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  • ffi ffi 9 mars 2010 16:11

    Comment une science, qui est un savoir construit, donc reposant sur des axiomes implicites, pourrait-elle être considérée en capacité de valider / invalider une hypothèse ?

    Même le fait qu’une science soit qualifiée « d’exacte » n’y change rien. Ce terme est d’ailleurs très trompeur, si la science était exacte, il n’y aurait pas de recherche. Même les maths reposent sur des axiomes.

    Aucune science (ni exacte, ni humaine) ne peut apporter des preuves de la validité d’une hypothèse. Il faut préciser ce qu’est une preuve.

    La preuve que l’on obtient consiste en
    - « Oui, cette hypothèse est compatible avec les découvertes (les faits) »
    ou bien
    - « Non, cette hypothèse n’est pas compatible avec les découvertes (les faits) ».

    Une science étudiant l’homme est à placer au même rang que les sciences exactes, en ce qui concerne l’obtention de preuves, la seule différence c’est ce à quoi son étude s’applique : non pas à des objets inertes, mais à des sujets pensants. Il faut donc prendre en compte justement la pensée des hommes.

    Puisque l’on étudie l’être humain, il faut aussi prendre en compte son aspect créatif, c’est-à-dire que générations après générations, les hommes ne font pas que perpétuer les traditions, non, ils innovent, s’adaptent et modifient leur environnement. 

    Puisque l’on étudie l’être humain, il faut une certaine empathie, avoir la capacité de se mettre à la place des hommes d’une époque et imaginer ce qu’il auraient fait.

    Or un lieu stratégique est un un lieu stratégique, de tout temps.
    Toute civilisation va tenter de le contrôler. 

    Mont-Saint-Vincent est manifestement un emplacement stratégique, offrant 360° de panorama, riche en vestiges anciens alentours.

    N’est-ce pas vrai ? N’est-ce pas suffisant pour y fouiller ?

    N’est-ce pas d’une logique élémentaire ?



  • ffi ffi 9 mars 2010 05:11

    Du point de vue de l’archéologie, la démarche hypothético-déductive a du sens :
    Tel texte évoque Carthage, j’émets l’hypothèse de son emplacement, je fouille, je trouve des preuves.
    De même pour le Beuvray : Le nom ressemble à Bibracte, j’émets l’hypothèse que Bibracte y est situé, je fouille, je dois y trouver des preuves pour valider l’hypothèse. La recherche au Beuvray est justement le résultat d’une démarche hypothético-déductive... Lui refusez-vous toute validité ?

    Quant à ranger la linguistique dans les sciences humaines pour dénier toute nécessité de faire appel à la démarche hypothético-déductive, pendant que vous n’avez cessé d’argumenter sur l’infaillibilité de celle-ci et de son aspect « exact » pour pouvoir l’utiliser en tant que preuve, n’est-ce pas une contradiction insurmontable ?

    Selon vous, la linguistique est-elle une science exacte, ou bien une science humaine ?
    Peut-elle servir en tant que preuve définitive, ou bien seulement en tant qu’indice ?

    Il vous faudrait éclaircir ce point. De mon point de vue, la linguistique ne peut servir que d’indice, et jamais de preuve. Elle permet d’élaborer des hypothèses. Ces hypothèses peuvent aiguiller sur les lieux à fouiller. Les lieux fouillés apportent les preuves de la validité de l’hypothèse ou pas.

    Hormis la linguistique, d’autres considérations permettent de formuler des hypothèses.
    La science des lieux stratégiques en est une.

    Mont-Saint-Vincent est manifestement un emplacement stratégique, offrant 360° de panorama, riche en vestiges anciens alentours.

    Rien que cela me suffit pour soutenir la démarche de Mr Mourey.
    Peu m’importe en vérité que l’on y trouve des grecs, des celtes, des romains, des phéniciens. La réflexion basée sur des considérations stratégiques est une opinion valable et vraie.

    Ne trouvez-vous pas que vouloir fouiller en priorité les lieux stratégiques devrait faire partie de la logique élémentaire de tout archéologue ?



  • ffi ffi 8 mars 2010 23:26

    Budrugu,
    la démarche hyptothético-déductive est simple :
    J’émets une hypothèse, si celle-ci permet de trouver des preuves, alors elle est confirmée par les faits, sinon, elle ne l’est pas.

    Pour bien comprendre la méthode hypothético-déductive, je ne citerais qu’un exemple, la découverte de la pression.

    Pascal imagine : l’air pèse, il y a une pression athmosphérique.
    Il en déduit : Si tel est le cas, alors en altitude, le poids devrait être moindre.
    L’expérimentation a lieu au puy de dôme et les faits confirment cette hypothèse.

    Avez-vous apporté la preuve que Bibracte est au mont Beuvray ? Avez vous apporté la preuve que des cannanéens n’ont jamais débarqués en Gaule et fait souche ?

    Bien sûr que non !

    Pour ce faire, il n’y a qu’une façon : c’est fouiller le sol (en dehors des montagnes dénuées de toute civilisation).

    La démarche hypothético-déductive permet d’envisager des choses y compris que l’on ne croit pas :

    Si cela est vrai, alors je devrais avoir ceci. Or ceci est contredit par les faits, donc l’hypothèse est fausse.

    J’ajoute qu’il faut nécessairement que les faits soient de nature matérielle et non des spéculations linguistiques car la linguistique est un savoir construit donc non dénué d’hypothèses implicites. Puisque bâtie, pour les temps anciens, à partir des mêmes sources que les sources historiques, le faire expose à un certain risque de « de raisonnement circulaire »  :
    1°/ Assimiler comme indo-européens les peuples, pour construire à partir des sources historiques le vocable indo-européen primitif.
    2°/ Rechercher la cohérence des mots historique avec le vocable indo-européen primitif pour en déduire l’origine de tel peuple....

    Au final on obtient : assimiler comme indo-européens des peuples pour en déduire leurs origines indo-européennes !

    Je finirais avec cette paradoxe bien connu : Qu’est-ce qui a trompé ? L’intuition ou l’instruction ?

    Ce qui m’ennuit avec le Beuvray, c’est qu’il pompe tout l’argent de l’archéologie, alors qu’il n’y a toujours pas la moindre preuve qu’il s’agisse de l’emplacement de Bibracte. Beuvray n’est qu’un hypothèse. Or, par équité, il faut tester toutes les hypothèses.

    Donc je suis partisan de fouiller Mont-Saint-Vincent. Le fait que ce soit un emplacement stratégique, offrant 360° de panorama, riche en vestiges anciens me suffit amplement.

    Rien que cela me suffit pour soutenir la démarche de Mr Mourey.



  • ffi ffi 8 mars 2010 19:37

    S’il semble que la tête de Badrugu soit pleine, ce n’est pas de questions...



  • ffi ffi 8 mars 2010 18:38

    Si on se place au niveau des découvertes matérielles, Bibracte devrait être imaginée à Autun : sous Louis XIV, 3 dédicaces à la déesse Bibracte y ont été découvertes (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1990_num_134_3_14890). J’aurais tendance à pencher pour continuer de plancher sur cette hypothèse. Que le mont Beuvray (Bibracte) ait hérité du nom s’expliquerait par le fait que pour joindre Autun, en venant du Sud, de l’Est, du Nord ou de l’Ouest, il faut suivre la forme distinctive du mont Breuvray.

    Si je prends quelques Analogies :
    En Alsace, il y a le ballon de Gebwiller : mais la ville de Gebwiller est son pied.
    En Haute-Saône, il y a le ballon de Servance, mais la ville de Servance est à son pied.

    Une forme distinctive dans le paysage est dénommée du nom de la ville qu’elle permet de joindre.

    Maintenant, on peut admettre que les dédicaces aient été transportées à Autun, donc envisager d’autres hypothèses. Puisque, à ma connaissance, il n’y a pas de preuve formelle et définitive (inscriptions) qui aient été découvertes permettant d’assurer que le Beuvray soit le site de Bibracte, d’autres hypothèses sont également envisageables.

    Lorsqu’un officier - qui connaît la logique des installations stratégiques - pointe l’existence d’un promontoire, offrant un panorama à 360°, qui est le plus haut-point de la Bourgogne Sud, reconnu habité depuis des temps très anciens, fortifié, qu’il y a dans les alentours des églises qualifiés de "merveilles secrètes de la Bourgogne" (Gourdon) et qu’il propose d’y faire des fouilles, et bien je trouve cela une idée lumineuse. Il y aura forcément de choses à découvrir, même si ce ne sont pas celle escomptées.

    Mon problème avec le Beuvray, c’est surtout de voir la majeure partie des fonds de l’archéologie française orientés à fouiller un lieu désert, pour fonder un parc à touriste, avec des reconstitutions factices (Porte du Reboux).

    Je ne suis pas contre quelques fouilles au Beuvray, mais l’Archéologie ne saurait se désintéresser complètement des villages français, surtout lorsqu’ils sont sur des promontoires stratégiques.

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