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  • ffi ffi 13 mai 2011 15:34

    @deneb :
    C’est vous qui insinuez que je réduis le langage à la parole. Mais comme je vous l’ai expliqué, ce n’est pas le cas (vous ne faites qu’une redite de ma remarque).

    Je vous signale que c’est vous qui introduisez le mot « Verbe », alors que j’utilisais moi-même « Logos ».

    J’employais le grec Logos, vous vous empressez de le traduire en latin (verbum), dont vous en réduisez le sens à son emploi spécifique en français courant (verbe). Entre -500 Av JC, et 2011 ap JC, entre la Grèce antique et aujourd’hui, ça fait un beau grand-écart...

    Belle manière de me faire dire ce que je n’ai pas dit !

    Tout cela n’avait d’ailleurs aucun rapport avec l’évangile, que vous mettez sur le tapis - j’ignore bien pour quelle raison. Seriez-vous obsédé ?

    Si vous relisez mon message, j’écrivais :
    C’est là que l’on voit la faillite de l’instruction réduite aux sciences... Les scientifiques sans langage déraillent totalement, ils sont dénués d’humanité, bouffis de logique, mais rachitiques du logos.

    Où voyez-vous l’idée que le langage se réduise à la parole ? Il y a au contraire dans cette phrase l’énonciation de plusieurs types de langages :
    - ceux qui ont trait à l’humanité (charnelle) : émotions, gestes, codes sociaux.
    - ceux qui ont trait au logos : tous les sens de ce mot grec.

    Et pour rebondir sur votre intervention. L’abandon de l’étude des humanités en science, aboutit aussi à des scientifiques ayant peu étudié théâtre, littérature et art. Donc assez faiblards en compréhension des émotions d’autrui. Le langage scientifique s’est réduit à la seule logique.

    La logique (si, alors, donc) est aussi un langage, mais qui ne relève que du machinal, d’une sorte de processus mécanique froid. Sa fragilité vient de ses prémisses (ou axiomes), qui, s’ils sont mal pensés, peut emmener vers l’absurdité (la démonstration par l’absurde consistant à poser un prémisse faux pour en déduire une contradiction). Le scientifique a besoin en premier lieu de bien penser ses axiomes et cela nécessite une capacité de formuler finement et précisément ses concepts (d’où le logos). En les cantonnant à la pure logique, le système actuel ne produit pas des gens créatifs et inventifs, mais des « ordinateurs » humains, dont le seul rôle est d’appliquer la logique du système en réduisant leur pensée à n’être que procédurale (cf Dany-Robert Dufour, « le divin marché », ou encore l’expérience de Millgram).



  • ffi ffi 13 mai 2011 10:45

    Je ne vois pas trop le rapport ici avec le Verbe, mais il est vrai que ce mot fut utilisé dans les traduction latines de l’évangile pour traduire le grec « Logos », qui signifie

    1. La parole, le discours. 2. (Par extension) Le mot. 3. Bruit qui court. 4. Révélation divine. 5. La mention, la renommée, le renom. 6. (Philosophie) Raison, faculté de raisonner. 7. La raison, le bon sens. 8. Le sujet d’entretien, d’étude ou de discussion. 9. La raison intime d’une chose, le fondement, le motif. 10. Le compte-rendu, la justification, l’explication. 11. (Philosophie) La raison divine. 12. (Religion) Verbe divin.

    qui est peu ou prou synonyme du grec noos

    1. Faculté de penser.

    1. intelligence, esprit, pensée. 2. (Par suite) Intelligence, sagacité, sagesse. 3. Pensée, projet, intention, manière de voir. 4. Pensée, sens d’un mot, d’un discours.

    2. 1. Âme, cœur. 2. Disposition de l’âme. 3. Volonté, Désir.

    Il me semble que le langage est en effet intrinsèquement lié à la pensée. Mais il ne faut pas réduire, comme vous le faites, le langage au parlé (la langue parlée). Il existe des langages écrits (informatique, écrit), de gestes (langue des signes, mime, danse), de signes et symboles. Les émotions sont aussi un langage.

    Le langage est relativement indépendant de la pensée, puisqu’il est possible d’exprimer une même idée dans plusieurs langues.

    En fait, la pensée est traduite en langage pour être communiquée. Ce qui compte, c’est qu’il y ait analogie entre les deux.

    Partant d’une idée, j’en produis un discours analogue (dans un langage), que je transmets à autrui, lequel, si il connait le langage que j’emploie, est en capacité, par analogie, de reconstruire fidèlement l’idée.

    Il doit y avoir analogie à tous les niveaux pour éviter les malentendus. Mais le langage intermédiaire n’est pas nécessairement une parole, cela peut être du morse, des gestes, de l’écrit, etc...

    Mais plus le langage sera pauvre, plus la traduction de la pensée sera pauvre, plus les concepts appris le seront de manière approximative. Des scientifiques dénués de langage (au sens large) auront l’esprit mal dégrossit, et seront donc plus limités en matière de conceptualisation.



  • ffi ffi 13 mai 2011 02:17

    Je ne crois pas à cette histoire de « collaboration des neurones » pour expliquer le raisonnement. Celui-ci me semble relativement indépendant de ce substrat sur lequel il s’appuie : si j’ai quelques neurones qui meurent, je ne vais pas perdre pour autant la faculté de raisonner...

    D’ailleurs les scanners du cerveau montrent bien que, si il est en effet possible d’assigner certaines zones à certaines fonctions cognitives, cette localisation est en fait assez floue et peu précise.

    A mon avis la pensée dans le cerveau relève plutôt d’un phénomène similaire à celui-ci (plasma ball). C’est de mon point de vue plutôt un phénomène global, qui s’appuie certes sur le substrat de la matière grise, mais qui n’en dépend pas totalement : Je le dénomme l’âme.

    Une idée fixe correspond à un faisceau d’âme focalisé (similaire à un arc de plasma ball).
    Une pensée correspond à plusieurs faisceaux d’âme qui s’entremêlent, se cherchent, se côtoient.
    La panique correspond à un état où de multiples faisceaux coexistent de manière désorganisée.
    ...
    Sinon, j’aimerais bien vous répondre, mais j’avoue ne rien comprendre à ce genre de phrase :

    "On peut concevoir l’intelligence collective comme une puissance d’appréhension et de gestion de l’environnement collectif. Il est indéniable que la multiplicité est indispensable dans la plupart des problématiques collectives."

    On ne doit pas avoir la même conception du langage.



  • ffi ffi 13 mai 2011 01:42

    Vous spéculez totalement... Ô certes vous abondez en concepts sophistiqués... Mais permettez-moi de vous dire, il n’y a pas dans vos propos la moindre trace de pensée.

    C’est là que l’on voit la faillite de l’instruction réduite aux sciences... Les scientifiques sans langage déraillent totalement, ils sont dénués d’humanité, bouffis de logique, mais rachitiques du logos.



  • ffi ffi 13 mai 2011 01:20

    Castel,
    Bien, on ne pourra jamais connaître la véritable nature des choses, puisque l’on ne peut la juger que par rapport à notre nature propre, notre nature humaine, que l’on ne connaît pas précisément.

    Le seul mode de raisonnement à notre disposition et qui soit fiable, c’est l’analogie : A est à B ce que C est à D
    Pourquoi ? Dans ce type de raisonnement, ce n’est pas la nature absolue des choses A, B, C, D qui compte, mais le rapport entre leurs natures respectives. Du fait de cette mise en rapport, le problème de l’inconnue de notre nature propre disparait :

    A (par rapport à ma nature) ... C (par rapport à ma nature) ...... A ..... C
    --------------------------------------- = --------------------------------------- <=> ----- = -----
    B (par rapport à ma nature) ... D (par rapport à ma nature) ...... B ..... D

    Cette notion est tout à fait connue depuis l’antiquité :
    - ratio, en latin, indique un rapport : ex nombre rationnel, raison géométrique, raison arithmétique. Le nombre d’or est appelé par Euclide, découpage en extrême et moyenne raison.
    - Penser, en latin, vient de pensare, qui signifie peser. Penser est donc balancer ensemble aux moins deux idées. Peser le pour et le contre, le vrai et le faux. Le symbole de la justice est la balance. Peser une masse, quelque soit la nature exacte et absolu de la masse, n’est possible qu’en la mettant en balance avec une tare....

    Dans cet article, par exemple, il n’y a pas la moindre trace d’un raisonnement, seulement une suite d’affirmations.

    C’est l’inconvénient de vouloir « définir » les choses (= énoncer leur nature), pratique intellectuelle hautement dogmatique, d’ailleurs fort pratiquée par les sophistes.

    Définir, c’est pour isoler une chose du reste.
    Penser, c’est pour relier des choses entre elles.

    Définir, c’est borner une seule chose pour la compartimenter en l’esprit.
    Penser, c’est comprendre plusieurs choses pour les mettre en rapport en l’esprit.

    Sans surprise, le mot intelligence vient du latin latin interlegere, qui signifie « inter-lier », donc faire une relation entre plusieurs choses.

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