Le truc, ce n’est pas de dire : c’est bien ou c’est mal, c’est juste de regarder ce qui reste quand la frénésie technologique est passé par là. Et, du coup, de se demander si c’est bien nécessaire, tout ça. Là, je parle d’un imprimeur, parce que c’est là que je devais aller, mais des boites qui se vident, lentement, comme une bête à moitié crevée se vide de son sang, y en a plein, des métiers qui disparaissent, c’est tout le temps. Et après ? Rien. On ne va pas transformer tous les déclassés de la mutation technologique en nounou pour vieux ou en téléopérateurs. Alors, on fait quoi des gens « en trop » ? C’est bien là, la question. la mutation du travail par la technologie fait qu’il va falloir se poser la question de la place du travail tout court dans notre société.
Mon père nous a fait vivre correctement en travaillant dans le meuble. Il y avait des centaines de boites et des milliers de gens qui bossaient dedans. Maintenant, c’est mort. Zappés. Les pompistes, les ouvreuses et bientôt les caissières : dégagés. Les secrétaires ? Externalisées. Tiens, j’ai un papier sous le bras sur la mort de la menuiserie-ébénisterie. Nettoyés. Se rabattent sur les pompes funèbres... tant qu’on ne peut pas s’empêcher de mourir ! Parlons aussi des métiers importants et toujours d’actualité dont on réduit les effectifs aux forceps, comme les médecins ou les infirmières : on est chaque année plus nombreux et ceux qui partent à la retraite ne sont pas remplacés. On vire, on débauche, on rationalise...
Ben oui, je fais ma pub. Comme tout le reste, d’ailleurs, je fais tout moi-même : écriture, mise en page, publiage, et buzz. Heureusement, cependant, que j’ai bénéficié de quelques inestimables coups de main. Cependant, je suis loin d’avoir la force de frappe d’une grosse maison d’édition. Je suis plutôt dans l’artisanat. Cela dit, je n’ai pas pris Agoravox en traître, j’ai demandé l’autorisation du taulier en chef avant de publier cet exercice d’auto-promo ! Question de savoir-vivre.
En fait, je suis en pleine révolution intérieure (merci la quarantaine approchante !!!) et cela balaie le peu de certitudes derrière lesquelles j’avais appris à me planque au fil du temps. Je pensais qu’on était avant tout ce que l’on faisait, je me rends compte à l’usage, que l’on tend forcément à devenir ce que nous renvoient notre entourage. Quelqu’un qui te dis que tu es belle commence à tuer la moche en toi, La somme des encouragements de mes lecteurs me pousse à dépasser mes propres paralysies en écriture...