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Ethers

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  • Ethers 4 mai 2010 14:27

    en tout cas, je suis bien content que Lucky Luke ait été expurgé de toute violence : qu’aurais-je lu à 8 ans sinon en plus d’Astérix et Tintin ?
    (je n’ai plus 8 ans, les versions non expurgées m’auraient intéressé il est vrai, mais que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir)
    De même, je rends grâce à John Ford et John Wayne pour leurs westerns un peu mièvres, mais, qui eux aussi, ont rythmé mes samedis soirs ou dimanches après-midi à 8-10 ans.

    Sur le fond, la citation de Joubert que vous prenez est intéressante mais pas complètement honnête car elle juxtapose deux sujets totalement différents : la qualité et la morale. Le lecteur ou le critique sont les seuls juges de la qualité d’une oeuvre, et en effet, l’Etat n’a en rien la compétence pour décider à leur place. En revanche, en ce qui concerne la morale, ça se discute. Je n’ai pas de conviction forte à ce sujet, mais je crois qu’il n’est pas inutile de laisser à l’Etat la possibilité d’interdire une œuvre ou d’en ordonner une modification qui serait jugée dangereuse pour l’ordre public, pour la cohésion sociale, pour la santé mentale des plus jeunes, etc. La grande difficulté étant évidemment, qu’il n’existe plus une seule et unique morale, et que même celle qui devrait être le dénominateur commun, la morale républicaine - très impregnée de catholicisme -, ne fait plus consensus. Du coup, tout jugement ne peut plus être considéré que comme arbitraire.



  • Ethers 4 mai 2010 13:56

    En ce qui concerne les logiciels, le développeur est tout de même salarié, non ? Par ailleurs, un logiciel est souvent l’œuvre de plusieurs personnes.
    Qu’est-ce qui empêche un développeur doué d’œuvrer pour son compte ? A priori plusieurs choses : 1. il n’a pas forcément idée des besoins des clients ou prospects pour lesquels il travaille (on ne peut être expert en tout...) et donc il ne saurait pas forcément dans quel sens orienter ses efforts ; 2. le travail salarié comporte un certain confort, car les lendemains sont à peu près assurés ; 3. il n’a que rarement le goût pour la commercialisation et la promotion de son travail, ni pour la gestion quotidienne de l’infrastructure qui supporte son travail - la compta, et tout ce genre de joyeusetés ; 4. il n’a pas forcément le goût pour l’adaptation de son œuvre à des conditions particulières (de faire de l’intégration, comme on dit...) ; etc.
    De ce poit de vue, je trouve les 35 dernières années d’IBM très intéressantes et révélatrices. Pour la faire courte, IBM a gagné beaucoup d’argent par la « création technique » (matériels, logiciels) jusqu’au milieu des années 80 environ. Dans cet IBM là, le « pouvoir » était détenu par les ingénieurs, qui étaient le moteur de la boîte, ceux qui faisaient qu’elle vivait si bien. Malheureusement, quelques mauvais choix ont été faits, y compris par les ingénieurs (par ex. IBM a mal estimé le fait que le matériel se standardisait, et que son avantage comparatif s’était à peu près annulé). A la fin des années 80 il a été question de démanteler IBM et de vendre en pièces détachées. Le redressement d’IBM dans les années 90 s’est opéré au prix d’un changement complet : IBM a très fortement accru la part des services dans ses activités (que ce soit par IBM Global Services - sa branche SSII + Conseil -, ou par l’accroissement des coûts des services experts autour de ses logiciels ou matériels. Ainsi, pour simplifier, les activités de service financent-elles les activités d’invention ! Les brevets et droits d’auteurs sur des produits informatiques, c’est essentiel, mais, dans ce monde, ils ne permettent pas à eux seuls de garantir des revenus suffisants.



  • Ethers 28 avril 2010 14:53

    Le changement serait justement qu’un pauvre comme vous n’aie plus l’ambition de vivre comme un bourgeois de l’ancien régime. L’espoir d’une croissance économique individuelle est d’une part le point commun de presque tous les individus composant nos sociétés, et d’autre part le fondement des dysfonctionnements de la société. Le très riche qui veut devenir encore plus riche n’a pas, lui, comme aspiration celle de vivre comme un bourgeois de l’ancien régime, mais celle de vivre comme le grand Moghol...



  • Ethers 27 avril 2010 13:52

    Je suis tout à fait d’accord avec vous : le passage à un régime présidentiel n’a pas été complètement préparé ni même complètement assumé. La décision de ramener le mandat à 5 ans a elle-même été conditionnée à l’opinion et à des plans sur la comète politico-politiciens...
    Il faut donc faire un choix : soit on revient à l’esprit de la constitution de 1958, soit on bascule complètement vers un régime présidentiel (la réforme constitutionnelle de 2008 trace plutôt la voie en ce sens), mais il faut alors l’assumer jusqu’au bout et prendre les quelques mesures ô combien nécessaires, telles que la suppression du 1er ministre dont le rôle et les responsabilités seraient alors institutionnellement portés par le PR, la non dissolubilité de l’Assemblée Nationale par le PR, un renforcement très significatif des pouvoirs de l’Assemblée, le décalage des élections du PR et de l’Assemblée afin de permettre à cette dernière de se reconstituer une légitimité propre, au lieu d’être comme aujourd’hui tributaire de l’élection présidentielle.

    Néanmoins, les Etats-Unis ont un pur régime présidentiel, et ils ne sont pas du tout épargnés par l’aspect com’ ; pas moins que les Anglais et leur régime parlementaire... Je ne crois pas le régime soit réellement en cause ! Il s’agit plutôt de l’intérêt réel des populations pour la chose publique : on s’intéresse volontiers au feuilleton ou au championnat politique, moins à au fond des choses - qui est technique et largement plus consensuel qu’on ne le pense. La faute est largement celle de la classe politique elle-même, celle de la presse, mais aussi la notre (et notamment notre prétention à croire que l’on peut avoir une opinion intelligente sur tout : c’est totalement faux).

    En ce qui concerne le retour à l’esprit de De Gaulle, je ne crois pas que le peuple français accepte un retour au mandat de 7 ans (ça sera vu comme une façon de s’accrocher à son siège, à ses privilèges, à la « soupe », aux ors de la République, etc.). Une solution serait peut-être de raccourcir d’un an le mandat de l’Assemblée (un mandat plus court serait trop court), mais de nombreuses difficultés restent à traiter.



  • Ethers 27 avril 2010 11:15

    Vous ne pouvez pas mettre dans le même sac les banques, les constructeurs automobiles et les compagnies du transport aérien : là où les premières affichaient avant la crise qu’elles ont largement contribué à faire exister, une santé éclatante, les autres ne vont pas très bien. EN ce qui concerne les compagnies aériennes, le trafic est en baisse, le prix du pétrole fait du yo-yo, les compagnies low-cost prennent une part croissante du gâteau. Le résultat, ce sont des compagnies qui ferment, et, au final, des emplois perdus (souvenez vous par exemple du feuilleton Air Littoral).
    La santé des compagnies aériennes va même bien au-delà de leur propre sort : la non-desserte pas une compagnie aérienne d’une ville touristique, c’est moins de touristes, et, là encore, des emplois perdus.
    Il ne faut pas tout mélanger, tous les secteurs économiques ne sont pas phagocytés par des gens avides, cupides et irresponsables, et certains secteurs économiques sont pourvoyeurs importants d’emplois.
    Ceci étant dit, je pense que ces divers épisodes où les Etats viennent au secours d’intérêts privés doivent faire réflechir à la façon de le faire à l’avenir. Aujourd’hui, ces apports d’argent frais ne sont pas très structurés, ils se règlent au cas par cas : il faudrait les institutionnaliser. Fixer les règles de fonctionnement de ces apports, définir les exigences de ce créancier particulier qu’est l’État (avant de venir pleurer, les entreprises sauront à quoi elles s’engagent), etc.

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