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Surya

Surya

 
Je vis depuis fin 2011 au Royaume Uni.
J'ai participé de mi 2008 à septembre 2020, par des commentaires et des articles, au site Agoravox.
Si vous souhaitez me contacter, merci de le faire sur mon blog à l'adresse https://herecomestiger.blogspot.com

Tableau de bord

  • Premier article le 02/01/2009
  • Modérateur depuis le 23/02/2009
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Surya Surya 10 novembre 2008 18:04

    Aujourd’hui, la moitié de la population au Cambodge a moins de vingt ans. Après le régime des Khmers rouges entre 1975 et 1979, et le génocide qui a suivi, et qui a décimé près d’un tiers (! !) de la population cambodgienne (les chiffres varient un peu, mais on parle en général de 2 millions de morts sur un total d’environ 7 millions de personnes avant la prise de pouvoir par les KR !!) le pays est ressorti de cette épreuve complètement détruit, à reconstruire de A à Z, complètement dépeuplé, et miné (au sens propre et au sens figuré).

    Le Cambodge fait encore partie aujourd’hui des pays les plus pauvres de la planète, avec une espérance de vie encore largement inférieure à celle des pays occidentaux, une mortalité infantile à faire frémir = chiffres de 2007 : 94,8 décès pour 1000 au Cambodge, contre 4,5 en France (Source : L’Etat du Monde 2007. Sous la direction de Bertrand Badie et Béatrice Didiot. Editions La Découverte) un niveau de vie nettement inférieur au nôtre, et des problèmes de malnutrition, parfois graves, dont sont victimes les enfants.
    Le pays ne sera définitivement débarrassé de ses mines antipersonnel qu’en 2020 et tous les ans, on continue de recenser des centaines de personnes tuées ou gravement blessées, dont des enfants, après avoir malencontreusement posé le pieds sur une mine, en labourant son champs ou en jouant innocemment au foot sur le terrain voisin. La situation s’est évidemment améliorée depuis quelques années, mais pour beaucoup de gens, en particulier les enfants, la vie rime encore là bas avec survie. Et c’est tout.

    Beaucoup d’enfants ne vont toujours pas à l’école, notamment parce que là bas, les frais de scolarité sont payants, que les fournitures scolaires sont payantes, mais aussi parce qu’on manque cruellement d’enseignants, si mal payés que ce travail ne leur permet pas de se nourrir, et qu’on manque aussi d’écoles parfois. Et parce que certains parents sont si pauvres qu’envoyer un enfant à l’école signifie arrêter de manger.

    Le nombre de gamins complètement livrés à eux mêmes, qui mendient dans les rues, ou sont d’une façon ou d’une autre à l’affut d’un dollar, puisque là bas tout se paye en dollars, est stupéfiant. On voit parfois des gosses d’à peine trois ans aborder les touristes pour leur demander de l’argent. "one dollar, please, one dollar !" leur a-t-on appris à dire.

    Voilà la situation dont profitent les pédophiles, aidés en cela par le silence des uns et l’indifférence des autres. Il était temps qu’ils ne soient plus dans l’impunité là bas. Bravo à cette ONG que je ne connaissais pas du tout, et donc merci à cet article de me l’avoir fait connaître. D’autres ONG "récupèrent" les petites victimes, notamment en les envoyant à l’école, ou font un travail en amont en allant jusqu’à rémunérer les parents en échange de l’assiduité des enfants à l’école (je pense notamment à l’ONG ’Toutes à l’Ecole" qui éduque des filles issues d’un milieu très défavorisé et les sauve ainsi d’un possible avenir très sombre), mais cette ONG est différente car elle contribuera très largement à éliminer ce fléau dans ce magnifique pays qui a bien besoin, après toutes ces années de guerre et toutes les difficultés actuelles, de retrouver enfin le vrai beau sourire qui, depuis des siècles, illumine de paix et de sérénité les visages géants d’Angkor Thom.



  • Surya Surya 1er novembre 2008 11:48

    "La plupart ne veulent pas de logements, ne veulent ni payer ni travailler.
    C’est leur droit le plus strict.
    "


    Je ne pense pas que ce soit le cas. Je crois plutôt que beaucoup sont au fond du gouffre et ont atteint un tel stade de détresse qu’ils n’ont plus du tout la force de se réinsérer, même si on leur propose, même si on fait les démarches pour eux.
    Je me souviens d’un SDF à côté de chez moi, au tout début, quand il s’est retrouvé à la rue, il voulait vraiment s’en sortir, on sentait qu’il y avait encore en lui une certaine énergie, qui se traduisait par de la révolte, notamment quand il disait que les restos du coeur fermaient trop tôt, mais que la faim, elle, était toujours là. Il a disparu un jour, et je l’ai revu quelques mois après, complètement ravagé, le visage bouffi par l’alcool. Il titubait. Je crois que s’il avait été pris en charge dès le début, il aurait pu s’en sortir, mais qu’après sa descente aux enfers, et l’alcool qui réchauffe par grand froid et fait oublier la misère, il était trop tard pour lui pour remonter la pente.
    Je pense qu’il faut considérer leur situation comme une dégradation progressive, qui les amène peut être un jour, effectivement, à ne plus accepter qu’on leur vienne en aide, qu’on leur propose de travailler et de se loger, mais je crois que c’est parce qu’ils n’y arrivent plus. 
    Certaines personnes ont été choquées de voir que certains SDF du canal, à qui on avait proposé des logements après l’épisode hivernal des Don Quichotte, les avait refusés, préférant rester avec les autres dans les tentes. Beaucoup de SDF interrogés par les média ont dit avoir trouvé de la chaleur humaine sur le canal, et c’était cette "ambiance" qu’ils ont refusé de quitter, par peur de se retrouver tout seuls.

    Je suis tout à fait d’accord avec vous quand vous dites qu’il n’y a pas suffisamment de foyers d’accueil, et qu’il faut construire des logements supplémentaires. Mais il ne faut pas attendre que les SDF aient atteint le dernier stade de la descente aux enfers pour prendre leur problème en main. Tout ça, c’est évidemment facile à dire, et sans doute, comme vous le faites remarquer, moins facile à faire.

    Je crois tout de même que le gouvernement a fait de nombreuses promesses vite oubliées une fois les caméras parties...



  • Surya Surya 31 octobre 2008 14:08

    Je ne comprends pas non plus la raison de votre article.

    Heureusement que les frères Legrand étaient là l’hiver dernier pour organiser ce campement, et j’espère bien qu’ils recommenceront cet hiver, ou même dès maintenant vu qu’un SDF est mort de froid la nuit dernière. Le jour où ils pourront arrêter sera le jour où plus aucun SDF ne crèvera de froid dans les rues d’un pays riche qui a les moyens mais pas la volonté de leur venir en aide. Et après, on s’en prend à des personnes de bonne volonté comme les frères Legrand qui battaillent pour alerter l’opinion publique (et comment alerte-t-on l’opinion publique dans notre société où le pouvoir passe par les média, sinon en utilisant les média ?) et faire vraiment changer les choses.

    Que les commerçants aient râlé parce que la présence des SDF faisait baisser leur chiffre d’affaire, (ce qui signifie que les gens ne venaient plus dans le quartier), est symptômatique de la mentalité ambiante. Je suis souvent passée sur le canal l’hiver dernier, et je n’ai jamais senti aucune agressivité de la part de celles et ceux qui vivaient dans les tentes déployées devant les logements de celles et ceux qui vivent dans les apartements.

    A l’époque où E. Béart s’est enchaînée avec les mal logés et les sans papiers, j’ai pensé que c’était quelqu’un de sincère, notamment dans ses actions de porte parole de l’UNICEF, et je la sentais vraiment révoltée, mais je me suis dit, moi aussi, que c’était une star qui ne risquait pas grand chose à faire ce qu’elle faisait, et qu’elle ne s’est pas rendue compte que venir s’enchaîner pendant quelques heures, menottes aux poignets, aux mal logés et rentrer ensuite tranquillement chez elle, risquait d’être perçu de travers. Je me suis demandée à l’époque pourquoi elle n’accueillait pas quelques jours une de ces familles chez elle, puisqu’il y avait même des enfants dans la rue. Mais c’était complètement stupide de penser ça, parce que vu que je ne la connais pas personnellement, je risquais donc de la juger de façon injuste. C’est toujours plus facile de voir le côté négatif des choses, et quelle que soit sa motivation, même si, comme beaucoup l’ont dit, elle cherchait aussi à se faire de la publicité, de toute façon c’est toujours mieux de faire ce qu’elle a fait que ne rien faire du tout.

    L’hiver dernier, je n’ai pas eu le courage de descendre dormir dans la rue avec les SDF comme certains l’ont fait. Comme quoi, quand on a la trouille de grelotter, c’est là qu’on se rend vraiment compte l’effet que ça doit faire de dormir dehors. Alors non seulement je dis un grand bravo à ceux qui ont été jusqu’au bout et l’ont fait, mais je dis également un grand merci aux frères Legrand d’avoir bien contribué à me faire prendre pleinement conscience (même si je le savais, mais de façon moins "intense") que j’avais la trouille de grelotter, que c’est le quotidien de beaucoup de gens, parfois même des gamins, et qu’en effet, ça ne peut plus continuer comme ça. Il est temps que l’état prenne ses responsabilités.

    La seule chose qui compte, c’est que des gens dynamiques comme les frères Legrand ou d’autres viennent en aide à ceux qui en ont besoin par le combat qu’ils ont choisi de mener, qu’ils fassent bouger les choses et modifient les mentalités. Le reste, si vraiment reste il y a, on s’en contrefiche.

    Je vais très rarement au cinéma, mais là, c’est sûr, j’irai voir leur film.



  • Surya Surya 24 octobre 2008 13:44

    Oeil pour oeil rendra le monde aveugle.

              Mahatma Gandhi.



  • Surya Surya 23 octobre 2008 21:13

    Je viens de voir la vidéo, je ne l’avais pas vue, et je n’avais pas suivi les événements, et je suis sous le choc ! Je trouve ça vraiment choquant la façon dont cette interpellation s’est déroulée. Et je ne suis que devant un écran d’ordinateur, à regarder un film, j’ose même pas imaginer quel effet ça doit faire quand on est sur place, qu’on y assiste, qu’on est "dedans". Ces coups de feu qu’on entend au début de la vidéo, ces gens qui courent, ces enfants qui pleurent, ces policiers qui braquent leur arme en direction des fenêtres, c’est quoi, c’est Sarajevo ??

    Vous avez raison Voltaire de poser le problème du traumatisme des enfants présents. Et de rappeler que votre article ne concerne pas le problème des banlieues.

    C’est évident que les enfants vont être traumatisés. Quand on voit le film, on voit bien qu’ils le sont déjà.
    La police aurait dû tenir compte de la présence des enfants et adapter son mode d’intervention en conséquence. Je pense vraiment que c’était possible : le gars était dans son appartement, en train de regarder la télé, ils l’ont tabassé devant les gamins !!

    Rien ne peut justifier que la police d’un pays dit démocratique se comporte de cette façon, et surtout pas devant des enfants ! Ils sont suposés représenter la loi, et eux mêmes se comportent de façon répréhensible. Si eux ne montrent pas l’exemple, c’est à dire n’agissent pas avec l’ordre qu’ils sont supposés rétablir ou maintenir, ou représenter, alors ce n’est plus de la police, ce sont des commandos en temps de guerre. Quand on regarde le film, on a vraiment l’impression que c’est bien de ça dont il s’agit.

    Je sais que la police fait un boulot super difficile, je comprends très bien qu’ils aient le droit d’être à bout, et ok les délinquants doivent être arrêtés, moi non plus je n’aime pas l’idée de trafic de drogue, de petits caids qui pourrissent la vie d’une cité toute entière, mais est ce que c’était absolument nécessaire d’arrêter ce gars avec une telle violence ? Déjà ils défoncent brutalement la porte, et rien que ça, en soi c’est traumatisant pour un gamin, on le voit bien dans le film, le gosse pleure en disant que la porte a été défoncée, le pauvre il a eu la peur de sa vie, et moi j’imagine dans quel état je serais si on me défonçais la mienne, je serais traumatisée moi aussi et je n’ai pas cinq ans ou neuf ans.

    Le gars est menotté, il est prêt à être embarqué, est ce que c’était absolument nécessaire de lui taper dessus en plus ??

    Ces gosses, comme certains commentaires le disent, vivent dans des situations hyper difficiles ils sont confrontés très jeunes à la drogue, au chomage éventuel des parents et/ou des frères et soeurs, aux problèmes scolaires et en plus au racisme... A leur place je pèterais un plomb je crois...

    Je ne suis pas d’accord avec les personnes ayant dit dans leurs commentaires que ce n’est pas ça qui va les traumatiser. Comme je l’ai dit plus haut, je pense que s’il est vrai que les délinquants n’ont qu’à réfléchir avant d’agir, et qu’ils doivent payer pour leurs délits, ce n’est pas parce qu’un délinquant doit être arrêté qu’il faut traumatiser toute la famille.

    D’abord, si ces gamins vivent ces situations difficiles ou de violence, raison de plus pour que la police n’en rajoute pas une couche par dessus, et deuxièmement, sur les milliers de gens qui vivent à Montfermeil, aux Minguettes ou ailleurs, dieu merci tous ne sont pas des trafiquants de drogue, des délinquants ou des caids. Et troisièmement des délinquants et des trafiquants de drogue il y en a partout, pas seulement dans les "banlieues".

    Ces gamins sont nés dans un contexte pas facile, d’un côté on leur demande de s’en sortir, de réussir leur vie, de montrer "qu’on peut venir du neuf trois et s’en sortir quand même", et de l’autre les représentants de l’ordre eux mêmes leur montrent un exemple déplorable, et tout le monde oublie que la violence engendre la violence, dans le pire des cas. Il est rare en effet que la violence ou un traumatisme engendre une action positive et une lutte constructive qui fera avancer les choses.

    Un bel exemple je pense est celui de Fadéla Amara.
    Source de cette info : Wikipedia =
    A 14 ans, Fadéla Amara, originaire de Clermont Ferrand, a vu son frère mourir, renversé par une voiture. En plus du traumatisme que cela a dû engendrer, elle a en plus été traumatisée par l’attitude de la police qui a donné raison au chauffard sur les lieux mêmes de l’accident. Je pense que cela a certainement influencé son combat futur. 

    D’autres ne parviendront pas à dépasser leur traumatisme et ressentiront une haine envers la police qui va rendre la police encore plus sur-armée (impossible pour eux de faire autrement, au bout du compte ? On peut se dire en effet qu’il n’est pas non plus acceptable que la police reçoive des pierres sur la figure, que des médecins ne puissent même plus, par moment ou dans certains endroits, intervenir pour porter secours à quelqu’un, ou que des chauffeurs d’autobus aient peur de s’arrêter à certains arrêts) mais ça finira par devenir un cercle vicieux dont on ne pourra plus sortir, peut être est ce déjà le cas.

    J’ai lu il y a quelques années un livre vraiment intéressant écrit par Fadéla Amara justement, qui montre bien comment le problème actuel des banlieues provient d’une lente mais régulière dégradation du tissu social dont le principal responsable fut le chomage d’une part, et les coupures de budget pour soutenir les petites assoc qui faisaient un véritable travail de proximité d’autre part, et qui ont obligé un grand nombre de ces associations, qui contribuaient à cimenter les relations sociales du quartier, à fermer boutique.

    En plus de ça, tant qu’aucun gouvernement, et sûrement pas celui qu’on a en ce moment, n’aura compris que la base, les fondements mêmes d’une société en bonne santé, c’ est un système éducatif de bonne qualité, avec pour commencer des classes à petits effectifs, voire dans certaines zones à très petits effectifs, seule condition si on veut donner aux enseignants la possibilité de s’occuper individuellement des gamins en difficulté scolaire, avec des aides supplémentaires (psychologues scolaires, orthophonistes...) chaque fois que le besoin s’en fait sentir, tant qu’on n’aura pas compris que si on ne met pas en place une réelle structure éducatrice, solide, correctement financée, offrant en plus une réelle écoute en cas de besoin, on ne règlera aucun problème, on ne fera que s’enliser de plus en plus.

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