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Nemo

Blogueur indépendant, 30 ans

Tableau de bord

  • Premier article le 24/08/2007
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  • Nemo 9 novembre 2007 14:22

    « Jusqu’où un euro fort ne devient pas un danger avéré pour la zone euro et l’euro lui-même ? »

    Nulle part. J’ai déjà répondu par ailleurs, la BCE laisse et continuera à laisser filer vers le haut la valeur de l’euro pour amortir à moindre coût (=dégâts économiques) la montée du pétrole et de l’ensemble des matières premières.

    « On ne peut fonder des perspectives viables sur un effet »amortisseur« quand les problèmes financiers et monétaires sont ailleurs que dans le prix du pétrole et celui du gaz ».

    Vous avez raison. Il n’y a pas que le pétrole et le gaz : il y a le cuivre, le fer, l’acier et tous les métaux ; il y a le blé, le maïs, le riz et l’ensemble des céréales (je vous invite à lire l’article que j’y ai consacré) qui ne vont pas s’arrêter de monter ; il y a consécutivement à la hausse de toutes ces matières premières, celle de toutes les consommations intermédiaires.

    Faites un petit exercice intellectuel : là où vous vous trouvez, regardez autour de vous, tout ce qui est en plastique, dites-vous que tout cela est issu du pétrole, et dites vous que tout cela augmente. Faites de même avec la nourriture et les métaux, et vous comprendrez en quoi un euro fort, compte-tenu de la hausse généralisée (=inflation) du prix de tout cela est une BENEDICTION.

    L’inflation est le pire ennemi du pouvoir d’achat, car, par définition, elle fait baisser la valeur relative de la monnaie, et les premiers touchés sont les SMICards et les retraités. Comptez le nombre de salariés payés à moins d’1,5 SMIC en France, rajoutez les retraités, faites des projections à 10 ans et vous comprendrez les difficultés qui sont devant nous.

    Imaginez un seul instant que la hausse de l’immobilier s’étende à l’ensemble des produits et des services et dites-moi qui va prendre ca en pleine figure...

    Les problèmes économiques actuels SONT la hausse généralisée du prix des matières premières.

    Lorsque l’on parle d’écologie, et que l’on dit que la planète est à bout de souffle, C’EST VRAI. La hausse généralisée des matières premières est la traduction économique de ce fait avéré.

    Comment ne pas voir que les deux éléments sont intimement liés ?

    Alors, « que se passera-t-il avec un euro fort devenant monnaie-étalon et une BCE indépendante des pouvoirs politiques », il se passera que la BCE continuera à amortir l’inflation autant qu’elle le pourra.

    Si l’on donnait trop de pouvoirs aux hommes politques sur la politique monétaire, on tomberait invariablement, à un moment ou à un autre, sur un populiste qui ferait tourner la planche à billet pour un effet bénéfique -politiquement parlant- à court terme mais dramatique -économiquement parlant- à long terme (cf G.W. Bush).

    Je ne dis pas qu’il faille laisser la BCE complètement déconnectée. Il faut qu’elle prenne en compte les avis des politiques, qu’elle se coordonne avec leurs politiques budgétaires respectives (pour éviter que les uns et les autres tirent en sens inverse), mais il faut qu’elle reste indépendante. C’est notre assurance-vie.



  • Nemo 9 novembre 2007 14:03

    Les problèmes que connaissent les Etats-Unis à l’heure actuelle ne tiennent pas au fait que le dollar soit la monnaie internationale des échanges, mais au fait qu’ils ont abusé des avantages que cette situation leur confère.

    Le principe même d’une monnaie internationale d’échange est d’être seule à occuper cette position. Et l’Europe n’a en aucun cas intérêt à laisser cette place à d’autres. C’est un avantage compétitif décisif dans les rapports de force économiques mondiaux.

    La seule chose à améliorer sera la coordination entre les politiques budgétaires des Etats et les actions de la BCE. Cette absence de coordination, en raison du Pacte de Stabilité et de Croissance, n’est en rien un danger pour la position de l’euro en tant que monnaie internationale, puisque les déficits publics et la dette des Etats européens sont encadrés dans des critères stricts.

    Tout au plus cette absence de coordination nous coûte-t-elle 1/2 ou 1 point de croissance, et une moins bonne effectivité des politiques publiques dans la gestion des chocs asymétriques. Mais ni l’un ni l’autre ne sont catastrophiques, loin de là.

    Ce sont des ajustements à la marge qu’il convient de faire, non de mettre à plat le système.

    Bien sûr, il ne faut pas oublier que derrière ce 1/2 point de croissance en moins, il y a des êtres humains, des gens qui perdent leur travail, qui ont du mal à en retrouver, et qu’il faut tout faire pour améliorer les choses, limiter les impacts.

    Mais d’un point de vue macro-économique, les bases de l’organisation de l’euro, dans l’optique d’un rôle de monnaie internationale, sont parfaitement saines.



  • Nemo 9 novembre 2007 13:30

    Lerma, les agrocarburants, tant qu’on ne maitrisera pas leur production à partir des tiges non utilisées pour l’alimentation humaine n’ont aucun avenir. CF mon article sur le prix des matières premières agricoles.



  • Nemo 9 novembre 2007 13:26

    Je veux bien qu’en économie comme en toute science humaine, il n’y ait pas de vérité toute faite.

    Cependant, vous conviendrez quand même qu’après 40 ans d’expérience de dollar sorti de l’étalon-or, on puisse tout de même se fonder sur une certaine historicité d’une monnaie internationale dans un système de changes flottants pour avancer des anticipations sur le futur de l’euro dans un système équivalent.

    Ce n’est pas la première fois que les américains font tourner la planche à billet pour résoudre des problèmes internes.

    Sauf qu’il s’agit de la première fois qu’il y a en face une monnaie capable de prendre le relais dans la monétisation des échanges.

    Lorsque l’euro sera enfin devenu la principale monnaie des échanges internationaux, il est certain que nous en retirerons des avantages, dire le contraire me semble insulter la logique et le bon sens.

    Je vous présente mes excuses pour m’être quelque peu emporté. Mais j’en ai assez de cette habitude bien française de cracher sur la construction européenne, dans tous ses aspects.

    Si l’UE fait quelque chose, ca ne va pas. Si elle ne fait rien, on le lui reproche. Et quand elle réussit à construire quelque chose de suffisamment solide pour remplacer une institution de 40 ans (le dollar, comme monnaie des échanges internationaux), on balance que ca va ne nous apporter que des problèmes économiques ???

    N’avez-vous pas l’impression d’avoir la mémoire courte ? 1992 et la dernière attaque sur le franc ca ne vous dit rien ? Vous souvenez-vous seulement de la récession de 1993 qui s’en est suivie ?

    L’Euro et l’Europe nous PROTEGENT, je le dis, je le répète, et je le redirai autant qu’il le sera nécessaire. On peut toujours pointer des imperfections, on pourra toujours estimer qu’il faut améliorer les choses -meilleure coordination entre la BCE et les politiques budgétaires des Etats membres, etc etc.

    Mais de là à dire que « des menaces simultanées d’inflation, de hausses de prix et de variations instables potentielles de la parité de l’euro, en tant que monnaie-étalon mondiale, ceci ayant naturellement des effets complexes, mais en général négatifs, [pèsent] sur les économies des Etats de la zone euro » à cause de cette monnaie, NON, NON, NON, et encore NON.

    Bien cordialement



  • Nemo 9 novembre 2007 13:09

    Je dis simplement qu’on ne peut pas d’un côté avoir reproché aux Etats-Unis depuis 1971 d’avoir utilisé à leur avantage le fait que le dollar soit la monnaie des échanges internationaux, et maintenant crier au loup lorsque l’euro est en train de commencer à la remplacer.

    C’est une vraie chance pour nous que l’euro soit en passe de devenir la prochaine monnaie internationale, nous devrions nous en réjouir !

    C’est plutôt aux américains de s’inquiéter de cette situation. Mais ils l’ont cherchée. On ne vit pas impunément pendant 40 ans aux dépens du reste du monde, en lui faisant payer des déficits jumeaux (budgétaires et commerce extérieur) et en exportant son inflation sans se retrouver un jour ou l’autre à payer la note.

    Le déclencheur est évidemment le prolongement de la guerre en Irak. Celle-ci coûte cher, trop cher, et ca commence à se voir que la planche à billets verts tourne à plein régime.

    D’où la propension de plus en plus forte des marchés à effectuer un certain nombre de transactions en euros.

    Quant à votre exemple : si les marchés internationaux demandent 2x milliards, on leur donnera 2x milliards, même si on avait prévu au départ 1x milliard seulement. On donne au marché les liquidités dont il a besoin, à moins que l’on veuille absolument déclencher une crise de confiance. Un marché sans liquidités se casse la figure (cf crise des subprimes), et ca fait très mal.

    Il faut tout de même savoir que ce ne sont plus (et depuis un bon moment déjà) les banques centrales qui décident directement du niveau de création monétaire. Elles ne font qu’influer indirectement sur celle-ci, au moyen de différents instruments.

    Parmi ces instruments, on notera le taux d’intérêt directeur, le taux de réserve obligatoire, les émissions ou rachats de titres obligataires, et les interventions sur le marché interbancaire. L’important n’est pas la résultante directe de ces actions, mais les conclusions qu’en tirent les agents financiers et économiques.

    C’est un peu court ici pour faire un descriptif complet, mais je suis sûr que si vous vous y intéressez, vous trouverez sur internet de plus amples informations à ce sujet.

    Quant à l’évolution, bien sûr qu’elle n’est pas « plan plan ». Mais elle est cependant hautement souhaitable. Sans vouloir trop m’avancer, je ne serais pas trop étonné si la courbe ascendante de l’euro s’entretienne tant que le pétrole monte.

    Si on perdait l’effet « amortisseur » d’un euro fort vis-à-vis du pétrole, alors les pressions inflationnistes en Europe seraient vraiment très importantes. Et les instruments qui resteraient à la BCE pour limiter l’inflation seraient beaucoup plus dommageables pour l’économie européenne que le niveau actuel de l’euro.

    En effet, celle-ci serait obligée d’augmenter les taux d’intérêts pour limiter l’inflation ce qui toucherait l’ensemble des acteurs économiques européens, alors qu’un euro fort n’est un handicap que pour les entreprises qui exportent en dehors de la zone euro.

    En d’autres termes, les pertes en terme d’exportations dûes à un euro fort sont un moindre mal par rapport au ralentissement inévitable de l’ensemble de l’économie européenne si la BCE était obligée de remonter ses taux d’intérêts pour l’imiter l’inflation dûe à la hausse du pétrole.

    En clair, la BCE laisse filer l’euro à des sommets, et elle a bien raison.

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