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Accueil du site > Tribune Libre > Empathie, conscience morale et psychopathie – Une nouvelle conscience (...)

Empathie, conscience morale et psychopathie – Une nouvelle conscience pour un monde en crise (partie 3/3)

JPEG « L’histoire est faite la plupart du temps par les mécontents et les furieux, les excédés et les rebelles – par ceux qui aspirent à exercer l’autorité, à exploiter les autres, et par leurs victimes, intéressées quant à elles à obtenir réparation et à rétablir la justice. Dans ces conditions, l’histoire qui s’écrit a pour grand sujet la pathologie du pouvoir. »[1]

Une pathologie du pouvoir qui n’est rien de plus – mais rien de moins non plus tant le sujet est complexe – que ce que nous appelons de nos jours psychopathie ou perversion narcissique.

Autrement dit, l’histoire est écrite par des psychopathes qu’une armée de béni-oui-oui s’attache à satisfaire. Parfois, il arrive que leurs victimes contribuent à cette narration en obtenant justice et réparation pour les préjudices qu’elles subissent.

Sujet vaste, complexe et au combien sensible s’il en est, le monde dans lequel nous vivons, avec ses crises et ses conflits qui s’enchainent et se succèdent les uns aux autres, nécessite une profonde remise en cause de nos us et coutumes et un recadrage urgent de nos valeurs communes. Il devient alors important, voire urgent, de redéfinir ce que peut être l’éthique ou la morale qui pourrait fonder la société dans laquelle nous désirons vivre et voir grandir nos enfants. À défaut de quoi, le rythme effréné auquel se succèdent les périodes de troubles que nous subissons laisse présager une catastrophe imminente pour laquelle nul ne sait ce qu’il adviendra de notre civilisation.

Scénario apocalyptique par excellence, cette version de l’histoire qui se déroule sous nos pas nous a été inculquée, à grand renfort de propagande et de publicité, sur la base d’un culte mensonger à tel point désormais que « croire à l’histoire officielle, c’est croire des criminels sur paroles »[2].

En effet, si nous convenons du fait que la plupart du temps, les conflits sociaux et les guerres, les héros et les criminels, les percées technologiques et les manœuvres politiques, les inégalités économiques et les injustices sociales sont commentés, analysés et étudiés par toute une armée d’hagiographes aux ordres de l’idéologie dominante, il est inutile et vain de s’étonner dès lors de ce qu’aucuns de nos dirigeants ne soient capable d’apporter un quelconque début de réponse aux égarements de notre civilisation consumériste. Soyons clair, on ne peut résoudre un problème tel que celui posé par notre société actuelle que si et seulement si ce problème émerge à la conscience de ceux qui l’ont créé, car comme le disait si bien FREUD – qui savait de quoi il parlait – : « ce qui est demeuré incompris fait retour ; tel une âme en peine, il n’a pas de repos jusqu’à ce soit trouvé solution et délivrance. »[3]

Or, la conscience, à laquelle la compréhension donne accès, est justement ce qui nous fait défaut pour passer le cap des difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

Aujourd’hui, il ne reste guère plus personne qui ne comprend pas que la mutation actuelle de notre société s’accompagne d’une crise identitaire majeure dont les principales composantes sont la perte de repères et la montée de l’insignifiance. En proie au doute, la question du sens de nos existences prend alors de plus en plus d’importance.

De ce fait, il devient utile et salutaire de s’interroger sur la façon dont nous pouvons développer notre conscience. S’agissant de développer une conscience collective à l’échelle de l’humanité, cette question pourrait être reformulée ainsi : « La saga humaine peut-elle avoir un sens profond, qui anime et dépasse l’ensemble des écrits dont se compose l’histoire diversifiée de notre espèce et assure le ciment social de chacune de nos odyssées ? »[4]

C’est justement à cette question que Jérémy RIFKIN a tenté de répondre dans son essai sur Une nouvelle conscience pour un monde en crise – Pour une civilisation de l’empathie.

Avec force détails, cet auteur nous explique que l’humanité est en proie à différentes crises en raison de notre dépendance aux énergies nucléaire et fossile qu’entretient un modèle de croissance basé sur une conception égoïste de l’individu. Mais l’exploit, si l’on peut dire, de Jérémy RIFKIN lors de la rédaction de cet ouvrage est de nous démontrer que chacune des révolutions communicationnelles de l’humanité s’est accompagnée d’un saut de conscience de cette même humanité.

En effet, depuis quelque temps, il est de bon ton de penser qu’« au vu des données dont nous disposons, il apparaît possible que le parcours humain ait un fil conducteur. »[5]

C’est ainsi que Jérémy RIFKIN tisse sa propre trame de l’histoire de l’humanité en révolutionnant considérablement le paradigme selon lequel l’homme serait un être rationnel et calculateur développant sans cesse des stratégies utilitaristes dans le but de maximiser ses ressources.

Cette vision de l’Homme, correspondant à la définition littérale du mythe de l’homo œconomicus à l’œuvre dans le processus de mondialisation actuel, est sous-tendu par une idéologie qui, de par son manque d’empathie, sa négation de toute altérité et sa réification de l’humain, porte en elle le germe d’une perversité et d’une permissivité dont les forces destructrices peuvent tout bonnement engloutir toute trace d’humanité en l’homme. Ce qui aurait pour conséquence inéluctable la fin de notre civilisation.

Or, si comme Jérémy RIFKIN nous reconnaissons que le parcours humain possède un fil conducteur, la question se pose de savoir pourquoi l’époque où nous vivons apparaît aux yeux de plus en plus de personnes comme étant régressive et décadente.

Ce sentiment croissant est probablement la conséquence d’un paradoxe[6] dont les particularités s’appliquent tant au niveau individuel qu’institutionnel – ou sociétal –, car « le paradoxe de la décadence réside dans sa dualité, dans le fait qu’elle se trouve à la charnière des aurores et des couchants. Cette phase crépusculaire, mais nécessaire, de doute et de tâtonnement prépare l’individu et la société à une nouvelle conscience de soi. Au cours de cette période, la collectivité, malgré son aveuglement, n’est pas dans l’erreur, mais la traverse. Ainsi, elle effectue son rite de passage de l’enfance à l’âge adulte. »[7]

Ce qu’il peut y avoir de rassurant dans la phase d’incertitude que nous parcourons, c’est de constater avec Hubert RIVES que « Là où croit le péril… croit aussi ce qui sauve »[8], car « sans ça » la vie n’aurait jamais pu apparaître et se développer jusqu’au stade où elle en est arrivée aujourd’hui.

En conséquence de quoi, il est utile de s’interroger sur ce qui pourrait sauver dans un monde où tout semble aller à vau-l’eau.

S’agissant d’acquérir une nouvelle conscience, pour tous les auteurs déjà cités et bien d’autres encore, il convient d’examiner « l’élément » qui peut nous permettre ce saut de conscience salutaire tant espéré qui nous ouvrirait les portes d’une humanité plus juste, plus respectueuse des lois que la nature a dictées tout en assurant notre marche vers le progrès.

Lors des deux précédents articles, nous avons abordé le sujet des différents stades du développement moral déterminant notre niveau de conscience morale et celui de l’intelligence émotionnelle qui lui est consubstantiel. Mais pour que l’une et l’autre – conscience morale et intelligence émotionnelle – se développent harmonieusement, il leur faut une « levure », un « facteur X » qui servira de catalyseur.

Grâce aux récents progrès des neurosciences, nous connaissons aujourd’hui beaucoup mieux ce que peut être cet activeur que l’on désigne sous le nom « d’empathie ».

En effet, si l’on comprend ce qu’est réellement l’empathie[9] – concept nomade en constante évolution depuis son introduction dans le champ des sciences humaines –, nous ne pouvons qu’en déduire que l’empathie est un « métasentiment », un « sixième sens » qui permet d’accéder à la raison supérieure telle que schématisée par Antonio DAMASIO dans son ouvrage Le sentiment même de soi[10], de telle sorte que « maturation de l’empathie et développement moral sont une seule et même chose. »[11]

Ce constat aujourd’hui posé par les chercheurs travaillant dans le domaine des neurosciences sociales réactualise les débats philosophiques hautement spéculatifs qui gravitaient autour des questions de morale quelque peu abandonnées au cours du siècle dernier[12]. Attendu que pour ce nouveau champ disciplinaire, l’étroite corrélation entre empathie et morale permet de situer le niveau de conscience d’un individu, tout autant que celui d’une société ou d’une civilisation, au travers de la seule étude de l’empathie qui se trouve être ce fameux fil conducteur que le parcours humain semble suivre.

Sur un plan culturel, cette piste a conduit Jeremy RIFKIN et son équipe de chercheurs à constater que l’évolution récente de la conscience sur les 12 000 dernières années s’est déroulée en plusieurs stades en fonctions des révolutions communicationnelles successives. Ainsi, « Les cultures orales s’ancrent dans la conscience mythologique. Les cultures écrites engendrent la conscience théologique. Les cultures imprimées s’accompagnent de la conscience idéologique. Les premières cultures électriques suscitent la conscience psychologique. »[13]

Aujourd’hui, l’Internet éveille un nouveau type de conscience que Jeremy RIFKIN appelle « conscience dramaturgique ». Mais cet éveil pose un problème crucial au cœur de notre société actuelle en pleine crise narcissique : celui de la séparation entre « le bon grain et l’ivraie », de la distinction entre vérité et fausseté, sincérité et mensonge, exactitude et « à peu près ». Bref : « La conscience dramaturgique pose le problème perturbant de l’authenticité. Chaque fois qu’il est question de représentation, on est inévitablement conduit à s’interroger sur le « faire semblant » et le « croire ». À l’âge de la conscience mystique, la mesure de l’homme était l’héroïsme ; à celui de la conscience théologique, on était censé être pieux ; à celui de la conscience idéologique, les hommes de bonne volonté devaient être sincères et de bon caractère. À l’âge de la conscience psychologique, avoir de la personnalité est devenue une obsession. Mais pour la génération qui grandit dans la conscience dramaturgique, la pierre de touche de l’homme et de la femme, c’est l’authenticité. »[14]

À l’heure ou nos sociétés occidentales traversent l’une des plus graves crises identitaires que le monde n’ait jamais connues – induisant de facto des mécanismes de défense individuels et politiques qui font largement appel à la manipulation – l’authenticité apparaît bel et bien comme une préoccupation majeure de notre époque pour tous ceux qui formulent le vœu de voir évoluer l’humanité dans des valeurs de vérité plutôt que de mensonge.

 

Conscience individuelle et conscience collective :

Si nous comparons le développement de la conscience morale des individus – exposée lors de la première partie de cette série d’articles – avec celui de l’évolution de la conscience collective à travers les âges, nous constatons de nombreuses similitudes qui ne manquent pas d’interpeler l’observateur attentif recherchant un quelconque fil conducteur donnant sens au parcours de la saga humaine. Cette observation apporte un argument de plus à la thèse de Jeremy RIFKIN :

Les différents stades de l’évolution de conscience de masse chez Jeremy RIFKIN

IE

Les niveaux de développement moral individuel chez Lawrence KOHLBERG

Conscience biosphérique

A

6

Éthiques universelles de justice

Conscience dramaturgique

5

Respect du contrat social

Conscience psychologique

4

Répondre des règles sociales

Conscience idéologique

 

É

3

Satisfaire aux attentes du milieu

Conscience théologique

2

Faire valoir son intérêt égocentrique

Conscience mythologique

1

Obéir pour éviter la punition

IE = Intelligence Emotionnelle ; A = altruisme ; E = égoïsme.

En effet, sans rentrer dans les détails – exercice qui dépasserait largement le cadre de cet article – selon ce comparatif, les particularités propres à chacune des étapes identifiées par le premier de ces modèles pourraient servir à définir celles du second et vice versa.

Par exemple, Jeremy RIFKIN précise que : « les stades de la conscience fixent les limites de la réalité. Ils saisissent et reflètent l’horizon spatio-temporel d’une époque et l’étendue du système nerveux central collectif d’une civilisation. Les ordres sociaux spatio-temporels qu’incarnent les consciences mythologique, théologique, idéologique et psychologique sont tout à fait distincts. […] Les stades de la conscience redessinent aussi la frontière entre « nous » et les « autres ». Hors les murs, c’est le « no man’s land », où se trouvent les étrangers. Pour l’homme mythologique, l’étranger est le non-humain, le démon, le monstre. Pour l’homme théologique, c’est le païen ou l’infidèle. Pour l’homme idéologique, c’est la brute irrationnelle. Pour l’homme psychologique, c’est le cas pathologique. »[15]

Cette description possède de nombreuses similitudes avec la caractéristique b) décrite par Lawrence KOHLBERG : « à chaque stade, il y a réorganisation de l’équipement cognitif, l’ancien s’avérant dépassé dans la relation au monde et à autrui ; le changement est qualifié de structurel et s’opère d’un point de vue qualitatif et non quantitatif, c’est-à-dire qu’il y a une restructuration des capacités cognitives du sujet en un nouveau mode d’expression plus adapté. Ceci implique que cette maturation soit irréversible (sauf accident ou maladie dégénérative) »[16] ; etc.

L’intelligence émotionnelle entre ici en ligne de compte en ce qu’elle permet de déterminer le point de basculement entre un individu (ou une collectivité) majoritairement motivé par des désirs égoïstes à celui d’une personne (ou d’une société) privilégiant l’altruisme. Ce renversement intervient dans la position médiane du stade conventionnel de développement moral entre les niveaux 3 et 4 de l’échelle kohlbergienne. Il faut bien garder à l’esprit que ce changement ne s’effectue pas sur un mode « tout ou rien » opposant l’altruisme à l’égoïsme – nous avons traité l’insuffisance d’un tel schéma dans le précédent article en redéfinissant l’altruisme –, mais bien selon une gradualité subtile faisant basculer d’une position à l’autre exactement comme lorsque l’on utilise une balance avec des poids et mesures.

Reste que « La situation actuelle n’est pas vraiment claire. Si certains membres de la jeune génération rêvent de célébrité personnelle, il y en a autant qui se dévouent au service de la collectivité et aident les moins fortunés. La réalité, c’est probablement qu’une jeune génération grandit déchirée entre deux états d’esprit, le narcissisme et l’empathie : les uns sont attirés par le premier, les autres par la seconde. La récession prolongée à laquelle est confrontée l’économie mondiale en ces temps où la seconde révolution industrielle tire à sa fin va probablement affaiblir la pulsion narcissique : la survie personnelle et collective va peser de plus en plus lourd, et les rêves de grandeur individuels dans le chaos mondial paraîtront bientôt illusoires, voire comiques. Mais on peut tout aussi bien imaginer qu’un narcissisme collectif sera transformé en xénophobie virulente, avec des diatribes politiques visant à définir des minorités et d’autres cultures et nationalités comme inférieures, infra-humaine. C’est déjà arrivé. »[17]

C’est déjà arrivé à de multiples reprises et c’est ce qui arrive encore actuellement dans les divers conflits que nous relatent les infos quotidiennes.

Les totalitarismes qui ont accompagné le parcours humain en attestent. Ceux du siècle dernier sont loin d’être les seuls et les derniers et nous serions bien avisés d’en tirer les enseignements qui s’imposent (cf. Nous boirons le calice jusqu’à la lie).

Le souci, à l’heure actuelle, réside dans le fait que « tous les stades de la conscience qu’ont connus les humains au fil de l’histoire existent encore et sont très dynamiques, dans diverses nuances et à divers degrés. Nous sommes pour la plupart des êtres composites, construits par notre passé historique profond, et nous gardons en vie des fragments de conscience ancestrale dans nos cadres de référence mythologiques, théologiques, idéologiques, psychologiques et dramaturgiques. Le défi auquel nous sommes confrontés consiste à faire avancer toutes ces formes historiques de la conscience, encore présentes sur l’ensemble de l’éventail humain, jusqu’au stade nouveau de la conscience biosphérique – à temps pour briser les fers qui enchaînent les progrès de l’empathie à la croissance de l’entropie. » [18]

Cela nécessite un changement radical de paradigme, car l’évolution de la conscience collective qui jusqu’à présent s’est faîtes postérieurement aux différentes révolutions industrielles, doit désormais s’effectuer préalablement à tout progrès. Ce qui signifie que nous puissions prendre nos responsabilités et nous occuper nous-mêmes de notre conscience individuelle pour améliorer notre conscience collective sans attendre que la solution puisse venir d’un quelconque sauveur ou d’une nouvelle révolution industrielle.

 

Conclusion :

Que nous enseignement les recherches exposées lors de ces trois articles ?

Tout d’abord, que la crise de notre époque marquée par une forte régression s’apparente à un rite de passage tel qu’a pu l’incarner le mythe de Narcisse. L’explosion, ces dernières années, d’essais littéraires portant sur ce sujet en témoigne.

Ensuite, que cette décadence est toujours accompagnée d’une baisse des forces morales sur lesquelles reposaient les différentes civilisations qui se sont succédé !

Autrement dit, l’empathie régresse également lors de ces périodes de transition, mais ce recul est propice au questionnement que toute réévaluation de la situation impose. Ce type d’épreuve a toujours accompagné l’apparition d’une nouvelle conscience. Même si à une échelle de temps humain, ce saut qualitatif est difficilement perceptible, il n’en demeure pas moins que par le passé, c’est toujours ainsi que les choses ont évolué. Cependant, compte tenu des circonstances actuelles, nous pouvons échouer.

Par ailleurs, « l’aptitude à nous reconnaître en l’autre et à reconnaître l’autre en nous est une expérience très démocratisante. L’empathie est l’âme de la démocratie. C’est une façon de prendre acte du fait que chaque vie est unique et inaliénable, et qu’elle mérite une égale considération dans l’espace public. L’évolution de l’empathie et celle de la démocratie ont été liées tout au long de l’histoire. Plus la culture est empathique, plus ses valeurs et ses institutions de gouvernement sont démocratiques. Moins la culture est empathique, plus ses valeurs et ses institutions de gouvernement sont totalitaires. Les liens inextricables entre extension de l’empathie et expansion de la démocratie sont manifestes, et il est curieux qu’ils aient aussi peu retenu l’attention dans l’étude de l’histoire et de l’évolution des modes de gouvernement. »[19]

Néanmoins, si Jeremy RIFKIN s’étonne du manque d’attention que nous portons aux « liens inextricables entre extension de l’empathie et expansion de la démocratie », il est également curieux de constater que ce type de lien n’ait jamais été mis en évidence au niveau individuel entre le pervers narcissique est sa victime favorite : la personnalité empathique.

L’étude de tels liens nous en apprendrait un peu plus sur la véritable nature de la psychopathie, son but et ses desseins – conscients ou non. Cette affection mentale n’est pas uniquement marquée par une absence d’empathie ; l’empathie n’est pas uniquement l’âme de la démocratie, elle est également la manifestation de l’humanité en l’Homme. Ce qui lui permet d’envisager autrui comme un semblable et non comme un objet ; comme un être sensible et non comme une marchandise ou un produit markéting. Cette idée est à l’opposé de ce que présuppose la conscience idéologique dominante au travers de la toute-puissance de la rationalité et du mythe de l’homo œconomicus.

Autrement dit, l’avenir de notre civilisation pourrait simplement dépendre de la rapidité à laquelle ce sentiment se propage à l’ensemble de la communauté humaine. D’où l’intérêt de rapidement mettre en place une pédagogie de l’empathie qui nous enseigne comment la développer dès le plus jeune âge afin que nous développions à l’âge adulte des relations authentiques sans communication déviante (cf. Le ‘pouvoir’, les ‘crises’, la communication paradoxale et « l’effort pour rendre l’autre fou » ; Comprendre l’emprise, la relation « en-pire » ; La « novlangue » des psychopathes ; Affaire Dieudonné et théorie du genre, etc. : le harcèlement moral s’institutionnalise ; etc.).

À méditer !

Philippe VERGNES


[1] Jérémy RIFKIN, Une nouvelle conscience pour un monde en crise – Vers une civilisation de l’empathie, p. 17.

[2] Simone WEIL, L’enracinement, 1949, p. 152.

[3] Sigmund FREUD in Cinq psychanalyses.

[4] Jérémy RIFKIN, Une nouvelle conscience pour un monde en crise – Vers une civilisation de l’empathie, p. 16.

[5] Ibidem, pp. 16-17.

[7] Negin DANESHVAR-MALVERGNE, Narcisse et le mal du siècle, p.70.

[8] Hubert REEVES, Là où le péril croit… croit aussi ce qui sauve, édition SEUIL, 2013, 180 pages : « Ce livre met en parallèle l'histoire de l'Univers et celle des êtres humains. Hubert Reeves nous émerveille d'abord en nous contant les improbables et fécondes propriétés de la matière, tant atomique que galactique, qui lui ont permis de se complexifier jusqu'à voir apparaître la vie et l'intelligence sur Terre et peut-être ailleurs. C'est la belle-histoire. Il nous avertit ensuite des dangers qui pèsent sur la planète - de notre fait. Le sort tragique de tant d'espèces, disparues, des mastodontes aux grands pingouins, ou menacées, des chimpanzés aux abeilles. C'est la moins-belle-histoire. Comment alors concilier ce que la science nous apprend sur la merveilleuse croissance de l'organisation à l'échelle cosmique avec les graves risques de détérioration que la crise écologique contemporaine fait peser sur l'avenir de la vie sur la Terre ? La prise de conscience de cette situation conflictuelle et la volonté de réagir à laquelle nous assistons maintenant nous donnent-elles l'espoir d'un avenir plus vert ? »

[9] Pour faire simple et ne pas laisser le lecteur dans l’expectative, Jean DECETY, neuroscientifique spécialisé dans l’étude de l’empathie définit ainsi ce sentiment : « deux composantes interagissent pour créer l’empathie : la première est la résonance motrice, c’est-à-dire une capacité automatique, peu contrôlable et non intentionnelle d’imiter mentalement les mouvements et les expressions des personnes avec lesquelles nous interagissons. Cette faculté plonge ses racines dans l’histoire évolutive de nos ancêtres, les primates non humains (ils disposent de neurones, nommés neurones miroirs, qui codent leurs propres actions et celles exécutées par leurs congénères). La seconde composante est la flexibilité mentale nécessaire pour que nous ayons bien conscience que c’est autrui qui agit ou éprouve une émotion et non pas soi-même. Cette capacité, contrôlée et intentionnelle, est plus récente que la résonance motrice dans l’histoire évolutive, et serait propre à l’espèce humaine. Ce modèle sous-entend que l’on ne peut parler d’empathie qu’en présence de ces deux composantes : ces éléments sont dissociables, mais sont tous deux indispensables. » (Pour la Science n° 309 – juillet 2003).

[11] Jérémy RIFKIN, Une nouvelle conscience pour un monde en crise – Vers une civilisation de l’empathie, p. 116.

[12] Voir Stanilas DEHAENE, neuroscientifique, docteur en psychologie cognitive, professeur au collège de France et lauréat du Grand Prix INSERM 2013 pour l’ensemble de son travail consacré à la conscience : « Beaucoup des questions que nous sommes amenées à poser sont des questions qui appartenaient autrefois à la philosophie et que nous ramenons dans le domaine de la science… » (à 2’42” de la vidéo de l’INSERM).

[13] Jérémy RIFKIN, Une nouvelle conscience pour un monde en crise – Vers une civilisation de l’empathie, p. 42.

[14] Ibidem, p. 530.

[15] Ibidem, pp. 176-177.

[17] Jérémy RIFKIN, Une nouvelle conscience pour un monde en crise – Vers une civilisation de l’empathie, p. 553.

[18] Ibidem, p. 557.

[19] Ibidem, pp. 154-155.

 


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388 réactions à cet article    


  • soi même 21 août 2014 16:55

    Pour une civilisation de l’empathie. que de mot pour un monde qui se cherche !
    Comblent de personne on ce mot à la bouche, cela deviennent indigeste, non pas que je suis contre le fait que l’on doit vivre l’empathie !

    C’est le fait de le prononcé à toute les sauces, me fait comprendre plus que l’on en parle, moins on en est apte à le comprendre !

    Il serait mieux d’aller doit au bût, c’est une auto éducation qu’il s’agit ici, l’empathie est que le résultat visible de cette pratique, le reste n’est que verbiage de sermon du dimanche qui produira les mêmes effet que la tolérance, plus que l’on en parle, plus la société devient intolérante !

    Le préambule à tous cela, c’est pratiqué une Véritable Liberté de Pensé, une Véritable Liberté de Conscience, une Véritable Liberté d’ Agir, qui ne se fonde pas sur les préjuger , ce m’est a ce prix que l’on espéré atteindre la véritable Empathie !

      


    • epicure 21 août 2014 22:38

      Oui, mais l’auto-éducation il faut l’initialiser.
      Si c’était aussi simple , on n’en serait pas là où nous en sommes autour de la terre.
      La libre pensée ne tombe pas du ciel un jours d’anniversaire comme un cadeau de la nature.

      Il y a plein de blocages, culturels, religieux , idéologiques, quand ce ne sont les conditions des personnes qui font que la culture de l’empathie est difficilement accessible à certaines personnes.
      Par exemple actuellement avec la civilisation marchande qui réduit les gens à ce qu’ils ont, ou avant quand les gens étaient jugés sur leur appartenance raciale, religieuse, ou sexuelle.
      Et en plus les psychopathes qui ont le pouvoir ont tendance à imposer des modes de pensée anti empathique.

      Dans les civilisations « primitives » de chasseur cueilleurs, l’empathie était réservée à la petite tribu, puis plus tard au village dans les sociétés suivantes, ce qui correspondait à la société pratique.
      Avec les civilisations agricoles, les villes, la société s’est élargie, mais le « champs empathique » n’a pas suivit, il s’est restreint au groupe particulier ( caste, sexe, religion etc... ), avec des société qui saucissonnaient les communautés de vies en un grand nombre de communautés particulières.

      Avec l’époque moderne, le champs des relations humaines s’agrandit ( découvertes, colonisations ) , et l’héritage des Humanistes, des Lumières, de penseurs socialistes , il y a à la fois élargissement du champs empathique, ainsi est apparu la nation qui regroupe des gens de groupes différents, par contre il est apparu un clivage empathique basé sur la classe économique mais qui regroupe des gens d’origine, de sexe, de cultures , religions différentes. Mais par derrière est apparu un discours favorisant l’égocentrisme économique donc favorisant la coupure empathique entre les individus ( cahcun pour soi , tous contre tous ).

      Ce développement de l’égocentrisme économique, ainsi que la présence de nombreuses forces restées dans les stades précédents ( voir ce qui se passe au moyen orient ), va à l’encontre des besoins de notre société qui relie dans l’instantané les « quatres coins du monde »

      Et les évolutions ne peuvent se faire que par la culture, la volonté de la société, sauf que ceux qui sont à la tête de al société actuelle, favorisent un mode de pensée qui leur fait rejeter toute empathie pour la plus grande partie de l’humanité ( les riches privilégiés, contre les autres ). Et come par hasard ce sont souvent des psychopathes ou des narcissiques, donc ce n’est aps d’uex qu’on peut attendre un élargissement du champs empathique de la société, nécessaire à l’équilibre de cette société.

      Il faut donc une éducation qui favorise l’auto éducation, mais elle ne peut pas venir de tout en haut..


    • epicure 22 août 2014 03:33

      Par rapport à ce que dit l’article sur les changements de mentalité, le passage de la pensée tribale à celui de la société hiérarchisé installée par les civilisations agricoles, il a fallu un changement de perspective.

      Dans les sociétés tribales ce qui est extérieur à la tribu est source potentielle de danger, l’empathie ne pouvait se développer qu’entre gens de la tribus, des gens qui se connaissaient tous , ceux avec qui ont vivait, échangeait au jours le jours. De plus la société tribale est peu hiérarchisée, chaque membre est prit en compte tant qu’il sert la tribu . D’un autre côté les gens des tribus primitives semblent être capable d’accorder de l’empathie avec des étrangers, mais en général cela passe par une phase de « découverte » ; c’est à dire une phase où il va se produire des échanges physiques, sociaux, matériels. Mais sans connaissance, ils sont considérés comme des Autres.

      Dans ces société le champs empathique est en quelque sorte physique, concret.

      Mais avec l’évolution des sociétés avec la révolution agricole, le cercle de la société dépasse le cercle de connaissance de chaque individu, c’est à dire que l’on peut rencontrer régulièrement des inconnus qui pourtant sont de la même société. D’autre part avec l’agriculture s’est développé une hiérarchisation des sociétés entre les grands propriétaires, les agriculteurs et l’apparition de l’esclavage, sans compter la montée du patriarcat, l’importance de la religion etc...
      Dans un même lieu de vie, de relations concrètes, il va se cotyer des gens qui n’ont pas les mêmes considérations les uns par rapport aux autres, dans al hiérarchie le niveau supérieur n’a pas de relation empathique avec le niveau inférieur, c’est un Autre, le maitre peut maltraiter/tuer son esclave, le mari peut battre sa femem voire la tuer si elle le trompe, etc....
      Ce n’est plus la proximité , la relation concrète qui ouvre le champs empathique, mais autre chose, l’appartenance à un même groupe hiérarchique, ce ne sont plus des relations concrètes qui font le lien empathique, mais des représentations sociales.

      Donc c’est bien un changement de mentalité qui s’est effectué pendant la transition d’une société à une autre.

      La modernité libérale, si elle change et réduit les catégories ( classes sociales et nation ), elle reste dans un paradigme de représentations sociales qui contiennent le champs empathique, permettant à certain de se comporter comme des psychopathes envers ceux de l’autre classe sociale ( exploitation et mépris des pauvres par exemple ) ou d’une autre nation.


    • Philippe VERGNES 22 août 2014 11:20

      Bonjour epicure,

      Vous faîtes un long développement assez juste de certaines limites de l’empathie. Je ne pouvais m’y résoudre sans rendre cet article déjà long imbuvable.

      J’ai donc choisi une autre piste, moins fréquentée et bien moins connue qui est celle de constater que l’évolution humaine pourrait avoir un sens, un fil conducteur. Bien qu’il soit encore très difficile à percevoir, ce fil conducteur se découvre peu à peu au plus grand nombre...

      Toutefois, je compte bien proposer un jour ou l’autre un article qui ne pose que la problématique de la définition de l’empathie qui n’a eu de cesse d’évoluer depuis l’introduction par Freud du concept « d’Einfühlung » dans le champ des sciences humaine.


    • soi même 22 août 2014 12:31

      L’empathie est terne très récent qui est du, au philosophe Robert Vischer (en) en 1873, En langage courant, ce phénomène est souvent rendu par l’expression « se mettre à la place de » l’autre.

      (Dans les civilisations « primitives » de chasseur cueilleurs, l’empathie était réservée à la petite tribu, puis plus tard au village dans les sociétés suivantes, ce qui correspondait à la société pratique. ) , il y n’ a pas de doute tant que les tabous étaient respectés, tous baignaient dans l’huile. De là à dire que c’est de l’empathie , c’est pas que ces sociétés ignoraient, elle n’avaient en rien un caractère empathique !

      Pour être clair sur la nature humaine, l’homme ne peut pas être empathique naturellement, il est avant tout égoïste, le fait d’affirmer sa pensé, de se distingué des autres , de manger, de subvenir à ses besoins, si l’on n’avait pas c’est égoïsme, l’on ne pourrait pas vivre ! Cette forme d’égoïsme est licite, et ce n’est pas à remettre en causse, c’est quand ces forces se transforme en égocentrisme que cela devient destructeur, et le seul moyen à ma connaissance et d’élargir son égoïsme à la communauté, le mettre au service des autres C’est que tous le monde fait quand on effectue un travail, on met au service de la communauté son égoïsme.

      ( Il faut donc une éducation qui favorise l’auto éducation, mais elle ne peut pas venir de tout en haut.. )

      Elle sera adopter par le haut quand cela sera devenue une réalité objective de la société, et des hommes mûrs le porteront comme exemple vivant !

       

       


    • epicure 22 août 2014 16:44

      @Par Philippe VERGNES (---.---.---.64) 22 août 11:20

      En fait c’est les obstacles culturels, idéologiques que je mets en évidence.
      Pour aller plus loin il faut changer la culture.
      A notre époque dans une même société cohabite des personnes avec divers schémas plus ou moins ouverts, tout le monde n’adopte pas le schéma moderne, à cause de la persistance de cultures ou d’idéologies basées sur des modèles de société pré modernes. De nombreux problèems de société, viennt de ces persistances.
      Dans un même quartier on peut trouver des gens qui sont ouvert emphatiquement aux personnes de toute origine ou condition, et un mari qui n’a même pas de lien empathique avec son épouse, qui la considère comme son objet de par sa culture/religion.

      Il y a eu un travail culturel qui a été fait depuis plus de 40 ans, mais c’est dans le sens inverse de ce dont tu parle, et dont on a les résultats aujourd’hui, qui favorise le clivage entre les gens, surtout en fait dans les basses classes , que ce soit par la consommation de certaines marques, ou en remettant en avant des vieux clivages. Et ces clivages réduisent le « champs empathique », c’est à dire ’étendue des personnes avec qui ont peut faire un lien empathique. Un exemple tour bête, c’est le coup de la marque qu’il faut avoir chez certains, et le mépris pour ceux qui n’ont pas cette marque, on est en pleine représentation sociale qui exclu des personnes de traitement empathique.

      Pour favoriser l’empathie au sein de la population, il faut remettre en cause les représentations sociales clivantes, ou ce qui en est à l’origine

      Beaucoup de monde se plaint des effets de al psychopathie des élites économiques et de leurs valets politiques, mais actuellement la réponse par beaucoup, c’est l’enferment dans des représentations aussi clivantes.


    • epicure 22 août 2014 22:21

      @Par soi même (---.---.---.146) 22 août 12:31

      En fait ce que tu as extrait c’est un raccourci de pensée.

      En fait tu mets la charrue avant les bœufs par rapport à ce que je voulais dire.
      En fait je ne voulais pas dire que ces sociétés étaient empathiques, elles étaient pragmatiques, et considéraient la Communauté avant tout, sa continuité , avec des individus sacrifiables ( la vie des individus était précaire ). Il n’y avait pas de considération empathique, bien au contraire, la perte , la souffrance faisait partie du lot de la vie de la tribu , il pouvait même y avoir des rites douloureux.

      Mais de par son mode de vie collectif, le peu d’inégalité qu’il y avait dans ces sociétés, ces sociétés permettent d’ouvrir le champs des personnes envers qui on pourrait avoir de l’empathie à l’ensemble de la tribu, et en quelque sorte renforcer le lien entre les membres de la tribu, mais cela dépend aussi des affinités, des personnalité, que ce soit dans la famille ou d’autres relations. Au cours de la vie quotidienne, il y a forcément des moments d’empathie entre membres de la tribu, que ce soit des joies, des peines, des moments de complicité ou autre, que plusieurs membres peuvent partager.
      De plus pour faire fonctionner collectivement la tribu, il faut subvenir aux besoins de tous les membres, et donc recourir à une certaine forme d’empathie, par exemple en aidant ceux qui sont blessés ou malades, service qui sera rendu réciproquement par les autres membres de al tribu.
      L’unicité des traditions, des rites, des croyances, des modes de vie, et des besoins primordiaux permet à chacun d’appréhender le pensées de l’autre.
      On éprouvera plus facilement d’empathie vis à vis de quelque de sa tribu qu’on côtoie tout les jours , avec qui on a des échanges, qu’une personne d’une autre tribu qu’on ne connait pas, voire dont on ne connaissait pas l’existence avant, bref l’Autre. Dans le paradigme tribal.

      C’est grâce à cette mentalité, que les guerres tribales étaient possibles, parce qu’il n’y avait pas de relations empathique avec ceux des tribus voisines, parce que c’était réservé principalement au cercle de la tribu.

      Même si l’empathie n’était pas développée comme chez nous, elle existait sous une forme ou une autre, mais conditionnée par les contraintes sociétales et environnementales.

      L’empathie existe depuis longtemps entant que phénomène humain, c’est d’ailleurs ce qui fait que la plupart des humains ne sont pas des salops finis. Mais selon les contextes elle s’exprime plus ou moins clairement. L’empathie existe aussi chez les bonobos, donc c’est un caractère plus vieux qu’homo sapiens.

      C’est sûr que la survie ne favorise pas l’empathie, surtout si les gens tombent comme des mouches.
      Mais la vie en société ce n’est pas la survie. Et même la vie tribale des chasseur cueilleurs était faite pour limiter l’effet survie, en collectivisant les moyens.
      Et l’histoire de la civilisation, c’est aussi l’histoire des moyens pour les hommes de dépasser la survie.
      Une société qui revoit des gens en condition de survie, c’est une civilisation en régression.
      Actuellement on a pu développer de l’empathie, parce que l’on est sorti des conditions de survie, qu’on ne dépend plus des problèmes saisonniers pour manger etc... Ce qui est moins vrai pour d’autre populations dans le monde.

      On a de l’empathie 

      pour ceux qu’on considère comme égaux, et dans le monde tribal primitif, les égaux ce sont les membres de la tribu, alors que dans les civilisations suivantes, hiérarchique , l’égal c’est celui de son niveau hiérarchique. La modernité, a favorisé l’élargissement des égaux, en mettant en cause les représentations hiérarchiques restreignant les égaux, permettant même l’émergence de philosophies et idéologies qui étendent les égaux à l’ensemble des être humains.
      Par contre l’accumulation de richesse rend les riches différents, ils se sentent différents, spéciaux, et ne se considèrent plus comme égaux aux autres humains.



    • Philippe VERGNES 23 août 2014 11:06

      Bonjour soi-même,


      « Pour être clair sur la nature humaine, l’homme ne peut pas être empathique naturellement, il est avant tout égoïste... »

      Bhein non... c’est toute l’importance et l’utilité d’une science avec conscience qui réfute objectivement et catégoriquement une telle assertion digne des croyances d’une époque révolue : le système neuronal de l’être humain est précablé pour être empathique. Il l’est même dès les premières heures de sa naissance. C’est après que les chose se gâtent.

      Mais bon, si tel est votre croyance et que cela vous convient, pourquoi pas... seulement, garder présent à l’esprit que ce sont de telles croyances qui maintiennent les hommes dans la servitudes.

    • soi même 23 août 2014 18:37

      Étant donnée votre point de vue convaincus de votre raisonnement , je vous porte à votre connaissance un extrait de conférence tenu par RUDOLF STEINER qui est parue sous le titre :

      LES EXIGENCES SOCIALES FONDAMENTALES
      DE NOTRE TEMPS
      , Après cette lecture , je souhaitais bien de votre part un commentaire, qui perpétrai de se fait d’aller plus loin qu’un simple échange de point de vue !

      extrait de la HUITIÈME CONFÉRENCE DORNACH, 13 DÉCEMBRE 1918
      ( Cela est tout à fait conforme aux lois qui régissent l’évolution de l’homme moderne. Souvenez-vous de ce que j’ai exposé comme étant la caractéristique extérieure de l’aspiration de l’homme d’aujourd’hui. Il
      aspire à reconnaître ce qu’il est, ce qu’il vaut en tant qu’être humain, quelle force est la sienne, quelle est sa dignité d’être humain. Il aspire à se contempler lui-même pour trouver enfin une image de son propre être. Or il est impossible d’arriver à une image de l’être humain en se cantonnant dans le monde sensible, car l’homme ne se réduit pas à ce monde, il n’est pas seulement un être sensoriel. Aux époques de développement instinctif où on ne se pose pas la question de l’image de l’homme, de la dignité ou de la
      force humaines, on peut ignorer le fait que, pour connaître l’être humain, il faut sortir du monde sensible et regarder dans le monde spirituel, qu’il
      faut faire connaissance avec le monde suprasensible au moins intellectuellement, sous quelque forme que ce soit, comme c’est le cas à notre époque de conscience. Mais la réaction inconsciente chez nos contemporains et chez les hommes dont j’ai décrit les pensées sociales, est celle que le candidat à l’initiation doit surmonter consciemment : c’est la peur de l’inconnu sur lequel il faut poser le regard. Peur, manque de courage, lâcheté, voilà ce qui domine l’humanité moderne. Et si celle-ci affirme que
      l’économie est l’évidence qui est la cause de tout, c’est parce qu’elle a peur de ce qui est invisible, de ce qui n’est pas palpable. Et ce refus d’approcher ces choses, cette volonté de les éviter, cette peur, font qu’on les tournes en idéologie, en Fata Morgana
      (mirage). C’est la peur qui engendre cette attitude. La conception sociale moderne n’est qu’angoisse, appréhension devant tout ce que j’ai caractérisé aujourd’hui devant vous. Bien des personnes qui, dans cette aspiration à une conception sociale moderne se montrent très courageuses, ont peur et reculent lâchement devant le monde spirituel qu’il leur faudra pourtant bien affronter d’une manière ou
      d’une autre pour apprendre à connaître l’homme. Ce qui se manifeste dans les philosophies socialistes actuelles est pur produit de la peur.
      C’est à partir de ce point de vue qu’il s’agit d’envisager les choses. Car l’homme moderne doit apprendre à connaître trois sortes de choses.
      Comme je l’ai expliqué la dernière fois, ces choses sont différenciées selon les régions, ouest, centre et est, mais de quelque manière que ce soit, les hommes sont guidés vers elles conformément aux lois naturelles. Même si seul l’initié est capable de voir ce qui est présent dans ces trois points, tout homme moderne soucieux de comprendre la structure économique devra progressivement parvenir à le percevoir, à le ressentir et l’admettre dans son intellect, même s’il ne le voit pas de ses yeux. En premier lieu, l’homme doit acquérir un sentiment clair ou tout du moins une représentation intellectuelle claire des forces qui dans l’univers sont celles du déclin, les forces destructrices. Parmi les forces que l’on étudie volontiers — et l’on se trompe parce qu’on ne s’y intéresse qu’en raison de la sympathie qu’elles nous inspirent —, on trouve justement celles qui édifient. On ne veut toujours que construire, construire et encore construire. Mais dans le monde, il n’y a pas qu’évolution ou construction, l’involution et la déconstruction
      existent aussi. Nous-mêmes, nous portons en nous des forces de déconstruction. Notre système nerveux évolué, notre système cérébral est pris dans un processus constant de déconstruction. Ces forces de déconstruction sont dans le monde, et il faut que l’homme se familiarise avec elles.Sans préjugés, en toute objectivité, il doit se dire : Sur la voie ouverte par cette époque, au cours de laquelle l’âme de conscience doit pleinement s’éveiller, ce sont les forces de déconstruction qui sont justement les plus
      actives. Il arrive parfois qu’elles se concentrent, qu’elles se consolident, et c’est alors que se déclenchent des événements comme ceux que nous avons vécus au cours de ces dernières années. L’humanité assiste alors à une concentration des forces qui’ sont cependant omniprésentes en temps normal. À notre époque, l’homme doit posséder une connaissance claire de ces choses, qui ne doivent pas rester inconscientes et instinctives. Il se détourne volontiers des forces de désagrégation, de mort, des forces paralysantes, mais en les fuyant, il s’aveugle et n’apprend pas à collaborer à l’évolution.
      La deuxième chose que l’homme doit savoir et qui le fait également fuir, c’est que dans cette époque de développement intellectuel, donc à
      l’ère de l’âme de conscience, il lui faut absolument réussir à trouver pour son être un nouveau centre de gravité en quelque sorte. L’évolution basée sur les instincts lui avait donné un centre de gravité, jusque dans les pensées. Et il croit être bien campé sur le sol ferme des conceptions, des représentations qui lui viennent par le sang, par ses origines, etc. Or, désormais, il ne le peut plus. Il doit se dégager de ce sur quoi il s’appuyait et qui s’est
      élaboré instinctivement. Il doit en quelque sorte se mettre au bord du précipice, sentir le vide, le gouffre au-dessous de lui, parce que c’est en lui qui lui faut trouver le centre de son être. Cela le fait reculer, il a peur.
      Et la troisième chose est la suivante : s’il veut évoluer vers l’avenir, l’homme devra apprendre à connaître, dans toute sa puissance, l’impulsion de l’amour- propre, de l’égoïsme. Notre époque est faite pour expliquer à l’homme que lorsqu’il s’abandonne à sa nature, il est un être égoïste. Et pour triompher de l’égoïsme, il faut d’abord en étudier toutes les sources dans la nature humaine. L’amour n’est que le contraire de l’égoïsme. Il faut franchir l’abîme de ce dernier si l’on veut connaître la chaleur sociale qui est censée pénétrer la société d’aujourd’hui et de demain, surtout si l’on veut en acquérir une connaissance pratique et non seulement théorique. Approcher ce sentiment que le candidat à l’initiation voit clairement près du gardien du seuil, lorsqu’il pénètre dans le monde suprasensible, remplit également l’homme d’effroi, car il comprend qu’il n’est pas possible d’entrer dans cette époque, qui devra nécessairement engendrer une structure sociale, autrement que par l’amour, qui n’est pas amour de soi-même, mais amour de l’autre, intérêt pour l’autre. Les hommes ressentent cela comme un feu dévorant, comme quelque chose qui les consumerait, qui les ravirait à eux-mêmes, en les dépossédant de leur égoïsme, de leur droit à l’égoïsme. Et de même qu’ils fuient le monde suprasensible, dont ils ont peur parce qu’il leur est inconnu, ils fuient l’amour parce qu’ils le ressentent comme un feu dévorant. Dans le domaine social, à l’heure où il faut préparer les impulsions spirituelles, les hommes, justement pour se détourner du suprasensible, ferment les yeux et les oreilles devant la vérité de ce monde,en démontrant par exemple par le marxisme et la pensée prolétarienne corrompue d’aujourd’hui qu’on doit se baser sur la réalité palpable, ce qui est exactement contraire à la véritable tendance de l’évolution de l’humanité. Eh bien, ils font exactement la même chose dans le domaine de l’amour, ce qui s’exprime jusque dans leurs paroles tendancieuses. On construit des idéaux qui sont contraires à ce qui vit en réalité dans l’évolution de l’humanité et qu’il faudrait rechercher.Lorsque parut en 1848 le Manifeste du parti communiste de Karl Marx, la première, la plus importante démonstration de la conception prolétarienne moderne, on y trouvait déjà ces paroles que chacun peut lire aujourd’hui dans tout ouvrage socialiste : « Prolétaires de tous les pays,unissez-vous ! »Lorsqu’on a un peu le sens des réalités, on est inévitablement gagné par un sentiment singulier et paradoxal à propos de ces mots. Que signifie en effet « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » ? Cela signifie : Agissez ensemble, les uns avec les autres, soyez frères, soyez camarades ! C’est de l’amour ! Que l’amour règne entre vous ! La tendance se manifeste, dans le tumulte, mais comment ? : Prolétaires, soyez conscients que vous êtes mis à part dans l’humanité, haïssez les autres, tous ceux qui ne sont pas prolétaires ; que la haine soit l’impulsion de votre union ! D’une étrange manière, amour et haine sont couplés, on aspire à une union basée sur la haine, alors que celle-ci est le contraire de l’union ! Seulement, on ne le remarque pas, parce qu’aujourd’hui on est très loin de relier ses pensées avec la réalité. Mais il s’agit bien de la peur de l’amour, cet amour qu’on affiche en même temps qu’on l’évite, parce qu’on recule d’effroi, on tremble devant lui comme devant un feu dévorant, alors même qu’on proclame ces paroles qui sont devenues le slogan du mouvement socialiste. Ce n’est qu’en pénétrant la réalité grâce à la science spirituelle qu’on pourra obtenir des éclaircissements sur les forces à l’œuvre dans le présent, et qu’il nous faut connaître afin d’y prendre consciemment notre place. Il n’est pas si aisé d’observer les pulsations qui traversent l’humanité aujourd’hui. La science de l’esprit est nécessaire pour cela. Ce fait ne devrait pas être négligé. Seul celui qui saura prendre ces choses suffisamment au sérieux aura la juste attitude au sein de ce mouvement de science spirituelle. )



    • Philippe VERGNES 23 août 2014 20:09

      soi-même,

      Je découvre la source de l’information qui vous a inspiré la conclusion que l’homme est d’un naturel égoïste. J’en suis MDR !!!

      Non, je ne me moque pas. C’est un rire complice.

      J’ai toujours dis que mes références étaient principalement scientifiques et j’ai toujours admis mon inculture philosophique. Mais Rudolph STEINER est une exception dans ma bibliothèque. Son principal ouvrage, La philosophie de la liberté, est le premier livre philosophique que j’ai eu entre les mains et que j’ai lu il y a près d’une quinzaine d’année et il m’avait marqué tout comme ma compréhension de cette lecture avait marqué la personne qui m’avait offert ce livre. Il m’est apparu clair et limpide à la première lecture alors que mon généreux donateur avait encore du mal à en saisir le sens après plusieurs relecture.

      Ce livre de Rudolph STEINER est cité en bibliographie de l’article sur la Conscience du site Wikipédia et en effet, il y traite tout un chapitre sur la conscience morale dont ma conception, si mes souvenir sont bons, est en parfaite adéquation avec ce qu’il soutient (mais il faudrait toutefois que je relise cet ouvrage pour m’en assurer).

      Tout ça pour vous dire que je connais bien l’oiseau et que je sais qu’il ne se laisse pas aussi appréhender facilement que ça. Donc, je suppose que vous déduisez plus particulièrement de ce passage que l’homme est d’un naturel égoïste : "Et la troisième chose est la suivante : s’il veut évoluer vers l’avenir, l’homme devra apprendre à connaître, dans toute sa puissance, l’impulsion de l’amour-propre, de l’égoïsme. Notre époque est faite pour expliquer à l’homme que lorsqu’il s’abandonne à sa nature, il est un être égoïste. Et pour triompher de l’égoïsme, il faut d’abord en étudier toutes les sources dans la nature humaine. L’amour n’est que le contraire de l’égoïsme..."

      Est-ce exact ??? C’est cet extrait qui vous fait dire que Rudolf STEINER avance que l’homme est d’un naturel égoïste ???

      Je pose la question, car si c’est le cas, alors Rudolf STEINER a émis un paradoxe qu’à son époque, il ne pouvait absolument pas dévoiler. Je précise que les paradoxes ont une double fonction : aliénante ou émancipatrice et que la plupart du temps, ils ne sont que l’indice d’une erreur de raisonnement ou d’un raisonnement non abouti (c’est ce qu’à demis-mot avoue Rudolph STEINER dans le passage cité). De fait, il convient donc de le dévoiler pour s’en libérer. Ce que je ferais après que vous ayez répondu à ce message.


    • soi même 23 août 2014 20:32

      Un paradoxe ne peut que se résoudre si l’on adopte un autre plan de pensé, donc si il y a un paradoxe, cela ne veut pas dire que cela est contradictoire, cela veux dire, que l’on doit avoir recourt à d’autre plan de la pensé pour comprendre le paradoxe !

      Par ailleurs Rudoft Steiner comme il n’a jamais voulue avoir des moutons moutonnements qui braient dans des certitudes spirituels, il a volontairement rendue difficile ce qui énonçait.

       


    • soi même 23 août 2014 20:56

       (Est-ce exact ??? C’est cet extrait qui vous fait dire que Rudolf STEINER avance que l’homme est d’un naturel égoïste ??? ) Oui nous ne pouvons pas être autrement qu’être égoïste, et comme je l’ai signaler, l’égoïsme sert à se différencier des autres, à ce construire, si je peux utiliser une image, c’est un fruit qui doit venir à maturité, donc mourir, pour redonner à la terre les germes de la plantes.
      C’est quand l’on arrête le processus à son stade de maturation et que l’on fait pas le deuil de renoncer à redonner au monde ce que l’on a acquit que l’on devient destructeur !
      Il ne faut pas s’illusionner notre époque est justement, l’ère de l’égoïsme, c’est un outil, c’est comme le couteau, c’est un couteau pour le pain où un couteau de boucher !

      Donc vous avez bien raison, tous dépend du degrés de conscience morale que l’on exprime !

       

       


    • Tall 21 août 2014 18:12

      C’est très bien ça l’empathie .... vous m’en mettrez 4 caisses de 12 dans du papier cadeau, c’est pour offrir ...


      Alors, vous enverrez la 1ère à Gaza, la 2e en Ukraine, la 3e en Syrie et la 4e en Irak.
      Ah oui, et une 5e à Goldman Sachs  smiley

      • L'enfoiré L’enfoiré 21 août 2014 19:29

        C’était pour rire, Tall.

        Il faut des caisses imperméables, je suppose.
        Cela s’évade vite ces choses-là.
        Le cellophane ou du papier de cigarettes pour l’emballage ? smiley

      • Tall 21 août 2014 19:46

        De l’alu ... et si après ça on n’a pas encore la paix dans le monde, je n’y comprends plus rien.


      • gaijin gaijin 22 août 2014 08:37

        tall et l’enfoiré
        « la folie c’est de voir le monde tel qu’il est et non pas tel qu’il devrait être »
        jacques brel
        vous en pensez quoi ?


      • Tall 22 août 2014 09:18

        qu’il a réussi à vendre beaucoup de disques


      • gaijin gaijin 22 août 2014 08:33

        oui +++++++++++++++++++
        nous sommes dirigés par une minorité de psychopathes
        on peut résumer la question ainsi :
        sur une échelle entre par exemple le docteur mengele et le bouddha gautama ( mettez qui vous voulez ) ou positionnons nous la « norme » ?
        je m’explique :
        quand un enfant prend du plaisir a tuer de petits animaux on l’envoie chez un psy pour le faire soigner quand il dit je veut devenir président de la république on l’applaudit et on l’encourage ....
        là est la question


        • Philippe VERGNES 22 août 2014 09:04

          Bonjour gaijin,

          Vous m’avez fait rire de bon matin (j’adore votre citation de Jacques BREL... un grand sensible au très grand cœur).

          Pour votre question, j’ai une réponse : le problème bien souvent c’est que celui qui prend du plaisir à tuer de petits animaux est le même que celui qui veux devenir président. Du coup, on oublie son vice pour ne garder que l’illusion de sa « vertu ».


          • gaijin gaijin 22 août 2014 09:33

            ravi d’avoir pu vous égayer ... smiley
            pour ma question je crains que vous ne soyez passé a coté de mon intention je précise donc mon propos :
            il n’y a pas de limite définie entre le monstre psychopathe et l’être humain parvenu a son plus haut degré de conscience mais une infinité de degrés
            milgram dans son expérience démontre que 20% des gens « normaux » sont capables de torturer quelqu’un a mort sans autre raison particulière que d’en avoir reçu l’ordre d’une autorité qu’il reconnaissent .
            entre celui qui prend plaisir a tuer des animaux que nous avons appris a considérer comme « malade » et celui a l’ambition dévorante que nous encourageons il y a une différence mais de combien ?
            j’ai peur que soit bien peu ......
            qui est le plus apte a occuper le sommet de l’échelle sociale ?
            un individu qui ne perdra pas son temps a se préoccuper de ’opinion des autres , de leurs sentiments, de leur bien être ....qui remplira sa chaque minute de sa vie de sa volonté de domination .......
            en résumé un psychopathe c’est a dire un individu dépourvu d’empathie
            toute notre société est conçue de manière a promouvoir ce type d’individu
            d’où ma question qui s’adresse a chacun :
            ou individuellement plaçons nous la limite ?

            et comme il n’y a pas de limite « réelle » quelle direction prenons nous dans ce que l’on peut considérer comme un processus d’humanisation

            ( ça n’appelle pas de réponse simplement c’est une question a laquelle nous devons individuellement répondre )


          • Philippe VERGNES 22 août 2014 11:15

            gaijin...

            Rassurez-vous, j’ai bien saisi votre propos, mais ma réponse sous forme de boutade était conditionnée par l’humeur du matin que votre citation m’avait inspirée.

            Si je n’ai pas rebondis sur le fond à votre intention, c’est tout simplement que les parties 1 et 2 de cet article y répondent déjà (tout du moins partiellement, car je donnerais une suite à cette série d’articles pour poser correctement le problème de la position de ce curseur).

            "Entre celui qui prend plaisir a tuer des animaux que nous avons appris a considérer comme « malade » et celui a l’ambition dévorante que nous encourageons il y a une différence mais de combien ? J’ai peur que soit bien peu..."

            C’est effectivement une des plus grandes difficultés à saisir, mais pas impossible (cf. mes trois articles successifs sur la communication paradoxale). Lorsque l’on comprend les principes de la communication paradoxale (déviante ou perverse selon les auteurs), cette différence devient du coup bien plus importante qu’elle n’y paraît d’un premier abord (à ce sujet, il y aurait d’importantes critiques à faire des expériences de Milgram qui n’a pas analysé toutes les interactions en jeu dans l’expérience qu’il proposait).

            En tout état de cause, merci pour ces précisions et cet important questionnement.


          • Philippe VERGNES 22 août 2014 09:17

            Bonjour epicure,

            Vous faîtes un long développement assez juste de certaines limites de l’empathie. Je ne pouvais m’y résoudre sans rendre cet article déjà long imbuvable.

            J’ai donc choisi une autre piste, moins fréquentée et bien moins connue qui est celle de constater que l’évolution humaine pourrait avoir un sens, un fil conducteur. Bien qu’il soit encore très difficile à percevoir, ce fil conducteur se découvre peu à peu au plus grand nombre...

            Toutefois, je compte bien proposer un jour ou l’autre un article qui ne pose que la problématique de la définition de l’empathie qui n’a eu de cesse d’évoluer depuis l’introduction par Freud du concept « d’Einfühlung » dans le champ des sciences humaine.


            • Tall 22 août 2014 09:23

              Que l’auteur s’interroge aussi sur sa motivation profonde de s’intéresser à ce sujet.

              Devant son miroir, j’entends ... ça ne nous regarde pas.

              • Philippe VERGNES 22 août 2014 09:42

                La réponse est dans la citation du début d’article.

                Ce qui tend à démontrer que l’auteur de ce post n’a pas lu l’article qu’il se permet de commenter, auquel cas il aurait peut-être pu déduire cela sans avoir à s’interroger publiquement.

                En fait, la véritable question devrait plutôt être posée en ces termes : « Pourquoi suis-je profondément motivé à commenter des articles portant sur ce genre de sujet. »
                Devant son miroir, j’entends... si ce dernier n’est pas cassé.


              • Tall 22 août 2014 09:55

                Il n’y a rien de personnel dans votre début d’article.


                La psychopathie n’existe pas, c’est un concept tout-à-fait artificiel. Aucune pathologie là-dedans.
                En général, il y a juste des individus dont la haine ou la misanthropie ou l’énorme distingo qu’ils font entre eux et l’autre trouvent leurs racines dans le conditionnement affectif de leur enfance.
                C’est donc le fruit d’un conditionnement spécifique et non pas d’une maladie.

                Et je sais très bien pourquoi j’interviens ici, mon miroir est excellent.

              • psynom 22 août 2014 10:28

                La psychopathie n’existe pas...

                Si l’empathie s’acquiert en grande partie par l’éducation, des étude par imagerie cérébrale ont montré que certaines aires cérébrales sont « impliquées dans les processus d’empathie, et du raisonnement moral ».
                Apparemment, on a pu trouver, toujours par imagerie cérébrale, une réduction de ces aires cérébrales dans le cerveau des psychopathes : On ne deviens donc pas psychopathe, on naît psychopathe, et aucune éducation ou thérapie n’y pourra rien changer.


              • Tall 22 août 2014 10:34
                du pipeau ...

              • Tall 22 août 2014 10:43
                Aucune aire cérébrale spécifique n’est corrélée au raisonnement moral ... on ignore même celles qui sont corrélées au raisonnement en général, tant la circulation des influx est décentralisée.

                Tout ce qu’on a repéré à peu près fiablement, ce sont les zones qui sont spécifiquement liées aux traitements sensori-moteurs de base. Et encore ... car chez un sourd de naissance, par exemple, certaines zones consacrées habituellement à l’audition peuvent servir à la vision. Et inversément.

              • psynom 22 août 2014 11:00

                certaines zones consacrées habituellement à l’audition peuvent servir à la vision 
                Il y a donc bien des zones dédiées, même si elle sont réaffectables pour d’autre fonctions. Si une zone est réduite ou endommagée, avouez que cela handicape fortement (et naturellement) la fonction pour laquelle est dédiée. Mais ici, s’arrête mes compétences en la matière.


              • Tall 22 août 2014 11:11

                Oui, mais c’est seulement aux niveaux les + bas du traitement sensori-moteur qu’il y a des zones assez clairement dédiées. Dès que l’on monte un petit peu dans l’intégration des données ( et donc dans l’abstraction ), ça se décentralise très vite. Et au dernier niveau, qui est celui de la conscience, c’est tout le cerveau qui entre en jeu en fonction des souvenirs évoqués.


              • Philippe VERGNES 22 août 2014 12:18

                @ Tall,

                Procédons par ordre, mais tout d’abord, juste une petite précision : ce n’est pas parce que vous avez été taxé de psychopathe dans votre jeunesse, qu’il faut prendre son cas pour une généralité et en déduire que le concept de psychopathie n’est que pure invention.

                En fait, ce dont vous témoignez-là par ce genre d’attitude, c’est d’un profond traumatisme que vous n’avez pas fait le deuil. C’est dommage, il existe des solutions très « simples » à mettre en place pour résoudre ce genre de problématique et nul besoin de psys pour cela.

                Voyons maintenant dans le détail quelques réponses à vos affirmations péremptoires (ne voyez pas cela comme des attaques personnelles même si ces réponses pourrait vous apparaître comme « agressives », je ne juge pas... ou plutôt devrais-je dire, je ne juge pas autrui sur la foi de leur comportement, mais plutôt sur celle de leur intention et la votre est pardonnable compte-tenu de ce qui précède) :

                « Il n’y a rien de personnel dans votre début d’article.  »

                Bhein oui ! Je n’ai jamais dis le contraire, mais c’est bien vous qui avez ramenez la discussion sur un plan personnel en me demandant de m’interroger sur mes motivations à publier sur ce sujet. Mes motivations je les connais depuis plus de vingt ans. Je n’ai nullement besoin de m’interroger sur elles. Votre réflexion était donc hors propos d’autant plus quelle ne répondait en rien aux arguments développés dans cet article.

                « La psychopathie n’existe pas, c’est un concept tout-à-fait artificiel. Aucune pathologie là-dedans. »

                Je ne pense pas que vous puissiez trouver une solution immédiate à votre contradiction, mais si comme vous le dîtes, la psychopathie n’existe pas, pourquoi donc dépenser autant d’énergie à combattre un concept tout-à-fait artificiel ? C’est absurde, improductif, terriblement chronophage... donc inutile.

                « En général, il y a juste des individus dont la haine ou la misanthropie ou l’énorme distingo qu’ils font entre eux et l’autre trouvent leurs racines dans le conditionnement affectif de leur enfance. »

                Bhein oui ! Tout en donnant une très bonne définition du concept de psychopathie, vous en niez l’existence. C’est plutôt fort comme style de combat.

                « C’est donc le fruit d’un conditionnement spécifique et non pas d’une maladie.  »

                Bhein oui également ! Je suis entièrement d’accord avec la première partie de cette assertion. Je suis plus réservé sur la seconde, car il faudrait s’entendre sur la notion de maladie. Pour ma part, je préfère parle de « dysfonctionnement ».

                « Et je sais très bien pourquoi j’interviens ici, mon miroir est excellent. »

                Peut-être, mais je pourrais vous faire un long discours sur la façon de le polir encore plus.

                « Aucune aire cérébrale spécifique n’est corrélée au raisonnement moral ... » (en réponse à psynom)

                ABSOLUMENT FAUX !!! Je suis au regret de vous dire que cette négation annule d’un revers de main près de trente ans de recherches effectuées par d’Antonio DAMASIO (et bien d’autres à sa suite) sur ce sujet et qui d’après une cohorte de plus de 1800 sujets atteints d’AVC ou autres accidents cérébraux survenus dans des zones très spécifiques ont pu isoler des modules spécifiques au raisonnement moral. D’autres pistes de recherches sont également actuellement en cours sur un type de neurones bien particulier n’existant que dans ces zones et dont seules les espèces sociales sont dotées (éléphants, baleines et dauphins, certains grands singes).

                Cependant, psynom a tort en disant que l’on nait psychopathe, cela existe, il est vrai, mais il est insignifiant au regard de la psychopathie développementale.

                Ensuite pour conclure : cf. courte vidéo de Stanislas DEHAENE citée en lien dans l’article pour comprendre comment le cerveau s’est organisé par modules interactifs.


              • Tall 22 août 2014 12:57

                Attaques personnelles, mensonges directs, arguments infondés, ignorance de la neurologie, prétention à juger l’autre, ... tout y est.


                Ah ça, vous êtes un vrai psy bien formaté... aucun doute là-dessus.

                Je vais économiser mon temps neuronal en m’arrêtant ici ... vous ne valez rien.

              • Tall 22 août 2014 13:05

                 ont pu isoler des modules spécifiques au raisonnement moral.


                Foutaise totale ...

              • Philippe VERGNES 22 août 2014 13:49

                « Attaques personnelles, mensonges directs, arguments infondés, ignorance de la neurologie, prétention à juger l’autre, ... tout y est. »

                De là la maxime : « voir la paille dans l’œil du voisin et ignorer la poutre que l’on a dans le sien. » En langage psychanalytique, c’est un bel exemple de déni. Vous décidément, vous devez avoir été drôlement traumatisé dans votre enfance.

                Comme le dirais un enfant de cinq ans (ou moins) : « c’est celui qui dit qui est. »

                Il serait peut-être temps de grandir un peu.

                Je vous promets, ça fait pas mal et vous ne vous en sentirez que mieux (et votre entourage également).

                « Foutaise totale ... »

                Ah ça par contre ! Ce qui n’est pas une foutaise totale, c’est votre parfaite ignorance du sujet que vous érigez en « phallus » auquel tout un chacun devrait adhérer sans broncher. Si ce n’est vous, citer moi un seul neurosciencitifique qui à l’heure actuelle ose prétendre le contraire...

                J’attends avec impatience. Mais bon, il y a longtemps que je ne crois plus au Père Noël, toutefois, je respecte ceux qui y croient encore.


              • Tall 22 août 2014 14:22

                Hou ! ... quelle virulence !

                Mais vous avez complètement perdu votre sang-froid là, ma parole...
                Pensez à consulter ! smiley

              • Philippe VERGNES 22 août 2014 14:29

                Wouaw... voilà que je tiens des propos virulent maintenant !

                M.... alors !

                Moi qui pensais avoir fait une touche ! Me voici éconduit !

                Je crains de ne jamais pouvoir m’en remettre.


              • Tall 23 août 2014 02:22

                La « localisation » ( très dispersée donc, vous l’admettez ) change d’un individu à l’autre puisqu’elle est directement liée à toute l’histoire personnelle de l’individu.


                On sait que : un seul souvenir dépend du marquage ( « poids » synaptique ) de milliers de synapses dispersées dans diverses zones. Tandis qu’une même zone neuronale participe, elle, à divers souvenirs.

                Donc, si voulait modifier un souvenir ( c’est pour illustrer le principe ) , on en modifierait des tas d’autres en même temps qui seraient complètement « bugués » par le traitement. Quant à la « conscience » ( en tant que zone de travail ) si on y touchait, c’est tout ce qui passe par la conscience qui serait altéré.

                Et donc, la seule manière de déconditionner certains comportements, c’est le reconditionnement par méthode externe. Car une intervention directe sur les synapses concernées par un comportement influerait inéluctablement sur plusieurs autres qu’on ne souhaite pas toucher.

                Et ça, c’est encore dans le cas, où on saurait où sont toutes les synapses concernées ( ce qui change d’un individu à l’autre, et peut même changer chez le même individu au fil de son histoire ).

                C’est aussi pour ça que l’idée de transférer la mémoire d’un homme sur un support externe est impossible, car il faudrait dupliquer tout le cerveau avec une précision moléculaire.
                Car il n’y a pas que les poids synaptiques qui varient d’une personne à l’autre, il y a aussi la configuration précise des réseaux de dendrites entre les neurones.

                Voilà pour le cerveau

                Maintenant pour les valeurs morales bien/mal ...

                C’est quoi cette manie de considérer que la haine serait une maladie ? Etre une crapule serait donc une maladie ? Mais ça repose sur rien cette idée. C’est une assertion gratuite.

                Moi, ce que je vois derrière cette idée, c’est plutôt le délire don quichotesque consensuel d’une corporation qui espère s’ériger en Chevalier Blanc dans la lutte contre le Mal.
                Idée qui n’est finalement que l’héritière pseudo-scientifique des exorciseurs cléricaux du moyen-âge se chargeant de chasser le « démon » des esprits possédés de pauvres pécheurs.


              • JL JL 22 août 2014 09:57

                ’’si Jeremy RIFKIN s’étonne du manque d’attention que nous portons aux « liens inextricables entre extension de l’empathie et expansion de la démocratie », il est également curieux de constater que ce type de lien n’ait jamais été mis en évidence au niveau individuel entre le pervers narcissique et sa victime favorite : la personnalité empathique.’’

                 ???

                Mais que voilà une étonnante proposition ! De quel type de lien s’agit-il ? Liens inextricables ? extension du domaine de la lutte ?

                Et c’est quoi donc, cette ’personnalité empathique’ qui serait la victime favorite des pervers narcissiques ?

                Moi qui ne suis pas une victime favorite des pervers narcissiques, je ne serais donc pas une personnalité empathique ? J’y perdrais mon latin !


                • Hervé Hum Hervé Hum 22 août 2014 14:03

                  JL, vous savez bien que l’arme favorite d’un vendeur professionnel est l’empathie.

                  La perversité narcissique est enseigné à l’université dans toutes les écoles de commerces et de management, est vue comme une suprême qualité et l’empathie comme une tare, une faiblesse coupable.

                  Alors, si vous n’êtes pas une victime favorite, c’est peut être que vous êtes résistant à l’argument empathique, mais pas à l’empathie elle même. Autrement dit, vous êtes une personne averti sur le fait que vendre de l’empathie veut pas dire qu’on en est pas pourvu soi même, car l’empathie ne se vend pas, elle se partage !

                  Si l’empathie se vendait, il n’y aurait pas de perversité. C’est là toute la perversité du système capitaliste qui prétend que l’empathie se vend et cela s’appelle la charité, la pitié et cela donne les dames patronnesses ou aujourd’hui les fondations caritatives à la Bill et Mélinda gates.


                • JL JL 22 août 2014 16:34

                  Cher Hervé Hum,

                  vos commentaires sont si clairs que parfois je me demande pourquoi aller chercher ailleurs la lumière que vous nous dispensez ici.

                  Je suppose que cette explication répond à mes questions posées dans le commentaire auquel vous avez réagi ?

                  Très cordialement.

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