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VivreDifferent

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Ingénieur, mon domicile varie au gré des missions. J’essaie de porter un regard critique sur le monde qui m’entoure, et partager ce que je sais comme ce que je crois ; en tentant de garder à l’esprit que savoir reconnaître l’étendue de son ignorance est peut-être la connaissance la plus précieuse...
Aime :
  • les utopies,
  • les opinions « hérétiques »,
  • la remise en cause des préjugés, notamment économiques et politiques.
N’aime pas :
  • les journalistes qui exploitent des statistiques sans rien y comprendre,
  • les politiques qui enchaînent les argumentations viciées,
  • la paresse ordinaire de la pensée qui nous conduit à camper sur nos positions par confort intellectuel, et à refuser de considérer ce qu’il y a d’intelligent dans les propos de l’autre.

Tableau de bord

  • Premier article le 03/03/2010
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Derniers commentaires



  • VivreDifferent VivreDifferent 24 avril 2010 17:18

    Si c’est dans un cadre d’éducation, bien sûr qu’il faut insister sur la responsabilité des malfaiteurs. Mais ici, on est dans un débat public sur ce qu’il faut faire pour réduire la délinquance. Parler de responsabilité ici, je ne vois pas trop à quoi ça sert, tout le monde est d’accord qu’on est responsable de ses actes. Ca sert à quoi de le dire ? A part si on pense que la répression n’est pas assez sévère, et qu’on a besoin de lois plus dures. Mais là, je ne suis pas du tout convaincu. Combien de nouvelles lois a-t-on eu ces dernières années, pour quel résultat ? Et les pays qui ont la peine de mort, ont-ils moins de délinquance ? Non, toutes les études sur le sujet montrent qu’il n’y a pas de corrélation. La répression n’est pas la solution miracle au problème de la délinquance, ce serait trop facile.

    Je vais faire une comparaison avec mon métier d’ingénieur : si un produit sort régulièrement de la ligne de production abîmé, je peux mettre en place un contrôle en bout de ligne pour éliminer les articles défectueux. Mais ca coute cher, et il y a toujours le risque de ne pas détecter des produits défectueux, ou de jeter des produits conformes. Cela correspond à la démarche de répression dans une société, avec les risques de laisser des criminels en liberté ou d’emprisonner des innocents (on fait souvent les deux malheureusement).

    A contrario, je peux étudier le procédé de fabrication pour changer les paramètres qui sont à l’origine du problème : c’est souvent assez complexe, on trouve rarement les bons paramètres du premier coup, mais au final on a des produits de meilleure qualité et on baisse considérablement les coûts de production. C’est l’équivalent des actions de prévention au sens large : éducation, morale, rémunération équitable des travailleurs, inégalités limitées à celles fondées sur le mérite et l’intérêt commun, plutôt que sur l’héritage, la tromperie, l’abus de confiance et les manoeuvres crapuleuses, resserrement des liens sociaux (on a moins de scrupules à voler un inconnu qu’une connaissance), donner les moyens à chacun de vivre dignement, notamment par l’accès au monde du travail. En résumé, c’est établir une relation donnant-donnant entre la société et chaque individu, où chacun a des droits et des devoirs clairement établis. (exemple : La société a le devoir de fournir un travail ou les moyens de travailler, l’individu a le devoir de travailler en fonction de ses moyens)

    Evidemment, il est extrêmement rare qu’on puisse se passer d’un contrôle en fin de ligne / se passer d’un dispositif répressif.

    Ma comparaison avec un système industriel n’est pas tout à fait juste, car la répression joue aussi un rôle dissuasif ; mais ce rôle reste relativement faible : les criminels ne sont guère intimidés par le risque à prendre, ils considèrent surtout le gain potentiel. Le risque est parfois même un stimulant. D’ailleurs, statistiquement, les voleurs et les criminels sont très souvent perdants. Mais c’est comme le loto : on espère toujours gagner.

    Je n’ai pas de recettes miracles, mais traiter l’éducation à sa juste valeur, favoriser la justice sociale, diminuer les inégalités, favoriser les revenus du travail plutôt que le patrimoine et les revenus de la rente, sont des pistes qui semblent avoir marché si on fait des comparaisons historiques ou avec d’autres pays du monde. Mais il ne faut pas attendre de miracle. Le crime existera toujours. Seulement, à trop mettre l’accent sur la répression, on risque de faire du dommage à l’ensemble de la société : il n’y a qu’à voir le nombre incroyable de garde-à-vues aujourd’hui, sans aucun impact sur la délinquance !



  • VivreDifferent VivreDifferent 24 avril 2010 12:05

    Je ne suis pas d’accord avec vos arguments, exemple :

    - comparer la situation des banlieues entre aujourd’hui et les années 60-70, en indiquant comme seul paramètre variant l’origine géographique des populations, me semble plus que douteux : de nombreux autres facteurs ont changé depuis, notamment en termes d’image de la « banlieue », des logements HLM, ... et surtout la situation de l’emploi a changé ! De cités-dortoirs, les banlieues sont devenues des lieux de vie à temps plein, ce qui change tout.

    Par ailleurs, insister sur la responsabilité des malfaiteurs, c’est bien, mais en quoi ça fait avancer le schmilblick ? On propose quoi ? plus de répression ? Au Moyen-Age, on pendait les voleurs, et pourtant les risques d’être dépouillé et agressé étaient beaucoup plus élevés qu’aujourd’hui (sans compter un niveau de violence bien supérieur).

    Il me semble normal d’insister, dans un débat public, sur la responsabilité de la société. Ce n’est pas « victimiser » les malfaiteurs, mais comprendre qu’ils ont une histoire, développée dans un environnement particulier (au sens large : logement, emploi, culture, éducation...), et qu’agir sur cet environnement aura nécessairement un impact sur la violence en banlieue. Cela ne remet pas en cause la nécessité d’éduquer ses enfants correctement, mais il faut prendre conscience que tout est imbriqué : ainsi, permettre aux parents d’avoir de meilleures conditions de vie, aura nécessairement un impact sur l’éducation qu’ils donneront à leurs enfants, et sur leur crédibilité.

    La pauvreté n’est pas une excuse pour commettre des crimes, néanmoins une corrélation existe entre le niveau d’inégalité d’une société et son degré de violence. (je n’ai hélas plus les références des études qui ont montré cette corrélation, désolé)

    Cela dit, les réponses compassionnelles au(x) problème(s) des banlieues sont de mauvaises réponses, je pense. Il faut donner aux gens les moyens de s’en sortir honnêtement, les aider dans cette démarche ; à l’inverse, donner simplement des « aides » pour compenser l’exclusion sociale n’est qu’un pis-aller, pas une solution à long terme.



  • VivreDifferent VivreDifferent 16 avril 2010 13:06

    Je paye parce que je ne vis pas dans un pays libre, mais dans une dictature oligarchique, et que ce qu’on appelle « impôt » n’est en fait qu’un tribut envers la classe dominante, que je cède en échange d’un espace de liberté restreint.

    Un simple calcul de ce que l’Etat prélève sur la richesse que je produis (impots, taxes, cotisations sociales) par rapport à ce que je gagne (revenu net) montre un rapport d’environ 150%, pour un salaire qui équivaut au salaire moyen français (2000€ nets par mois). Soit 3 fois le bouclier fiscal. (mes revenus étant à 99% issus de mon salaire)

    Ma possibilité d’influer sur l’utilisation de ces prélèvements est dérisoire, mais leur montant représente la quasi-totalité de ce que je peux épargner une fois mes besoins de base satisfaits (logement, alimentation, déplacements). Autrement dit, l’Etat me dissuade fortement de choisir un mode de vie non conforme aux intérêts de la classe dominante. Les points retraite, l’assurance chômage, l’assurance maladie et la propriété (aussi limités que soient mes biens !) servent de carotte pour m’aliéner au système.

    Mais surtout, ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que la force du système repose sur son inertie. Il y aura toujours des consciences qui s’éveilleront, qui comprendront à quel point nous sommes menés comme des veaux. Mais le temps de faire ce constat, de comprendre le système, de trouver un moyen efficace de le changer, nous serons déjà vieux, sinon morts. Et le système restera en place, assis sur l’ignorance et la passivité des masses.

    Cela dit, nous pouvons adopter la devise du Prince d’Orange : « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ». Comme Sisyphe avec son rocher, nous pouvons continuer à porter notre révolte et lutter pour un monde meilleur.



  • VivreDifferent VivreDifferent 8 avril 2010 10:04

    Vous oubliez les Nocturnes, certainement les oeuvres les plus emblématiques de la sensibilité unique de Chopin. Je n’ai jamais rencontré de morceaux qui soulèvent d’émotions semblables.

    Son oeuvre est quasi exclusivement pour piano seul, en effet, mais en quoi cela le rend-il moins talentueux ? Il me semble que vous avez une approche trop technique de la création musicale. Quand à son inventivité, je ne vois guère de compositeur avant lui qui ait eu une approche plus singulière ni plus détachée de ses prédécesseurs ?

    Voir derrière le succès de Chopin un simple tapage médiatique me semble difficilement tenable comme position. Comment expliquer alors que des générations d’auditeurs l’écoutent depuis deux siècles (et qui souvent l’ont découvert par hasard) et que tant d’interprètes, amateurs ou professionnels, se soit passionné pour son oeuvre.

    Mais je dois reconnaître que je serais bien en mal d’expliquer ce qui fait le génie de Chopin. C’est simplement ce genre d’évidence émotionnelle comme seul en produit l’Art, une rencontre mystique avec l’âme de l’artiste. « Parce que c’était lui, parce que c’était moi », aurait dit Montaigne.



  • VivreDifferent VivreDifferent 8 avril 2010 08:57

    J’ai lu votre lien http://www.wikiberal.org/wiki/Acquis_sociaux, bel exemple de malhonnêteté intellectuelle : les lois progressistes sont certes toujours votées par le pouvoir en place (comment en serait-il autrement ?), ce qui explique que les libéraux du XIXe aient voté plus de ces lois que les socialistes. Du moins si on fait l’impasse de la Commune de Paris, seul instant où les socialistes ont eu le pouvoir. Mais je comprends que les libéraux souhaitent faire l’impasse sur cette histoire, étant donné qu’Adolphe Thiers, chef des libéraux de l’époque, a commis un véritable massacre, piétinant la démocratie en place, preuve que le libéralisme n’était déjà qu’une excuse pour justifier le capitalisme le plus sauvage. A part lâcher du lest, pour éviter une trop forte révolte populaire, et conserver ainsi l’essentiel du système, je ne vois pas trop ce que les libéraux ont fait pour les travailleurs.

    Sans la pression populaire et/ou de lobbys bien organisés, peu de lois en faveur des travailleurs auraient jamais été proposées et encore moins votées ! (Lire entre autres l’Histoire populaire des Etats-Unis d’Howard Zinn)

    ... et belle illustration de la dérive du libéralisme, passé en 2 siècles d’une défense de la liberté d’entreprendre face à un Etat corrompu qui monopolise les moyens de production de richesse, à la justification idéologique de la soumission des peuples au pouvoir en place, puisque le marché est infaillible et au-dessus de la démocratie...

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