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Accueil du site > Tribune Libre > Ecole : témoignage d’un rescapé

Ecole : témoignage d’un rescapé

Je suis en terminale, j’ai bientôt 18 ans et j’ai eu envie à quelques mois de ma sortie du système scolaire secondaire (dans lequel je n’étais pas trop mal à l’aise) de donner un petit témoignage, vu de l’intérieur, de cet ensemble dont la vocation n’est autre que de construire demain.

"

A quoi ça sert ?"

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu cette question dans les couloirs du lycée. C’est vrai qu’il est parfois aberrant de voir les formules ou les démonstrations que doivent retenir des élèves qui ne savent que très vaguement de quoi ils parlent. Bien sûr, l’une des fonctions de l’école est d’entraîner au travail, d’apprendre à raisonner, et pour cela toutes les occasions sont bonnes. Ce n’est tout de même pas une raison pour oublier de présenter aux jeunes le vrai monde dans lequel ils vivent. Comment donner envie de se lancer des défis, de penser aux métiers d’avenir si les grands problèmes (sociaux, scientifiques, philosophiques ou économiques) du siècle ne sont pas présentés ?

L’expérience est facile à réaliser, une ou deux minutes pour engager la conversation entre midi et deux et les doutes fusent :

Pour toi, les maths, ça sert à quoi ?

- « c’est un outil, un langage pour décrire le monde, les concepts. »

- « c’est pour apprendre la rigueur. »

- « ça sert aux ingénieurs »...

Utilises-tu ce que tu apprends en maths dans d’autres matières ?

- « en physique parfois on utilise certains cours de maths, sinon à part les bases pas vraiment. »

Des moments d’expérimentation

Bien entendu, les programmes sont déjà très chargés et une révolution complète de l’organisation de l’école n’est pas à l’ordre du jour, mais je pense qu’il n’est pas inintéressant de lancer un débat différent sur l’orientation : une orientation par problèmes et centres d’intérêts particuliers ne serait-elle pas plus efficace entre le collège et le lycée, que les gros blocs généralistes, incompris des élèves ? Rendre les élèves actifs dans ce processus est indispensable pour qu’après, ils soient concernés par le travail qu’ils fournissent. Le collège et même le lycée doivent être vus comme des moments d’expérimentation, d’exploration, avec possibilité d’essayer autre chose, d’approfondir et de revenir en arrière.

Le sujet est souvent abordé, le discours politique selon lequel l’école doit former des êtres équilibrés entre les lettres, les sciences, les arts, le sport... fait l’unanimité. Aussi, selon nos dirigeants, il faut introduire toutes ses activités sans modifier les programmes ni le nombre d’heures de cours ou la formation des enseignants. C’est assez absurde de vouloir tout faire et de ne pouvoir en fin de compte rien faire. Les comparaisons avec les autres pays développés comme celle publiée par l’OCDE : http://www.oecd.org/LongAbstract/0,2546,fr_2649_201185_36165299_119684_1_1_1,00.html(en) ne laissent pas de doutes : le système français a des lacunes, et ces lacunes ne pas dues à un moins bon niveau initial des profs ou des élèves. Moins d’heures de cours, plus de polyvalence, de liberté, de lien entre les matières et surtout un rapport au monde réel plus concret (en langue par exemple) sont des propositions (pas toujours budgétivores) à étudier.

Une cohérence presque jamais expliquée...

Il est aussi vrai, qu’à 14 ans, peu savent ce qui les intéresse vraiment, les parcours généralistes sont là pour le faire découvrir. Pourtant il semble bien que la cohérence des programmes soit de plus en plus oubliée au profit de journées qui s’apparentent à un « zapping » entre les matières. Je ne doute pas de la structure d’ensemble de nos programmes si savamment étudiés, mais je constate que malheureusement leur logique n’est presque jamais expliquée aux élèves. Ce n’est pas un problème très compliqué à résoudre, il suffirait de prendre un peu de temps pour dire : où on va, comment on y va et pourquoi les méthodes apprises peuvent être les bonnes.

Une ouverture d’esprit ne peut être efficace et donner envie de se passionner pour un sujet lorsqu’un seul des volets en est présenté. Il paraît impossible de faire la biologie sans aborder les problèmes éthiques, de faire de la physique sans présenter le volet économique et les enjeux de demain. C’est d’ailleurs ce Tout qui offre la possibilité de vraiment accrocher, non pas seulement un ou deux élèves, mais une classe entière dans laquelle chacun apprend à trouver sa place en fonction de ses centres d’intérêts. La spécialisation est positive en termes d’efficacité, mais pour conserver un pays jeune et ouvert elle ne doit en aucun cas prendre la forme d’œillères.

La France est encore peu touchée par des problèmes comme la *Théorie Créationniste, mais d’autres pays développés les subissent gravement, ne laissons pas à notre système la possibilité de telles dérives rétrogrades !

Petite phrase exemple, vraiment entendue qui veut dire beaucoup de choses : "On nous apprend à avoir de bonnes notes au bac pas à parler espagnol")

Absurde notre école ?

Certains iraient même plus loin et affirmeraient qu’une telle cohérence, dans des programmes si scolaires, ne convient malheureusement pas à la majorité des élèves. Cette affirmation est d’ailleurs loin d’être stupide : même sans aller jusqu’à devenir Rousseauiste en confiant chaque élève à un précepteur qui toute la journée l’amènerait en promenade et répondrait à ses questions (ébauche grossière de ce que le philosophe des Lumières conseille dans son Emile ou de l’éducation) il est évident que pour beaucoup de jeunes des parcours moins linéaires et moins séquestrés dans des salles de cours induiraient vite une dépendance au savoir. Faudrait-il alors deux systèmes de parcours ? Un pour les bons élèves qui ont tout compris au système, un autre pour ceux qui sont plus à l’aise dans des secteurs différents (manuels...)  : l’idée n’est peut-être pas si absurde...

L’incitation à la réflexion personnelle

Un autre ingrédient à apporter à cette cohérence de l’éducation est l’incitation à la réflexion personnelle. Il faut prolonger, un travail parfois initié par des matières comme la philo ou l’Histoire, ne pas hésiter à donner les moyens aux jeunes de se forger une opinion (bien plus constructive qu’une illusion ou une vérité toute faite) sur tous les sujets qui font débat aujourd’hui.

Ce ne serait en fait rien inventer, en effet, ce travail de synthèse a longtemps été permis par la religion. Certes les fins tout comme les moyens n’étaient peut-être pas les bons, mais, dans une Europe dont la société a reposé presque vingt siècles sur l’Eglise, on ne peut nier que la religion fournissait une logique. Lorsque l’école est devenue laïque, des grands courants de pensée ont essayé de combler ce vide : ils ont très vite été détournés par quelques esprits intéressés : c’est ce piège qu’il faut éviter. On retrouve en effet dans des cours de catéchisme une part de sociologie, la morale, une tentative de fournir des explications et des vérités, une importance des écrits, de l’Histoire et de la mise en forme... Ce peut être une piste à explorer aujourd’hui que de reprendre ce concept, d’y ajouter une liberté de ne pas être d’accord ainsi qu’une plus grande ouverture. (Et pourquoi pas des cours d’éducation laïque ?)

La forme est parfois oubliée

S’arrêter là serait tout aussi dangereux que de ne rien commencer, il est nécessaire de montrer comment présenter, mettre en forme et débattre tout point de vue nouvellement créé. La forme est trop souvent oubliée, négligée par les professeurs qui n’y voient qu’une perte de temps. Un symptôme de plus qui tend à prouver que l’école est détachée de la réalité. La société dans laquelle travailleront les jeunes d’aujourd’hui est une société où il faut savoir présenter et vendre.

La très "tendance" écologie est un excellent exemple de sujet actuel qui aura une importance non négligeable sur l’avenir des lycéens. Rappelons qu’il s’agit à l’origine de l’étude des interactions entre un organisme vivant et son milieu. Le cas particulier du rapport de l’Homme à la Terre fait couler beaucoup d’ancre ces mois-ci. Ce concept n’est pourtant pas nouveau, mais il a d’abord été réservé à quelques scientifiques alarmistes au début du XXe siècle puis est devenu la lubie de petits groupes d’originaux des années 70 avant d’être le phénomène de société que l’on connaît. L’écologie est aujourd’hui un sujet politique, médiatique et économique sur lequel on peut tout lire et tout entendre : autant dire un cas d’école pour apprendre à peser ses sources et à croiser ses infos. Ainsi outre la simple étude que l’on peut mener en biologie sur les liens existant entre les activités humaines et l’environnement, on peut parler d’écologie en éco, en histoire-géo, en philo, en maths même avec l’étude de statistiques. Je ne dis pas que le sujet est totalement absent de ces cours, mais malheureusement il n’est jamais traité de manière organisée entre les matières.

Un chantier colossal ?

Tout cela semble un chantier colossal, mais n’en est par forcément un, des petits exercices, un encouragement des profs à aborder d’autres sujets (qui les intéresseraient souvent plus que la lecture en boucle de cours figés) ou à les aborder différemment peuvent déjà changer beaucoup.

Les élèves sont aussi à placer au centre de cette réflexion et de cette organisation, les rendre actifs en leur proposant par exemple plus d’exposés ou de projets qui les captivent tout en allégeant les programmes des cours presque magistraux, ne peut que les aider.

Notre système possède déjà de bonnes bases, des outils avec de gros potentiels existent (IDD, TPE, parcours pros...). Reste à les faire découvrir, à les exploiter et surtout à montrer qu’on le fait, en récompensant les meilleurs projets, en y associant les entreprises. Une belle vitrine est aussi indispensable et plus très difficile à créer avec des outils comme internet. De l’inspiration est aussi à chercher à l’étranger non pas pour copier des modèles, mais pour les adapter et pourquoi pas en partager.

Un exemple pour fournir la matière à un pareil challenge de la réflexion peut être l’exercice de la revue de presse. Je pense d’abord à un balayage fréquent des grands journaux ou des sites internet, c’est facilement envisageable dans des cours comme l’histoire-géographie ou l’économie. Mais il est aussi possible de choisir un article d’actualité et de l’étudier un peu plus en détail. Encore mieux choisir un document d’actualité pour les cours de langue. Dans le même esprit, il faut comprendre qu’apprendre à discerner l’objectivité d’un texte ou à analyser ses procédés argumentatifs est quelque chose d’utile non seulement avec des pièces de Molière, mais aussi avec des positions contemporaines. Sur la même ligne, de tels exercices permettent de dégager les concepts d’échelles de temps et d’espace.

L’art et la culture

L’art et la culture aussi sont des domaines trop oubliés de l’école ou alors trop marginalisés. Certains élèves ont des capacités voire des talents que les profs obnubilés par les matières scolaires ne soupçonnent même pas. C’est dommage qu’un ado se sente dévalorisé parce qu’il a des difficultés en maths s’il peint comme Picasso ou s’il joue du violon comme un pro. Ces facettes cachées doivent être mises en lumière par l’organisation de sorties ou même par la mise en place dans les couloirs, les CDI, les lieux de vie d’expos.

Un petit exemple d’une action de la sorte, dans mon lycée du Sud de la France : voilà deux ans que l’un de nos professeurs, très impliqué dans la vie de l’établissement, organise à l’approche des vacances de Noël un concert :

C’est un concert de musique plutôt classique pour tous ceux qui pratiquent un instrument, concert auquel peut assister tout le personnel pédagogique, les élèves et les parents. En donnant la possibilité à d’autres talents, que ceux qui consistent à savoir remplir un tableau d’avancement (sic), de s’exprimer, il permet à certains élèves de donner une image différente au sein même de l’école et parfois même de contrebalancer une période de conseil de classe pas toujours agréable.

Il y a toujours des enseignants motivés prêt à orchestrer des événements comme des concerts, mais aussi pourquoi pas des compétitions de débats à l’américaine ou tout un tas d’autres actions...

Lancer le débat, mais aussi donner la volonté et des petites idées comme celles-là sont des choses déjà très importantes dans notre pays si connu pour ses grands discours trop rarement transformés en actes efficaces.

Pour stimuler ces petits changements qui pourraient être si bénéfiques pourquoi ne pas jouer : un petit concours récompensant non pas la meilleure initiative, mais disons l’année scolaire la plus cohérente serait une bonne "carotte" pour pas mal d’établissements... si c’est encore le seul moyen efficace...


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23 réactions à cet article    


  • Vincent 15 février 2008 14:03

    Article intéressant, pourquoi l’intitulez-vous rescapé, vous ne semblez pas en perdition au contraire il me semble que vous êtes mûr.

     

    Si vous ne savez pas quoi faire, que vous avez le niveau et que vous êtes courageux je vous conseille une prépa (plutôt orientée math/phys que littéraire), c’est encore la meilleures façon de retarder votre orientation en gardant un maximum d’ouverture pour l’avenir.

     

    A la question que l’on se pose sans cesse tout au long de nos études : à quoi ça sert tous ces théorème, ces équations, vous y trouverez les réponses un peu plus tard, dans vos futur jobs, trop de gens en reste à la règle de trois, alors que beaucoup de système n’y répondent pas, mais pour dépasser ce stade de la linéarité, il faut comprendre d’autre systèmes et lois mathématiques qui ne sont enseignés que dans le supérieur.

     

    Ce n’est que tardivement et surtout grâce à la pédagogie exceptionnel d’un prof de centrale que j’ai pu mettre en relation certaines lois mathématiques avec des applications de tous les jours.

     

    Mais laissons de côté les maths rigides et quasi invariants au profit des sciences humaines, qui elles sont multiples, changeantes et donc passionnantes car sans cesse à réinventer et à améliorées.

     

    Contrairement aux sciences dites exactes pour lesquelles seuls quelques kraks en recherche fondamentales apportent de petites modifications tous les dix ans, les sciences humaines ou sociales évoluent continuellement, mais pour participer à ces évolution, un bagage de connaissance important est nécessaire,  sans celui-ci, les générations futures prennent le risque de réinventer l’eau chaude ou en d’autre terme, un oubli des échecs précédents, par manque d’apprentissage de nos jeune, risque à terme de les voir réapparaître.

     

    Ne dit-on pas que l’histoire se répète sans cesse, posez-vous la question pourquoi ?

    Je dirais qu’une des raison probable est que dans le cas d’une répétition nous avons oublié des fait antérieurs qui ont déjà provoquer les même conséquences.

     

    Aussi la prochaine fois que vous vous poserez la question : à quoi ça sert ?

     

    Dite-vous que dans le cas d’une science exacte, cela vous servira à comprendre les mécanismes en tous genre et à mieux les appréhender.

     

    Dans les autres cas, cela vous servira à ne pas reproduire les erreurs de vos aînés.

     


    • 5A3N5D 15 février 2008 14:29

       @ l’auteur

      "On retrouve en effet dans des cours de catéchisme une part de sociologie, la morale, une tentative de fournir des explications et des vérités, une importance des écrits, de l’Histoire et de la mise en forme..."

      Ebé ! Faire de l’Histoire ou de la sociologie à partir de la Bible, il fallait l’inventer ! Je ne parle même pas de la "morale" ni des "vérités" du cathéchisme. On croit rêver !

      "La société dans laquelle travailleront les jeunes d’aujourd’hui est une société où il faut savoir présenter et vendre."

      Donc, privilégions un enseignement "pragmatique", utilitaire. Fallait y penser !

      "on peut parler d’écologie en éco, en histoire-géo, en philo, en maths même avec l’étude de statistiques."

      Absolument. Mais ce n’est là qu’un exemple de la possibilité de décloisonner les enseignements, et un exemple ne suffit pas pour établir une règle générale applicable à toutes les disciplines. De plus, le programme de maths ne se limite pas aux statistiques. Et avez-vous pensé au casse-tête de l’équipe éducative pour coordonner ses décloisonnements ? C’est très beau et très généreux sur le papier, y compris sur le papier du ministre, mais l’organisation est un peu plus compliquée.

      "Je ne dis pas que le sujet est totalement absent de ces cours, mais malheureusement il n’est jamais traité de manière organisée entre les matières."

      Ben voyons ! Le type d’enseignement que vous concevez est très bien décrit dans les programmes et instructions ministérielles pour l’école primaire. Quand on sait le nombre d’illéttrés que fabrique chaque année cette école, suivre cet exemple n’est certainement pas forcément pertinent : faire du français pendant les cours d’histoire-géographie, de sciences ou d’éducation artistique, c’est courir le risque que tout soit "abordé" sans jamais être appronfondi : on fait tout dans tout, et au final, rien n’est fait.

      "Les élèves sont aussi à placer au centre de cette réflexion et de cette organisation, les rendre actifs en leur proposant par exemple plus d’exposés ou de projets qui les captivent tout en allégeant les programmes des cours presque magistraux, ne peut que les aider."

      Vous avez mille fois raison : allégeons encore les programmes. De cette façon, seuls les apprenants qui auront les moyens de se payer de vrais cours survivront.

      "Encore mieux choisir un document d’actualité pour les cours de langue."

      Et un morceau de littérature de hall de gare sera bien suffisant pour apprendre le français. Vous êtes payé par le ministre de l’Education Nationale pour faire la promo de ses "idées" ?

      http://www.education.gouv.fr/bo/2007/hs5/default.htm

       

       


      • Dam’s 18 août 2008 01:56

        Il n’empêche qu’il n’y a pas mieux que des articles d’actualité pour les langues ...
        Je ne parle pas des autres reproches indus qui sont faits ici.


      • Dam’s 18 août 2008 02:06

        Je trouve cet article intéressant.
        Personnellement, je suis un grand partisan de la liberté pédagogique et de la moindre prescription des programmes scolaires. Les savoirs sont transmis de la meilleure manière lorsqu’ils sont réellement appropriés par l’enseignant, quand ils sont le fruits de son expérience et de son travail personnel de recherche et de réflexion et qu’ils sont rendus avec son style et sa pédagogie. En effet, tous les enseignants ont des manières différentes de procéder, ont des caractères et des spontanéités différentes et ne peuvent apporter la même chose à tous les petits français. Mais tant mieux ! Combien a-t-on d’enseignants dans une vie ? Bien assez pour se permettre une telle diversité de personnages et laisser s’exprimer cette diversité plutôt que d’essayer de standardiser la pédagogie pour des raisons qui ne tiennent pas (existent-elles d’ailleurs ? L’égalité ? ... mouarf ...).
        Bien sûr il faut fixer les grandes lignes des programmes et dire quels sont les fondamentaux à maîtriser dans les différents niveaux de scolarité, et je ne pense pas non plus qu’il faille alléger les semaines scolaires françaises. Il faut juste chercher à ne pas trop contraindre l’exercice de l’enseignant. Bien entendu, la question du dosage reste centrale et il est dur de dire ce que les programmes doivent dire ou non. Mais il faut garder à l’esprit cette élément clé qu’est la liberté pédagogique.

        Lorsqu’on se sent libre, on fait mieux les choses. On peut même y prendre goût ...


      • Saerovi Saerovi 15 février 2008 16:39

        Pour répondre simplement :

        il s’agit là de réflexion personnelles, d’un témoignage de ce qu’il me semble chaque jour de ma scolarité. Cet article n’a absolument pas la prétention d’être un catalogue de mesures ou un rapport détaillé mais plutôt celle d’entretenir un débat nécessaire car l’école est vitale pour notre société. J’ai mis le mot "rescapé dans le titre" justement parce à ce qu’on entend et lorsque l’on se met à se poser trop de questions il semblerait que bien s’adapter et réussir dans le système scolaire est un exploit, ce qui est je l’espère faux. 

        Je ne fais absolument pas l’apologie du ministre mais si en tant que témoignage je ne peux nier que cet article est surement influence par mes inclinaisons politiques (qui j’osent encore naïvement le croire ne sont pas juste PS ou UMP...) ainsi que par mon éducation et mes origines (un de mes parents étant professeur...).

        Quant au catéchisme, je dis juste qu’il essayait de fournir des valeurs, pas que c’était les bonnes, pas que c’était parfait juste qu’avant cela constituait un cadre qui est moins franc aujourd’hui. Loin de moi l’idée que certains de nos dirigeants auraient de revenir sur la laïcité, bien au contraire...

        Je suis tout de même content de voir que la discussion se lance vite, certains principes ne sont pas morts. De plus le commentaire de Vincent me laisse croire que j’ai réussi à être assez explicite étant donné que ça reformulation de certaines de mes questions me semble tout à fait correspondre (sur l’orientation en particulier, période difficile même si je sais que "le seul mauvais choix est l’abscence de choix" A.N)...


        • Mango Mango 15 février 2008 18:30

          J’avais bien saisi l’ironie du titre : ouf ! J’ai eu peur...

          Il va sans doute s’en trouver pour vous dire qu’enfant de prof, donc forcément privilégié, vous ne vous en êtes pas sorti grâce à votre intelligence, vos talents ou ceux de vos professeurs, mais parce que vous êtes fils de prof !

          Bon courage.


        • deniz 15 février 2008 16:49

          Pourquoi parler de "moins bons élèves" à propos de ceux qui pourraient choisir des métiers manuels ?

          Chaque jour la France perd une spécialité artisanale, un métier d’at, au contraire de l’Italie qui conserve précieusement toutes les techniques et le savoir-faire. Il faut 2 ans d’attente pour faire réparer un automate, 3 mois pour faire redorer des aiguilles d’horloge, les grands luthiers sont rarissimes, les ébénistes aussi etc..

          "Art-art-isan" : en Italie l’amalgame se fait tout naturellement, en France, si on ne tente pas le Bac (qui est vidé de son sens et de son utilité à force de ne pas choisir entre culture et pragmatisme) on se sent rabaissé, humilié, relégué dans les classes manuelles, l’horreur, la honte. Passe ton bac puis on verra ? Après, il n’y a souvent plus rien à voir, le dégoût de l’école, le sentiment d’échec, l’ignorance de tout ce qu’il y a de beau, d’utile... et de rentable dans les métiers manuels, la perte irrémédiable du temps de l’apprentissage, voilà quelques conséquences du gauchisme-caviar de Lang : "le bac pour tous" Et les grandes écoles pour les siens ?

          Quel gâchis !


          • Mango Mango 15 février 2008 18:22

            En tous les cas, l’école vous aura appris à écrire et à réfléchir : c’est déjà pas si mal , même si certaines de vos idées méritent de mûrir en se frottant de plus près à la réalité du monde.

            Cependant, vous en êtes concient.

            Bon vent !


            • Saerovi Saerovi 15 février 2008 18:36

              "Pourquoi parler de "moins bons élèves" à propos de ceux qui pourraient choisir des métiers manuels ?"

              parce que malheureusement c’est une idée trop répendue et pour connaitre pas mal de gens ayant très bien réussi avec des métiers manuels, je trouve que c’est faux, je n’ai peut être pas été très claire mais je partage votre opinion à ce propos Deniz, même si je ne connais pas très bien l’exemple de l’Italie.

               

              Et j’ai précisé que ma mère était prof dans mon commentaire non pas pour une des raison que vous mentionnez Mango mais pour signifier que dans mes impressions rentrait un autre point de vue, celui côté enseignant dont j’entend régulièrement les remarques à la maison.

               

              Sur ce je peux dire que je suis content de savoir lire et écrire (grâce à l’école) pour discuter de tout cela avec vous !


              • morice morice 15 février 2008 21:12

                 Bravo Sareovi pour cette analyse en inside job.


                • logic 15 février 2008 22:06

                  Article trés révélateur des carences de notre enseignement Il y a longtemps que je préconise que dès la 6ème on mette de temps nos jeunes ados en contact avec la nature 2heures par semaine pour qu’ils s’en imprègnent et puissent se poser les questions essentielles : Quelle est ma position en tant qu’etre humain au sein de cette faune de cette flore ....qu’est ce que je peux amener de positif et qu’est ce que je peux faire pour éviter de devenir parasite ou négatif

                   en effet à quoi cela sert d’apprendre l’astronomie la physique la médecine les maths la philo ... si ce n’est pas pour partager nos connaissances nos capacités et essayer d’amener sa propre pierre à la construction de la Société sur un plan professionnel certes mais aussi familial social .. ;

                  une vie équilibrée se compose d’une juste répartition entre son travail ses sentiments sa famille ses passions ses loisirs cad tout simplement de donner un sens à sa vie d’Homme parmi les Hommes Je ne vois pas d’autre solution pour construire nos jeunes et arréter de leur mettre une pression absolue basée uniquement sur la réussite scolaire ou materielle


                  • meeyu 15 février 2008 22:40

                    Hello

                    Je suis moi-même prof de SVT. J’ai fait ma première rentrée en tant que titulaire cette année, je n’a donc pas encore énormément d’expérience, cependant, il y a certains points de votre discours que je souhaite aborder.

                    Tout d’abord, en ce qui concerne le "sens" et l’élève "acteur", c’est quelque chose que l’on ne cesse de nous râbacher à l’iufm. Mes collègues et moi-même mettons souvent tout en oeuvre pour que nos élèves soient acteurs et que ce qu’ils apprennent ait un sens. Seulement, ce n’est pas toujours évident, nous n’y arrivons pas à chaque cours, c’est bien vrai. Tout comme il est vrai que rendre les élèves acteurs en permanence, leur demander sans cesse d’être attentifs et de réfléchir du matin au soir, ce n’est pas possible, il faut aussi des plages de cours magistraux, le plus dur étant de trouver le juste équilibre. De plus, ce changement dans la façon d’aborder les notions est assez récent, il a commencé en histoire-géo, s’est poursuivi en svt puis en physique-chimie et touche de plus en plus de matières (même les maths). Cependant, la formation de tous les enseignants ne peut pas se faire du jour au lendemain.

                    A quoi tout ce que j’ai appris à l’école m’a-t-il servi ? A avoir un bagage culturel que je n’aurais probablement pas autrement car je ne pense pas que j’aurais été ouvrir des bouquins d’histoire ou de maths pour le plaisir. Et ces cours de maths, de physiques et de chimie m’ont permis de réussir en fac, lorsque je me suis décidée pour une fac de bio.

                    L’intérêt d’un cursus généraliste ? Ne pas se fermer de porte (en plus d’avoir une culture générale). Comme beaucoup d’ados, je ne savais pas trop ce que je voulais vraiment faire plus tard, alors j’ai continué dans une voie généraliste jusqu’à ce que le hasard m’amène en fac de bio. Et je ne regrette rien, car j’aime énormément ce que je fais (même s’il m’a fallu attendre la fin de ma licence pour comprendre à quoi tout ce que j’avais appris jusqu’alors m’avait servi).

                    Le travail en équipe et les projets pédagogiques se développent de plus en plus dans les établissements, mais là encore, tout n’est pas possible. Monter un projet, seul ou en équipe, cela prend énormément de temps et un enseignant peut rarement s’investir dans plusieurs projets en simultané, surtout s’il est en poste sur plusieurs établissements et fait des heures sup.

                    Vos réflexions sont plutôt bonnes et sont dans l’air du temps. Cependant, tout ne peut pas changer du jour au lendemain, il faut laisser le temps au temps et toute modification de programme ou de nombres d’heures doit être étudiée avec attention avant d’être lancée car il y a énormément de choses que l’on pourrait changer, chacun ayant son idée sur les priorités de la primaire à la terminale (philo, informatique...)

                    Une dernière chose : les formations pour les élèves plutôt manuels existent, elles sont malheureusement souvent décriées, alors que les métiers artisanaux sont tout aussi nécessaires et valorisants que les métiers non manuels.

                    Bye

                     

                    PS : j’ai déjà été confrontée à des élèves créationnistes. Ce que je leur présente, c’est une vérité scientifique, prouvée, que je leur demande d’accepter comme telle. Si la démonstration scientifique de l’évolution ne peut les convaincre, au moins la connaissent-ils et pourront-ils y réfléchir. Le but du cours sera alors atteint : un prof ne délivre pas La vérité absolue mais une vérité qui peut amener à réfléchir ceux qui en ont une autre.


                    • grangeoisi grangeoisi 15 février 2008 23:03

                      Du vent ! Article bidon rédigé par je ne sais pas qui ! Une honte !


                      • ninou ninou 16 février 2008 04:27

                        Mea culpa. En ouvrant cet article je me suis dit : encore un gars qui va me dire que ce qu’il a appris ne lui sert à rien dans sa vie quotidienne. Mais non, en fait, tu nous prouves que l’école (bien qu’en te qualifiant toi-même de rescapé tu sous-entendes que tu t’es construit tout seul...malgré l’école !) dois bien viser non pas à une utilité pratique, et donc immédiatement lisible et compréhensible par les ’apprenants", mais plutôt à une formation intellectuelle qui vise à rendre l’être humain libre et responsable car conscient du monde (et tu sembles l’être !).

                        Les Maths, la littérature, la philosophie, l’art... sont là pour ça.

                        Si plus de citoyens pouvaient en avoir conscience, ils nous simplifieraient la tâche à nous, enseignants !

                        Personnellement je précise toujours à mes élèves en voie de décrochage qu’ils travaillent pour leur liberté future, et aussi "abstrait" que cela puisse paraître, l’argument porte !


                        • Leila Leila 16 février 2008 08:39

                          Article intéressant, si intéressant que j’y vois la patte d’un adulte. Parent ou professeur ?

                           

                          Ce n’est pas une critique.


                          • karpediem karpediem 16 février 2008 15:07

                             

                            en effet, en effet .... plutôt papa-maman ... ou plutôt le cher prof d’histoire ou de lettres .... ou votre voisin, ancien directeur : ne se cache-t-il pas un nègre voire un vieux singe derrière votre frimousse et vos analyses si complètes ?

                            Pour avoir passé des années avec des "Terminale" en philo — avec un cours qui se veut ouvert à la vie contemporaine et aux questionnements de notre XXI° — je n’ai curieusement croisé un phénomène tel que vous jeune homme ... mais - sans m’en plaindre - de vos contemporains n’ayant jamais ouvert un journal "d’adulte" ou suivi sérieusement un pb qui ne les concernera que lorsqu’ils seront "des vieux" dans 5 ou 7 ans : le travail, la politique, la guerre, le développement, la foi, l’art, l’éthique, la procréatique, la famille ... jusqu’alors, je n’ai côtoyé et corrigé que de gentils ignares bien attachants.

                            Alors d’autant plus puisqu’il faut vous croire honnête : un grand bravo à vous !

                            Essayez Sciences Po pour l’an prochain .... vous y trouverez d’autres pointures !

                            Handidier vers Marseille/Toulon

                             

                             

                             


                          • gnarf 16 février 2008 08:58

                            Et bien vous etes extremement bien formate par l’education nationale, comme je l’etais a votre age.

                            L’ecole n’a pas vocation a etre une nounou pour l’eleve. Il y a une vie en dehors de l’ecole.

                            Le defaut de l’ecole c’est deja d’en faire trop, et de noyer l’enseignement des fondamentaux dans un ocean de choses additionnelles. Si en plus vous rajoutez deux heures dans la nature, deux heures dans la culture, deux heures de bioethique, 2 heures d’economie de la physique.....ce sera encore pire.

                            Deja aujourd’hui, la journee d’ecole est beaucoup trop longue et empeche l’eleve d’avoir des activites LIBREMENT CHOISIES PAR LUI a l’exterieur. De ce fait, il est entierement passif devant la vie. Vous aurez beau expliquer l’interet de l’ecole pendant des heures, un eleve sera toujours plus motive par quelque-chose qu’il a choisi seul que par quelque-chose qu’il subit.

                            Dans les autres pays Europeens, l’ecole n’est pas chargee comme en France de tout faire. Bien souvent a 15 heures c’est termine. Ensuite, sport, musique, peinture...ce que vous voulez.

                            L’ecole Francaise ne fait plus rien de bien car elle veut en faire trop. Vous voudriez qu’elle en fasse plus encore ?


                            • meeyu 16 février 2008 18:59

                              Cher Gnarf

                              L’école en fait trop et ces pauvres petits n’ont plus le temps de rien faire en dehors... J’ai moi-même fait une terminale S il n’y a pas si longtemps de ça et j’ai trouvé le temps de faire de l’équitation, du piano, la chorale de russe du lycée (enrolée de force...), de la photo avec le club que j’avais contribué à créer au lycée, de sortir le samedi après-midi avec mes amis et ceux, en finissant les cours parfois à 18h.

                              L’année dernière, j’ai enseigné dans un lycée où les cours finissaient à 17h et les élèves n’avaient pas cours le samedi matin (sauf l’UNSS) car ils venaient en car de bien loin. Du coup, leurs journées étaient denses. J’avais des élèves qui pour beaucoup avaient de nombreusses activités extra-scolaire (danse, musique, sport...) et qui réussissaient leurs études. La majorité de mes élèves étaient dans des milieux socialement aisés. Au contraire, au collège, je vois des élèves qui finissent à 14h30 le mardi et qui ne savent pas quoi faire, ils vont traîner dehors en attendant que leurs parents rentrent du travail. Ces élèves sont dans des milieux socialement défavorisés. Leurs parents n’ont pas toujours les moyens financiers de leur offrir tout ce qu’ils aimeraient.

                              Finir les cours à 15H pour que les élèves mènent leur vie en dehors, pourquoi pas, mais encore faudrait-il leur offrir les moyens financier de pratiquer toutes ces activités extra-scolaire (et oui, sport et musique coûtent chers). Ou alors faudrait-il que les enseignants les assurent au sein de l’établissement ? Si oui, cela existe déjà (UNSS, orchestre scolaire, club astro, chorale...)

                              Les systèmes anglais, allemand, suédois... ne sont pas meilleurs que le français. Il y a certes des choses bonnes à prendre mais il faut faire attention à ne pas vouloir tout prendre en vrac, nos sociétés fonctionnent différemment et donc, nos écoles aussi.

                              PS : Je ne juge pas les parents d’élèves dans mon 2è paragraphe en disant que certains sont mieux que d’autres. Je souligne simplement le fait que du temps libre pour un ado qui n’a pas les moyens financiers de l’occupé, ce n’est pas constructif.


                            • Torvald 16 février 2008 11:13

                               

                              Grosse prise de tête sûrement légitime dans ces moments et dans cette époque.

                              exemple "La France est encore peu touchée par des problèmes comme la *Théorie Créationniste, mais d’autres pays développés les subissent gravement, ne laissons pas à notre système la possibilité de telles dérives rétrogrades"

                              Marronnier récurrent des medias, plus ou moins instrumentalisé (la notion, pas les medias qui eux, nous instrumentalisent nous) par le pouvoir.

                              Pas le temps d’entrer dans le détail, mais ceci est une grosse arnaque pour divertir le bon peuple. En réalité les présidents élus sont de bons comédiens surtout Reagan, puis dès le premier jour ils s’occupent de l’économie en toute priorité. "the economy, stupid !!!"

                              A part ça ne pas oublier d’exister par soi-même. 

                              Une proposition : dans le cadre "la haute administration parisienne et le désert français", Ryanair compense ce que n’a pas fait ou carrément démoli la technocratie. 

                              Un aller-retour Perpignan <-> Londres pour 26 eur TTC et on va se colleter avec d’autres réalités aussi instructives. 

                              C’est juste un exemple. Tomorrow an other day.

                               

                               


                              • Saerovi Saerovi 16 février 2008 11:48

                                C’est vrai que je n’ai rien dit de bien original et qu’il est toujours plus facile de dire que de faire : des profs qui essaient vraiment il y en a (et plus qu’on ne le croit), que l’école me donne une culture solide j’en suis conscient (Que serais-je sans ?), mais il y a toujours des moments de doute ou d’incompréhension pendant lesquels les questions affluent...

                                J’avoue trouver assez sympathique (pour un premier article) de voir que des personnes réagissent, c’est encourageant (je tiens d’ailleurs à m’excuser, ce n’est pas la faute de l’école si hier bien trop pressé de répondre j’ai taper vite des commentaires pleins de fautes, c’est inadmissible) ; Je tiens à préciser que j’ai écris ce témoignage seul mais que j’en ai parlé à pas mal de gens pour avoir des avis, des réflexions en plus ?


                                • karpediem karpediem 16 février 2008 15:17

                                   ah ah !... vous nous en dites plus et cela nous éclaire. Voici que vous avez su réfléchir et rédiger tout ceci en moins de qques heures ... ? Entre deux cours , probablement dans un bus ou sous la douche, et en toute humilité : quel brio ! 

                                  Cette fois-ci, votre orthographe/conjugaison déraille cependant : pas de chance. Comment analyser cette coquille pour le coup ?

                                  Re-re-Handidier (alias karpediem) ... qui s’étonne mais vous sourit ! 


                                • gbeuvelot 18 février 2008 08:23

                                  Bonjour à tous,

                                  Article intéressant !

                                  Pour redonner un peu sel aux têtes bondes, Philippe HAYAT a lancé en Novembre 2006 une initiative qui consiste à faire témoigner dans les écoles à partir de la 3ème des chefs d’entreprise.

                                  L’objectif transmettre la culture d’entreprise aux jeunes !

                                  Plus de 200 interventions ont d’ores et déjà été réalisées en Île de France dans les académies de Créteil, Paris et Versailles.

                                  L’acadélie de Lyon a démarré fin janvier 2008 ! Toulouse suivra en Avril et d’autres régions suivront en 2008.

                                  Pour plus d’informations www.100000entrepreneurs.com

                                   

                                   

                                   


                                  • ThatJazz ThatJazz 18 février 2008 15:31

                                    j’ai eu mon bac en juin 2004 soit il y a bientôt 4 ans, mais je viens de la filière littéraire. Que puis-je dire de ma première et de ma terminale ?

                                    -même si on était pas scientifique, je n’aurais eu rien contre le fait d’APPRENDRE au moins quelque chose en sciences, parce que refaire les pourcentages et verser de l’acide sur des bananes en chimie...ah et puis en bio j’ai appris aussi quelque chose d’essentiel : le savon ben ça lave les taches de graisse. Authentique. Autant dire que j’étais en coma dépassé pendant ces cours.

                                    - Le programme de lettres est extrèmement mal fait, on étudie beaucoup de périodes et de styles différents sous formes de "séquences" durant environ 3 semaines. Que ceux qui pensent pouvoir étudier Montaigne en 3 semaines lèvent la main. Résultat, 55 textes à apprendre pour le bac oral. Pour l’écrit, on vous a tellement appris pendant des année à "argumenter" au lieu de vous cultiver pour avoir un raisonnement qui tient la route que votre dissertation ressemble au mieux à un micro trottoir au café du commerce.

                                    -Le programme d’histoire, les guerres et histoires contemporaine, ça va, mis à part que l’épreuve d’étude de document vous permet de ne rien apprendre du tout mais de quand même assurer le 12 (c’est du vécu).

                                    -En terminale, la philo c’est aussi du zapping et de la parlote, à part quand vous avez la chance de tomber sur un professeur qui est un vrai philosophe. J’ai passé mes cours au fond de la classe entre la fenètre et le radiateur à écouter les commentaires des autres aussi spirituels que "ouais monsieur quand même c’est vachement bien la psychanalyse".

                                    -J’ai eu 11 en espagnol sans avoir compris le texte de l’épreuve.

                                     

                                    Et de toutes façons avec les consignes de correction, vous n’aurez jamais moins de 7/20 ce qui vous aidera à avoir le rattrapage. Et si vous avez un tant soit peu de culture générale, vous vous assurez la mention. Tout le monde est content, on a 125% de réussite au bac, et quand les gentils terminales pleins d’illusions arrivent en fac ou en prépas, ils redoublent, et s’enfoncent dans l’échec, alors qu’au lycée c’était si facile d’aller en cours à mi-temps mais d’avoir quand même 12 de moyenne.

                                    En définitive, il est urgent de réformer tout le système, au risque de se retrouver avec un système à la Ceaucescu ou on aura le bac sans même le passer.

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