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Accueil du site > Actualités > Technologies > Et pour devenir une science ? Une vraie

Et pour devenir une science ? Une vraie

Pour qu'un champ d'études et de connaissances devienne une science, il lui faut :

1. une délimitation de son objet,

2. une première liste (non négociable, mais encore enrichissable) de ses épreuves de réalité,

3. et une socialisation rationalisée et transparente, prenant en respect tous ses clients.

4.  Pouvoir être transmise, appliquée et enseignée avec un rendement décent.

Autrement dit, il lui faut se donner les critères d'un pilotage en exactitude, et donner à une surveillance extérieure les moyens de vérifier si ce pilotage en exactitude est bien respecté.

 Le premier point a été traité, par exemple par Saussure, quand il a défini le champ de la linguistique générale. D'autres sciences peuvent mettre plus longtemps, redéfinissant plusieurs fois leur objet. Cette lenteur et ces aléas doivent être acceptés avec sang froid : cela fait partie des complications de la vie.

 Le second point technique renvoie moralement au troisième : choisir ce qu'on respecte, renvoie à garantir ou non, et à qui, la fiabilité et la validité des énoncés que l'on diffusera.

 Je prendrai mes exemples principalement dans la mathématisation de la physique. Mon propos est que cette pratique ne s'est encore jamais souciée de devenir une science, conservant au contraire une ambiguïté fondamentale sur son statut : scientifique ? ou coutumier ? Elle n'a pas délimité son objet, elle n'a pas listé ses critères de réalité et d'exactitude, elle n'a pas défini contractuellement le respect de sa socialisation, ni n'a identifié les cercles de clients qu'elle se donnerait pour devoir de respecter.

J'ai pris ici « cercle » au sens de l'environnement social concentrique, que je compare à cette notion commune au monde indo-européen, exprimée en latin archaïque par « hostis », et en védique par « arya » : ceux qui sont avec vous en relation d'égalité des droits d'hospitalité, de réciprocité dans le devoir d'hospitalité, sans toutefois être de votre famille proche, donc qui sont en relation d'exogamie possible, au lieu d'être suffisamment étrangers pour n'être qu'un gibier d'esclavage.

Pour prendre mes exemples dans la mathématisation de la physique, je parlerai à nouveau des rejets hâtifs d'épreuves de réalité préconisées par le voisin. Le physicien rejette avec mépris tel critère de cohérence mathématique et logique, lui refusant le statut d'épreuve de réalité valide. Dans la pratique, lui ne reconnaît comme critère de réalité que l'indication lue sur un cadran d'appareil de mesure, et - au moins jusqu'à ce jour - persiste à rejeter la prévision des symétries correctes. Réciproquement, le mathématicien rétorque par d'autres mépris tout aussi déplacés, envers des épreuves de réalité qui lui paraissent bien trop terriennes.

Ces exemples renvoient non seulement à une myopie technique, mais surtout à une carence morale : Chaque spécialité scientifique entend se définir de l'intérieur, en prolongeant le privilège ecclésiastique d'exterritorialité qui fut celui de la Sorbonne, au moyen-âge. Chaque spécialité entend n'avoir de comptes à rendre à personne, et n'avoir personne à respecter. L'articulation entre le particulier et sa profession, ressemble à un contrat social tacite : j'adhère pour que tu me protèges du regard des autres, que tu me dispenses de rendre des comptes aux autres, les profanes et autres infidèles à la vraie foi.

Le premier critère de socialisation, entre pairs, est généralement bien compris : je dois pouvoir partager mes expériences et leur interprétation avec des collègues qui ne parlent pas la même langue, qui n'ont pas la même religion, ni les mêmes opinions politiques. Ceci implique des affirmations restreintes à ce qui peut être mis en commun entre nous, donc le renoncement à des tas de considérations esthétiques, mystiques, etc. Mais doit-on aussi renoncer à une moralité scientifique explicite et vérifiable ?

Le second cercle de socialisation est nettement moins bien traité : le respect interprofessionnel, le respect de mes clients immédiats, et de mes fournisseurs immédiats. Les discours officiels à ce sujet, souvent irréprochables, sont contredits sur le terrain des amphis, des salles de cours, des couloirs, des machines à café, voire des manuels de cours, par force persiflages, désinvoltures, et autres conduites de fuite-ou-combat (fight or flight syndrome).

Considérons la société entière comme le troisième cercle de socialisation. C'est bien en sanction de son mépris envers les deuxième et troisième cercles, que Karl Popper critiquait la psychanalyse (en tant qu'organisation, dirigée par Sigmund Freud) comme une non-science, et comme une religion attachée à un clergé. Elle se permettait de remanier ses affirmations à l'infini au fil des embarras, sans jamais prendre le risque d'énoncés nets, risquant d'être nettement démentis par l'expérience. Sigmund Freud fondait ainsi son clergé suiveur à mépriser, et à se méfier de tout le cercle de vérification externe : ils se sont maintenus à l'écart de la communauté scientifique. Ils prirent l'habitude de disqualifier automatiquement leurs contradicteurs : « Oh  ! Mais c'est votre résistance  ! Plus vous nous résistez, et plus vous prouvez que nous avons raison  ! » [1].

Ce respect implique que le processus de lexicalisation du scientifique soit achevé : au lieu de se contenter comme les enfants de savoir dans quelles phrases tel mot est à sa place sans provoquer de haussements de sourcils, il doit pouvoir donner et respecter une définition fixe et contractuelle de chacun de ses termes, ancrée dans des expériences vérifiables par tous. Contractuelle : il reconnaît que cette définition contractuelle lui est opposable.

L'idée générale de ce paragraphe n'est pas de moi : elle est enseignée par les ingénieurs qualiticiens. Avant les mesures techniques pour la réaliser, donc bien avant les outils de son contrôle, dès les premiers stades de la conception et de la fabrication, la qualité commence par un choix moral, et se continue par un choix politique d'arbitrage et de pondération entre les priorités compliquées, à accorder à chaque catégorie de « client » généralisé. Le client strict, est celui qui paie pour le produit ou le service, qui a donc le droit de vote principal, avec son portefeuille. Si celui-là seul est respecté (et l'est-il ? Ou seulement son portefeuille ?), alors bonjour les dégâts et les effets pervers, mais je renvoie le lecteur à des ouvrages spécialisés (La pratique du QFD, La qualité totale dans l'entreprise, Les outils des cercles et de l'amélioration de la qualité, tous trois aux Editions d'Organisation).

Bien qu'aucun physicien faisant oeuvre d'historien des sciences n'ait le tempérament d'un faussaire - tous situent scrupuleusement le contexte expérimental, et ils pensent assez lucidement au contexte conceptuel - tous ceux que j'ai lus falsifient systématiquement les mathématisations de leurs devanciers [2], en toute inconscience [3]. De la même façon qu'en 1888 (à une époque où le concept de charge électrique était encore très très flou [4] : l'électron n'était pas encore inventé, il n'a été inventé qu'en 1891, et prouvé en 1897), Heaviside a remplacé la loi originale d'Ampère, par une autre, de son crû [5], avec "produit vectoriel", et ne respectant évidemment plus le cahier des charges initial d'Ampère (forces centrales, action opposée à la réaction, avec une même droite d'action comme support). De nos jours, c'est toujours la loi de Heaviside qui est enseignée sous le nom d'Ampère. Ceci consacre la victoire de l’Empire Britannique sur les mathématiciens et physiciens continentaux : italiens, allemands, français, etc. Tous ces historiens deviennent automatiquement anhistoriques comme des enfants, perdent tout recul envers leur pratique présente, dès qu'il s'agit de la mathématisation de la physique. Nous ignorons encore le pourquoi de cet aveuglement spécifique des physiciens sur leurs mathématisations. Excepté que considérer la réalité de impérialisme anglo-saxon est un impensable par chez nous.

S'il se trouvait un ethnologue qui comprenne le cahier des charges, et les enjeux didactiques de cette mathématisation élémentaire, il pourrait trouver la question passionnante. Nous savons en revanche, y compris par les publications de l'Académie des Sciences [6] (cf. les violences verbales de la séance du 19 novembre 1984) que l'investissement narcissique dans le mythe de l'infaillibilité méthodologique, sert à compenser les carences en épreuves de réalité. Moins on a d'épreuve de réalité, plus on compense par un narcissisme chatouilleux et un esprit de meute ombrageux. Toute critique de fond, portant sur la méthodologie, et qui vienne de l'extérieur, même "indulgente", même "très gentille", provoque une vive blessure narcissique, et déclenche le fight-and-flight syndrome. Si l'on tient compte des nombreuses plaisanteries fort peu indulgentes envers telle autre corporation voisine-indispensable-méprisée-redoutée, qui s'entendent dans les laboratoires, voire les amphis, on doit alors retenir que l'adhésion affective à une corporation entraîne généralement un contrat tacite du genre : Nous nous garantissons entre nous un sentiment de supériorité et d'infaillibilité méthodologique, qui nous permet de mépriser autrui, et ses autres et étranges méthodes. D'autant plus que l'autre, est concurrent dans les attributions de crédits de l'Etat.

 L'adhésion à une corporation, et à son arrogance, permet d'oublier que l'acte d'irrespect envers l'infaillibilité des experts - soi y compris - soit oser vérifier, est l'acte fondateur des sciences. L'irrespect ne suffit évidemment pas - l'essentiel demeure de se confronter aux épreuves de réalité, notamment la vérification expérimentale quand elle est possible -, mais sans lui, adieu la science, et bonjour le fayotage envers les puissants du jour. Nous avons en Europe le privilège d'avoir vu le prototype de ces actes fondateurs : Christophe Colomb a découvert le continent impossible, l'Amérique. En 1500 à Rome, année du Jubilé de la chrétienté, tout le monde en parlait : les livres de géographie avaient été pris en flagrante erreur. Nicolas Copernic était à Rome en 1500. Il a pris la balle au bond : Si les livres de géographie sont faux, alors d'autres livres peuvent être faux, par exemple l'Almageste de Ptolémée. On connaît la suite, bien qu'on aime oublier le début.

 Les actes de fermeture d'une corporation aux méthodes et aux critiques venant d'ailleurs, ont notamment privé les physiciens de la distinction claire entre les phases de recherche, où tout ce qui est heuristique est bon (y compris le flou heuristique et l'analogie), et les phases de consolidation, où il y a encore du talent à déployer pour tout déminer et tout mettre en forme - phases qu'ils négligent. Pour le moment, la plupart résistent des quatre fers à tout déminage, et à toute idée de contrôle-qualité, capable de faire valoir les intérêts des clients - élèves et contribuables - contre les paresses et les narcissismes des producteurs-rois. Or la dialectique avec un contrôle-qualité externe et incorruptible, est aussi nécessaire à la physique, que l'Etat français à la Corse, et la Cour des Comptes aux municipalités.

Le critère de transmissibilité et d'enseignabilité ? Si un galopin de neuf ans ne peut pas le réexpliquer avec les mains à sa grand mère, c'est que vous, vous ne savez pas encore l'expliquer de façon efficace. A contrario, interrogez en septembre un bachelier de série scientique qui a réussi en juillet, et demandez-lui qu'il vous explique ce qu'il a compris du champ magnétique, comment on le produit, et comment il influence les électrons. Vous serez consterné par le résultat. C'est l'enseignement qui est défectueux, qui enseigne des sottises, depuis au moins 1888. Et pourtant la solution était à portée de mains.

 


[1] Comédie de Regnard, Le légataire universel : « C'est votre léthargie ! » reprennent tour à tour tous les personnages de la maisonnée, dans le complot pour duper le vieillard. En effet, c'est Crispin qui a pris sa place, sa robe de chambre, et une perruque, pour dicter un testament au notaire...

[2] Sir E. Whittaker ; A History of the Theory of Aether & Electricity. Dover Pub. New York. 1989. 1ère éd. 1951. T2, p. 163, lignes 2 et 3, p. 193, ligne 4, il affirme l'identité d'un tenseur antisymétrique, avec un six-vector. Chapitre 5, il ramène plusieurs auteurs, dont D. Hilbert, G. Mie, Minkowski, Einstein, Kottler, dans son six-vector.

[3] A l'exception partielle d'Emilio Segrè : Les physiciens classiques et leurs découvertes. Fayard, Paris 1987.

[4] surtout chez les maxwelliens ; les physiciens continentaux étaient plus concrets et plus clairs sur le concept de charge électrique.

[5] O. Heaviside. Electrician (28 dec 1888), p. 229. Heaviside's Electrical papers. ii, p 500.

[6] Académie des Sciences ; La philosophie des sciences aujourd'hui. Gauthier-Villars. 1986. Paris.


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60 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 11 février 13:05

    "un contrôle-qualité externe et incorruptible

    « 

    sauf que ça n’existe pas et ne peut exister ( parole d’ex qualiticien )

    le problème de la science c’est qu’elle comporte une tache aveugle : le scientifique

    car le scientifique est aux ordres d’un pouvoir

    car il est aveugle des présupposés internes à lui même qui guident ses hypothèses ....

    ainsi ses découvertes si elles ne sont pas fortuites ne sont que le reflet de lui même ...

    la science n’avancera que lorsqu’elle réunira science et conscience ( au sens perceptif ) et répondra a la question de krishnamurti :

     » la pensée peut elle s’affranchir du connu "


    • dimitrius 11 février 13:11

      @gaijin

      Et tu as découvert quelque chose d’intéressant ???? T’es comme Lavau un grand scientifique méconnu , comme lui tu perores sur Avox pour paraître.



    • pemile pemile 11 février 13:19

      @gaijin «  la pensée peut elle s’affranchir du connu »

      Oui, toutes les nuits en rêve ou dans les états modifiés de conscience.


    • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 13:21

      @pemile. Avec toutefois un taux de déchets effrayant.


    • njama njama 11 février 13:22

      @dimitrius
      et vous vous crapaudez sur Avox pour quoi (ou qui) au juste ?
      Renseignez-nous sur une science, au moins une si vous en trouvez...


    • JL JL 11 février 14:29

      @gaijin
       
      ’ le scientifique est aux ordres d’un pouvoir’’
       
       Ne pas confondre chercheurs et experts.
       
       A l’expert on demande de confirmer ou d’infirmer une hypothèse ; au chercheur on demande de poser des hypothèses nouvelles.


    • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 14:34

      @JL. A te lire, il semblerait que seul Charles de Gaulle fut demandeur de trouveurs. Heureusement, le pessimisme de cette conclusion est exagéré.


    • gaijin gaijin 11 février 17:52

      @dimitrius
      «  T’es comme Lavau un grand scientifique méconnu »
      a non ! moi je ne suis absolument pas un scientifique ...


    • Aff le loup 11 février 13:22

      Article de haute volée car rien que dans le titre, je pressens une certaine perplexité ! Donc j’attaque une sieste pour me reconfigurer et je lis la suite...A plus...


      • pemile pemile 11 février 13:23

        JC_Lavau « Le critère de transmissibilité et d’enseignabilité ? »

        Bien d’accord, mais quel dommage que vous n’en faites pas une démonstration dans vos posts sur Avox smiley




        • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 14:00

          @Aff le loup. J’va te faire une confidence. Dans un précédent logement, j’avais le Vinatier sensiblement aligné derrière l’hôpital cardiologique. Certaine nuit, je vois un incendie gigantesque justement là derrière, dans cet alignement. Je pressentais le carnage. Le lendemain, je scrute les détails chez le marchand de journaux, et rien, rien de rien.
          C’est que nettement plus loin dans l’alignement, il y avait les torchères de Feyzin. J’ignorais.


        • Aff le loup 11 février 16:56

          @pemile Mais pose des questions ( n’oublie pas de mettre un coup de doigt sur la touche «  ? » quand tu as fini !) si tu veux qu’il répondre en préservant le critère de transmissibilité et le critère d’enseignabilité, en bref faire concis*...Avec l’âge (au-dessus de 36 mois) le temps de disponibilité de l’encéphale se réduit au rythme de la forêt amazonienne et son taux de mémorisation à celui de la forêt australienne...

          * utilser peu de mots. Ne pas confondre avec faire circoncis, ou faire court, qui permet de jeter le prépuce du bébé avec l’eau du bain !


        • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 18:23

          @Aff le loup. Ne confondrais-tu avec la larve de la puce ?


        • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 19:08

          @Alain. Affabulation calomniatrice. Abus signalé.


        • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 20:04

          @Alain. Ce que démontre l’ordure adorée par « Alain » 

          Lobbying et climato-scepticisme

          c’est que ces crédules là sont recrutés sur leur misanthropie, leur besoin de haïr et détruire leurs compatriotes. Ils sont subventionnés par les banksters pour leur besoin en guerres civiles, permettant de détruire le plus de gens possible.


        • JC_Lavau JC_Lavau 12 février 09:23

          @Alain. Première question : Agoravox a-t-il vocation à être une exhibition de fous furieux ?
          Seconde question, les insultes et calomnies : «  Qui te paye ? Pour quel lobbie travailles-tu ? » sont explicitement interdites par la charte. Or ces insultes sont récurrentes chez toi. La charte sera-t-elle appliquée ?
          Sur tous les forums que je dirige, elle serait appliquée : 
          http://impostures.deontologic.org/index.php?topic=7.msg578#msg578


        • rogal 11 février 14:57

          Gloup !


          • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 15:00

            @rogal. N’hésite pas à préciser ta pensée.


          • Aff le loup 11 février 15:51

            @JC_Lavau

            C’est pas une pensée, c’est un reflux gastro-oesophagien ! Vite de l’alginate de sodium, un bon cru, un Gavisconell...


          • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 18:18

            Exemple d’une science qui a eu un mal fou à se constituer, alors qu’elle a un impact énorme au quotidien depuis des siècles voire millénaires : la théorie de la mécanique de rupture dans les métaux.

            Je ne suis plus à jour, quarante-huit ans plus tard. Mais il y a encore bien pire dans les retards à appréhender les fautes de conception évitables. Le diable réside bien souvent dans les relations de mépris et de défiance envers les professions voisines.

            Dans le mois qui suivit les sept morts par imprudence dans la gare de Brétigny sur Orge (12 juillet 2013), dès que j’ai pu voir les ruptures sur les boulons d’éclisses (la plupart des images sont devenues indisponibles depuis), j’ai été frappé d’un faciès de rupture fragile après propagation de fissures de fatigue. Or le dessin de ces boulons de 20 mm x 130 mm est fautif, par concentration excessive de contraintes, sans un cône de raccord suffisant. Or en 1984, date de la pose de la TJD (traversée-jonction double), les connaissances pour se prémunir de cette faute étaient largement disponibles. Pourquoi n’avaient-elles pas percolé jusqu’aux ingénieurs chargés de la conception et de l’approvisionnement ? 

            C’est vrai que dans les années septantes mes manuels français et américains parlaient peu de la rupture par fatigue, mais mon manuel russe de construction mécanique était fort détaillé, lui.

            Or le forum des cheminots m’a couvert d’insultes et de représailles, pour avoir évoqué ces ruptures et leur anormalité. Il m’a été rétorqué que la SNCF n’est ni le nucléaire ni l’aéronautique, et a droit à une mécanique particulière, avec des lois et traditions différentes.

            Le communautarisme dans toute son horreur.

            Et on a évoqué aussi ici, avec des exemples, l’aérodynamique et la mécanique du vol communautaristes, déconnectés du restant de la science.


            • eau-pression eau-pression 11 février 19:20

              @JC_Lavau
              En ne remontant que de 40 ans, on avait dans les gares des Carpathes des gus qui faisaient résonner chaque roue du train avant le départ. Je suppose que c’est le phénomène de fatigue des métaux qui justifiait ce cérémonial.

              Si c’est bien ça, on pourrait développer une science de la fatigue des savoirs, dont le besoin se fait sentir dès qu’on est face aux pyramides.


            • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 19:35

              @eau-pression. Rien à redire au premier paragraphe, ou presque. Le second est à minima du charabia.
              Tu sembles ignorer le sens en métallurgie de « fatigue » : c’est l’endommagement causé par des sollicitations alternatives dépassant localement et de peu la limite élastique. Il y a accumulation locale de défauts de « mauvais cristal » : lacunes surtout, queues de dislocations, voire impuretés interstitielles et mobiles (azote, hydrogène). Ces lacunes peuvent coalescer et former une première amorce de fissure. Puis la microfissuration reprend au prochain cycle.
              Les Comet (De Haviland) ont explosé en vols suite à des fissures de fatigue, dues aux cycles pressurisation-dépressurisation partant des coins de hublots, et qui soudain ont accéléré en grandes fissures fragiles. L’essentiel des connaissances actuelles est partie de ces tragédies.
              Oui, dans les chemins de fer on sondait les essieux et les roues au marteau : tant que le son était clair et aigu, on était tranquilles, pas de fissuration en cours.
              Les roues étaient coulées, et les défauts de fonderie peuvent être délicats à détecter.


            • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 19:59

              @JC_Lavau. ont explosé en vol. Un seul vol par explosion en vol...


            • Aff le loup 11 février 20:11

              @JC_Lavau

              J’avais lu votre lien à ce sujet ! En effet, vous avez eu affaire à une défense en bloc, pas forcément de la part des ingénieurs et techniciens qui pouvaient comprendre votre raisonnement mais des gens qui considèrent que les boites nationales parce que propriété des contribuables sont les leurs, omnipotents et ubuesques, et que toute critique est une attaque contre le monopole et leurs statuts spéciaux si vous voyez de qui je veux parler en 3 lettres...la première c’est C et la dernière c’est T ! Dans ces boites, toute appréciation sur le travail du personnel par la hiérarchie est une attaque...qui aboutit en réaction à la grêve ! De conseil d’ancien, le taux de grévistes à ne pas dépasser c’est 75 % Plus, on morfle...

              PS : Sans compter que ce type de boulons il y en a des tonnes en stock...


            • Aff le loup 11 février 20:25

              @JC_Lavau

              « c’est l’endommagement causé par des sollicitations alternatives dépassant localement et de peu la limite élastique. »

              Localement, c’est à dire en superficie du fait que dans l’épaisseur du barreau, de la plaque, on trouve ce qu’on nomme la « fibre neutre » en traction/compression ! En fait les sollicitations alternées c’est ce qu’on utilise pour casser un fil métallique en le pliant dans un sens puis dans l’autre...


            • eau-pression eau-pression 11 février 20:40

              @JC_Lavau
              je vais développer le 2ème paragraphe. Il me fallait être sûr pour le premier, avec lequel on n’en a pas encore fini.

              Les détails sur le phénomène de fatigue des matériaux ne sont pas inutiles, vu que ça peut prévenir les accidents. Plus récemment que Brétigny, il y a eu rupture d’un pont près de Montauban en novembre. @Yaurrick m’avait fait ce post.

              Puisqu’on connaissait le phénomène de fatigue (ou du moins de développement de fissures à partir de défauts de fonderie) dans les Carpathes dans les années 1970, on peut supposer que les concepteurs travaillant pour la SNCF le prenaient en compte depuis un moment (les Comet, c’est début des années 1950). Si ton interprétation pour Brétigny est bonne, il aurait disparu de l’horizon pour les concepteurs des boulons qui ont cassé.

              Ton article s’intéresse aux consensus plus ou moins larges sur les conceptions physiques, et à leurs évolutions. Avec l’exemple des pyramides, je dis simplement que ces évolutions existent : on pense bien sûr aux méthodes de construction, à la momification, mais on voit aussi des espaces de soins dont on est incapable de retrouver le fonctionnement. Quand je parle de faire de ces évolutions un objet de science, c’est brancheur sans plus.

              Avec un peu de courage, j’irai voir cette histoire de Heaviside. En attendant, voici un phénomène qui ressemble à l’oubli de la fatigue pour les boulons. En électronique, on ajoutait un bit de parité parce que les mémoires sans défaut de fabrication étaient rares. Aujourd’hui, il faudrait voir si cette règle est encore connue. De même, on se méfiait des alimentations à découpage qui pouvaient générer des microcoupures. Ce phénomène une fois réglé, la légende urbaine est restée : bien commode pour les informaticiens dépassés par leur machine.
              Sans compter que je suis de la génération qui a enterré la preuve par neuf.


            • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 20:43

              @Aff le loup. Appréciation, superficielle, haineuse, et stérile. Et elle passe bien à côté de la cause piscologique majeure : l’orgueil tribal excessif.
              Ces cheminots étaient parfaitement capables d’analyser la dégradation de la qualité du travail possible, notamment par bureaucratisation hors-sol.
              Quand j’étais minot, c’était l’excès inverse : aucun ingénieur n’avait encore réalisé un système efficace de serrage des rails sur les traverses, et les équipes progressaient quotidiennement à resserrer les tire-fonds. Seulement vers 1957 ou 1956 sont arrivés les virgules élastiques. Un tel retard à concevoir et réaliser un serrage rationnel est une honte.
              Ce que j’ai appris localement, ici loin de Brétigny, est que la jonction rail-TJD avait de la danse (du jeu vertical), mais que l’équipe qui le constate n’a plus les moyens d’injecter du granulat aussitôt, c’est un travail délégué à d’autres, si toutefois la bureaucratie fait bien la transmission. Et là, les anomalies durent un temps inqualifiable.
              J’ai appris également que le conducteur qui éprouve des incidents de voie qui l’alertent, reçoit immédiatement des menaces, pour le faire taire. Il y a eu de graves pertes du professionnalisme, ainsi que de l’éthique du service public. Certes, avoir éclaté la SNCF sous les ordres de Bruxelles a été mortel.


            • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 20:50

              @Aff le loup. Casser un fil ou un plat par flexions alternées, oui. Sauf que là le terme consacré est « effet Bauschinger », avec déformations plastiques importantes et inversées.
              http://www.theses.fr/1999LIL10209
              La fatigue, c’est plus insidieux. Les dépassement inélastiques sont en fait involontaires et imprévus.


            • eau-pression eau-pression 11 février 20:52

              @Aff le loup

              Il y a aussi une histoire de singes. On met un premier groupe dans une enceinte au milieu de laquelle est dressé un mât, avec en haut une banane. Un singe grimpe et prend une décharge électrique. Je ne sais pas si un autre essaie, en tous cas, au bout d’un moment, plus question d’aller chercher la banane.
              On remplace la moitié des singes par des nouveaux, qui se précipitent vers la banane. Les anciens se précipitent pour les empêcher, avec des explications en espéranto simiesque.

              Puis, on remplace les anciens par un nouveau demi-groupe. Et là, les singes arrivés en second, tout comme leur on fait les anciens, interdisent aux nouveaux de grimper.

              Y’en a qui font de la sociologie avec ça. C’est des intellos : la vérité c’est que le mot « électricité » existe en espéranto simiesque.


            • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 21:11

              @eau-pression. A Mirepoix, non, ce n’était pas la fatigue, mais une surcharge caractérisée, provoquée par une connerie abyssale. Certes, les durées d’exposition à la corrosion d’intempéries jouent aussi.
              Pour le risque de fatigue, il faut veiller à éviter les concentrations de contraintes. La conduite à tenir lors du dessin est presque toujours facile à intégrer « en intuitif », sauf au moins une exception : autour du trou de mettons une chape de ridoir, c’est amincir du côté opposé au trou qui minimise la concentration fatale. Celle là, on ne l’aurait pas intuitée. Preuve expérimentale au CETIM par interférences en lumière polarisée.
              Pour les boulons d’éclisses, oui la mesure à prendre, augmenter le rayon du raccord, était instinctive et facile. L’orgueil et la suffisance corporatistes semblent bien avoir joué un rôle dommageable et consternant : ils ont ignoré les enseignements venus d’ailleurs. Or la mécanique et la métallurgie sont des sciences et techniques partagées, sont à tout le monde.


            • rhea 1481971 11 février 21:33

              @JC_Lavau
              Avez vous calculer une cuve de réacteur nucléaire à la fatigue ?


            • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 21:49

              @JC_Lavau. En référence à la thèse de Mélanie Choteau,
              http://www.theses.fr/1999LIL10209 , je suis surpris que si elle accorde une grande importance aux croisements de dislocations cinématiquement incompatibles, elle n’accorde aucun regard à l’accumulation de défauts ponctuels, tels que lacunes et interstitiels hydrogène, azote, oxygène. Un complément expérimental me semble indispensable : une mesure fine de la masse volumique du matériau écroui. L’idée est d’évaluer à quel point le cristal devient mauvais et lacunaire.
              Ou une mesure de l’augmentation de résistivité (électrique) ? Ou de l’abaissement du module élastique, en ultrasons ?


            • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 21:51

              @rhea 1481971. Tu as appris la rdm à la télévision, série des petits génies ?


            • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 22:42

              @rhea 1481971. Quand on n’est même pas capable de discerner un infinitif d’un participe passé, ce que tu avais appris en CM2, on ne se mêle pas de rdm en irradiation nucléaire.


            • JL JL 12 février 09:45

              @JC_Lavau
               
               hélas, dans ce monde orwellien, tout fout le camp.
               
              «  Les langues évoluent dans le sens de la paresse.  » Daniel Pennac
               
              J’ajoute  : à l’oral comme à l’écrit.


            • JL JL 12 février 09:49

              @JC_Lavau
               
               hélas, dans ce monde orwellien, tout fout le camp.
               
              «  Les langues évoluent dans le sens de la paresse.  » Daniel Pennac

               

              A l’oral comme à l’écrit.

               

               C’est ahurissant la quantité de gens qui prononcent Bregzite.


            • JC_Lavau JC_Lavau 12 février 10:39

              @JL. Les anglois prononcent Windzor, et Muzolini...
              Puis en plus ils donnent à leurs gares, avenues et places des noms de défaites : Trafalgar Square, Waterloo Station...


            • rhea 1481971 12 février 10:44

              @JC_Lavau
               Je suis meilleur en math qu’en français , quand à l’accident de train
               les boulons ont été trop serré et se sont trouvé dans le domaine plastique,
               les cheminots n’utilisent pas de clé dynamométrique pour controler
              le couple de serrage.


            • JL JL 12 février 11:21

              @JC_Lavau
               
               l’observation de Daniel Pennac a une valeur universelle.


            • JC_Lavau JC_Lavau 12 février 19:03

              @JC_Lavau. L’essentiel des connaissances actuelles est parti de ces tragédies.
              Faute de frappe : un e muet en trop.


            • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 19:45

              « Vraie science » s’oppose à fausse science. Mais personne n’a posé de questions sur les fausses sciences. Notamment aucun adorateur de la mouflette Thunberg. Bien trop peur d’être prouvés faux...


              • JC_Lavau JC_Lavau 14 février 09:44

                @JC_Lavau. La dynamique de ce débat porte des fruits.
                Le prochain article portera donc sur les inachèvements de sciences, dont beaucoup sont trahis par l’échec de leur enseignement : Une science gravement inachevée est impossible à enseigner efficacement.

                Certes les communautarismes sont terriblement efficaces pour obtenir ces états d’inachèvement, mais je vais faire porter l’accent sur l’aveuglement, voire la suffisance : ne pas se rendre compte combien d’informations on a encore à demander à son voisin, pour pouvoir accomplir toute sa tâche. Or les voisins, les opposants et les minoritaires sont si souvent accablés de tant de mépris... Tandis que tant d’histoires de succès démontrent l’intervention de la science du voisin, par exemple, le vecteur de Burgers, essentiel en plasticité des métaux, est une invention du frère du métallurgiste, mathématicien.

                Johannes Martinus Burgers dit Jan (13 janvier 1895 à ArnhemPays-Bas ; † 7 juin 1981 à Washington D.C.) fut un physicien néerlandais.
                Frère : William Gerard Burgers



              • Old Dan Old Dan 11 février 21:20

                Perso, j’ai rien compris à ce globiboulga peu digeste...

                .

                [ ... mais vu les sources, je vis très bien quand même, héhé ! ]


                • JC_Lavau JC_Lavau 11 février 21:26

                  @Old Dan. Tu n’es adepte que de fausses sciences, et ça n’est pas le sujet ici.


                • Old Dan Old Dan 12 février 00:26

                  @JC_Lavau
                  ... fausses sciences...
                  Aaah, c’était donc ça ? Merci, Ô grand maître !
                  .
                  [... Jusqu’alors, nous hésitions comme le chat de Schrödinger : morts ou vivant s ?
                  Grâce à vous, nous savons que nous sommes morts.. de rire ! ]


                • JC_Lavau JC_Lavau 12 février 10:53

                  @Old Dan. Chat ? Vous parliez de chat, monsieur ?
                  Extrait du manuel :

                  Curieux :

                  - Oui, mais pour le fameux chat de Schrödinger ?

                  Z’Yeux Ouverts :

                  - OK, on va reprendre l’exercice déjà donné à la fin du chapitre 2, on va calculer la fréquence broglienne globale d’un chat, pesant 3 kg.

                  3 kg . 1,35639 . 10^50 kg^-1 . s^-1 = 4,069 . 10^50 Hz

                  Admettons que vous le déplaciez à 1 cm/s, voyons sa longueur d’onde :

                  \frac662,6076.10^-36\mathitkg.m^2/s3\mathitkg.0,01m/s= 2,2087 . 10^-32 m.

                  Hin hin ! Et vous comptiez en faire une «  fonction d’onde » ? Rien que sa respiration et le battement de son pouls, ainsi que ses mouvements d’yeux, de vibrisses et d’oreilles sont des dizaines d’ordres de grandeur au dessus de ce genre de longueur d’onde.

                  Ces Göttingen-Copenhaguistes n’avaient vraiment pas les yeux en face des trous, et ils n’avaient jamais conçu la différence d’échelle entre la microphysique, et leur mythique «  observateur », tellement tout-puissant qu’il avait disaient-ils le pouvoir d’empêcher les absorptions et les décohérences rien qu’en omettant d’observer


                • eau-pression eau-pression 12 février 09:50

                  @l’auteur

                  Sans rapport direct avec l’article, je ne vois pas ce que tu es venu faire sur mon post du 15 janvier. Tu n’avais pas dû le lire : il s’agissait de rendre hommage à Knuth, qui t’a fourni l’outil TeX. Pourquoi critiquer ?

                  T’es sûr que le formalisme d’Heaviside ne résume pas les règles d’Ampère ?


                  • JC_Lavau JC_Lavau 12 février 10:34

                    @eau-pression. Revoir ton message si échevelé : 
                    https://www.agoravox.fr/commentaire5651183
                    Hem !

                    Quant à Heaviside, revoir la démonstration que les forces de Laplace sont une conséquence immédiate de la Relativité Restreinte :
                    http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,1302.0.html
                    ... le champ magnétique d’un courant électrique n’est rien d’autre que du champ électrostatique vu à travers le mirage de la Relativité restreinte, est qu’un problème plan est traité en plan.
                    Mettons que l’axe x au tableau noir est celui des intensités, horizontales sur le tableau, que l’axe y au tableau est celui de la distance entre fils. A aucun moment la physique n’a fait intervenir une troisième dimension.
                    Alors que l’enseignement standard répète pieusement un hypothétique « vecteur » qui serait censé représenter le champ magnétique, et qui serait dans la direction de droite Z, hors du plan xy.

                    Une des deux affirmations est nécessairement fausse.
                    Soit c’est la Relativité Restreinte qui est fausse puisqu’elle casse une coutume en vigueur en enseignement standard du magnétisme.
                    Soit c’est la coutume qui est erronée...

                    http://jacques.lavau.deonto-ethique.eu/Syntaxe0.pdf
                    http://jacques.lavau.deonto-ethique.eu/SYNTAXE2_.pdf

                    Sacrament ! Sacrilège !


                  • eau-pression eau-pression 12 février 20:36

                    @JC_Lavau
                    En fin du cours de physique de maths-spé venait effectivement des considérations sur l’effet Doppler en relativité restreinte, grâce à quoi le champ magnétique ne sortait plus du chapeau. C’est bien de ça qu’il s’agit ?

                    Quel effet ça faisait aux bons élèves que nous étions ? Le temps de râler « on aurait pu nous le dire avant », les concours approchaient et la grande majorité des futurs ingénieurs (de l’époque) n’utiliseraient pas ce formalisme.

                    Autant que je me souvienne, je me suis dit qu’on aurait dû nous initier à la relativité plus jeunes, histoire qu’on s’imprègne du fait que le temps dépend du repère. Car à 20 ans les habitudes mentales sont déjà très fortes. Et maintenant, je lis de temps en temps A.Connes qui voudrait raconter des histoires à portée de tous pour qu’on comprenne qu’avec une géométrie basée sur des anneaux, adaptée à la quantique, le temps est encore moins ce qu’on s’imaginait.

                    Ce qui reste d’une bonne formation scientifique, c’est peut-être la certitude qu’aucune certitude ne résiste au temps (je sais que je ne sais rien, dit le philosophe).

                    Ceci dit, où voulais-tu en venir avec ton article ?

                    Il contient des questions de pédagogie, et je partage ton agacement contre la force des habitudes. Pour ce seul objectif, il y a plus simple que prôner RR contre Heaviside. Par exemple, pourquoi jouer à la géométrie plane avec les raisonnements des grecs anciens, alors que les règles de calcul sur les vecteurs permettent de rédiger plus facilement les démonstrations ? Carathéodory plutôt que Thalès ? Objection naturelle : la plupart du temps, on part dans l’abstraction avec l’intention d’y trouver une méthode opérationnelle pour agir sur le sensible ; inutile de décoller trop haut.

                    Souhaites-tu qu’on enrichisse la culture de base : relativité, quantique pour tous ?

                    Bon je te laisse la parole.

                    Et pour ton « hem », je répète que tu n’as pas dû lire. J’aimerais bien que Knuth coordonne l’internet, ça éviterait les bugs des navigateurs et les boulevards pour les applications cachées. Ca n’a pas plu à notre agent furtif, tant pis.


                  • JC_Lavau JC_Lavau 12 février 21:34

                    @eau-pression. Saucissonnage excessif, avec une première partie trop allégée. La suite aurait dû être empruntée à un article précédemment bloqué. Et je butte sur le réemprunt des figures. D’une manière générale, je constate les dommages causés par des communautarismes fortement territoriaux. Les bases de l’heuristique sont inconnues en facs de sciences dures. J’ai appris par trois voies : compagnonnage, CNAM, nombreuses lectures personnelles. Je sais donc très bien détecter les postulats clandestins et subreptices. Cela leur semble extraterrestre.
                    Dans la 9e édition du manuel de microphysique transactionnelle, seront décompté 22 postulats clandestins qui règnent partout où règnent les héritiers de la secte Göttingen-København. Plus tôt ici, je n’en comptais que 15 : 

                    Postulats hérités du copenhaguisme, et qu’on n’admet plus en physique quantique transactionnelle (TIQM)

                     
                    Mais j’ai quatre mois de retard à terminer cette 9e édition.


                  • JC_Lavau JC_Lavau 12 février 10:21

                    J’ai fait l’article trop court, car la grande majorité de gogoravoxiens sont incapables de discerner une fausse science, et sont incapables de jouer leur rôle d’évaluateurs citoyens  on ne leur a du reste jamais enseigné.

                    Voir donc Mario Bunge :

                    La philosophie derrière la pseudoscience, par Mario Bunge

                    et 

                    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article695

                     

                    Et en quoi peut consister l’évaluation citoyenne, par des non spécialistes ?

                    Examiner les mobiles et le respect des méthodes, notamment le respect des interdisciplinarités. Vérifier en quoi les objections sont respectées ou bafouées.

                    La maturité scientifique, ça ne tombe pas tout cuit dans le bec, Il est indispensable d’avoir encaissé bien des désillusions, et en avoir surmonté le chagrin.

                    Revoir l’exemple donné par Thomas Henry Huxley, qui avait porté sur les fons baptismaux un Bathybius haeckelii. Il a su reculer en bon ordre et avec humour, après que le jeune chimiste John Buchanan eût prouvé l’erreur.

                    http://impostures.deontologic.org/index.php?topic=23.0

                    Reculer est plus difficile quand l’erreur a déjà été imprimée à des millions d’exemplaires, et enseignée partout. Par exemple les Guides Géologiques Régionaux chez Masson sont à réviser : des explications y sont encore fondées sur le protéiforme mythe de géosynclinal — prouvé inepte et inutile dans les années soixantes.


                    • eau-pression eau-pression 12 février 11:23

                      @JC_Lavau

                      Le défaut de l’article, c’est plutôt de sélectionner des lecteurs ayant un minimum de connaissances scientifiques. Je me permets de te faire remarquer que tu n’as pas rebondi sur mon histoire de « consensus », qui me parait bien désigner ton intention.

                      Dans l’idéal, une culture vivante devrait se remettre en cause en permanence. Malheureusement, dès que le nombre d’individus qui portent une culture est un peu important, ce n’est pas possible. Alors intervient la confiance : si telle question me vient à l’esprit, je vais m’en ouvrir à untel ou à telle institution, ou consulter tel livre, chez qui je compte trouver soit une réponse, soit la même interrogation.

                      Au final, on assiste à des « sauts culturels », il faut s’y faire et ne pas hurler contre la masse qui n’est pas encore au courant d’une évolution dans la compréhension du monde ou tout simplement dans l’environnement technique (apparition du numérique, exemple ancien maintenant, mais on a bien rigolé parfois).

                      Tu as le problème avec les publications statistiques. C’est dans les gènes du processus de collecte et de synthèse de l’information de produire des erreurs. Il faut pourtant à un moment se décider à donner des résultats. Et on est obligé d’attendre un certain temps avant de publier les inévitables errata que le travail sur les données génère. Je parle de gens qui font consciencieusement leur métier. On pourrait peut-être trouver dans cet état de fait la raison pour laquelle les statistiques sont considérées comme pires que le mensonge et même le parjure. Certains abusent de la situation ...


                    • eric 14 février 07:15

                      Bonjour, ce n’est pas vraiment important, mais si vous avez 5 secondes à perdre, auriez vous l’obligeance de transmettre ma réponse à Christel Nean, qui m’a « banni » pour non respect de la charte ? 1) J’ai moi même un excellent ami siculo sarde 2) dans votre lien, il est dit de la finlande noir sur blanc : se trouve cobelligérante avec l’Allemagne à partir du 22 juin 1941 lorsque celle-ci attaque son ancien allié soviétique, épisode connu en Finlande comme étant la guerre de Continuation, faisant suite à la Grande Trêve. La collaboration est exclusivement militaire (contre l’URSS) et n’a pas affecté la politique intérieure, le régime restant démocratique. Les (rares) juifs finlandais n’ont pas été inquiétés. La Finlande rompt son alliance avec l’Allemagne et demande l’armistice à l’URSS le 4 septembre 1944. La Wehrmacht se comporte dès lors comme en pays ennemi, et la Finlande déclare la guerre à l’Allemagne le 4 mars 194515 lors de la guerre de Laponie.

                      Effectivement, wiki ne peut pas vous être d’un grand recours. Je retire mes propos.

                      Un peu de nuances, ne nuirait pas à la crédibilité de votre travail de propagande.


                      • JC_Lavau JC_Lavau 14 février 09:30

                        @eric. La guerre de Finlande redémontre que Staline était un malade grave, indifférent aux pertes d’hommes.
                        Résumé par Ninotchka : « Les russes seront moins nombreux, mais ils seront meilleurs ».


                      • JC_Lavau JC_Lavau 16 février 11:40

                        @eric. Autant j’avais eu peu de difficultés, en février 2000 à résumer en article un chapitre et un tableau de 1978-1979 jamais terminé ni évidemment paru, Pour la réflexivité dans les logiques, autant je n’arrive pas à rédiger son extension au domaine psychosocial : la réflexivité dans le collectif, étendue aux groupes d’appartenance. Je n’arrivais déjà pas à intégrer les contradictions et fourberies individuelles, par exemple exemplaires chez la plupart des hommes politiques.
                        CN est exemplaire de l’incapacité à avoir une réflexion critique sur ses groupes d’appartenance, sur la pureté virginale du Tchin de Staline.


                      • Decouz 15 février 12:15

                        Je viens de lire (rapidement, tous les détails ne m’intéressent pas) : « L’invention de la science » de G.Carnino, historien des sciences, il parle de la notion moderne de science qui est devenue, si ce n’est une religion, du moins un domaine mythologique, c’est scientifique donc c’est vrai.

                        Tu dis que tout doit pouvoir s’expliquer facilement à un enfant, je n’en suis pas sûr, souvent ce qui est compris à travers la vulgarisation, c’est justement une sorte de mythologie simplificatrice et quand on est réfractaire à une discipline, pour moi les maths par ex, dès qu’on sort des rudiments, on décroche vite, il faut aussi une motivation.

                        A la fin Carnino écrit que la science et le progrès ont perdu de leur superbe au XXème siècle (la superbe c’était le positivisme du XIXème siècle), mais qu’elle reste une ressource rhétorique importante et peut être utilisée en vue d’une exclusion politique (ou d’une justification de choix politiques).

                        « quand des chercheurs discutent pied à pied de la validité d’une théorie, le syntagme de science n’est jamais directement mobilisé », la dispute s’opère sur un terrain déjà balisé et différent d’une science à l’autre.

                        D’où le paradoxe que le terme de « science » est utilisé en dehors du domaine scientifique, dans le domaine de l’expertise publique, la présence des savants sert à édicter des arguments d’autorité.

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