@Doume65 Je ne suis pas un MacDo de la pensée : vous avez le droit de chercher votre propre menu. Identifier un problème là où tout le monde ne voit qu’une évidence, c’est déjà être sur la voie de l’évolution. Quant à la réponse sur le temps, elle en partie apportée par Ivan Illich (linké dans l’article) dans sa Société sans école. Des propositions, il y en a plein. Des résistances et de refus de changement aussi.
@Doume65 Comme je l’ai déjà écrit dans un autre commentaire, des alternatives existent déjà en partie, elles ont même été créées il y a pas mal de temps pour aider les recalés du système scolaire… et elles ont été très rapidement détournées au seul profit des classes supérieures via le bien commode barrage de l’argent : http://ecole-vivante.com/
Cela dit, ça ne change rien au problème de l’école à rallonge et à plein temps comme condition d’accès à l’âge adulte et surtout à une possible autonomie financière.
Faire de l’école un centre de ressources accessible tout au long de la vie nécessiterait de profondément repenser la société et ses fondements que nous n’interrogeons même plus, comme l’étanchéité des âges de la vie : on sépare très soigneusement les enfants des adultes et les adultes des vieux. Nos temps sociaux sont exclusifs : quand on travaille, notre corps, notre temps, appartiennent totalement à l’entreprise, alors qu’on pourrait envisager aussi un rapport au travail plus ouvert et fluide. On trouve aussi normal d’imposer des sous-salaires dérogatoires aux jeunes mineurs qui doivent travailler dans le cadre de leur éducation, parce que pour un sous-salaire, finalement, le travail des enfants, ça passe. Et plein d’autres choses sur les horaires monolithiques imposés : tout le monde doit arriver quelque part (plutôt au centre-ville) et en même temps (8h-9h) et on trouve super bizarre qu’aucune augmentation des infrastructures de transport suffisent à la tâche, etc.
L’école préproduit des normes d’enfermement dans le temps et l’espace qui sont caractéristiques de notre société de consommation et de production, et l’ensemble de ses normes contraignent le psychisme et la biologie des personnes jusqu’à l’insupportable (industrie des psychotropes et des dérèglements organiques induits).
@C BARRATIER L’école doit être nécessairement publique et accessible à tous, sans limitation d’âge, de diplôme et surtout de moyens. C’est ce qui se trouve à l’intérieur qui me préoccupe. Parce que publique ou privée, l’école dispense un cadre rigide de transmission des savoirs qui profite surtout aux enfants des classes favorisées, sans que cela ne dérange grand monde.
J’ai souvent remarqué aux réunions de parents d’élèves que la plupart ont conscience de rôle discriminant de l’école, de la compétition qui lui est inhérente et de sa forte sélectivité et ce qui les intéresse surtout, c’est que leur gamins à eux soient les mieux armés pour avoir les meilleures places de la course à l’échalote, pas que le système scolaire se pacifie pour offrir un maximum de possibilités à chaque gamin, quelle que soit la configuration de départ, y compris et surtout s’il a tiré les mauvaises cartes sociales.
Dire que débattre de l’école, c’est en vouloir la disparition pour servir les prétentions de domination de l’élite et de ségrégation des cul bénis, c’est assurément me faire un procès d’intention.
Mais refuser d’interroger les « évidences » d’un système qui participe autant à la reproduction des inégalités sociales, c’est finalement très bien s’en accommoder, non ?
@Claire29 Oui, c’est un gâchis immense de la ressource la plus limitée qui soit : votre temps de vie. Il y a peut-être des savoirs que vous n’étiez pas prête à recevoir à l’époque et qui vous apporteraient beaucoup aujourd’hui, d’autres qui vous auraient captivés mais n’étaient pas dans le paquet imposé. C’est la vraie question : qu’est-ce qui n’a pas marché pour vous ? Qu’aurait-il fallu pour transformer cette pénitence en expérience enrichissante ?
Après le Bac, j’ai voulu travailler. J’ai vécu pendant cette période des tas de choses nouvelles qui m’ont donné des clés et l’envie de reprendre des études pour apprendre des choses que je n’avais pas perçu jusqu’alors. Aujourd’hui, j’ai d’autres questions et assez peu de possibilités de pouvoir aller vers les connaissances supplémentaires dont j’ai besoin. C’est idiot.