Faut pas tout mélanger.
On pourrait s’intéresser, par exemple à la manière dont l’argent publique est prélevé, afin de vérifier la manière dont l’effort est réparti. Déjà, rien que là, on se rend vite compte que c’est loin d’être chacun selon ses moyens, mais c’est plutôt chacun pour sa gueule et si t’es vraiment brindé de thunes, entre l’évasion fiscale et tes avocats fiscalistes, tu réussiras très bien à ne pas filer un fifrelin au Trésor Public.
Ensuite, on voit comment l’argent est réparti, et là aussi, on se rend compte que c’est rarement à chacun selon ses besoins... à moins d’admettre que certains ont vraiment de gros gros besoins.
D’un côté, on rogne le budget de la recherche fondamentale et souvent publique, parce que non rentable à court terme, de l’autre, on sert, au hasard, 60 milliard d’euros par an en subventions aux entreprises sous prétexte de les aider à créer de l’emploi... Vu les résultats, on aurait mieux fait de filer directos le blé aux chômeurs et c’est des tas de Téléthon pas cons qu’on pourrait se payer chaque année !
http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=1918
Voilà un témoignage (celui du gars démissionnaire du call center) qui gagnerait grandement à être largement diffusé !!!!
Sinon, je rappelle aussi que pour une somme plutôt modique, on peut obtenir l’affichage du numéro de téléphone de l’appelant sur son combiné. En cas de non-numéro, ne pas décrocher, c’est sûrement une entreprise démarcheuse.
Les petits veinards qui sont en téléphonie IP comme moi ont accès à ce service gratuitement et peuvent en plus demander à leur système de rejeter les appels anonymes : le correspondant est alors aiguillé vers un répondeur vocal qui l’encourage à afficher son numéro pour pouvoir me joindre. Problème du truc, des correspondants privés pas doués peuvent émettre sans le vouloir des appels non identifiés...
Ben oui Dominique, c’est vous qui résumez le mieux ma conclusion : « on passe notre temps à expliquer aux clients... » Parce que pour l’instant, mon vécu en entreprises (publiques ou privées !) et celui de mes potes semble démontrer qu’il va falloir beaucoup de pédagogie pour que le concept de management par la gentillesse et le respect fasse son chemin !
Faites un tour dans les boîtes dont je parle dans mon papier (call centers, fast bad food, supermarkets, que de mignons sobriquets anglo-saxons, d’ailleurs !) et voyez quel type de management y est en permanence appliqué. Employés au sifflet, employés clébards, employés jetables.
Un pays n’est pas une personne, ni même une société : il n’y a pas de terme échu à la dette, parce que par définition, un pays a une sorte de durée de vie illimitée.
L’amortissement des investissements d’un État ne se calculent pas de la même manière que pour le reste. Dernièrement, on a demandé à ma commune de calculer la durée d’amortissement de la réfection des fresques murales de l’église du bled. Eglise du 12ème siècle. Comment peut-on calculer cela ? Comment amortir une route nationale qui irrigue un bassin d’activité et lui permet de se développer. Ou d’une école, qui va produire des générations de gens bien formés ? Ou un pont qui va permettre la création de nouveaux circuits économiques ? Ou d’un hôpital qui va sauver ta vie, demain ?
Il rappelle dans le texte du ministre que ces emprunts ne servent pas à financer des investissements pour l’avenir, mais simplement à payer les frais de fonctionnement de l’Etat. En d’autres termes, c’est de l’argent jeté en l’air.
Qu’est-ce que les frais de fonctionnement ?
Les bagnoles de fonction des ministres ? Certes, et on peut arranger ça.
Mais aussi les salaires de l’Éducation Nationale : c’est sûr qu’éduquer les générations futures, c’est foutre de l’argent en l’air. Comme former puis payer les médecins qui vont te soigner, les infirmières et tous ces inutiles !
On n’aime pas payer l’impôt, mais on râle quand l’administration met trop de temps à fournir un passeport, une carte grise. Il faut aussi payer les gens qui gèrent les dossiers sécu, ce qui permet d’accéder encore à une santé bon marché.
Bref, l’État, c’est encore ce vaste édifice qui gère une bone part de la vie quotidienne de plus de 60 millions de personnes, du berceau au tombeau, et je suis loin de trouver cela inutile.