se contenter du seul combat pour manger et ne pas être dévoré. Sa pensée a absolument besoin de combattre aussi. La lutte des corps oui, elle existe. Mais la lutte des esprits aussi et cette lutte des esprits est si exigeante qu’elle peut pousser un individu à sacrifier son corps pour elle.

    Et si un individu est prêt à sacrifier son corps pour sa pensée, il est forcément disposé à tuer. L’un ne peut pas aller sans l’autre.

    Alors ? Ne rien faire ?

    Mais si !
    Continuons de faire ce que nous avons toujours fait, combattre physiquement et intellectuellement, pour le seul plaisir de combattre. (le mot plaisir ne convient pas bien ici car il s’agit d’une libido belli très profonde, un besoin intellectuellement vital et dont personne à ma connaissance n’a jamais parlé) .

    Voltaire et Rousseau. Chacun reconnaissait que l’autre était un grand penseur et, vu de Patagonie, ils étaient de la même religion. Mais ici, il ne pouvaient pas ne pas s’affronter, alors ils n’ont fait que ça.

    Vous en avez vu souvent des intellectuels amis ?
    Ca ne peut pas exister sauf s’ils se regroupent pour un combat Ultime (genre l’équipe de Hara Kiri ou la rencontre du 6 janvier 1969, entre Léo Ferré, Jacques Brel et Georges Brassens. Rencontre qui n’était pas du tout de leur initiative et qui est restée unique.

    Les grands esprits, quand ils se rencontrent c’est par hasard. Ensuite ils se fuient.



    Dans le calme relatif actuel, nous avons l’impression que si nous avons effectivement un besoin irrépressible de combattre (sur AVox par exemple) nous n’en viendrions tout de même pas aux mains.
    Oh ! Oh ! Croire ça, c’est là qu’est le méta aveuglement. Il faut être névrosé de la non-violence physique pour ne jamais en venir aux mains. Des gens archi bloqués sur la violence physique, femmes et enfants compris, il y en a combien sur Terre, une poignée, rien qu’une poignée.

    L’immense majorité des gens, y compris les gentils pétanquistes, les marionettistes, les philosophes, les assistances sociales et les médecins, peuvent en venir aux mains s’ils ne se sentent plus protégés par leur force intellectuelle. Le recours à l’insulte en étant les prémices. 
    On dénigre, on dit son mépris puis on insulte quand on sent que son bouclier intellectuel ne suffit plus et défaille.
    Et de l’insulte aux mains...


    Quand on s’interroge sur le sens non pas de l’Univers mais ne serait-ce que de la vie, que fait-elle, quel est son but et où va-t-elle si elle va quelque part, on ne trouve qu’une réponse : combattre.
    Etant entendu que le sens du mot combat est humain. Les Etoiles ne voient pas forcément nos combats comme des combats mais, je ne sais pas, peut-être comme une respiration, un vent.



  • easy easy 28 juillet 2010 10:02


    Les croyances (en un dieu, une surpuissance, un capitaine, un amour) semblent indispensables à l’homme au moins en ce qu’elles permettent ses coagulations avec d’autres (En ce moment, les Français qui pensent être sans religion, coagulent néanmoins autour d’un concept de république laïque)

    Sans fonds de croyance commune, pas de peuple. Ce qui n’empêche pas que, dans une région donnée, des communautés coagulées autours de concepts un peu différents mais ayant tout de même quelque chose de commun, puissent cohabiter en paix.

    Scander l’élimination d’une croyance, c’est déclarer la guerre à ses croyants, c’est les coaguler davantage, c’est créer des alliances inattendues entre leurs communautés jusque là rivales (Tous les abrahamistes rassemblés contre les croisés de la laïcité, de l’incroyance ou de l’antignose) 


    Il m’est arrivé, à moi aussi de penser que tout aurait été tellement plus simple sans Abraham ; Moïse et leurs délires. Mais c’est justement que j’avais une vision paradisiaque du monde. 

    J’en suis profondément convaincu, le monde des homme ne peut absolument pas fonctionner sans conflits. Le paradis, où tout est plan plan, sans émotions, sans risques, sans combats, sans adrénaline, nous n’en voulons pas comme nous ne voulons pas non plus de l’enfer. Nous adorons les situations sur le fil du rasoir, adrénalistiques, où l’on oscille entre presque paradis et presque enfer. Nous aimons jouer avec le feu, danser avec la mort. Peut-être pour exorciser notre peur de mourir, peut-être pour donner un sens à notre vie et à la vie.
     
    Or les conflits, s’ils peuvent se concevoir d’individu à individu, passent très vite de groupe à groupe, pour des raisons faciles à comprendre. Et pour former un groupe, il lui faut une croyance commune. 

    Ce que les agnostiques comme moi réalisent mal, c’est que vu depuis Téhéran, nos collégiens semblent endoctrinés à une religion. Certes, on n’y retrouve pas un dieu comme les monothéistes l’endentent, mais on y retrouve tout de même une quête d’idéal ; des récitations ; des statues ; des mausolées ; des panthéons ; des visions à encenser ; d’autres à rejeter ; et une disposition à se battre et à tuer pour pouvoir continuer à cultiver ces valeurs immatérielles, ces concepts. 


    La position des agnostiques ou laïques dans mon genre est bien plus délicate qu’il n’y paraît.
    Ici, dans ce milieu où elle règne, la laïcité semble purgée des supersititions, elle semble non dogmatique, elle semble objective, concrète et efficace. Mais ses résultats autour de quelques notions comme égalité, la fraternité, la liberté, le travail et la famille, peuvent aisément être raillés par d’autres. Et celui qui veut lui trouver des superstitions n’a qu’à se baisser. A commencer par celle qui consiste à ne même pas pouvoir concevoir qu’on puisse se passer d’élus, qu’il nous faille absolument être représentés par un gus en cigare.
    Quand on offre le spectacle d’un peuple hystérisant sur le passage d’un chef, lui lançant des milliards de confettis, agitant frénétiquement des drapeaux, scandant son nom, se mobilisant quand il perd son chien ou sa pipe, hystérisant encore autour d’arènes sportivo-financières, on passe pour un peuple qui reproduit celui de la Rome Impériale. 

    Le Monde est un souk. C’est très bien que chacun veuille en faire un paradis et c’est très bien que tous échouent.
     



  • easy easy 27 juillet 2010 15:42

     

    c’est aussi l’année où je soutenais ma thèse de philosophie intitulée Procès et Miroir. Texte que je situe comme très important, voire même crucial, dans le champ de la métaphysique. Pour diverses raisons propres au fonctionnement de l’université, cette thèse n’a eu aucune incidence parmi les professeurs alors que son impact aurait du être supérieur à celui de Etre et Temps de Heidegger.


    Gné ? C’est qui Heidegger ? Un joueur de billes ?

    Moi, je ne connais qu’un grand, qu’un géant, c’est notre Bernard Dugué.



  • easy easy 27 juillet 2010 15:21

    «  »« La libido sciendi occupe la place la plus noble »«  »

    (la plus noble des libidos qu’on aura bien voulu repérer ; vivre, sexer et savoir. La libido du faire avec ses mains restant ignorée ou pas encore remarquée)

    Ca m’aurait étonné qu’un penseur ne place pas la pensée au sommet


    D’accord, d’accord, d’accord, je conviens que depuis l’Antiquité, les philosophes (qui se plaçaient même au-dessus des politiques, au-dessus de tous les vivants en fait), ont promu la pensée et qu’ils ont plutôt réussi.

    Pour ma part, quand je vois que c’est de la pensée que sortent les attitudes les plus cruelles et égoïstes, je ne la trouve pas si noble que ça. Ou alors il faut donner à ce mot un sens très large.

    Puisque Saint Augustin a été convoqué pour soutenir le discours de notre ami Bernard Dugué, je rappelle qu’il avait dit que la seule raison de philosopher était d’accéder à la béatitude (sérénité parfaite, bonheur serein). Ce que tout le monde, philosophe, poissonnier ou plombier prétend rechercher.

    Pour l’instant, à part Jean D’Ormesson qui arbore tout le temps une superbe banane et affiche un grand bonheur à vivre, je n’ai vu que des penseurs déprimés, sectaires, méprisants ou au mieux cénobites (au nombre desquels je veux bien être compté si ça arrange quelqu’un)

    Non, décidément, je ne crois pas un instant en la sincérité de cette quête. Notre vraie quête (pour les mâles surtout) est nettement prométhéenne et implique un tourment.

    Je n’analyse personne d’autre mieux que moi-même. Et selon mon étude de ma bestiole, je suis surtout et avant tout prométhéen. Je veux toujours apporter quelque chose aux autres alors que ne n’ai rien et qu’ils n’en veulent pas (pour paraphraser Lacan au sujet de l’amour)



  • easy easy 27 juillet 2010 14:42

    «  »« quelqu’un qui croit que deux plus deux ça fait cinq »«  »


    Whahhhh comment ça claque ! 
    Sûr que si j’en croise un, je vais le prendre pour un grave malade. Dès que vous aurez trois minutes, JL, vous me montrez un de ces fous parce que jusque là, tous ceux que j’ai rencontrés considéraient que ça fait 4.

    2+2 = 5 , n’importe quoi !



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