L’argument des « pré-psychotiques » qui succomberaient préférentiellement au haschisch n’est pas scientifique, et il fut une simple hypothèse pour dénier les résultats pourtant formels et établis qui montrent que 7% des gamins qui commencent le haschisch avant 15 ans développent une schizophrénie avant 20 ans, alors que la prévalence dans la population générale est de 0,7%.
En effet, il n’y a rien aujourd’hui qui permette de caractériser une personnalité « pré-psychotique » : tout ce que l’on peut voir, c’est quand quelqu’un est devenu psychotique.
De toute façon, même si l’argument était vrai, il faut bien voir qu’appeler à banaliser le haschisch c’est en vérité proposer à 7% des gamins d’être atteint de schizophrénie, avec tout le cortège de malheurs qui va avec, ce qui serait une fausse générosité, un conseil de faux-ami.
J’ai connu suffisamment de haschischins dans ma vie, et il me faut bien que reconnaître que tous ceux que j’ai connu qui sont passés par la case HP (pour schizophrénie paranoïaque ou délires psychotiques divers) avaient chacun consommé du haschisch à haute dose sur une longue durée, c’est une réalité factuelle que j’ai constatée de visu.
Par ces connaissances, j’ai fumé du haschisch (et je continue parfois, par légère dépendance), et j’ai vu les dégâts qu’il produit, sans heureusement en subir trop pour moi-même, ayant pris conscience de sa potentielle nocivité, justement suite aux exemples que je viens de citer.
Par conséquent, je ne peux pas donner de meilleur conseil à toute la jeunesse de ne jamais commencer : c’est vain, ça coûte cher, ça n’apporte que des problèmes, sans parler des relations entre toxicomanes qui sont des relations généralement peu constructives.
Le volet répression est donc absolument indispensable, pour que la jeunesse ne commence pas.
Pour ce qui est des vieux usagers, dépendants, le soin est délicat : le problème n’est pas qu’ils auraient une chose en trop (un virus, un microbe, une tumeur), qui pourrait être enlevée, mais quelque chose en moins, qui n’est plus produit car leur organe cérébral dépend d’un approvisionnement externe.
L’habileté de produire à nouveau ce qui manque peut se reconstituer, et encore uniquement partiellement et cela dépend aussi de l’âge, les plus vieux le pouvant le moins, mais il faut alors que cesse toute ingestion du produit. C’est la cure de désintoxication : la souffrance ressentie est considérable, bien souvent, c’est la rechute.
Donc, non. Baser le traitement des drogués sur le soin est une impasse, précisément parce qu’il n’existe pas de véritables soins, le véritable soin étant la prise de drogue...
Bref. Il suffit de ne pas commencer, c’est tout. Mais quand tu as commencé, t’es baisé, tu es obligé de continuer.
C’est ce qui justifie la répression. Mais comprenons-nous bien : Répression du marché.
Le chlore n’est pas un poison... Le sel (Na Cl) est composé de chlore.
Ce n’est pas non plus une drogue : L’homme ne produit pas de chlore.
La drogue qu’est-ce que c’est ? C’est une produit qui contient des neuromédiateurs (ou leurs précurseurs), et qui donc nous fait un effet psychique à l’absorption.
Cependant, absorber régulièrement de la drogue, résulte à terme en l’atrophie de la capacité de produire ces neuromédiateurs en interne, d’où la sensation de manque, puis la nécessité d’absorber ceux-ci par voie externe.
Bref, il n’y a pas de recette magique, la drogue, il ne faut pas la commencer, car elle résulte en pertes de capacités, elle amoindrit les capacités cérébrales.
Déjà, l’addiction est un mot anglais. En français, on parle de dépendance, ou mieux, d’assuétude.
Assuétude vient du latin adsuetudo (« habitude ») mot construit ainsi : 1° adsuesco (verbe : « s’accoutumer à, s’habituer à ») 2° adsuetus (participe passé de adsuesco : « accoutumé à, habitué à ») 3° adsuetudo (le préfixe -udo transforme le participe passé en nom/substantif : « fait de s’être accoutumé à, fait de s’être habitué à »)
adsuesco se construit ainsi : préfixe ad-, préfixe indiquant le rapprochement, la proximité, le renforcement. la racine suus « sien », « son » suffixe -esco « propre, qui appartient, » (en français -esque)
adsuesco marque l’idée d’orienter son quant-à-soi dans une certaine direction« . adsuetudo désigne donc le fait d’avoir orienté son quant-à-soi dans une certaine direction, donc une habitude personnelle.
Un mot proche est »consuetudo", qui a donné en français « la coutume », habitude collective. Accoutumance est d’ailleurs un mot alternatif à assuétude.
Addiction viens aussi du latin, mais ce mot y désigne une « adjudication », « la vente aux enchères du débiteur insolvable ».
L’assuétude consiste donc en une habitude, et ce billet traite en particulier de la vilaine habitude de s’intoxiquer (la toxicomanie). Une habitude est quelque chose que l’on a pris à un moment du temps pour certaines raisons, mais que l’on conserve par simple automatisme, par empirisme : c’est comme si l’habituation avait gravé quelque chose en nous, qui finit par renforcer encore le besoin d’habituation. En fait, c’est gravé en négatif, c’est un manque.
Il y a encore l’aspect maniaque (toxicomaniaque) qui marque l’aspect non raisonnable de l’habitude.
S’être habitué à la prise d’un produit psychoactif finit par faire perdre l’habileté biologique de produire soi-même les neuromédiateurs apportés par ce psychoactif. C’est un peu comme celui qui reste longtemps alité et qui peine à marcher, ou celui qui fut longtemps dénutri qui peine à manger.
Cette habitude viciée résulte donc en fait en une perte d’habileté, autrement dit
une débilité (debere étant le contraire de habere en latin).
Et c’est là que l’on retombe sur le mot d’addiction : la débilité étant à l’habileté ce que la dette étant à l’avoir, celui qui a voulu en avoir plus qu’il n’en pouvait a fini par en devoir trop et donc « l’addict » paye sa dette : il lui manque quelque chose.
La drogue est donc un chemin vers une débilité pathologique.
Maintenant, pour en venir au coeur de votre sujet, à savoir la répression où le soin :
Il faut voir que le soin des dégâts causés par la drogues sont lourds, très long, et généralement très inefficaces. On ne peut pas soigner les inaptitudes des tissus cérébraux héritées de pratiques déviantes comme l’on soignerait un microbe. Étant donné que la prise de drogue dépend de la volonté du sujet, mais que le sujet à sa volonté déréglée (c’est-à-dire réglée sur la prise du toxique), dans les cas d’une toxicomanie profonde, le soin est en fait quasiment impossible, il y a à la limite la stratégie du substitut.
En vérité, donc, le soin impossible, les toxicos sont perdus. Ils vivront le reste de leur vie cahin-caha, entre HP, médoc,...etc Fichue vie...
La meilleur prévention en ces matières est donc de ne jamais commencer. La répression est donc la meilleure des préventions. Il faut absolument réprimer la jeunesse pour qu’elle ne commence pas. Pour les toxicos profonds, il s’agit de trouver des stratégies de soin qui les handicapent le moins.
Le gros problème de la consommation du haschisch, c’est l’accroissement important du risque de schizophrénie (risque multiplié par 10 pour les consommateurs), maladie mentale grave et qui coûte très cher à soigner pour la collectivité (elle exige généralement un suivi à vie). L’alcool ou le tabac n’ont pas ces caractéristiques.
Étant donné que personne ne peut sonder les reins et les coeurs d’autrui, mais seulement le sien, mon avis est que vous prêtez à ces gens la haine que vous ressentez envers eux.
Éluder systématiquement les arguments d’autrui mais de se dire « démocrate », ceci en raison de ce qu’ils sont (réacs) mais se dire antiraciste...
Occupez-vous donc déjà de soigner votre propre haine avant de prétendre soigner celle des autres...