Mais, il ne peut y avoir d’intelligence collective, puisque l’intelligence est du fait d’un cerveau, donc d’un homme... Les groupes n’ayant pas de cerveau.
On dit parfois qu’un groupe fonctionne en bonne intelligence, mais c’est une image, ce n’est pas une intelligence de type « raisonnement ». Je modélise ainsi.
Personne (1) .................................................................. Personne (2) .... | raisonnement ....................................................................| ....+---------> communication à (2) --------------------------------> Perception de (1) ...................................................................... .........................| raisonnement Perception de (2) <-------------------------- communication à (1) <-------+ .... | raisonnement ....+---------> communication à (2) --------------------------------> Perception de (1) ...................................................................... .........................| raisonnement ...................................................................... ......... etc... <----+
A chaque fois, c’est une personne seule qui raisonne. Mais entre les deux raisonnement, il y a communication de l’un et perception de l’autre
Donc pour qu’un groupe permette l’intelligence de ses membres, il faut au minimum que les gens sachent s’exprimer de manière à être compris des autres, et aussi que chacun soit disponible à la perception (donc à l’écoute et pas trop de mauvaise foi).
Mais à chaque fois, c’est toujours une personne seule qui raisonne, même si elle stimulée par la perception du raisonnement d’autrui tel qu’il lui communique (la perception entremêlant beaucoup d’autres information : expression du visage, intonations, etc...).
Si réfléchir au sujet des conditions qui font qu’un groupe permet à ses membres de réfléchir me semble tout-à-fait pertinent, en revanche, postuler qu’il existerait une « intelligence collective » est à mon avis douteux : ou alors il faudrait redéfinir l’intelligence (l’intellect faisant le tri entre ce que l’on perçoit), et la rendre synonyme d’entente et de cordialité dans les échanges.
Je note aussi que l’article n’évoque même pas le langage... Ce qui est un comble quand il s’agit d’évoquer les échanges d’idées...
La modélisation « Raisonnement / Communication / Perception » permet de bien comprendre ce qu’il se passe en groupe. C’est analogique à l’effet miroir. Le groupe « réfléchit » ce que je lui communique et alors je m’en aperçois, de même que le miroir « réfléchit » mon apparence comme je m’en aperçois. Quelque soit l’image renvoyée par le miroir, c’est moi-même qui me jugerait beau ou laid. Comme il y a des miroirs déformants, il y a aussi des groupes déformants. Il y a des groupes qui ne favorisent pas du tout l’intelligence de ses membres (ex : sectes), d’autres oui. Mais le groupe n’a pas d’intelligence en lui-même.
J’abonde totalement dans les sens de Castel. Un groupe n’étant pas un être, il n’a pas d’intelligence (une foule étant même plutôt stupide -> voyez les députés en session...).
Une idée naît dans un seul cerveau.
Il suffit de considérer l’histoire des sciences : Algorithme du calcul différentiel -> Pierre de Fermat, seul. Démonstration de l’héliocentrisme -> Kepler, seul. Langage du calcul différentiel -> Leibniz, seul. Concept de pression atmosphérique -> Pascal, seul. Théorie cinétique des gaz -> Bernouilli, seul Invention de la chimie -> Lavoisier, seul Machine à vapeur -> Denis Papin, seul Dualité onde, corpuscule -> Louis de Broglie, seul. Carte à puce -> Roland Moréno, seul.
En fait, le scientifique, l’inventeur sont plutôt du genre ermite et s’enferment en général à double-tour chez eux pour réfléchir de manière à éviter toute distraction.
La où le groupe a un effet, c’est après l’éclosion de l’idée, au moment où le scientifique est mis face à des contradictions qui le poussent ou à démontrer ses vues, ou à éclaircir ses propos.
Par exemple, lisez, dans les oeuvres de Fermat, la correspondance entre Fermat et Descartes au sujet de la méthodes des minimis/maximis. Fermat ne change pas sa méthode d’un pouce, malgré les critiques de Descartes. Après une âpre lutte, où Descartes conteste la validité de la méthode, Descartes finit par dire ceci (en gros) : « Votre méthode est très bonne, si vous l’aviez expliqué de cette manière dès le début, j’y aurais souscrit sans hésitation »
1°/ Je ne suis pas gros 2°/ Réactionnaire peut-être, mais faudrait voir la définition exacte du mot (elle me semble un peu floue) 3°/ Xénophobe, ça dépend essentiellement du comportement de la personne étrangère, en fait. Au niveau politique, je suis pour le maintien de la tradition historiques Française en matière de pratique politique, vu que le pays s’est très bien développé ainsi, et non pour l’importation de pratiques politiques étrangères. La même chose en matière de moeurs. Je suis pour que la référence commune en matière de moeurs soient les moeurs historiques française : il faut en effet éviter les malentendu culturels et donc l’unité des moeurs est préférable à la diversité en cette matière. Comme le langage, les moeurs s’héritent du groupe duquel l’on vient, on ne les choisit pas soi-même. L’ambigüité actuelle vient du fait que les enfants d’étranger empruntent leurs moeurs préférentiellement ou bien du groupe de leurs parents, ou bien de celles, artificielles, promues par le commerce, genre de truc informe qui est considéré comme « Américain ». J’aurais moins de malentendu avec un étranger souscrivant aux moeurs française (du fait d’utiliser les mêmes codes culturels) et s’inscrivant dans la tradition politique historique du pays. Or comme cette adhésion n’a pas eu lieu (du fait de l’état et de l’école révolutionnaires qui luttent contre nos moeurs et notre tradition), cela pose des problèmes concrets. Le fait que, lorsque je rappelle les fondement de notre tradition, je me fasse traiter de réactionnaire et de xénophobe, est à cet égard très illustratif.
4°/C’est sûr que ce n’est pas l’humanisme qui bombarde. A-t-on déjà vu une idée bombarder ? Non. Mais cette idéologie est trop fragile pour ne pas risquer la manipulation. L’entreprise de « civilisation des races inférieures », ou encore « le droit d’ingérence humanitaire », en sont des versions délirantes, de mon point de vue. L’humanisme est fragile car trop sensible à l’inversion des mots. Il est basé sur des axiomes trop faibles pour être véritablement durable. Et de fait, l’on aboutit souvent à des tyrans humanistes... Le problème d’un chef doté d’idéologie, c’est qu’il va vouloir plier les autres et le réel à cette idéologie, d’où cette tentation tyrannique des idéologues au pouvoir.
5°/ La révolution en Tunisie ne me fait pas chier personnellement. Mais j’ai bien peur, qu’au bout du compte, la Tunisie se façonne « à l’occidentale » (version moderne), et soit donc sujette à toutes ces dérives qui se produisent ici. Autrement dit plutôt qu’être sous le coup d’une tyrannie incarnée (par Ben Ali), la Tunisie se retrouve avec une tyrannie désincarnée et technocratique comme chez nous. L’avenir le dira. Je n’ai pas trop d’opinion pour l’instant.
Le chef ne peut être le peuple, vu qu’un chef est une seule personne et le peuple est plusieurs personnes.
La légitimité ne vient pas de la reconnaissance.
Le pouvoir légitime, selon l’extrait de l’évangile ci-dessus, c’est l’autorité : un pouvoir qui se met au service des autres pour que les autres parviennent à leurs fins. Le pouvoir légitime n’a pas d’autre fin que servir les fins d’autrui
Le pouvoir illégitime, c’est le tyran : un pouvoir qui a ses propres fins et qui se sert d’autrui pour y parvenir.
L’autorité sert autrui. Le tyran se sert d’autrui.
Un chef légitime a la vocation d’être une autorité juste. Un chef illégitime a la vocation d’être un tyran.
De ce point de vue, on peut effectivement dire que les chefs du chef, ce sont les fins du peuple, et donc cela revient à dire, approximativement, que c’est le peuple qui est le chef. Mais ceci repose sur une certaine conception de l’autorité, chrétienne, qu’il faut bien garder en mémoire.
Ben il aurait pu parler de Roosevelt, non ? Je ne vois pas en quoi tout ramener à Hitler depuis 60 ans fait avancer le shmilblik... La grande boucherie de la 1ère guerre mondiale a été digérée ainsi, que voulez-vous !