Deneb : Les Bogdanov sont un peu les Pasteurs des temps modernes...
JL : Si tu veux, la métaphysique, c’est une opinion préconçue, posée en amont de la recherche. méta-physique -> les « chemins » de la « nature » (étymologie). Personne n’a pas d’opinion préconçue, l’empirisme « pur » n’existe pas. La métaphysique donne une forme à la pratique scientifique, c’est une fondation de celle-ci.
Tout chercheur, pour régler sa manière de pratiquer ses recherches, car il ne veut pas être dupe de ses propres à priori, peut s’intéresser à la variété des opinions préconçues qui existent, donc aux diverses métaphysiques.
Historiquement, en occident, nous avions plusieurs métaphysiques : La platonicienne (cf Timée de Platon) : Un chaos primordial organisé en cosmos par un démiurge (dualité monde physique / monde des idées). L’aristotélicienne : Une essence première (L’Un), qui se spécifie par accident en une multiplicité de genres et de types jusqu’à produire tout l’existant. La juive : Une existence première qui crée la multiplicité des existences, chacune selon leur espèce, chacune en relation.
De fait, c’est la métaphysique juive qui fut la plus fructueuse en matière de recherche scientifique, car elle permet de se restreindre à ne considérer que l’existant pour considérer leurs relations réciproques.
Les autres métaphysiques obligent à envisager le monde de son début à sa fin, ce qui est infaisable, étant donné que nous n’étions pas encore au début et que nous ne serons déjà plus à la fin.
Maintenant pour le darwinisme, si l’on considère l’existant, il faut bien voir que ce qui est connu aujourd’hui, d’un point de vue factuel, c’est, d’une part, l’absence de génération spontanée (« la vie ne naît que de la vie »), et, d’autre part, qu’un être vivant hérite de l’espèce de ses deux parents. Le darwinisme postule que le contraire de ces faits, pourtant constatés depuis toujours par l’homme, fut vrai sur une longue période dans le passé. Le darwinisme tient donc vrai au passé le contraire à ce qui existe aujourd’hui... Mais vu que c’est dans un passé révolu, c’est invérifiable en l’état : il s’agit d’une mythologie, d’un récit sur les origines : c’est de
l’aristotélisme, mâtiné de manichéisme (cf la lutte des espèce), il
essaye de justifier la série d’accident de l’Un originel qui produisit
la multiplicité actuelle.... Mais le darwinisme a peu intérêt : il n’a pas eu d’applications concrètes et aucun progrès n’en découle.
La métaphysique chrétienne n’a pas à s’encombrer de ces recherches de cohérence, car la cohérence du monde, son unité, y est pensé non dans l’essence des choses, mais comme le fuit de l’acte créateur d’une première existence, Dieu. Adopter cette métaphysique permet donc de se pencher sur un seul fait à la fois, de le contempler longuement, sans chercher à en tirer des conclusions générales sur l’univers entiers du début à sa fin, mais simplement chercher à exprimer les relations particulières entre les choses particulières qui participent visiblement à ce fait.
« Finalement, cette sortie, c’est le passage de la physique à la métaphysique ».
Ca, c’est surtout une fuite en avant dans l’abstraction, et si cela permet d’user de son intellect, ça reste surtout une contemplation de soi (puisque l’intellect est en soi...).
Il ne faut pas croire qu’au bout cela permet de comprendre ce qui existe autour de nous.... Pour connaître une chose, encore faut-il longuement la contempler.
C’est d’ailleurs cela qui est contestable dans votre approche. Vous cherchez à justifier une métaphysique particulière en utilisant certaines théories physiques comme instrument dans ce but, tout en faisant mine qu’il s’agirait de physique...
Si vous assumiez réellement d’être chercheur en métaphysique, vous ne prendriez pas un parti métaphysique précis, vous poseriez côte-à-côtes les diverses opinions métaphysiques existantes, afin de montrer l’influence de ces opinions préconçues sur la manière de pratiquer la recherche scientifique.
Votre métaphysique est celle de l’Un (ou Deux ?), entre le panthéisme (le Dieu monde), et le gnosticisme (le démiurge qui organise le chaos en cosmos). Vous recherchez à déterminer l’essence universelle du Tout, LA catégorie unique explicative de la multiplicité.
C’est bien. Cependant, cette démarche est difficile, car cela vous oblige à chercher à Tout prendre en compte d’Un seul trait de plume.
Une autre voie est de considérer qu’il y a une multiplicité de choses en coexistence, dont on ignore l’origine, puis de chercher à déterminer leurs relations réciproques.
Cette seconde voie est la plus simple et la plus fructueuse : c’est celle-ci qui fut à l’origine des grandes découvertes scientifiques.
En fait, Mr Dugué, savoir comment est constituée la matière, la physique, cela l’ennuie. Ce qu’il aime, son but, c’est de justifier une métaphysique gnostique.
La physique n’est pour lui qu’un instrument à cette fin. Plus elle est incompréhensible, mieux c’est.
Par conséquent, celui qui se met à évoquer concrètement la physique, n’est pas fidèle à son but personnel, et donc est qualifié de « troll narcissique qui aime à se donner en spectacle », ou de « Mr pécuchet qui ose venir exprimer son galimatia ».
Il faut rappeler à Mr Dugué que ses écrits sont justifiés comme concernant la physique, et non la gnose. Par conséquent, il n’est pas interdit d’y parler de physique... D’autre part, c’est celui qui publie un article chaque jour qui se donne en spectacle.
Bref, la MQ ne permet de rien comprendre. Grâce à cette absence de compréhension nous pouvons dire tout et n’importe quoi. Vive la MQ !
Je suis sûr que s’il existait une théorie compréhensible, Mr Dugué en serait fort triste...
On peut aussi considérer l’hypothèse selon laquelle la MQ est fausse, et c’est pourquoi elle est incompréhensible.
Mr Dugué aurait-il peur d’échanger avec moi ? Je croyais qu’il ne me lisait pas, car il n’avait jamais réagi à mes interventions. Pourtant, il me cite plus haut...
Bizarre ! La physique, c’est passer des heures et des heures sur un petit phénomène de rien du tout. Mr Dugué veut embrasser la totalité du monde, du début à la fin.
Le chercheur en physique physicien cherche à tout connaître sur presque rien, en vérifiant par des expérimentations concrètes ses considérations abstraites.
Mr Dugué cherche à connaître Tout sur Tout, toujours abstrait, jamais concret : Il a finit par ne plus connaître rien sur rien.
C’est trop d’honneur. Mais Gollum déforme un peu...
Je n’ai pas l’ambition d’expliquer le monde du début à la fin, pour en découvrir l’âme, la substance universelle, car je sais que je n’aurais en définitive jamais de preuve : je ne peux pas faire rejouer le film de la genèse du monde...
En tant que physicien, je m’intéresse à comprendre l’existant, présent devant mes yeux, à comprendre comment il fonctionne. Mais à la question de savoir, pourquoi l’existant est-il devenu tel qu’il est, je sors mon Joker : c’est le fruit de l’acte de création de divin.
C’est pour moi une manière commode de distinguer entre ce qui est de l’ordre de la mythologie et ce qui est de l’ordre de la physique. Je n’ai pas l’intention de marcher sur les « plate-bandes » de Dieu. Je ne veux pas créer une religion, ni une mythologie.
Je veux juste faire de la physique, comprendre l’existant.
Sinon, je tomberais dans les dérives à la Dugué, à me considérer tel le grand prêtre, le prophète des adorateurs de l’Un, à sonder les entrailles des équations mathématiques pour spéculer sur les fins et l’origine du grand Tout, afin de trouver l’Âme du monde.
Dugué est entré en science comme en religion.
Il appelle cela « épistémologie », moi j’appelle cela gnosticisme...
Cela dit, au moins ça permet de discuter de physique sur AV.