Moi aussi je m’interroge sur le succès colossal d’une sympatique comédie qui n’avait sûrement pas vocation à devenir un phénomène de société.
Comment expliquer ces files d’attente interminables devant les cinés, le fait que des gens qu’on n’a pas vu aller en salle depuis 10 ans viennent en famille et reviennent et en redemandent encore ?
Que penser aussi des agressions verbales qu’ont subies des guichetiers de cinéma en annonçant qu’il n’y a vait plus de place, il faudrait revenir à la séance suivante ?
Que ce film est entré en résonnance avec quelque chose de bien plus profond qu’une simple envie de se marrer franchement...
C’est ce qu’il faudrait faire comprendre à l’ANPE et consors !
Bon, en résumé : qu’est-ce qu’on fait des pauvres dans ce pays, puis qu’on ne pourra en faire des propriétaires... ou seulement le temps d’être saisis par leur banque, ni des locataires, puisque même les loyers sont trop chers ?
Et pas possible de se rabattre sur les tentes, caravanes et autres yourtes, les municipalités leur font une chasse implacable.
Qu’est-ce qu’on fait des pauvres en matière de logement ?
Il ne faut jamais préjuger de rien : je suis locataire et pauvre (revenus du foyer dans les 10% les plus pauvres).
Oui, les loyers sont démentiels et j’en bave tous les mois pour payer les petits plaisirs de mon proprio et non, ça ne me fait pas plaisir. Mais il est mensonger de dire aux gens comme moi qu’ils peuvent devenir propriétaires en ce moment pour alléger leurs dépenses contraintes. Les prix actuels de l’immobilier sont très largement surévalués et les coûts de l’entretien et des mises aux normes hors de portée des ménages modestes.
Il y a des périodes dans les cycles immobiliers où même les pauvres (enfin, pas trop pauvres non plus, faut quand même avoir de l’argent pour l’entretien !) peuvent acheter un petit quelque chose sans se retrouver étranglés par les traites... et bien, ce n’est pas maintenant.
D’ailleurs, quand ton banquier te conseille quelque chose, quand tout le monde est d’accord sur un certain type d’investissement, c’est que clairement, le temps des bonnes affaires est révolu et qu’il faut trouver des gogos peu au fait du marché pour payer les plus values de ceux qui veulent à tout prix s’échapper d’un marché pourri.
C’est bien ce que j’écris : ces prix démentiels "vus à la télé" servent à positionner le curseur des prix immobiliers très haut dans la tête des spectateurs.