Ce ne sont que des points de détails, utiles seulement pour le polémiste. Ce qui est important, c’est que Mélanchon est le candidat souverainiste de Gauche, et que tout en ne reniant pas les questions de compétitivité économique et n’ayant pas l’ambition d’isoler la France, entends placer l’être humain au dessus du sacro-saint billet de banque, et redonner un sens à la devise de notre beau pays.
C’est cela qui est important au final, proposer une version humaniste d’un nouvel ordre mondial, et c’est sans doute cela qui a convaincu bien des militants, ou sympathisants. Qu’un autre monde, ce n’est pas seulement un rêve, c’est une réalité à construire, pour peu que, tous ensemble, nous nous en donnions les moyens.
@justice : Dans ce cas de figure, ça paraitrait étonnant de voir Sarko appeler a voter Lepen, qui représente une réelle et trop importante rupture avec le système en place, en particulier avec la deconstruction européenne et le retour à la Souveraineté Nationale. Si sur les questions d’immigrations (finalement assez marginales, en ces temps de crise économique) il peuvent aisément s’entendre, leur vision économique est grandement opposé, et Hollande ferait figure d’allié peu discutable, dans ces conditions, son point de vue étant bien plus traditonnel que celui de MLP.
J’ai trouvé votre analyse sur les terrorismes extremement pertinente. Cette forme d’acte tend à aller croissante avec le niveau de desespoir des individus... Le gros problème pour les population est que cette forme « aveugle » de terrorisme nouveau offrirait aux gouvernement la justification pour appliquer des mesures de controle de plus en plus restrictives et liberticide, et les masses apeurées « orientées » par les médias (comme avec Mérah, par exemple) finiraient par globalement aquiescer, sans trop broncher. En analysant les choses via ce prisme, on comprend mieux pourquoi les élites n’ont pas vraiment l’air de se faire du souci, si elles mêmes envisagent cette lecture. Le desepoir qu’elles engendrent de façon immorales leur fournira, tot ou tard, les raisons pour appliquer les differentes étapes de leur plan, pour étendre leur domination.
Il est donc vraiment urgent pour les personnes qui croient qu’une alternative au monde actuel est possible de s’unir autour d’un projet consensuel, de faire fi de leur « petits » antagonismes et de poser les bases du monde de demain, sans quoi l’avenir risque fort de ressembler de plus en plus à 1984...
Personnellement, je ne suis vraiment pas un grand fan de la mondialisation telle qu’elle a été mené, et elle continue d’etre la source de nombreux problèmes, en facilitant par exemple la propagation des entités financières multinationales (ou apatrides, selon le point de vue adopté) ayant pour seul leitmotiv le profit à n’importe quel prix.
Par rapport aux ressources naturelles, je suis tout a fait d’accord avec vous, elles se raréfient avec le temps et l’usage excessif que nous en faisons. Ce problème mériterait des politiques avant-gardistes, comme le suggèrent (par exemple) les concepts de croissance verte. Or, au lieu de créer un modèle économique et sociétal neuf et innovant, nos sociétés tendent plutot à dégrader celui existant, et ce jusqu’à l’extrême limite (pollutions, raréfactions des ressources stratégiques sans alternative, explosion sociale...). Peut-etre que le fait que les forces d’opposition soient divisées, éclatées, joue en la faveur du système et de la pensée dominante actuelle.
Et pour les chinois, quoiqu’on puisse en penser, ils ont globalement profité de la mondialisation, ont su tirer parti des règles amorales régissant le marché internationale, et ont continué d’afficher une croissance plus qu’honorable lorsque la plupart de ses concurrents -y compris les US- ont souffert lors de la récente crise. Bien sur, ils subissent le contrecoup aussi (dégradations de l’environnement...).
Quant à une « révolution », ce n’est pas ce que j’appelle de tout coeur (loin de là), mais quand je regarde la situation évoluer, et les prises de position des acteurs susceptibles d’accéder à un quelconque pouvoir (et comment l’accès à celui ci semble en grande majorité verrouillé, réservé aux memes castes d’élites se relayant inlassablement), il m’apparait que tout réel dialogue sera dénigré, voire purement et simplement occulté. Et dans ces conditions, lorsque l’injustice ne pourra plus être masquée par des artifices, nous aurons sans doute un choix, face à un pouvoir corrompu devenu illégitime.
Heureusement, nous ne sommes pas encore à ce point de rupture, et avons un certain temps pour penser un monde plus juste, plus rationnel aussi, qui placerai l’Humain au coeur du système (sans forcément tomber dans les excès de certaines alternatives anticapitalistes). Il faut s’unir, faire front commun, établir des solutions communes, et trouver consensus sur les petits points de détails. Une opposition divisée ne présente aucun danger pour le pouvoir en place, et contribue simplement à l’illusion démocratique. Le plebiscite de Poutine en Russie en est un parfait exemple.
C’est assez terrifiant ce qui est en train de se passer, l’apparition de ce « nouveau monde », et la résignation amère du peuple, qui malgré sa mobilisation massive, n’a pu influer sur le cours des choses...
J’ai mal pour mon pays, à penser que la France, glorieux pays de la Révolution et de la Résistance, des Droits de l’Homme et du Citoyen, ne lève pas sa voix contre cette injustice qui nous menace nous aussi, mais qui au contraire, s’apprête à collaborer avec la néfaste puissance financière, comme dans les Jours Sombres de son Histoire...
Que ferons-nous le jour où nous subirons ce que le peuple grec endure ? Finirons-nous, désabusés, déprimés, abattus, par accepter le fait accompli, car nous nous croyions à l’abri, et n’avions pas agi ? Ou alors, fidèle aux grands moments qui ont fait la fierté de Notre Patrie, nous soulèverons nous (et prendrons-nous les armes ?) contre ce pouvoir « représentatif » qui ne représente en réalité surtout les intérêts de ceux qui l’exercent et ceux de leurs amis ?
La Marseillaise est toujours d’actualité, seul l’ennemi, apatride, a changé. Une grande majorité de la population ne semble pas prendre la mesure de ce qui est en marche, ou refuse délibérément de le réaliser.
Peut-être n’y a t-il pas de moyen pacifique pour changer les choses, et c’est ça qui semble le plus terrible dans un Etat sensé être « démocratique », qui donne des leçons au monde entier, mais qui n’est plus que l’ombre de lui-même, et qui ne donne au Citoyen qu’une illusion, de plus en plus difficile à gober, qu’il a encore une prise véritable sur la situation, un pouvoir de décision.
D’une façon ou d’une autre, que nous nous soumettions ou que nous nous battions, ça risque de vraiment mal finir, pour le Peuple en tout cas, c’est une quasi-certitude.