« L’étude sociologique de mark Regnerus aux USA, que Taubira veut interdire en France, et qui fait apparaitre que les enfants ayant vécu dans des familles homosexuelles […] ».
D’où tenez-vous que Taubira voudrait interdire cette étude en France (phrase assez comique du reste étant donné la circulation irrésistible de l’information via le net…) ?
Vous avez des preuves, des liens indiscutables auxquels on pourrait accéder et vérifier vos dires ?
Et puis… des « enfants ayant vécu dans des familles homosexuelles », dans l’étude de Regnerus il n’y en a pas (vous le sauriez si vous l’aviez lue), ou si peu — moins d’une dizaine à tout casser, de l’aveu même de Regnerus (et qui ont présenté d’excellentes performances, comparés aux autres enfants) :
“ […] only two respondents total said they lived with their mother and her partner nonstop from birth to age 18. Two more said they did so for 15 years, and two more for 13 years. To be sure, these 10 fared better on more outcomes than did their less-stable peers. They’re just uncommon, and too small a group to detect statistically-significant differences, for sure. Future studies would ideally include more children from “planned” gay or lesbian families, but their relative scarcity in the NFSS data suggests that their appearance in even much larger probability samples may remain infrequent for the foreseeable future.”
johnford : « 23% des enfants de mères lesbiennes étaient victimes d’abus par un parent ou un adulte, contre 2% chez les enfants issus de couples mariés ».
Sauf que… ce ne sont pas des « enfants de mères lesbiennes » mais des personnes interrogées qui, à la question “From when you were born until age 18 (or until you left home to be on your own), did either of your parents ever have a romantic relationship with someone of the same sex ?” ont répondu “Yes, my mother had a romantic relationship with another woman”.
S’il suffisait d’avoir eu — ne fût-ce qu’une fois dans sa vie — une expérience avec une personne de même sexe pour être homosexuel, ça se saurait…
Qui plus est il n’y a, dans l’« étude » bidon de Regnerus quasiment aucun répondant qui ait effectivement été élevé par un couple de deux femmes ou par un couple de deux hommes.
Et ça c’est lui-même qui le déclare sur son blog ; par exemple il n’a trouvé que 2 (deux !) cas de répondants ayant été élevés de la naissance jusqu’à 18 ans par leur mère et la compagne de celle-ci… Si on réduit l’intervalle de la naissance à 15 ans, on peut encore en ajouter deux.
Regnerus va même jusqu’à ajouter que — pour ce petit nombre de répondants élevés par un couple homo stable — les « performances » sont les mêmes que celles des « enfants IBF » (Intact Biological Families).
Et, paru dans la même Social Science Research (numéro de novembre 2012), le compte rendu par le prof. Darren Sherkat (qui est membre de son Comité éditorial) du curieux processus qui a pu conduire à ce qu’un article aussi truffé d’erreurs soit publié.
Il faut dire que — à en croire l’émotion de ces quelque 200 universitaires qui ont, dans une lettre ouverte au directeur de Social Science Research, demandé des explications — Regnerus n’y est pas allé de main morte avec les petites magouilles…