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Rage

Rage

32 ans, originaire de Lyon et vivant à Poitiers
Ingénieur territorial en Région Poitou-Charentes (chez une certaine Ségolène R), diplômé du DESS Aménagement de Lyon III, je m'intéresse particulièrement aux questions qui animent notre société. 
"Spécialiste" des questions liées aux transports et à l'urbanisme, ma vision est forgée par de multiples expériences en entreprises et une curiosité personnelle : j'essaye modestement d'analyser les décisions et faits majeurs de notre monde dans leur globalité.
Je pense que mes propositions peuvent apporter des éléments intéressant pour ce type d'initiative louable qu'est Agoravox !
Contactez moi : [email protected] ou 06.24.21.40.37

Tableau de bord

  • Premier article le 20/10/2005
  • Modérateur depuis le 07/11/2005
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Derniers commentaires



  • Rage Rage 31 août 2007 21:47

    Bonsoir Eloi,

    Vous avez tout à fait raison et votre bon sens est pragmatique.

    Aujourd’hui, le vrai problème de la politique de transports (comme de celle de l’urbanisme) c’est son éclatement : départements, agglos, communes, régions, état, SNCF, autorités organisatrices, exploitants etc...

    Tout le monde a son mot à dire sur son bout de gras, et même si les transports ont la fameuse « AOT » (que l’urbanisme aimerait bien avoir) aucun élu en France n’est maître seul d’une politique rationnelle, même le ministre des transports.

    La traduction la plus évidente étant l’aménagement d’un pôle multimodal ou d’un simple parking relais VP/TER ou VP/TC : il y a tellement d’acteurs, de logiques, de périmètres que les projets qui sortent sont souvent ceux portés par un acteur déterminé et « seul ».

    Prenons l’exemple du parc relais de Vaise (Lyon 9ème) 2ème tranche : si le Sytral n’avait pas porté la chose « franchement » et si le président d’agglo n’avait pas été l’ex maire du 9ème et de la même couleur politique et proche du président de Région (pour les TER), le projet serait encore dans les cartons.

    Le projet « REAL » pour les TER de l’agglo lyonnaise ? Même causes, mêmes conséquences.

    Donc 1ère leçon à tirer : pour agir en France, il faut simplifier les échelons et limiter les acteurs dans une logique de « porteurs » de projets.

    Deuxième enseignement de la pratique : les solutions économiques sorties du chapeau ne sont jamais les meilleurs, surtout quand on les plaque sur des réalités différentes. Gérer du parking, du TC, du vélo c’est certes plus compliqué que ficher les véhicules et faire payer, mais néanmoins cela fait partie de ce que l’on pourrait distinguer comme un choix de vie :
    - La qualité de vie pour tous VS la sélection par l’argent soit loi du plus fort et donc qualité de vie pour les uns, emmerdes pour les autres

    Troisième enseignement : les gens ne polluent pas pour « se faire plaisir » et ne traversent pas 25km de bouchons pour « rouler VP » : ils font avec les moyens qu’on leur donne, les moyens qu’ils ont et l’éducation qu’on leur a donné. Parfois ça passe, parfois beaucoup moins. On peut alors taxer tout le monde ou bien être plus rationnel et plus « juste » (cf taxe sur les 4x4 et autres mécanismes vertueux de financements des TC). Je pense par exemple que la vente honteuse des autoroutes, rapportant 800 m€/an à l’état en bénéfice pur est un contre sens : cet argent aurait dû financer les TC et les infras ferroviaires (voir les 500m€ de Midi-Pyrénées et le rapport de l’EPF Lausanne).

    Le péage urbain est un outil de « dernier recours » disproportionné pour les villes françaises (Londres +10millions habitants, Lyon 1,4 aire urbaine) et inadapté pour Paris en l’état actuel de l’immobilier. Outil de ségrégation, il ne répond pas à la cause, mais joue sur la conséquence : c’est un cache misère (voir hausse trafic radial à Londres). Voilà ce que j’en pense en tous cas.

    - Pour vous répondre : Moi aussi j’ai fait la même remarque des matériels roulants à Lyon : pourquoi de si gros bus le soir ? Il y a eu un effort avec les « navettes » et autres « petits modèles » mais il existe une contrainte d’exploitation qui ne peut être résolu simplement : Un Bus nécessite un entrepôt, un conducteur et un itinéraire.

    Prenons un car « double », typoquement pour les sorties de lycées : il faut qu’il roule de 7h à 8h et de 16h à 19h en « pointe ». Le conducteur lui peut rouler un certain nombre d’heure max (8h je crois) : il faut donc 2 « roulements conducteurs » qui nécessitent de faire rouler le car double de 6h à 14h et de 14h à 22h. Les TCL arrivent à optimiser, mais des « liaisons » sont surcapacitaires : on ne change pas le matériel « pile poil » pour chaque horaire.

    La clé, c’est la ligne de roulement qui est callé sur les 2 pointes journalières et les hyperpointes (vendredi soir, lundi matin) de façon a supporter sans craquer : ainsi le reste du temps il y a du vide, mais mieux vaut ce vide que 50 habitants qui gueulent que les bus sont « bondés ».

    Pour le soir, pareil, mais vous ne voyez sans doute que les 2 dernières heures de conduite du chauffeur, celui-ci ne pouvant changer de matériel comme il veut, puisque certains changent de cars... ou prennent leur service sans être au dépot. Voilà le casse tête des exploitants TC/TER !

    - Pour les enquêtes : cela existe déjà. Après les choix sont faits suivants les « potentiels urbains desservis (densité) », les temps de parcours, la couverture des réseaux et les niveaux d’offre. Changer un arrêt, c’est souvent plus compliqué qu’il n’y paraît, surtout s’il y a des correspondances au bout...

    - Pour les parkings : « That is THE problem » Oui, des parcs relais en extérieur interconnectés aux terminus bus et réseau TER. Question : Que fait un maire quand on lui dit « un parc relais où un immeuble de 80 logements » ? L’immeuble, c’est des taxes, des électeurs, des habitants. Le parc relais c’est du trafic, du bruit, du terrain pour l’agglo : il refuse.

    Que fait le maire s’il préside une agglo ? Comme il voit l’ensemble, il répartit les charges... donc il dépasse les logiques de « pré carré » : en Allemagne ils ont compris, car leur administration est « approprié ».

    Enfin, voilà la piste que je préconise de suivre : l’interface urbanisme/transports : une politique urba rationnelle, c’est déjà 70% des questions transports de résolues... Problème : Les services publics sont cloisonnés et rares sont les échelons « au niveau techniquement et politiquement ».



  • Rage Rage 31 août 2007 20:21

    Bonjour,

    Et voilà LE retour du péage urbain (voir mon article de l’an passé sur ce sujet et je n’ai pas bougé d’un iota mon point de vu).

    Comme l’an passé, et comme depuis 1997, les lobbies de droite tentent de refaire passer en force ce sujet à Lyon. L’idée, lancée dans la nature par Christian Philip, feu député de la circonscription détenue par M.Perben (et candidat à la mairie de Lyon, vous venez donc de comprendre pourquoi le sujet revient sur le tapis) est soutenue depuis un bon moment par Yves Crozet, directeur du LET et fervent défenseur de la vente des autoroutes en 2005 (dont on connait le succès, comme M.Zaccharias l’a prouvé en se versant une « prime au plumage de l’état ») ainsi que par des lobbies « protégeons encore l’hypercentre des affreux périurbains ».

    Le contexte étant posé, le « Grenelle » de l’environnement en ligne de mire, voilà un beau sujet de discussion.

    Etant moi même ingénieur en charge des transports régionaux - et ayant refusé de me prêté au jeu de massacre de TLM (la télé lyonnaise) au sujet des péages urbains - je confirme le fait que ce dispositif serait, s’il fallait le résumer ainsi : « Efficace dans l’absolu mais discriminant au possible et finallement disproportionné face au problème posé ».

    Il faut donc distinguer les péages urbains et ce que l’on en fait :

    1. Faire payer, pourquoi, vers quoi et dans quels buts ? On remarquera par exemple qu’à Stockholm ou Trondheim les objectifs ne sont pas du tout les mêmes suivant l’affectation des « gains » quand « gains » il y a vu que le système coûte cher... en caméras et barrières. La droite privilégie le financement des routes (et oui, les autoroutes n’étant plus là pour faire de la marge), la gauche privilégie les TC : A Stockholm, la droite a récupéré le péage mais a changé sa vocation : financer les routes et non plus les TC : cela n’a rien à voir (pour l’auteur) !

    2. Quelle configuration urbaine et quel existant ? Stockholm n’a que 18 accès... Londres plus de 100. Singapour est une île, Trondheim est aussi particulière. La prequ’île de Lyon pourrait certes convenir, mais si l’on regarde le problème à la loupe voilà 2 arguments à prendre en compte :
    - 2.1 La prequ’île est déjà entrièrement payante en stationnement (n’est ce pas là déjà un péage urbain ?). Une zone 30 est même en cours de réalisation.
    - 2.2 Les péages sur les ponts... cela existait déjà au Moyen-Age et on sait vers qui l’argent allait.

    3. Pour l’environnement, pour « sanctuariser » les centres ou simplement pour de la politique de bas étage ? Si l’on y regarde de près, que peut-on reprocher à M.Collomb sur l’alternative à la VP depuis 2001 ? :
    - 1 ligne Tram et 1 ligne métro en plus
    - Lancement de Velo’V
    - Gel des pénétrantes et autres grands projets routiers dans le cadre du PDU
    - Extension du stationnement payant
    - Gestion améliorée des flux de circulation
    - Parkings souterrains et autres projets des Berges

    Objectivement, je ne vois dans le péage urbain qu’un prétexte politique pour faire de « l’environnement » une porte d’entrée sélective par l’argent. Au lieu d’agir à la source (limiter l’étalement urbain, financer les réseaux TC, limiter les projets « routes » et la taille des tubes) on préfère se donner bonne conscience en sélectionnant par l’argent.

    On pourrait tout aussi bien faire avec un prix du litre d’essence à 2€... le tout sous couvert de « moins de CO2 ».

    La question à laquelle je veux mener, tant ce débat me semble « politiquement funeste pour les moins aisés », est la suivante : Agit-on réellement à la cause et en connaissance de cause ?

    A Londres, le péage urbain encercle la City et les quartiers chics : le péage fait payer ceux qui ont les moyens. A Lyon, le péage encerclerait les commerces du centre, les universités, les habitations « bobos » mais aussi étudiantes : cela n’a pas la même configuration ni les mêmes effets.

    4. A Lyon un péage pour les habitants, un tunnel gratuit pour les « transit » et des villes de France « Open Space » : n’y a t’il pas là un risque d« embourgeoisement » de la ville au détriment de sa population plus modeste ?

    5. Quelles modalités ?
    - Un péage pour plus de route ou pour plus de transports en commun ?
    - Un péage avec 50 dérogations (flics, pompiers... médecins, avocats and co) ou avec des prix au « poids CO2 » ?
    - Un péage urbain mais pas une vignette verte sur les grosses cylindrées et autres 4x4 ?
    - Combien d’entrées/sorties, quel débit, quel mode (ticket/caméra/abonnement etc...) et quelles protections pour la liberté des individus ?
    - Quelles alternatives pour ceux qui n’ont pas le choix ?
    - Quelles impacts sur les habitants/Commerces/vie locale ?

    Chacune de ces questions est un piège. Prendre tous ces risques pour faire quoi au final ? Limiter le nombre de véhicules en hypercentre ? L’essentiel du trafic lyonnais en « hausse » transit par le centre et fait du périphérie/périphérie. Limiter le nombre de véhicules alors que l’on vient de construire encore 2 parcs souterrains de plus de 500 places ? Limiter le nombre de VP alors que la ville de Lyon explose en périurbain avec la bénédiction des maires et le coût de l’immobilier ?

    Je vous laisse juger par vous-même. Pour ma part, compte tenu des outils existants et à disposition d’une politique « volontariste », on ferait bien mieux de développer TC/voie cyclables en lien avec un urbanisme raisonné (une AO urbaine logement/urbanisme par exemple) plutôt que de « réguler par l’argent » :

    On s’attaque encore et toujours aux conséquences... pas aux causes...

    Peut-être parce que la « droite » veut le beurre (l’immobilier cher), l’argent du beurre (0 VP / 0 pollution / 0 visiteurs bas de gamme) et le cul de la crémière (les modestes loin des yeux loin du coeur, et mandoline jusqu’en 2012). Quant à la gauche, à elle de ne pas se laisser embarquer sans savoir ce qu’elle fait...



  • Rage Rage 14 août 2007 15:00

    J’oubliais : Dans l’immobilier, il faut bien distinguer celui qui achète pour lui et celui qui investit :
    - Dans le premier cas, la valorisation est « fictive » puisqu’elle nécessite la vente, et que la somme est ensuite mis en face d’un marché actualisé : vous gagner de l’argent en valeur, mais en face, votre futur logement lui aussi coûtera plus cher : vous aurez donc sans doute plus à apporter pour passer de l’un à l’autre qu’avant.
    - Dans le second cas, la valorisation est « active » car elle permet à ceux qui ont un « parc » de logements de vendre puis de racheter suivant les mouvements du marché, et donc de faire des plus-values.

    L’un est dépendant, l’autre uniquement du marché.

    Dans un cas, vous suivez, dans l’autre, vous pouvez mener la danse... et raconter n’importe quoi à vos lecteurs... tant qu’ils achètent plus cher ce qu’ils devraient payer moins...



  • Rage Rage 14 août 2007 14:53

    Bonjour,

    La manipulation de l’information par l’orientation systématique des propos dans les flux de la masse ou du pouvoir en place est tellement évidente et grossière qu’on finit par ne plus y croire.

    Et pourtant.

    Rappelez vous le scandale Enron en 2000/2001, la bulle internet, et même encore avant, la crise de l’immobilier en 1991 : tout le monde disait à ces moments là : « Achetez donc brave gens, c’est le moment ! »

    En fait, quand je dis tout le monde, je dis surtout tout ceux qui savaient que ça allait mal et qu’ils étaient sur le point de bascule (cad soit tout perdre, soit jackpot) avaient tout intérêt à dire l’inverse de la réalité.

    Enron s’effondrait en interne ? Il fallait faire racheter les parts par l’extérieur et se tirer en douce. Pareil pour tous les coups boursiers, pareil pour l’immobilier.

    La seule vérité étant que c’est toujours à contre-courant que l’on fait les meilleurs affaires.

    La bourse chutte ? C’est au coeur de la crise qu’il faut acheter, quand on vous dit de ne surtout pas venir. La bourse monte au cocotier ? Il faut se tirer, c’est le moment où les particuliers et les moins informés viennent : un excellent moment pour les plumer.

    L’immobilier ? Un marché comme un autre pour des financiers (c’est une erreur fondamentale, car confondre un toit pour vivre et un produit « virtuel » cela n’a rien à voir).

    Que l’immobilier soit un superbe vecteur à profit, cela n’a de valeur que le chiffre que l’on octroie à certains biens. Quand le sommet du cocotier est atteind, on risque fort de tomber de haut.

    Non, l’immobilier ne coulera pas, mais il ne peut plus monter de 15%/an. Il risque même de stagner avec de fortes disparité suivant la QUALITE des biens... Et oui, un taudis 1850 à Paris vendu pour une surface, sera toujours un taudis...

    Le Point vous dit d’acheter (pour bénéficier de la « prime » Sarko, équivalente soit dit en passant à même pas le tiers du doublement d’un PTZ... et pour ceux qui rentreront dans les cases) ? C’est le moment de calmer les ardeurs et de regarder de près.

    Le Point vous montre les riches « décomplexés » ? C’est le moment de vous désabonner et de balancer ce torche-cul devenu en moins de 3 ans, un dépotoire à idées reçues.

    Juste un conseil : n’allez pas vous endetter comme des « cons » sur 30 ans pour payer une survalorisation... vous risqueriez de le regretter car le marché plafonne aujourd’hui.



  • Rage Rage 13 août 2007 22:14

    Excellent article, partial, mais lucide.

    Le problème, c’est que nous avons une « opposition » molle face à une gabegie orchestrée depuis des années pour assurer le pouvoir de certains sur tous les autres.

    Si une personne informée, intellectuelle et dynamique venait à tout renverser, combien serait près à la suivre tant les français sont tous dépendant d’un avantage ou de privilège bien à eux ?

    Quand on y regarde bien, la France, c’est comme à la maternelle : L’intello - même lucide - qui pose les bonnes questions au bon moment, on préfère le dézinguer parce qu’il dérange ceux qui dorment au fond et parce qu’il peut faire de l’ombre à la « masse ». On respecte plus le comique ou celui qui casse la gueule à tout le monde à la récrée : l’un parce qu’il fait marrer, l’autre parce qu’il fait peur. Quant à l’intello, il est seul face au desarroi : et oui, la masse n’a pas envie de savoir ce qu’il sait...

    Tant qu’on amusera la galerie et que la galerie se comportera de manière individuelle, désinformée et sans savoir, alors ceux qui savent, domineront toujours le reste : quitte à mettre des W.Bush en vitrine.

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