Si je puis me permettre, je vais laisser un lien vers un vieil article complémentaire au vôtre, puisque je m’intéresse plus à l’impact normatif du regard social sur le corps des femmes et la manière dont, comme vous l’avez si bien décrit, les régimes amplifient le problème.
J’avions pu comprendre que ces 10 dernières années, nous avions nettement plus fait de gosses que prévus.
Et les prévisions d’il y a 10 ans prévoyaient une baisse de la population active que nous attendons toujours.
Quand on voit la marge d’erreur sur 10 petites années, on ne peut que rigoler en pensant à la validité de prévisions s’étalant sur 2 ou 3 générations.
Donc, cette histoire de retraite est une pure question idéologique !
Tu en as peut-être marre de jouer ce jeu, mais hélas, je trouve qu’il y a bien des associatifs qui ont chaussé assez complaisamment les pantoufles de petits boutiquiers, et qui, sous couvert de faire du social, se comportent aujourd’hui comme les derniers des exploiteurs. Le nez visé sur les bilans comptables, toujours à la gamelle pour raffler les subventions qui se rarifient de plus en plus, ils sont devenus les fossoyeurs de cette solidarité qu’ils avaient pourtant contribuer à faire éclore. Le glissement s’est fait avec une telle progression que, comme la grenouille dans la casserole qui chauffe, ils ne se sont même pas sentis changés. C’est pathétique. Et cela aussi, c’est voulu.
Je comprends ton ras-le-bol, mais si tu jettes l’éponge, tu céderas encore plus de terrain aux charognards du secteur marchand qui lorgnent les proies les plus prometteuses pour les rendre rentables et finir ainsi le sombre travail de détricotage du lien social qui est à l’œuvre depuis quelques années.
Et à 48 ans, tu deviendras toi-même de la viande à contrats aidés...
Je ne doute pas de ta bonne foi et de celle de ta structure, mais arrêtons de nous raconter des histoires en nous gobergeant : aujourd’hui, la grande précarité peut toucher n’importe qui, y compris des gens qualifiés, avec expérience et qui n’ont pas forcément de problèmes psychologiques au physiques qui en font des boulets. Je serais moi-même éligible à l’un de ces merveilleux contrats aidés soit-disant pour les boulets et les bras cassés, si je ne m’étais empressée de me tirer de ce traquenard en créant ma propre activité.
Ce qui signifie que n’importe qui aurait pu se payer mes compétences, mon expérience, ma formation pour des clous ! Et là, je ne suis pas d’accord du tout. Sur le site Actu-chômage, au ceint duquel je continue de militer, il y a plein de gens volontaires, employables, qualifiés (voire très qualifiés) qui ne sont plus que de la chair à canon à bas prix. C’est un gâchis humain incommensurable qui est commis là.
J’ai aussi un cyberpote, une bête en informatique, un magicien de l’open source, qui croupit à l’ASS parce qu’il a plus de 40 ans et qu’on compte bien le faire bosser pour le prix d’un stagiaire.
Je veux bien que certaines structures jouent le jeu, emploient les gueules cassées du productivisme forcené, en tentant de leur rendre une dignité (enfin, avec un demi-SMIC pour vivre, tout est relatif !) et en les formant pour leur donner une meilleure chance, mais la vérité, c’est que tout ceci n’est devenu qu’un vaste marché de maquignons qui recherchent la meilleure bête à vil prix pour l’utiliser au maximum avant de la jeter et d’en phagocyter une autre.
Écraser le prix de la main d’œuvre, couler tout le monde en une masse informe et servile, voici l’objectif ! Le principe même de l’éloignement de l’emploi est une machine à nier, à déprécier les compétences, afin de pouvoir se les approprier sans ne plus avoir à les payer !