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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 18 mai 2011 16:36




     «  »«  »« J’abuserais trop de ma faible raison, si je cherchais à comprendre pleinement l’être qui par sa nature et par la mienne doit m’être incompréhensible… « Jusqu’à ce qu’il (l’homme) comprenne qu’il est un monstre incompréhensible. » «  »«  »«  »

    Félicitations à celui qui a eu l’idée de rapprocher ces deux pensées (c’est vous ?)


    Il me semble que cette difficulté à comprendre tient au verbe.
    Nous serions télépathes, nous nous comprendrions.


    Le verbe a été conçu pour dire quelque chose de l’Homme, mais certainement pas sa réalité. Et ce quelque chose c’est la chose sociale donc compréhensible (à langue, à culture et à instruction égale)

    Une fois le verbe inventé pour ne dire de nous que le compréhensible, certains, pas tous, tirent à mort sur ses possibilités pour essayer de dire l’incomprehénsible et l’ineffable.


    Tiens, prenons l’orgasme par exemple. On ne peut pas le dire. On le vit beaucoup plus qu’on ne peut le dire. Et par-dessus le marché, si d’aventure on se mettait à penser à le dire pendant qu’on l’éprouvât, on ne serait déjà plus dans l’orgasme.

    Il serait plus facile d’expliquer à un Martien ce qu’est un mal de tête ou de ventre qu’un orgasme. Très difficile aussi d’expliquer à un né aveugle, ce qu’est la vue, la couleur...

    A force de s’y employer, avec infiniment de pugnacité et de patience, on parvient, avec ce verbe conçu pour le compréhensible, de dire presque l’ineffable.

    Il est possible, avec beaucoup de temps, d’expliquer comment on devient DSK (en son entier)
    La Justice, lors de ses jugements, par le temps qu’elle offre au procès, tend à permettre cette compréhension. Mais concrètement, elle n’offre pas encore assez de temps et n’approche que de moitié, les ineffables.

    D’où les livres, les séries de livres qu’écrivent les gens (toujours sur eux-mêmes en réalité) pour se faire comprendre un peu mieux. Il faut à peu près 200 000 mots pour commencer à comprendre l’incompréhensible d’une personne ou de l’Homme. Et il faut en avoir envie (Il existe des cultures où il n’est pas concevable d’entrer dans l’étude d’autrui, pas même de soi).
     
    Mais ces 200 000 mots doivent également et surtout s’appliquer sur le passé, sur le vécu, sur l’enfance de la personne qu’on cherche à comprendre. Ce qui n’est pas facile du tout si la personne étudiée est morte ou si elle ne dispose pas des archives sur son histoire.


    200 000 mots sur un fonds historique, c’est très au-delà de l’immédiateté, de l’actualité et de la catharsis. Pour hurler tous ensemble dans une manif, sur un stade, dans un lynchage, il ne faut surtout pas dépasser les 5 mots et ne surtout pas évoquer l’histoire complète. Il faut procéder de tris, de symboles, de raccourcis et de lieux communs.


    Il est évident qu’on peut comprendre comment on devient un DSK, mais on verra ça plus tard. Pour l’instant, l’urgence est de l’égorger ou plutôt le lapider tant il y a de justiciers et de purificateurs au portillon. Et puis il faut crier quelques mots simples, bien sonores, des mots qui claquent.
    Les injures, les accusations infamantes ont été inventées à cette fin, ce serait dommage de ne pas s’en servir quand on peut le faire sans risque.



  • easy easy 18 mai 2011 13:34

    Vous avez floodé le site avec ce papier et je vous ai déjà demandé qui l’a écrit mais vous n’avez pas répondu.
    Je repose donc ma question : est-ce Anne Sinclair elle-même qui l’a écrit ?



  • easy easy 18 mai 2011 09:42

    @ Mojique,

    Je sais, comme tout le monde, que c’était à propos de froid.
    Mais le principe est le même.
    Soit on se régale de le misère d’autrui et on la regarde voire la surexpose en « Venez voir sa misère, venez en jouir avec moi », soit on en est attristé et on fait ce qu’on peut pour la réduire.

    Et encore, s’il s’agissait d’un arrogant qui chute dans un escalier d’avoir marché sur son manteau de vison. Mais non, ici la chute du prince est liée à un viol donc à la souffrance d’une autre personne. Je fais tâche, c’est évident, mais je ne sais pas me réjouir de cet évènement. J’éprouve une grande pitié pour l’être humain et je regrette notre sort, je regrette que nous ne soyons pas des escargots ou des méduses.






  • easy easy 17 mai 2011 19:47

    @ Tonimarus,

    Il est question de la Justice Américaine (question pour les Français), et je parle de ça. Je dis être étonné de notre soudain alignement sur la vision américaine.

    L’auteur a proposé une vidéo de Badinter et j’en ai parlé en disant que son point de vue est élitiste (pour lui un gueux peut subir un tel lynchage sans dommage et ce n’est pas mon avis) .
     
    Je ne vois donc pas où je suis sorti du sujet, mais dites-le moi plutôt, ce sera plus clair.



  • easy easy 17 mai 2011 18:59

    A Tonimarus,

    Vous n’avez sans doute pas remarqué. le sujet de ce topic est « le système judiciaire US en question »

    En question pour les Français, car pour les Américains, pour cette jeune femme, j’imagine qu’elle n’est pas en question.

    Et en tant que Français, face à la Justice américaine, anglaise, mexicaine, iranienne ou chinoise, il y a de quoi discuter.

    Pour ma part, comme j’ai été lapidé dans mon enfance, je m’intéresse au lynchage, sous toutes ses formes, où qu’il se produise et quelle que soit la cible. Et comme dans cette affaire il y a lynchage de DSK, pas de cette jeune femme, aussi bien aux EU qu’en France, je dis ce que j’en pense.

    C’est vraiment spécial le lynchage. C’est un jeu dans lequel chacun inflige un coup en se sentant le droit de considérer qu’il puisse être mortel tout en trouvant normal que la cible subisse la même charge de la part de millions d’autres co-justiciers.

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