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Accueil du site > Tribune Libre > Affaire Jacqueline Sauvage : le syndrome de la femme (ou de l’homme) (...)

Affaire Jacqueline Sauvage : le syndrome de la femme (ou de l’homme) battue

« Le chef d’œuvre de l’injustice, c’est de paraître juste sans l’être » (Platon, La République).

Le dénouement de l’affaire Sauvage a déjà été largement commenté dans toute la presse française, mais comme à son habitude dans ce genre de dossier clivant capable de faire le « buzz », le véritable fond de l’affaire a-t-il pour autant était évoqué avec toute la pertinence que la société civile aurait dû accorder à ce sujet ?

Il convient malheureusement de répondre négativement à cette question !

C’est pourquoi il convient d’y revenir quelque peu pour y voir plus clair dans cette affaire après que les émotions collectives de tous bords – qu’elle a suscitées et qui se sont exprimées – aient été dissipées.

Certes, nous pouvons nous perdre en conjectures et chercher les raisons de cet échec dans divers prétextes (je n’en cite ici que quelques-uns à titre indicatif) :

  • La propension de certains médias qui pour satisfaire aux exigences de l’audimat sont plus prompts à jeter de l’huile sur le feu et à manipuler les émotions du public plutôt qu’à présenter les faits de façon objective.
  • La méconnaissance de l’impact des violences conjugales intrafamiliales sur le psychisme du conjoint (femme ou homme) – ou celui des enfants –, comme l’affirme d’expérience l’avocate Isabelle Steyer dans un article paru sur l’Obs le 02 février 2016 : « Les magistrats, les avocats, les experts ne sont pas formés à la question des violences conjugales (intrafamiliales), ni à apprécier les rapports de domination et d’emprise, qui nécessitent une analyse plus fine de la légitime défense. »
  • L’impact délétère aux effets pervers d’une certaine « caste » qui propage l’ignorance de la réalité des violences conjugales intrafamiliales chez la grande majorité des experts formés aux conceptions d’un freudisme « orthodoxe » vouant un culte irraisonnable et inconsidéré au « tout intrapsychique » que les récentes découvertes en épigénétique – entre autres – viennent totalement invalider (sur l’épigénétique, voir l’excellente et courte présentation de Joël de Rosnay ; et sur la négation des violences familiales par une certaine psychanalyse « orthodoxe » : « Le mystère Freud : Freud Vs Racamier ou l’énigme de la perversion narcissique » qui présente un livre remarquable sur ce point écrit par deux sexologues psychanalystes, Le mystère Freud, psychanalyse et violence familiale de Maurice Hurni et Giovanna Stoll).
  • Les « maladresses » des avocats plaidant dans cette affaire, tant de l’avocat général que de ceux de la défense. Ces derniers, souhaitant sensibiliser l’opinion publique sur la problématique des violences conjugales intrafamiliales, invoquaient le « syndrome des femmes battues » sans avoir cité le moindre expert psychiatre à l’appui de cette thèse (et c’est là que le bât blesse, selon l’article, très technique toutefois, de Me Eolas, « De grâce… » paru sur son blog le 4 février 2016).
  • Etc.

Quel aurait dû être ce débat qui s’est perdu dans les méandres d’une contagion hystérique largement alimentée, que ce soit en attaque ou en défense, par une flopée d’interventions se noyant dans un salmigondis d’arguments sophistiques n’ayant pas d’autres but que d’exciter certains de nos plus bas instincts. Ce débat qui n’a finalement pas pu se tenir dans l’espace public, malgré tous les efforts de nombreux quotidiens, aurait dû être celui de la légitime défense « différée » que seul le syndrome de la femme (ou de l’homme) battue est en mesure d’expliquer. Loin d’être un « permis de tuer », comme on a pu l’entendre dans le réquisitoire de l’avocat général du procès d’appel, ce syndrome « est un ensemble de signes cliniques qui traduisent un état post-traumatique (c’est moi qui souligne) résultant de la violence subie sur une longue période. La personne souffrant de ce syndrome se sent piégée et développe une peur légitime d’être tuée (c’est moi qui souligne)[1]. »

Au Canada, c’est l’affaire Lavallée qui en 1990 a marqué un tournant décisif dans la prise en compte des violences conjugales intrafamiliales dans certains cas d’homicide. La Cour suprême du Canada a en effet reconnu comme défense légitime la preuve d’expert (c’est moi qui souligne) basée sur le syndrome de la femme battue (SFB). Dans une autre affaire de ce style, l’expert appelé à la barre décrit le syndrome de la femme battue « comme un tableau persistant qui s’intensifie avec l’accélération des gestes de violence causés par le conjoint abuseur. La femme victime d’abus se sent isolée et impuissante. Elle croit que son conjoint est tout-puissant et elle s’y soumet passivement. Ses perceptions sont restreintes, toutes ses énergies se concentrent sur des stratégies de survie à court terme. Elle est constamment en alerte face aux comportements de son conjoint et à ses moindres changements d’humeur. Dans un tel contexte, la femme en vient à développer une impuissance apprise (c’est moi qui souligne) qui ne lui permet plus de trouver des solutions pour sortir de la situation d’abus, par exemple en se réfugiant dans un centre pour femmes en difficulté, en laissant derrière elle le conjoint abuseur. Lorsque ces femmes en viennent à craindre pour leur vie, la seule solution envisageable devient alors de se défendre contre le conjoint avant que celui-ci les supprime. Il ne s’agit pas d’un choix délibéré ni d’un geste prémédité, la capacité de ces femmes de trouver des solutions plus adaptées étant nettement altérée par le perpétuel contexte de violence dans lequel elles ont vécu[2]. »

C’est sur la base de cette évolution dans le droit canadien que les avocates de Jacqueline Sauvage ont souhaité instruire le procès en appel. Intention louable s’il en est afin de mieux faire connaître la réalité du quotidien des personnes en proie aux violences conjugales intrafamiliales. Cependant, et je ne peux qu’être d’accord avec Me Eolas sur ce point lorsqu’il précise que « c’est là où le bât blesse », les avocates de Mme Sauvage n’ont pas cru bon de citer le moindre expert à l’appui de leur thèse. On est ici en droit de se demander quelle mouche a bien pu les piquer pour croire que les seules déclarations de Jacqueline Sauvage pourraient convaincre les magistrats et un jury de la légitime défense, « différée », de leur cliente (à écouter, c’est ici – intervention de Me Janine Bonnagiunta). Déclarations somme toute forcément confuses lorsque l’on connait l’impact des violences conjugales intrafamiliales sur la psyché humaine.

Mais si l’intention est louable, comme chacun sait, l’enfer est pavé de bonnes intentions et défendre une telle cause aux motifs évoqués lors de ce procès nécessitait d’autres éléments de preuve que la seule parole de l’accusée et des témoins de cette affaire.

Pour mieux comprendre ce dossier et la stratégie suivie par les avocates de Jacqueline Sauvage, ajoutons que dans le droit canadien, la légitime défense « différée » est reconnue aux personnes atteintes du syndrome de la femme (ou de l’homme) battue, SOUS LA CONDITION EXPRESSE de l’admissibilité de la preuve d’expert. C’est en cela que la Cour suprême du Canada a fondamentalement transformé la défense des femmes qui ont abattu leur conjoint (le cas inverse n’ayant pour l’heure jamais été traité par un tribunal).

Ainsi, lorsque les avocates de la défense ont opté pour plaider la légitime défense SANS citer le moindre expert psychiatre venant étayer cette thèse, c’est à vraiment se demander ce qui a bien pu leur passer par la tête.

Ceci est d’autant moins compréhensible que le syndrome de la femme battue est reconnu par la « bible » des troubles mentaux et des maladies psychiatriques, le DSM-IV, sous la rubrique « états de stress post-traumatique » ou ESPT (et non pas « état post-traumatique », un terme qui ne veut rien dire en psychotraumatologie), même s’il faut bien le dire, le DSM-IV a validé l’ESPT de niveau I, ou simple, mais pas encore ceux de niveaux II et III, ou complexe, qui semblent mieux correspondre à la description de ce syndrome.

Doit-on alors comprendre qu’il n’existe pas en France d’experts judiciaires susceptibles de poser ce genre de diagnostic ?

Ce serait une absurdité.

Les états de stress post-traumatique sont aujourd’hui bien documentés et il existe désormais des spécialistes du sujet un peu partout en France. Le premier diplôme de victimologie faisant référence à ces concepts a été créé en 1993 par le Dr Gérard Lopez et depuis, les formations diplômantes n’ont eu de cesse de se développer dans la plupart des universités françaises.

Dès lors, il serait intéressant de savoir pourquoi les avocates de la défense ont cru bon de pouvoir s’acquitter de la charge de la preuve.

À prendre le risque d’instrumentaliser une affaire pour la défense d’une cause – ce qui est à juste titre très mal vu dans le monde judiciaire au regard de l’indépendance de la justice –, autant le faire dans « les règles de l’art »… et avec d’infinies précautions. En tout état de cause, force est de reconnaître que ni l’une ni l’autre de ces simples mesures de bon sens n’ont été respectées. Et c’est quelque part une catastrophe, car Mes Bonaggiunta et Tomasini ont ainsi sacrifié une occasion unique de faire connaître au grand public le climat de terreur dans lequel vivent les personnes sous l’emprise d’un tyran domestique et de répondre à la question que tout le monde se pose, comme en témoigne la présidente du premier procès d’assise interrogeant à plusieurs reprises divers témoins : « On a affaire à cinq adultes, qui restent sous la coupe d’un bourreau. Comment est-ce que vous l’expliquez ? »

Aucune réponse à cette question essentielle n’a pu être fournie aux deux cours d’assises ayant jugé cette affaire alors qu’un simple diagnostic d’EPST, dont les traces sont visibles grâce à certaines expériences réalisées sous IRMf (voir la vidéo de l’article : « Perversion narcissique et traumatisme psychique – L’approche biologisante »), était à même de satisfaire l’interrogation légitime des magistrats et du jury. Or, en ne présentant pas de preuve d’expert d’un état de stress post-traumatique (ESPT), les avocates de la défense n’ont jamais été en mesure de convaincre la cour d’appel. Les jurés de Jacqueline Sauvage n’ont donc, de facto, jamais eu la possibilité de lui rendre une justice équitable. On peut ici parler de véritable fiasco, car les symptômes des ESPT méritent d’être connu de tout un chacun tant ils sont à même de nous faire comprendre pourquoi des individus, des groupes ou une population tout entière, se retrouvent en inhibition de l’action (impuissance apprise) – c’est-à-dire dans l’incapacité d’agir – face à des situations intolérables, voire impensables (cf. un article essentiel pour comprendre ce mécanisme et les ESPT : « Perversion narcissique et traumatisme psychique : l’approche biologisante » ; et surtout pour le cas qui nous intéresse ici « Quelle prise en charge pour les victimes de violences psychologiques »).

Par ailleurs, notre code pénal prévoit dans son article 122-1 que, bien que punissable, « N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. » Ce qui est très exactement le cas des personnes souffrant d’un ESPT. Cet article de loi ajoute également que : « Lorsque, après avis médical (c’est moi qui souligne), la juridiction considère que la nature du trouble le justifie, elle s’assure que la peine prononcée permette que le condamné fasse l’objet de soins adaptés à son état (c’est moi qui souligne). » Une mesure dont aurait dû bénéficier Jacqueline Sauvage et à laquelle elle n’a pas pu avoir accès en raison de la stratégie de défense, développée par ses avocates. Un pari certes très osé, mais raisonnablement défendable, SI ET SEULEMENT SI, un diagnostic d’ESPT avait pu être posé.

Toutes les polémiques dont les médias se sont emparés par la suite relèvent, initialement, de cette « grave faute de stratégie », qui ne consiste pas à plaider une « thèse très contestable de “légitime défense pour les femmes violentées” » (cf. « Jacqueline Sauvage : pour une “grâce totale” »), mais à l’avoir fait en escomptant pouvoir se dispenser de la preuve d’expert nécessaire à la reconnaissance de l’état de Jacqueline Sauvage, et ce, en totale contradiction avec les dispositions que prévoit le Code pénal dans son article 122-1.

C’est totalement fou… ubuesque, tant la ficelle, que personne n’a malheureusement relevée, était grosse, mais c’est ainsi que les choses se sont déroulées au grand dam de Jacqueline Sauvage, des victimes du fléau des violences conjugales intrafamiliales (femmes, hommes ET enfants), des institutions de la République, et au final, de la société civile tout entière.

Le résumé de toute cette histoire, c’est que les avocates de la défense ont opté pour le choix risqué de faire avancer la loi sur les violences conjugales intrafamiliales dans le cadre d’une affaire judiciaire, sans prendre toutes les garanties nécessaires pour atteindre cet objectif, alors que tous les éléments utiles à la réussite de cette entreprise étaient présents dans ce dossier. Il ne faut pas aller chercher plus loin « l’instrumentalisation des médias » et leur « emballement » qui s’en est suivi. Ce prolongement du procès d’appel en dehors de la sphère juridique s’est imposé pour rattraper les erreurs de débutantes qu’ont commises les avocates de la défense. C’est dans ce contexte qu’est intervenue la grâce présidentielle qui a tant fait polémique en raison de la politisation de ce dossier.

Et encore une fois, je persiste à dire que s’est une catastrophe, car au final, ce procès d’appel qui aurait pu – aurait dû – servir de jurisprudence, n’est venue qu’attiser les flammes de la discorde et raviver une guerre des sexes que je ne peux que déplorer dans cette lutte contre l’éradication de toute forme de violences.

Pour faire court et au final, qu’est-ce que le syndrome de la femme (ou de l’homme) battue ?

C’est tout simplement la transcription, un peu plus complexe dans le monde réel et sur l’homme, de l’expérience de la cage d’inhibition réalisée par Henri Laborit, ou pour les Anglo-saxons, de l’impuissance apprise de Martin Séligman.

Ceci dit et parce qu’il faut conclure, l’affaire Jacqueline Sauvage est l’exemple type d’une juste cause… bien mal défendue qui pourrait faire l’objet d’un petit traité sur « l’art et la manière de se tirer une balle dans le pied en dix leçons ». Ce dont ne peuvent que se réjouir toutes celles et tous ceux qui exercent un pouvoir coercitif sur un individu, un groupe, une institution ou… tout un peuple.

Philippe Vergnes

P. S. :

On pourra m’objecter à juste raison que si le diagnostic d’ESPT n’a pas pu être posé à l’encontre de Jacqueline Sauvage, c’est tout simplement parce qu’il n’existait pas. À vrai dire, et à la lecture des deux comptes rendus d’audience et des divers documents ci-joints (très nombreux), c’est quasiment improbable. Mais je reconnais qu’en l’absence de preuve médicale (cf. article 122-1 du Code pénal), les avocates de la défense ont donné le bâton pour se faire battre… c’est en cela que ce procès a été une catastrophe pour la cause des victimes de violences conjugales intrafamiliales incluant les femmes, les hommes ET surtout les enfants. Par ailleurs, les deux experts (un psychiatre et une psychologue) qui ont chacun rédigé un rapport sur Jacqueline Sauvage étaient absents lors du second procès d’assise et n’ont donc pas pu être interrogé (? ??). Pour parachever le tout, il est à noter également que Mes Bonaggiunta et Tomasini étaient les avocates de la défense de Mme Alexendra Lange qui, elle, et dans d’autres circonstances, mais toujours dans un climat de violences conjugales intrafamiliales, a été acquittée en mars 2012 sur la base de la légitime défense. Les avocats de la défense avaient alors en face d’elles un avocat général, M. Luc Frémiot, particulièrement au fait des conséquences psychologiques de ce type de violences. Ce qui est tout de même exceptionnel.

N. B. :

Je joins ci-dessous une liste non exhaustive des publications consultées d’après lesquelles je fonde l’opinion que je formule dans cet article. Toutefois, et malgré quelques recherches infructueuses, je n’ai pas pu avoir accès à la lecture des rapports psychiatriques qui m’auraient été fort utiles pour m’assurer de certains détails, comme cela m’a été possible de le faire pour l’affaire Romand présentée lors de mon article intitulé « Lie to me (suite) : de mythomanie en perversion narcissique ». Cette consultation m’aurait permis de valider certaines hypothèses que je ne peux partager ici faute de pouvoir les vérifier.

Les comptes rendus des deux procès d’assises : le premier et le second. (Documents essentiels dont la lecture est a minima indispensable pour se forger un avis.)

Articles écrits par des juristes :

La République du centre, du 01/12/2015 : « Procès de Jacqueline Sauvage : “Nous voulons faire reconnaître le syndrome de la femme battue” »

Figarovox, le 28/01/2016 : « Affaire Jacqueline Sauvage : “L’émotion ignorante et la compassion téléguidée !” »

Figarovox, le 29/01/2016 : « Affaire Sauvage : “Ne pas confondre justice et féminisme” »

L’Obs, le 02/02/2016 : « Affaire Sauvage : vers une légitime défense “différé” pour femmes battues ? »

Journal d’un avocat, Me Eolas, le 04/02/2016 : « De grâce… »

Causeur, le 12/08/2016 : « Jacqueline Sauvage, un procès très politique »

Causeur, le 29/12/2016 : « Jacqueline Sauvage graciée, libérée mais pas innocentée »

Causeur, le 02/01/2017 : « Jacqueline Sauvage : paysage après la bataille »

Causeur, le 10/01/2017 : « Jacqueline Sauvage : la tyrannie des minorités »

Articles écrits par des experts psychiatres ou psychosociologues :

The Conversation, le 16/10/2015 : « Violence conjugale : comment aller au-delà de l’intervention pénale »

Le Plus de l’Obs, le 31/01/2106 : « Jacqueline Sauvage graciée ? Les femmes victimes de violences ne sont pas assez protégées »

Causeur, le 08/02/20166 : « Revoir les conditions de la légitime défense »

The Conversation, le 09/12/2016 : « Affaire Jacqueline Sauvage : la justice démunie face aux femmes sous emprise de leurs conjoints »

Recherches scientifiques :

Sylvie Frigon et Louise Viau, « Les femmes condamnées pour homicide et l’Examen de la légitime défense (Rapport Ratushny) : portée juridique et sociale », revue Criminologie, Volume 33, n°1, printemps 2000, p. 97-119.

Anne-Marie Boisvert, « Légitime défense et “le syndrome de la femme battue” : R. c. Lavallée », McGill Law journal, 1991.

Livres de référence :

Sylvie Frigon, L’homicide conjugal au féminin, d’hier à aujourd’hui, éditions remue-ménage : Montréal, 2003.

Marianne Kédia, Aurore Sabouraud-Séguin et al., L’Aide-mémoire de psychotraumatologie en 45 notions clés, Dunod : Paris, 2008.

Onno Van Der Hart, Eliert R. S. Nijenhuis et Kathy Steele, Le soi hanté : Dissociation structurelle et traitement de la traumatisassions chronique, De Boeck : Bruxelles, 2010.

Vidéos et émissions radios :

Les émissions radios écoutées et les vidéos visionnées pour la rédaction de cet article sont trop nombreuses pour être listées (la seule entrée « Jacqueline Sauvage » sur You Tube renvoie à 10 500 résultats environ) :

RTL, le 27/11/2015, « L’affaire Jacqueline Sauvage ».

RTL, le 26/01/2016, « Faut-il gracier Jacqueline Sauvage ? ». (À recommander plus particulièrement, ne serait-ce que pour écouter l’intervention de l’avocat général du procès d’Alexandra Lange, M. Luc Frémiot, à la 26ième mn.)

LCI, le 29/01/2016, « À propos de Jacqueline Sauvage et de la grâce présidentielle ».

France 3 Centre-Val de Loire, le 29/11/2016, « L’affaire Jacqueline Sauvage ».

i-TELE, le 29/12/2016, « Jacqueline Sauvage : une représentante de magistrats atterrée par sa grâce ».

C à vous, le 01/02/2016, « Le cas Jacqueline Sauvage ».

C à vous, le 03/01/2017, « Jacqueline Sauvage, la grâce qui fait débat ».

Filmographie :

L’emprise (téléfilm), 2015. Synopsis : l’Emprise raconte le calvaire qu’a vécu Alexandra Lange.

Mon Roi (2015). Synopsis : Tony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l’histoire tumultueuse qu’elle a vécue avec Georgio. Pourquoi se sont-ils aimés ? Qui est réellement l’homme qu’elle a adoré ? Comment a-t-elle pu se soumettre à cette passion étouffante et destructrice ? Pour Tony c’est une difficile reconstruction qui commence désormais, un travail corporel qui lui permettra peut-être de définitivement se libérer…

Divers :

Question écrite n° 74957du député Hervé Féron à Mme la garde des sceaux, ministre de la justice.

« La lettre n° 16 : la légitime défense » du cabinet B&T.

Code pénal.


[1] Carrier, Michèle (2003), « L’homicide conjugal au féminin, le droit au masculin », sur le site Sisyphe.org. Consulté le 12 janvier 2016.

[2] Témoignage de la De Renée Roy au procès de Mme Linda Côté. Cité par Sylvie Frigon dans L’homicide conjugal au féminin, d’hier à aujourd’hui, Montréal (Québec) : éditions du remue-ménage, 2003, p. 67-68.


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161 réactions à cet article    


  • JL JL 19 janvier 2017 10:10
    Bonjour Philippe Vergnes, 
     
     « Le résumé de toute cette histoire, c’est que les avocates de la défense ont opté pour le choix risqué de faire avancer la loi sur les violences conjugales intrafamiliales dans le cadre d’une affaire judiciaire, sans prendre toutes les garanties nécessaires pour atteindre cet objectif, alors que tous les éléments utiles à la réussite de cette entreprise étaient présents dans ce dossier. »

    Les garanties nécessaires étaient présents dans ce dossier  ? Un peu plus haut, vous disiez le contraire !

    De fait, si la Défense de JS n’a pas présenté ces rapports d’experts, c’est probablement qu’aucun expert n’a rédigé de rapport d’ESPT. ce que d’ailleurs vous reconnaissez dans un post scriptum.
     
    Et si aucun rapport d’ESPT n’a été établi c’est vraisemblablement parce que les rôles respectifs du mari et de la femme, sans aucun doute conflictuels, ne le permettaient.

     Si bien que je suis en total désaccord avec votre conclusion. Pour moi, ce n’est pas une juste cause, bien au contraire. 
     
    Et si la Défense n’a pas pu abuser la Justice, en revanche elle a très bien su abuser l’opinion, la preuve étant votre article et tous ceux de Fergus sur ce sujet.

    • Philippe VERGNES 19 janvier 2017 11:01

      @ Bonjour JL,


      Il serait TRÈS utile pour la clarté des débats que lorsque vous CROYEZ débusquer une contradiction, vous puissiez en toute rigueur l’objectiver en citant les points qui, selon vous, vous semblent contradictoires. Ce serait la moindre des choses.

      Le fait qu’ « aucun rapport d’ESPT n’a été établi » en faveur de JS peut être expliqué par de nombreux facteurs.Un cumul de causes ou un enchaînement d’événements fortuits peuvent en être à l’origine. Si l’on suit cette piste en étudiant toutes les pièces du puzzle, il semblerait bien que ce soit cette dernière hypothèse qu’il faudrait raisonnablement privilégier dans cette affaire. Il ne faut pas oublier que ni l’expert psychiatre, ni la psychologue qui ont examiné JS ne se sont présentés au procès d’appel. En conséquence de quoi les avocates de la défense n’ont pas pu apporter d’avis contradictoire concernant ces rapports. Par ailleurs, très peu de professionnels étant formés à ce type d’expertise, il ne serait donc nullement étonnant que le psychiatre qui l’a examiné soit passé à côté du diagnostic, ce qui a nécessairement desservi l’accusée.

      Lorsque vous prétendez être en total désaccord avec la conclusion de quelqu’un, il serait toutefois préférable de vous assurez avoir bien compris ce que désigne, dans cet article, l’expression « juste cause ». Etes-vous en total désaccord avec la dénonciation des violences intrafamiliales qui concernent les femmes, les hommes ET surtout les enfants ?

      Étonnant !!!

    • JL JL 19 janvier 2017 12:15

      @Philippe VERGNES
       

       en effet, je me suis mal exprimé : c’est une juste cause bien sûr, mais desservie par un mauvais procès.
       
       Mais je suppose que les personnes qui sont vent debout dans cette affaire n’avaient pas beaucoup le choix. En effet, on ne trouve pas tous les jours une personne qui a tué son mari et qui est capable de se faire passer pour la victime.
       
       
       Argumenter sur ma « croyance » ? Il me semble l’avoir fait. Mais pour préciser, je devrais faire double emploi avec alinea avec laquelle je suis totalement d’accord.

    • La mouche du coche La mouche du coche 20 janvier 2017 07:01

      Il faut vraiment que nous soyons devenus une société sans cou.lles pour que nous approuvions un crime juste parce que c’est une femme qui le commet. Quelle sera la prochaine étape dans notre descente dans l’ignominie ? La pédophilie officialisée.


    • Philippe VERGNES 20 janvier 2017 07:50

      @ La mouche du coche,


      C’est vrai que pour « taper » sur des femmes (et même sur des « bambins », car ce sont les mêmes), il faut avoir beaucoup de « cou.lles » comme vous dîtes.

      Que vient faire là ce lien sur la pédophilie, sachant justement que les rares professionnels qui luttent contre les violences intrafamiliales sont les mêmes qui dénoncent les réseaux pédophiles ?

    • La mouche du coche La mouche du coche 21 janvier 2017 20:01

      @Philippe VERGNES
      Par contre quand une femme tue un homme, ça c’est super ! La féminisation des hommes est à son apogée. Un Trump français, vite !


    • alinea alinea 19 janvier 2017 10:30

      Je ne suis pas du tout convaincue par votre exposé ; en effet, vous ne mentionnez pas les quarante sept ans passés dans cette « ambiance », sans, au moins à ma connaissance, que l’état de santé de Jacqueline Sauvage se soit étiolé ; vous ne parlez pas, non plus, d’un comportement pourtant banal, de la violence physique masculine, comme réaction à la violence morale de la femme ; homme sous emprise qui frappe.. ; un peu comme les rats dans la dernière expérience de Laborit mentionnée dans la vidéo que vous donnez en lien.

      Ma conclusion fut donc qu’il y avait peu de chances de trouver en Jacqueline Sauvage, le syndrome de la femme battue.Que le meurtre donc ne relève pas de cette catégorie, et la seule explication que je lui ai trouvée, est que l’homme ( dont j’ai oublié le nom, tiens ! étrange ? Non il n’est jamais mentionné, lui a été tué mais c’est la femme la victime ?) lui avait ce jour-là annoncé qu’il la quittait.
      Tout ce que j’ai lu, et j’ai lu tout ce que j’ai trouvé, dans les témoignages des filles, le suicide du fils, tend à prouver que mon interprétation est la bonne, sauf à ignorer des données fondamentales qui n’auraient pas « fuité ».


      • Philippe VERGNES 19 janvier 2017 11:25

        @ bonjour alinea,


        Malheureusement dans cette affaire, le doute subsistera toujours en raison de la « preuve d’expert » qui manque à ce dossier.

        Effectivement, je ne parle pas de la violence physique masculine comme réaction d’un comportement normal à la violence morale de la femme (un cas qui existence bien évidemment et sûrement bien plus souvent qu’on ne le croit). Si je n’en parle pas, c’est que premièrement cela aurait beaucoup trop alourdi cet article, mais surtout que, deuxièmement, cette hypothèse n’a absolument pas été retenu par les deux présidentes des cours d’assises, par l’avocat général et par l’avocat de la partie civile lors du second procès qui reconnaissent TOUS la violence de Norbert Marot (il faut lire les comptes rendus d’audience, on ne parle pourtant que de lui). Il n’y avait donc pas lieu d’émettre une hypothèse qu’avait tout simplement rejeté les cours d’assise.

        Avez-vous une quelconque preuve de l’explication que vous lui trouvez ? Car cette interprétation n’est venue à l’idée d’aucun magistrat, jurés ou avocats présents lors des deux procès. Personne n’a évoqué ce point, même pas lors des auditions réalisées par les gendarmes au cours de l’instruction. Je ne dis pas qu’elle n’est pas valable, mais tout simplement peu probable dans ce cas. Si toutefois vous avez un document qui démontre le contraire ou tant à abonder dans votre sens, n’hésitez pas à me le communiquer.

      • alinea alinea 19 janvier 2017 11:59

        @Philippe VERGNES
        Je pense qu’il ne vient à l’idée de personne, parce que la base est, toujours : un bourreau/ une victime.
        Je réfute cette « vérité » ; non pas qu’au bout du compte il n’y ait pas de victimes, qu’il n’y ait pas de bourreaux, mais que simplement les relations se font toujours à deux, et que le tréfonds de la psyché de l’un et l’autre n’est jamais suffisamment ( peut-être impossible puisque méconnu ou inconnu des protagonistes eux-mêmes) étudié.
        Les juristes n’ont aucune - sauf talent particulier- formation dans le domaine de la psychologie ; et même les psy s’arrêtent souvent aux « apparences ».
        Pour ma part, c’est une intime conviction corroborée par de nombreux faits relatés dans ce que j’en ai lu.
        Le suicide du fils que tout le monde a vu comme une échappée au tout-pouvoir du père ; non ! le père aimait son fils, la boîte battait de l’aile, le père, violent avec celui-ci, ne l’était que parce qu’il aurait aimé un fils fort ( ce que lui-même n’était pas), il le boostait, et, au final, lui a trouvé une place dans une autre boîte. J’ai mis cette initiative du père sur le « dos » de la volonté du père de protéger son fils quand lui, ne serait plus là. Et j’ai même la conviction que le fils savait que son père l’aimait et qu’il s’est senti abandonné !
        Personne ne s’est posé la question, à ma connaissance, de la concordance des deux faits, sans lien d’évènements connus de l’un ( le fils) comme de l’autre ( la mère).
        Toute l’histoire de la mère, du père, de ce couple et de cette famille, s’éclaire à l’aune de cette interprétation. Sinon, elle reste un mystère !
        Vous avez lu comme moi, l’amour de cette femme pour cet homme ( je l’avais dans la peau), de son abandon du rôle maternel ( dixit ses filles), de sa chasse aux infidélités, et de la chasse tout court, de sa supériorité, morale, stratégique, intellectuelle évidente ( sans compter la différence de niveau social d’origine) de sa non répétition d’une situation infantile.
        Pour charger le père, tout le monde parle de viols à répétition, alors que ce qui est dit est : attouchements, une fois !!
        Comment voulez-vous que j’aie des preuves ?
        S’il y a une autre femme- ce qui semble probable- elle sortira peut-être de l’ombre un jour, quoique...à moins que les filles, à la mort de la mère apportent, d’une manière ou d’une autre, de l’eau à mon moulin !


      • alinea alinea 19 janvier 2017 12:09

        @Philippe VERGNES
        Je veux juste rajouter que je ne mets pas en doute que le père était une grosse brute qui n’avait guère d’autres moyens d’expression que boire et tabasser ; mais je rajoute que la mère semble avoir été une sacrée manipulatrice !!


      • JL JL 19 janvier 2017 12:20

        @alinea, bonjour,

         
        ’’ ... la mère semble avoir été une sacrée manipulatrice ! ’’
         
         Vu ses articles antérieurs, je trouve que la position de Philippe Vergnes dans cette affaire ne manque pas de m’étonner.


      • Philippe VERGNES 19 janvier 2017 12:33

        @ alinea,


        Je comprends votre raisonnement et vos explications, croyez bien que j’y ai aussi pensé et comme vous je déplore les zones d’ombres qui resterons toujours dans ce dossier. Des zones d’ombres d’autant plus néfastes qu’elles auraient pu être levées par une expertise d’un professionnel compétent. C’est en cela que je dis que cette affaire est une véritable catastrophe pour la dénonciation des violences intrafamiliales.

        Quoi que vous en pensiez, comme vous, je réfute l’idée qu’il y a toujours un bourreau / une victime, mais contrairement à vous, je ne me limite pas à l’analyser d’une situation duelle bourreau/victime. Dans une reconstitution, comme celle qu’il est nécessaire de faire lors de ce genre d’affaire, je tiens également compte des contraintes sociales et du regard d’autrui qui s’exercent sur tous les protagonistes. Autrement dit, j’ajoute une dimension à la façon dont le commun des mortels analysent ce genre de faits. On résume cela par le triptyque « bourreau/victime/spectateurs », ce qui ajoute un degré supérieur de complexité et demande beaucoup plus de rigueur dans l’interprétation des faits.

        Sur le père, ce que disent les comptes-rendus des procès - il faut être précis au delà des conneries qu’ont pu raconter les journalistes -, il a violé deux des trois filles - une fois - et commis des attouchement sur les trois. Quant au fils, selon les témoignages de deux de ses ex-compagnes qui ont connu l’ambiance familiale, il était constamment humilié et battu par le père tant et si bien qu’ils en venait souvent à se battre l’un contre l’autre.

        Sur la concordance des deux faits, le suicide du fils et le meurtre de la mère, il y a bien des questions à se poser en effet, mais elles sont d’ordre métaphysique, car JS ignorait le suicide de son fils au moment du meurtre de son mari. Elle a appris la nouvelle par les gendarmes au moment de son arrestation alors que le corps du fils venait d’être découvert par ses filles qui rendaient visite au frère pour le prévenir du drame qui s’était joué. Voilà très précisément ce qui ressort de l’enquête et des procès. Il n’y a pas eu de communication entre la mère et le fils entre le suicide de ce dernier et le meurtre du mari.


      • JL JL 19 janvier 2017 12:46

        @Philippe VERGNES
         

         ’’Sur la concordance des deux faits, le suicide du fils et le meurtre de la mère, ...’’
         
         Bien malin celui qui saura dire dans quel sens cette coïncidence - et non pas concordance, ne vous en déplaise -.

        Et il serait très présomptueux d’affirmer quelque chose sur ce sujet.

      • JL JL 19 janvier 2017 13:31


        @Philippe VERGNES
         
         ’’Sur la concordance des deux faits, le suicide du fils et le meurtre de la mère, ...’’
         
         Bien malin celui qui saura dire si cette coïncidence - et non pas concordance, ne vous en déplaise - et aussi, l’ignorance du fait, plaide en faveur ou accable la meurtrière.

        Et il serait très présomptueux d’affirmer quelque chose sur ce sujet. 

      • alanhorus alanhorus 19 janvier 2017 14:16

        Cette affaire est plus que louche.
        Le fils de norbert marrot qui mettait son père sur un piédestal se serait suicidé le 9 septembre et jacqueline sauvage affirme qu’elle n’en savait rien le 10 septembre quand elle décide d’assassiner son mari ?
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Jacqueline_Sauvage
        Une des anciennes compagnes du fils, qu’elle a quitté parce qu’il était devenu violent à son tour, raconte : « Pascal mettait son père sur un piédestal. Les choses finissaient souvent en violence. Une fois papy (Norbert) est arrivé et m’a frappée. Mamie et Pascal s’en sont mêlés. Ca finissait toujours en bagarre. Pascal quand il se battait avec son père, c’est quand il avait frappé sa mère ou moi. Sinon, les violences sur Pascal étaient plus morales que physiques. […] Norbert faisait tout pour détruire Pascal
        http://www.causeur.fr/jacqueline-sauvage-remise-gracieuse-hollande-36505.html/comment-page-1

        La personnalité de Madame Sauvage telle qu’elle a été cernée par les experts judiciaires et telle que l’instruction et les audiences l’ont fait apparaître n’est pas celle d’une femme soumise ayant tout enduré sans rien dire. Petite anecdote révélatrice ? Ayant appris il y a quelques années que son mari avait une maîtresse, son premier réflexe fut de se rendre chez la rivale pour la brutaliser, la courser en voiture, celle-ci ne trouvant son salut qu’en se réfugiant à la gendarmerie.

        Lorsque ses enfants ont quitté le domicile parental il y a 30 ans (!), son mari étant chauffeur-routier, c’est Jacqueline sauvage qui a voulu créer une entreprise et a demandé à ses enfants de venir y travailler. Sa progéniture a fini par la quitter sauf son fils, lequel s’est suicidé la veille du drame. Mais malgré la présentation biaisée qui est faite de cet épisode par les militants, Madame Sauvage n’a appris la nouvelle qu’après avoir abattu son mari. Le fils voulait-il échapper à l’emprise de son père ou à celle de sa mère ? La question reste entière.


        • alinea alinea 19 janvier 2017 14:56

          @alanhorus
          Comment imaginer qu’il voulait échapper à l’emprise de son père, justement ce jour-là, alors qu’il allait changer de boulot et bosser dans une boîte qui n’avait rien à voir avec ses parents ?


        • Philippe VERGNES 19 janvier 2017 15:01

          @ Bonjour alanhorus,


          Cette affaire présente en effet de nombreuses zones d’ombre et c’est en cela que je ne cesse de répéter qu’elle aura été une véritable catastrophe pour la défense de la cause - juste - qu’elle prétendait représenter.

          Il faut tout de même savoir que l’auteur de l’article paru sur le Causeur.fr est avocat et il a rédigé plusieurs billets sur le sujet, tous à charge contre JS. Il fait partie des liens que je communique dans mon article. En clair, dans cette affaire, cet auteur était très loin de l’objectivité que l’on aurait été en droit d’attendre d’un professionnel de la justice n’ayant pas participé au procès. Dans ses articles, il présente de façon mensongère plusieurs faits de cette affaire. Pour connaître la réalité des débats qui ont eu lieu lors de ce procès il faut lire les comptes rendus. Ce qu’il n’a manifestement pas fait. Les écrits de cet auteur sont donc à prendre avec beaucoup de précautions. Tout n’est pas dénué de sens dans ses propos, mais la présentation des faits tels qu’il les communique ne correspond pas à celle des débats qui ont eu lieu lors des procès. On peut donc en déduire que chez lui, l’émotionnel a pris le pas sur le rationnel.
          Je ne sais pas ce que vous comprenez de l’extrait que vous citez de la relation entre le fils, Pascal Marot et le père, Norbert Marot, mais il ressort du procès que Norbert Marot avait une attitude très destructrice envers toute sa famille et plus particulièrement envers son fils. En cela, les plaidoiries de l’avocat général et de l’avocat de la partie civile sont parfaitement claires. De même que les interventions des deux présidentes lors des deux procès d’assise. Encore une fois, il faut lire les comptes rendus communiqués en lien.

          Je ne sais pas ce que vous appelez « présentation biaisée qui est faite de cet épisode par les militants », pour me faire ma propre opinion, j’ai volontairement éludé tous les articles « pro » JS, pour ne me consacrer qu’aux articles de professionnels avocats (tous à charge à l’encontre de JS pour ceux que j’ai trouvés) et aux articles d’experts en psychotraumatologie et en psychosociologie en plus de la lecture des livres et du visionnage de vidéos citées (et bien plus encore). Je ne connais donc pas dans les détails le « storytelling » que l’on attribue aux militants.

          Pour être plus clair, comme je l’évoquais sur mon blog, dans ce genre d’affaire il existe trois configurations types qui peuvent entraîner ce genre d’actes : les relations de type névrosés/névrosés (le passage à l’acte est très rare dans ce cas-là), pervers/névrosés (cas le plus courant lors des violences intrafamiliales) et pervers/pervers (cas exceptionnel : que l’on pense aux récits des Tueurs nées, de l’affaire Dutroux ou de celle d’Outreau qui représentent des situations dans lesquelles sévissent des couples pervers). Dans ce dernier cas (pervers/pervers), le grand public en entend généralement parler pour le mal, non pas qu’ils s’infligent entre eux, mais qu’ils infligent à autrui. Cela n’est absolument pas le cas dans l’affaire JS, toutefois, en l’absence de « preuve d’expert », le doute persistera toujours. Je vous l’accorde !

          Et c’est en cela que l’on ne peut s’accommoder du résultat de ce procès.

        • Philippe VERGNES 19 janvier 2017 15:09

          @ alinea,


          Autre que le fait des « difficultés » de l’entreprise familiale, ce que vous dîtes-là en réponse à alanhorus n’apparaît pas dans les comptes-rendus des procès. Ce serait un point intéressant à creuser. Auriez-vous le souvenir d’un lien à me communiquer qui en rende compte ?

        • alinea alinea 19 janvier 2017 15:45

          @Philippe VERGNES
          Je ne l’ai pas inventé, c’est sûr !! mais comme je ne possède pas l’once d’une qualité de documentaliste ou autre procédurier, je ne saurais vous le dire. J’ai cherché, et mis en relation au fur et à mesure que je trouvais des infos, mais sans jamais penser à mettre en place des données effectives et classées.
          Je sais que cela fait partie des éléments qui ont fait déclic ; voir de quelle façon on peut le retrouver !


        • alinea alinea 19 janvier 2017 15:59

          @Philippe VERGNES
          Je pense que dire que la relation du père au fils est une relation destructrice, est une vue très ignorante des choses ! qu’elle le soit, celle-ci et celles avec la mère aussi, est probable, mais qu’elle soit voulue me paraît impossible.
          Que Clément Marot n’ait pas eu les moyens de booster son fils de manière positive, cela est évident, mais je suis convaincue que la volonté y était, j’irais jusqu’à dire qu’il portait en lui des espoirs de réalisation que lui-même n’avait pas eus. Je ne sais pas d’où me vient cette expérience, mais je sais, d’une part que l’amour violence est amour et, à un enfant, tient toute la place, mieux que le vide en tout cas, d’autre part qu’engueuler le gamin, le traiter de débile est, certes contreproductif pour le moins, mais jamais énoncé dans le but de détruire.
          cela me paraît absolument faux de dire qu’il y ait eu jalousie ou je ne sais quoi qui aurait donné la pulsion au père de détruire son fils ; comme je l’ai dit, je suis convaincue que le fils savait que le père l’aimait, ce qui n’était sans doute pas le cas de la mère !


        • Philippe VERGNES 19 janvier 2017 20:07

          @ alinea,


          Tant que vous jugerez cette affaire sur un plan affectif, vous serez sujette à des biais cognitifs et à des hypothèses basées sur des seuls préjugés. Tout le contraire de ce à quoi tant un procès d’assise.

          Mon propos dans cet article est bien différent. Je me refuse à être calife à la place du calife et ne propose aucune analyse personnelle des protagonistes de cette affaire (je n’ai pas établi de contre expertise psychiatrique). J’expose les faits tels qu’ils sont ressortis des témoignages lors de ce procès. J’explique également pourquoi cette affaire est une catastrophe pour la cause qu’elle était censée représenter. Et j’explique aussi que si manipulation il y a eu, elle ne peut provenir que des avocates de la défense qui pour cacher leurs « maladresses » ont, probablement instrumentaliser cette affaire afin de gagner un procès sur la scène publique, là où elles l’ont perdu dans les prétoires (par péché d’orgueil selon moi si l’on déroule le fil des événements qui ont précédé le second procès d’assise).

          Au lieu de cela, toutes les discussions sur cette affaire ont tourné autour du fait de prendre partie pour JS ou son mari, divisant encore un peu plus les français et alimentant une guerre des sexes totalement stérile, à mon sens. Autrement dit, un fait divers qui en fin de compte ne sert toujours que les mêmes intérêts : ceux des puissants et de ceux qui tirent avantage de la division du peuple.

          Je suis navré que vous ne le compreniez pas et que vous digressiez à ce point sur le fond de cet article tel qu’il est traité ici.

        • alinea alinea 19 janvier 2017 21:06

          @Philippe VERGNES
          Affectif ? Où ça ?
          Je me fous de la cause !! c’est une histoire d’humains, elle nous touche parce qu’elle est humaine, elle a à être étudiée pour ce qu’elle peut apporter de compréhension de l’humain.
          Rien d’affectif là-dedans, mais, je vous le concède, le volet judiciaire ne m’intéresse pas ; je sais, que la Justice n’a rien à voir avec l’humain !
          il n’est pas question de prendre parti, en tout cas pour moi, mais de comprendre ; je comprends si elle tue parce que l’homme à qui elle a sacrifié sa vie la quitte, je ne la comprends pas si elle tue, par hasard ce jour là, en même temps que son fils se suicide, parce qu’elle en a soudain ras le bol de quarante sept ans de cette vie là.
          Je n’aime pas les explications, approuvées par tous, et qui n’ont aucun sens ; je n’aime pas les gens qui jugent et qui voient le monde en gentils/méchants, bourreaux/victimes...
          je n’aime pas les gens qui se contentent de peu.


        • Philippe VERGNES 19 janvier 2017 22:01

          @ alinea,


          « Affectif ? Où ça ? »

          Dans toutes les interprétations que vous formulez en dehors du cadre juridique dans lequel elles ont été émises. C’est-à-dire en dehors des faits tels qu’ils ont été présentées lors de ces deux procès d’assise.

          Hannah Arendt exprimait très bien cette attitude dans son livre « La crise de la culture » : « La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. »

          Ne vous en déplaise, l’information sur les faits n’a pas été donnée par tous les articles que l’on peut lire sur le sujet. Seul les comptes rendus des procès s’y approchent au plus près pour nous permettre d’en juger, du point de vue des magistrats et des jurés présent lors des journées d’audience.

          Le volet judiciaire est tout aussi important à comprendre que le volet « humain », car la justice qui selon vous, « n’a rien à voir avec l’humain » est rendu par des humains. Il est donc tout aussi important pour moi de comprendre cette rationalité-là que celle dont vous vous revendiquez. C’est tenir compte d’un niveau tout autre niveau de réflexion que ceux auxquels vous réduisez vous-même cette affaire et les débats qui s’y déroulent. Comme je vous l’ai déjà précédemment écrit, c’est prendre en considération l’aspect trilogique bourreau/victime/spectateurs là où vous vous limitez vous-mêmes sur le seul plan « humain » qui seul trouve grâce à vos yeux.

          « Il n’est pas question de prendre parti, en tout cas pour moi, mais de comprendre ; je comprends si elle tue parce que l’homme à qui elle a sacrifié sa vie la quitte, je ne la comprends pas si elle tue, par hasard ce jour là, en même temps que son fils se suicide, parce qu’elle en a soudain ras le bol de quarante sept ans de cette vie là. »

          Justement, cela s’explique très bien par l’ESPT complexe ou chronique auquel je me réfère dans cet article. Si vous ne souhaitez pas sortir des sentiers battus pour « explorer » d’autres horizons conceptuels que ce de vos propres expériences (rationalité ontologique oblige, phénomène justement « pointé du doigt » par Le Gaïagénaire ci-dessus) ne venez pas reprochez à vos contradicteurs de le faire, car ce faisant vous pointez du doigt la paille dans l’œil du voisin tout en évitant soigneusement la poutre qu’il y a dans le votre.

          « Je n’aime pas les explications, approuvées par tous, et qui n’ont aucun sens... »

          Cela tombe bien, l’explication selon l’EPST complexe (ou chronique) n’a été approuvée par personne et elle est seule à même de répondre à la question que tout le monde se pose dans ce genre de dossier, à savoir comme je l’ai écris dans l’article : « Pourquoi elles (les femmes battues) ne partent pas. » Et cerise sur le gâteau, selon répond aussi à la question : « Pourquoi elles (elles femmes battues) tuent leur mari violent au bout de 47 ans de vie commune. »

          D’un point de vue scientifique, on en trouve même les traces sur un plan biologique au niveau génétique, physiologique et hormonal. Loin des spéculations d’une intime conviction que l’on sait dépendre d’une rationalité ontologique. ET C’EST CE QUE DEMANDE LA JUSTICE DES HOMMES !

          Les considérations subjectives, voire spirituelles que certains pourraient aussi invoquer, sont d’un tout autre domaine qui n’a strictement rien à voir avec des éléments de preuve à apporter lors d’un procès.

          A propos du sens des choses, vous devriez méditez sur l’excellente intervention du philosophe Charles Robin sur l’esprit critique.

          Il y aurait encore beaucoup à dire, mais je m’en dispense... vous n’aimez pas les gens qui se contentent de peu. (LOL !)

        • alinea alinea 19 janvier 2017 22:36

          @Philippe VERGNES
          Je ne dis pas le contraire, je dis que l’histoire du procès ne m’intéresse pas ! et je répète, rien d’affectif là dedans, l’humain n’est pas qu’affection !!!
          Je trouve que cette histoire, au niveau juridique, telle qu’elle se termine, est très bien ! elle a été jugée, à mon avis, justement, et l’élan populaire n’y ayant rien compris s’émeut et gagne une libération ; très bien !
          Mais le côté juridique ne nous apprendra rien car aucune histoire ne ressemble à une autre.
          Nous ne sommes pas là pour faire un procès, enfin il me semble, mais pour comprendre, entre autre pourquoi la justice ne peut rien faire de juste en ce domaine.
          La justice est froide, et le sang est chaud.
          Il n’y a aucune subjectivité de ma part, je ne prends pas parti, ce sont tous les autres qui prennent parti !


        • Le Gaïagénaire 19 janvier 2017 22:41

          alinea 19 janvier 21:06


          «  je comprends si elle tue parce que l’homme à qui elle a sacrifié sa vie la quitte »

          Expliquez-moi cela SVP



        • JL JL 19 janvier 2017 23:02

          @Le Gaïagénaire
           

           vous avez vraiment besoin qu’on vous explique ça ?
           
           Avez-vous oublié qu’il n’y a pas si longtemps, les crimes passionnels étaient quasiment pardonnés ?

        • Philippe VERGNES 19 janvier 2017 23:15

          @ alinea,


          Le côté juridique et son histoire, nous apprend une chose très importante à mes yeux : c’est pourquoi les gens se « frittent » entre eux en prenant partie, jouant par-là le jeu des dominants de ce monde, au lieu chercher le grain de sable qui a fait que la machine s’emballe.

          « Le diable est dans les détails » et dans se dossier, personne n’a relevé la monumentale bourde des avocates de la défense qui explique ensuite leur acharnement à instrumentaliser ce dossier pour le faire juger en place publique.

          Je vais même plus loin, si ce dossier avait été plaidé dans les règles de l’art, sans péché d’orgueil de la part des avocates de la défense et également sans bourde de l’avocat général, nous n’en n’aurions probablement jamais entendu parlé. C’est en cela, qu’il est aussi important de comprendre à quel niveau du rouage de la justice ça a dysfonctionné. Cela permettrait d’éviter à l’avenir que de telles erreurs puissent encore se reproduire.

          Après, il faudrait que je parle des différentes types de rationalité pour expliquer comment fonctionne la justice et pourquoi elle est parfois jugée « non-humaine ». Mais là, ni le temps, ni l’envie il faudrait que je retrouve mes notes sur cet autre aspect de la problématique. J’en ferais peut-être un billet un jour. Qui sait !

          Bien sûr qu’il y a subjectivité dans votre explication du passage à l’acte de JS. C’est bien là le problème pour la justice, je peux vous citer près d’une dizaine de raisons, toutes aussi valables les unes que les autres, qui expliquent ce passage à l’acte. D’où le fait, que je présente l’ESPT complexe qui est l’explication la plus scientifique, à l’heure actuelle, qui permette de comprendre ce passage à l’acte.

        • alinea alinea 19 janvier 2017 23:28

          @Philippe VERGNES
          J’aimerais bien les connaître, ces dix possibilités d’interprétation du passage à l’acte !
          mais en tout cas, celle qui a été retenue n’a ni queue ni tête !
          Je ne m’entête pas dans ma vision des choses, mais jusqu’à présent je n’ai rien lu qui m’en fasse m’en départir.
          L’histoire de la défense choisie par ces avocates est intéressante, dans leur manipulation du féminisme, mais c’est vrai que ce n’est pas à cela que je répondais !


        • alinea alinea 19 janvier 2017 23:45

          @Le Gaïagénaire
          si l’homme qui me torture depuis quarante sept ans, que je rêve de quitter depuis plus de trente ans sans oser le faire, m’annonce qu’il me quitte, ça me fout un coup ; mais j’ai de quoi vivre, j’ai mes amis ma famille, je digère le coup, soule soudain d’une liberté jamais vécue.
          Mais si l’homme que j’ai soutenu toute ma vie, envers et contre tous, qui me fracassait quand il était soûl, mais qui se réfugiait dans mon giron tout de suite après pour se faire pardonner, et me baisait comme j’aime, l’homme pour qui j’ai un peu laissé tomber mes gosses, l’homme que je possédais et qui me rendait enragée s’il me trompait, si au bout d’une vie, il rapplique et me dit : je te quitte, sur un ton que je sais vrai, d’abord, je me couche et dors, puis, me réveillant, sachant que c’est vrai qu’il partira... alors qu’il parte mais comme je le veux, et pour toujours, et pour personne d’autre.
          Ça vous va ?


        • Le Gaïagénaire 20 janvier 2017 02:40

          @alinea 19 janvier 23:45


          http://www.tvanouvelles.ca/2017/01/11/le-doc-mailloux-en-rajoute-a-denis-levesque

          Voici ce que dit le m^me psychiatre qui été l’expert qui a témoigné dans l’affaire Lavallée v R.

          Ça vous va ?

          Cordialement smiley


        • Le Gaïagénaire 20 janvier 2017 03:06

          @Le Gaïagénaire  20 janvier 02:43



          émission radio du 11 janvier 2017

          Vous aurez sans doute pris note Alinéa de l’attitude orgueilleuse et misandre de l’intervenante de l’association des maisons d’hébergement de femmes battues.

          Cordialement


        • Agafia Agafia 20 janvier 2017 03:38
          @alinea
          Que Clément Marot n’ait pas eu les moyens de booster son fils 

          Euh... Longtemps longtemps longtemps après que les poètes aient disparu (1544 quand même...) leurs chansons courent encore dans les rues....

          Bref... Pauvre Clément... Pourquoi le mêler à toute cette boue ?? smiley



        • alanhorus alanhorus 20 janvier 2017 07:43

          @Philippe VERGNES
          Je ne sais pas ce que vous comprenez de l’extrait que vous citez de la relation entre le fils, Pascal Marot et le père, Norbert Marot, mais il ressort du procès que Norbert Marot avait une attitude très destructrice envers toute sa famille
          Justement ils disent que ce serait à cause de l’image du père que pascal Marot se serait suicidé.Mais cela ne tient pas s’il admirait son père.
          Au vu de la réaction meurtrière de jacqueline sauvage et du fait que ses filles l’on fuit alors qu’elle a créer une entreprise ou elles travaillait on peut se demander si vraiment pascal Marot c’est vraiment suicidé ou bien s’il ne s’agirait pas d’un meurtre maquillé ?


        • Philippe VERGNES 20 janvier 2017 08:53

          @ alanhorus,


          Encore une fois, il faut s’en remettre aux audiences du procès. Les « qu’en dira-t-on » et les « on-dit » ne m’intéresse pas. Je vous livre ici le témoignage de l’une des ex-compagnes de Pascal Marot qui a été entendue au premier procès, le lundi 24 octobre 2014, entre 18h53 et 19h37 :

          Un témoin fait son entrée dans le tribunal. Elle a été la compagne de Pascal Marot.
          « Il n’y a pas eu de problème avec Madame Sauvage. C’était plus compliqué avec le père de Pascal. »
          A la barre, la femme fait état d’un épisode passé, où le couple a été contacté en pleine nuit après avoir été prévenu que le père de Pascal « courait après sa mère avec un fusil à la main ».
          « J’ai été progressivement acceptée par le père de Pascal lorsque je lui ai donné une petite fille puis un petit fils »
          C’est désormais avec des sanglots dans la voix que la femme parle de Jacqueline. Elle l’appelle « mamie’ avec affection... « C’est malheureux que ça soit elle qui ai fait ça »
          « Je ne peux pas dire que j’ai vu des choses, de la violence physique... J’en ai beaucoup entendu parler par Pascal... »
          La présidente : « Comment expliquer que Pascal n’ai jamais dénoncé cette violence ? »
          Le témoin : « Pascal avait peur, son père s’en prenait à tout le monde avec violence. »
          « C’est à cause de ce climat de violence que je me suis séparée de Pascal. Il était violent avec moi. »
          La présidente : « On a affaire à cinq adultes, qui restent sous la coupe d’un bourreau. Comment est-ce-que vous l’expliquez ? »
          Le témoin : « C’est un engrenage... Quand on est dedans... Je sais pas... J’ai réussi à partir. Mais je n’étais pas à la place de mamie. Elle était mariée avec Norbert. Je pense qu’elle l’aimait quand même, malgré tout ce qu’elle a subi »
          Le témoin : « L’alcool... Pascal voulait suivre son père. C’était un whisky, deux whisky... C’est avec l’alcool que la violence a commencé. »
          « Mamie était là pour apaiser les tensions »
          La voix déformée par l’émotion, le témoin poursuit : « Il y a six/sept ans... Il est tombé malade... On aurait dû se remettre ensemble avec Pascal... Il avait complètement changé. On se voyait tous les huit jours. Chaque fois qu’il avait besoin. Il ne buvait plus, mais avait toujours son impulsivité. »
          Avocate générale : « Vous avez vécu pendant six mois à côté de chez Jacqueline et Norbert Sauvage. Vous n’avez pas vu de violences ou de traces de coups sur celle que vous appelez “mamie” ? »
          Le témoin : « Non »
          Avocate générale : « Avez-vous eu connaissance du fait que Norbert Marot ai pu abuser de ses filles ? »
          Le témoin : « Très peu de temps avant le drame. Je ne savais pas exactement de quoi il était question. Pascal l’a évoqué. Si personne n’a causé, c’était pour mamie. »
          Avocat de la défense : « Quelle a été la cause de la décision prise par Pascal de se suicider ? »
          Le témoin : « Il a ouvert les yeux sur tout ce qui se passait, par rapport à tout ce qu’il a subi et fait subir. Ça a été un gros choc pour lui. Je ne suis pas arrivée assez vite pour lui. »
          Avocat de la défense : « Aviez-vous peur de Pascal ? »
          Le témoin : « Non, pas vraiment... Pascal m’a frappé lorsque j’étais enceinte. Ce jour-là j’ai cru que j’allais le tuer, mais ma petite sœur m’a empêché de commettre l’irréparable »
          La présidente signale au témoin qu’elle peut disposer. 

          A vous de vous faire votre opinion, mais l’admiration que Pascal aurait voué à son père, je ne l’ai retrouvé nulle part. Encore une « marque » de ce qu’il convient de nommer une hypothèse « subjective affective » dans laquelle cette affaire a baignée entraînant par là ce que l’on peut qualifier de « contagion hystérique ».


          Quant au suicide proprement dit, l’enquête de gendarmerie n’a émis aucun doute. Par ailleurs, et toujours selon cette enquête, ce suicide aurait eu lieu le matin (et non pas la veille comme on a pu le lire ici ou là) et JS n’était pas au courant au moment du meurtre de son mari. Ce sont les gendarmes qui lui ont appris la nouvelle lors de sa détention.

        • JL JL 20 janvier 2017 09:13

          @Le Gaïagénaire
           

           ’’Se « faire tapocher » peut « rapporter gros aux femmes », selon le Doc Mailloux’’
           
           Ces femmes-là sont à la cause des femmes ce que sont les fous de dieu terroristes à la cause des musulmans.

        • JL JL 20 janvier 2017 09:19

          @alanhorus
           

           Alanhorus : j’ai pensé la même chose que vous.
           
           Il m’est difficile de croire que la mère n’ait pas eu connaissance du suicide de son fils avant d’assassiner son mari, car il s’est passé plusieurs heures entre les deux décès.
           
           Aujourd’hui, les deux victimes de ce drame familial ne sont plus là pour donner leur version des faits : étrange, non ?
           
           Décidément, cette affaire est pourrie, et Hollande et tous ceux qui prétendent aujourd’hui donner des leçons à la Justice se sont décrédibilisés.

        • Philippe VERGNES 20 janvier 2017 09:25

          @ alinea,


          « J’aimerais bien les connaître, ces dix possibilités d’interprétation du passage à l’acte ! »

          Elles dépendent des théories de ceux qui les ont émises, et tout au long de l’histoire de la criminologie, il y en a eu temps et temps que je ne les ais jamais compté. Impossible de les connaître toutes : Les théories de la régulation du phénomène de la délinquance.

          « Mais en tout cas, celle qui a été retenue n’a ni queue ni tête ! »

          Ben justement, parlons-en de « celle qui a été retenue » qui « n’a ni queue ni tête » selon vous. Car tel est le fond de cet article duquel vous digressez pour vous « entêtez » dans votre vision des choses sans tenir compte du sujet que vous commentez.

          Et c’est bien parce que ce n’est pas à « cela » que vous répondiez que je vous reproche également d’être dans « l’affectif ». En effet, ce à quoi vous répondiez était de l’ordre d’une « expertise » psychiatrique, justement le point que je dénonce comme manquant dans la stratégie de défense des avocates de JS.

          Pour vous il s’agit de comprendre pourquoi JS est passée à l’acte (ce qui est hors sujet dans cet article), pour moi il s’agit de comprendre et d’expliquer les raisons qui ont poussé à faire de ce procès ce qu’il est devenu, car au final, c’est une affaire qui restera dans les anales comme un véritable camouflé infligé à la justice, ce qui ne pourrait, à court et moyen terme, que se retourner contre les véritables victimes des violences intrafamiliales (et comme toujours, en particulier les plus fragiles des personnes concernés, c’est-à-dire les enfants).

        • Philippe VERGNES 20 janvier 2017 09:43

          @ JL,


          Je suis bien d’accord avec vous sur ce point : « ... tous ceux qui prétendent aujourd’hui donner des leçons à la justice se sont décrédibilisés. »

          Et je dirais même que cette assertion reste également valable pour tous ceux qui refont le procès en remettant en cause l’autorité de la chose jugée.

          Cela englobe en fait autant de nombreux magistrats qui ont émis leur opinion dans cette affaire sans connaître le sujet et également de nombreux féministes, qui comme je l’explique dans cet article, ont bien mal défendu une juste cause.

        • JL JL 20 janvier 2017 10:17

          @Philippe VERGNES
           

           ’’ont bien mal défendu une juste cause.’’
           
           Je précise si cela est nécessaire.
           
           Par juste cause, j’entends :
           
          - la cause des femmes battues en particulier, mais aussi, la cause des personnes en situation de faiblesse et opprimées, maltraitées, en général (les vieux, dans les maisons de retraite) ;
           
          - mais pas du tout à ce que certains n’hésitent pas à appeler un permis de tuer : la légitime défense « différée » qui est une idée dangereuse.
           
           Une idée dangereuse qui risque de faire autant de victimes d’un coté comme de l’autre : il est inutile de donner aux paranoïaques de bonnes raisons d’avoir peur.

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