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Palmiers contre nucléaire

ICEDA, 5 lettres pour désigner une discrète construction censée recevoir des déchets nucléaires dangereux, dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Bugey, dans l’Ain, vient de voir son permis de construire annulé, alors que les ¾ du bâtiment sont déjà construits.

ICEDA, c’est l’Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés, intitulé dont le mot "nucléaire" est étrangement absent.

Sur un espace de 8000 m², ICEDA serait donc implantée sur le site de la centrale de Bugey, avec un raccordement au réseau ferroviaire, afin, comme le dit EDF, de faciliter l’acheminement de 500 tonnes de déchets provenant d’autres sites nucléaires, y ajoutant par la même occasion 1500 tonnes de déchets métalliques issus du démantèlement de 9 vieux réacteurs nucléaires (dont Bugey 1), comme ce couvercle de réacteur arrivé récemment par un convoi qui a fait scandale. (le GFN, ce « convoi » pas)

Il est aussi prévu d’y amener des déchets graphites issus du cœur du réacteur de Bugey 1.

Les 500 tonnes de déchets radioactifs sont qualifiés par EDF de « moyennement radioactifs », avec des périodes (ou demi-vie) supérieure à 30 ans, (ce qui signifie que pendant un siècle, un danger persistera), la durée d’exploitation du site envisagé étant de 50 ans.

Le transport de ces déchets par train pose quelques problèmes.

Selon la CRIIRAD, un cheminot stationnant à moins d’un mètre d’un wagon transportant les « châteaux », (containers vitrifiés) encaisse en 30 minutes une dose de 1 millisievert, ce qui est la dose admissible pour une année.

Ces déchets devraient être évacués à partir de 2025, vers le centre de stockage définitif de l’ANDRA (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). lien

Or ce site de Bure, dans la Meuse, fait polémique puisqu’il est prévu d’y enterrer des déchets nucléaires MA-VL (moyenne activité à vie longue), impliquant la présence de plutonium, dont la période (ou demi-vie) est de plus de 24 000 ans. lien

Un expert, Bertrand Thuillier a analysé les nuisances et la sécurité dès la mise en exploitation du site de Bure, et ces conclusions sont inquiétantes : « on va enterrer une matière vivante durant des milliers d’années » explique-t-il.

L’ensemble des déchets radioactifs qui seraient enfouis à Bure correspondent à 70 fois les résidus évacués par Tchernobyl, et l’Andra prévoit l’enfouissement de 550 000 m3 de matières radioactives. lien

Un autre expert, François Lempériere, imagine une solution plus simple, proposant de remplir de béton l’intérieur des enceintes des centrales nucléaires abandonnées, puis de remblayer 10 mètres au dessus de cette enceinte, soit une colline de 60 mètres au dessus du terrain naturel, et enfin d’engazonner et d’arborer la zone remblayée. lien

D'ailleurs, le coût du démantèlement des centrales est manifestement sous évalué.

Alors qu’EDF se base sur une facture de 18,4 milliards d’euros pour la totalité du parc nucléaire français, cette même opération couterait aux USA pratiquement le double. lien

On sait que pour la seule centrale de Malville, le démantèlement est estimé entre 9 et 11 milliards d’euros. lien

Revenons à ICEDA.

C’est donc le 19 juin 2012 que le permis de construire ICEDA a été annulé, confirmant la décision du 6 janvier 2012, du Tribunal Administratif de Lyon, grâce au recours (lien) déposé par la société Roozen, une entreprise qui fait pousser des palmiers dans ses serres, utilisant l’eau chaude de la centrale, évitant ainsi un gaspillage, et le réchauffement des eaux du Rhône par la même occasion. lien

Pourtant, alors que le permis de construire d’ICEDA avait été validé par la mairie de St Vulbas le 19 avril 2012, les travaux de terrassement avaient commencé 13 jours avant l’échéance des 2 mois pour le recours des tiers.

Revenons au jugement.

Il est clair :

EDF peut tout à fait construire sur le site du Bugey des bâtiments et équipements directement liés à la centrale, mais elle ne peut pas construire un bâtiment qui est lié pour tout ou partie à d’autres installations nucléaires. lien

ICEDA est donc possible, mais seulement pour les déchets de la centrale de Bugey, et des lors, l’arrivée du convoi exceptionnel récent, en provenance vraisemblablement du Tricastin, n’est pas légale.

Pour recevoir des déchets d’autres centrales, le PLU (plan local d’urbanisme) doit être modifié, et une procédure de révision du PLU a été décidée, prolongée par une enquête publique en cours actuellement, et qui finira le 20 juillet 2012.

C’est ce qu’expliquent les militants de l’association STOP BUGEY en déclarant : « Pour contourner l’annulation du permis de construire, EDF a discrètement engagé une modification du PLU de St Vulbas, en le justifiant par d’autres projets marginaux ou existants ».

La décision finale interviendra cet automne.

Probablement en guise de rétorsion, Henri Proglio, le patron d’EDF, vient d’attaquer à son tour le permis de construire obtenu par ROOZEN, lequel lui permet d’agrandir ses serres, en se basant, entre autres, sur le fait que le lieu précis de transplantation des palmiers n’est pas précisément indiqué.

C’est vraisemblablement pour la même raison qu’EDF avait coupé l’approvisionnement en eau chaude des serres de Roozen, lors de l’hiver dernier, en invoquant des prétextes variés.

Finalement, il n’y a, à ce jour, aucune solution raisonnable pour gérer les milliers de tonnes de déchets radioactifs dangereux, et on en est réduit à les stocker en attendant mieux pour le plus grand « profit » de nos voisins russes.

En effet, ils sont aujourd’hui en partie exportés au fin fond de la Sibérie, comme on peut le découvrir dans le film « les déchets ou le cauchemar du nucléaire  ».

Réalisé par Eric Guéret et Laure Noualhat, toute la problématique des déchets nucléaires est dénoncée.

Le film en 5 parties est sur ce lien.

Dans la ville interdite de Tomsk-7, les containers radioactifs s’entassent dans des conditions de sécurité discutables, mettant en danger la vie d’un million d’habitants : la directrice de l’hôpital de cette ville reconnait un taux de cancer anormalement élevé. lien

Sur ce lien, une description de leur vie de tous les jours.

La France n’est pas à l’abri.

Des experts ont constaté les graves défauts de plomberie pour 31 vieilles centrales nucléaires françaises, lesquelles subissent des pannes à répétition. lien

Il faudrait remplacer 118 pièces de robinetterie défaillantes (lien) et cerise sur le gâteau, certains appareils de mesure de radioactivité sont en panne. lien

C’est ce qu’à dénoncé l’ASN dans son rapport du 28 juin 2012, imposant des travaux massifs afin de renforcer la sureté. lien

Au Japon, la crise nucléaire persiste.

La fable de « l’arrêt à froid » de Fukushima pourrait faire sourire si la situation n’était pas si grave.

Sur l’antenne d’Europe 1, le 28 juin 2012, Brigitte Bejean nous apprend que le réacteur n°1 fait des siennes : grâce à un dosimètre envoyé dans le sous sol du réacteur, les ingénieurs ont découvert que le niveau de contamination mesuré le 27 juin atteignait des records : 10 300 millieverts/heure, soit 10 fois plus que dans les réacteurs 2 et 3, ce qui rend toute intervention humaine impossible car un ouvrier atteindrait en 20’ la dose admissible. lien

Tepco confirme : « les travailleurs ne peuvent pas pénétrer en ces lieux et nous devrons préparer le démantèlement à l’aide de robots ». lien

Aujourd’hui, alors que l’on constate une déformation qui progresse au niveau du mur Ouest, Tepco accélère les travaux au niveau de l’unité 4. photo

La déformation de ce mur a augmenté d’environ 30% en l’espace d’un mois, et il est possible que la mise en place d’une « tôle de protection  » de 60 tonnes au dessus du bâtiment n’y soit pas étrangère.

Plus grave, en accélérant les travaux, d’énormes quantités de particules radioactives ont été remise en circulation, alors qu’elles auraient pu être filtrées. lien

Sur cette vidéo, on constate la formation des « nuages de poussières » mettant en danger la santé des travailleurs, lesquels devraient plutôt se mettre à l’abri attendant que les poussières retombent, mais qui ne semblent pas s’en inquiéter.

Toujours au Japon, malgré une pétition qui a recueilli 7 millions de signatures, l’état à entériné le redémarrage de 2 réacteurs.

Aux Indes, le gouvernement considérant que les opposants au nucléaire sont des « malades mentaux » prévoit d’utiliser des psychiatres pour traiter les militants en lutte. lien

Tepco dont les finances sont en chute libre vient d’être nationalisé et, pour sortir de l’impasse, la compagnie va lancer une augmentation de capital en émettant pour 10 milliards d’euros de nouvelles actions dont l’état sera propriétaire le 25 juillet 2012.

En échange, TEPCO a promis d’économiser 33 milliards d’euros en 10 ans, afin d’œuvrer pour dédommager les victimes de la catastrophe, et de démanteler les réacteurs, démantèlement qui devrait prendre 40 ans lien

Comme dit mon vieil ami africain : « la route ne dit pas au voyageur ce qui l’attend à l’étape ».

L’image illustrant l’article provient de « letemps.ch »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

Une vidéo de Greenpeace efficace

Sites à visiter :

Le blog de Fukushima

Next-up organisation

Blog de Jean Pierre Petit

Site de la CRIIRAD

Site de l’ACRO

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105 réactions à cet article    


  • frugeky 29 juin 2012 09:52

    Bonjour Olivier.

    Merci et bravo.
    Une petite correction, Bure n’est pas dans l’Aube mais dans la Meuse et le territoire du « laboratoire » de L’Andra est à cheval sur la Meuse et la Haute-Marne.


    • frugeky 29 juin 2012 09:59

      Un petit rajout...

      C’est marrant cette juxtaposition de deux départements d’ailleurs...
      Si le centre de stockage ouvre un jour, il est permis de le penser comme d’en douter, qui aura la responsabilité des mesures de contrôle aux niveaux des départements et des régions puisque le centre se situe à cheval sur deux régions différentes (Lorraine et Champagne-Ardennes) ?

    • frugeky 29 juin 2012 12:48

      ouin, je me suis fait moinssé...C’est sans doute que Bure n’est pas dans la Meuse...et pourtant...


    • olivier cabanel olivier cabanel 29 juin 2012 13:02

      frugeky

      je dois être fâché avec les départements
      mais bon.
      je vais tenter de m’améliorer.
       smiley

    • frugeky 29 juin 2012 15:15

      en même temps y’a pas mort d’homme mais au vu des pénibles qui remettent en cause tout un article pour une erreur ...

      Pour moi, cet article comme vos autres sur ce sujet, est salutaire.

    • epapel epapel 1er juillet 2012 20:04

      C’est d’autant plus petit que ça occulte les énormes bourdes du style : « On sait que pour la seule centrale de Malville, le démantèlement est estimé entre 9 et 18 milliards d’euros. lien »

      Tout ça parce que Cabanel ne fait pas de différence entre addition et multiplication.


    • asterix asterix 29 juin 2012 11:58

      Cher Olivier,
      En vertu des pouvoirs qui me sont conférés ( aucun ! ) et au nom des générations futures ( s’il y en a ) je vous décerne à titre personnel la médaille d’or du mérite humanitaire. Le combat inlassable et désintéressé que vous livrez contre l’irradiation nucléaire nous permet, et nous sommes de plus en plus nombreux, d’argumenter de manière efficiente front aux arguties à court terme de ceux qui n’osent pas ou n’ont pas intérêt à voir la vérité de face.
      Reste à espérer que votre, notre inéluctable victoire ne viendra pas trop tard.


      • olivier cabanel olivier cabanel 29 juin 2012 13:06

        cher astérix

        votre petit village qui résiste, comme le mien, à l’envahisseur n’a pas a rougir de ses combats
        la logique finit toujours par l’emporter
        parfois, c’est trop tard
        mais on ne pourra pas nous reprocher de l’avoir mené
        à+
         smiley

      • epapel epapel 1er juillet 2012 18:43

        Moi je prédit au contraire que :
         - l’abandon du nucléaire n’aura pas lieu
        - l’exploitation des gaz de schistes se produira

        Tout simplement parce que d’ici moins de 5 ans le monde sera plongé dans une crise énergétique majeure et que pour qu’il y ait des générations futures il faut nécessairement que la génération présente survive.


      • anty 29 juin 2012 12:38

        Il parait que les dechets à l’air libre c’est mieux que quand ils sont enfuis 

        ça évite l’accumulation des gaz nocifs en sous sol

        • olivier cabanel olivier cabanel 29 juin 2012 13:07

          anty

          il fallait lire « enfouis » ?
          mais enfuis m’irait mieux.
          sauf que nous ne pourront pas les évacuer.
          alors pourquoi en produire.
           smiley

        • epapel epapel 1er juillet 2012 18:39

          L’incohérence n’est pas un problème pour Cabanel car il a une solution à tout.


        • spit it out 29 juin 2012 12:56

          A l’auteur,

          Je vous remercie des efforts que vous faîtes pour nous informer comme vous le faites, c’est tjs très instructif.
          En revanche, je vous invite à porter une attention toute particulière à la précision de vos arguments et du vocabulaire associé.
          En effet, connaissant également pas trop mal le domaine, je m’aperçois que vous êtes parfois trop approximatif, ce qui arriverait presque à me faire douter de votre maîtrise de certains sujets abordés dans vos articles, ou du moins de la finalité de vos écrits.
          Par exemple, vous n’êtes pas sans savoir la différence entre un entreposage (non définitif) et un stockage (définitif).
          De même, lorsque vous évoquez l’imprudent cheminot stationné à moins d’1 mètre d’un wagon signalé classe 7 (radioactif), il serait pédagogique d’expliquer à quoi correspond cette dose limite d’1mSv, et à qui elle est destinée. Je rapelerai pour mémoire que chaque année, nous prenons en France une dose moyenne de 2,4mSv, issue du milieu naturel (et sans compter les examens médicaux, et les voyages en avion !). Toujours pour info, dans certaines régions du monde, cette dose annuelle peut grimper à 10 voire 50mSv.

          Je m’arrête à ces deux exemples (il y en a d’autres) pour vous encourager à apporter davantage de précision à votre argumentaire. Votre cause tirera bien plus de positif à faire cela qu’à de vouloir faire peur à tout prix à grand renfort d’imprécisions.

          Cordialement,


          • olivier cabanel olivier cabanel 29 juin 2012 13:12

            spit

            merci de ce commentaire constructif et critique.
            vous connaissez la formule ?
            jour après jour, je m’améliore
            et je vous suis reconnaissant de m’aider dans cette tache.
            ceci dit, les doses de radioactivité « naturelle » auxquelles nous sommes confrontés, sont sans commune mesure avec les doses de plutonium et autres joyeusetés que nous proposent l’industrie nucléaire font froid dans le dos.
            il serait grand temps d’arrêter le gâchis.
            merci de votre aide.

          • frugeky 29 juin 2012 15:19

            @ spit it out

            votre remarque n’est pas dénuée de fondement mais à ce propos le site de Bure, donc stockage, s’est monté avec l’adjectif réversible, c’est à dire qu’on devait pouvoir récupérer les déchets. D’accord ce n’était que du bla-bla pour rassurer le péquin mais la précision vaut pour tous.

          • epapel epapel 1er juillet 2012 20:28

            L’approximation quand ce n’est pas la bourde manifeste (ex : On sait que pour la seule centrale de Malville, le démantèlement est estimé entre 9 et 18 milliards d’euros) est la marque de fabrique de Cabanel.

            C’est donc un défaut incurable.


          • Pyrathome Pyrathome 29 juin 2012 14:30

            Salut Olivier,

            J’adore cette farce :
            Aux Indes, le gouvernement considérant que les opposants au nucléaire sont des « malades mentaux » prévoit d’utiliser des psychiatres pour traiter les militants en lutte....
            Les malades mentaux sont ceux osent encore défendre le nucléaire..........
            http://fukushima.over-blog.fr/
            .


            • olivier cabanel olivier cabanel 29 juin 2012 16:31

              Pyra

              oui, c’est marrant !
              merci d’avoir donné le lien pour le blog de fukushima
              les photos de la manif sont superbes.


            • Laurent C. 29 juin 2012 15:07

              @spit it out
              Je suis bien d’accord avec vous, s’il est un domaine où il faut manipuler les unités avec discernement, c’est bien celui là.

              Je ne suis pas du tout spécialiste dans le domaine, je me base sur 3 articles de Wikipédia. Si je me trompe en partie ou complétement, toute rectification sera la bienvenue.

              Le Sievert :
              http://fr.wikipedia.org/wiki/Sievert#Dose_re.C3.A7ue_et_signes_cliniques
              Définition :
              Le sievert (symbole : Sv) est l’« unité utilisée pour donner une évaluation de l’impact des rayonnements sur l’homme »

              Lorsqu’un corps humain est soumis à un rayonnement ionisant, il reçoit une « dose absorbée » (apparemment exprimée en Gray). C’est l’énergie reçue.
              Cette dose absorbée est multipliée par un facteur de pondération (suivant la nature du rayonnement), on obtient une « dose équivalente » en Sievert.
              Cette dose équivalente est ensuite encore multipliée par sensibilité en fonction des tissus touchés. On parle alors de « dose efficace » toujours en Sievert.

              Les rayonnements ionisants :
              http://fr.wikipedia.org/wiki/Rayonnement_ionisant
              En regardant le tableau de conclusion, je retrouve bien le chiffre de 2.5 mSv d’exposition moyenne par an (attention : tout comprit). Le rayonnement naturel représente 1,64 mSv..

              C’est là que commence le problème d’emploi des unités : là on a des mSv/an, des milli Sievert par an. C’est à dire un cumul sur 1 année. J’en viens au dernier article.

              Débit de dose radioactive :
              http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9bit_de_dose_radioactive
              On y trouve un beau tableau des « zones » de contrôle et d’accès en fonction de la dose maximale (je pense qu’on parle de dose équivalente)
              La zone bleue est celle où on reçoit la dose moyenne annuelle (on est à 1 mSv/an, j’ai vu)
              Pour 1 mSv/an, on obtient 80 µSv par mois (micro Sievert) et entre 0,5 et 7,5 µSv par heure.

              En conclusion, l’exposition du cheminot n’est pas anodine.
              Il faudrait connaître la dose absorbée, appliquer le facteur de pondération (s’il est de 1 pour le rayonnement du soleil, il est de 20 pour les neutrons qu’on trouve dans ce cas)
              Il faudrait ensuite prendre en compte le temps d’exposition.

              Si l’exposition est de 1mSv par heure (supposition) et qu’il y reste 1 heure, le cheminot aura reçu presque la moitié de son capital annuel. Il faudra qu’il soit prudent tout le reste de l’année.


              • Ruut Ruut 29 juin 2012 17:36

                Prudent comment ?

                Pas de radiographie ?
                Pas de passage a l’aéroport ?
                Pas de dentiste.
                Pas de ballade dans le jardin ? (irradié par Tchernobyl et fukushima)
                Pas d’achats produits au japon ?
                Pas de légumes irradiés (mais comment le détecter).

                Ne vas il pas irradier ses proches ?


              • olivier cabanel olivier cabanel 29 juin 2012 17:43

                ruut

                oui, les doses s’accumulent.
                je pense aussi a ceux qui manifestent contre ces convois, et qui prendront fatalement des doses s’ils approchent trop de ces convois,
                à ceux qui habitent à proximité de la voie ferrée, lorsque le convoi est arrête cause manifs...
                aux policiers qui tentent de protéger ces convois dangereux
                et aux centaines de convois nucléaires qui se déplacent chaque année.
                 smiley

              • Laurent C. 29 juin 2012 19:24

                C’est justement cela le problème : le cumul de dose et leur nature.

                Ce serait pas un luxe de fournir tous ces personnes d’un dosimètre comme en a le personnel médical ou celui des centrales. 


              • spit it out 1er juillet 2012 18:20

                Evidemment, aucune dose prise en plus n’est anodine.

                Mais ces valeurs sont très faibles. La prudence passe par la connaissance, la formation. Le cheminot doit savoir qu’on ne reste pas à côté d’un wagon classe 7 pendant des heures. Et tout doit être fait pour qu’il n’y reste pas, tout comme tout doit être fait pour que le wagon ne reste pas à quai. Je ne connais pas les procédure pour ces transports. Seulement je pense que tout est fait pour minimiser l’impact des rayonnements.
                En tant que pays fortement nucléarisé, pourquoi ne pas apprendre à l’école, en physique, ce qu’est la radioactivité, ses effets...
                Ensuite, à côté de cela, le cheminot n’aura pas à faire particulièrement attention le reste de l’année. Enfin si, mais il serait plus judicieux qu’il fasse attention :
                - quand il traverse la route,
                - quand il va en boîte de nuit,
                - que ses fruits et légumes soit bio,
                - que la viande qu’il mange n’est pas bourrée d’hormone,
                - que l’air qu’il respire n’est pas pollué,
                - que...

                Vous voyez ce que je veux dire...
                Bien sûr que nous devons faire attention aux doses que l’on pourrait recevoir. Mais ces doses là sont très loin d’être mortelles. Nous ne devons pas céder à la psychose non plus.

              • spit it out 1er juillet 2012 18:21

                Et non, il n’irradiera pas ses proches. Sauf s’il mange ce qu’il y a dans le wagon...


              • mortelune mortelune 29 juin 2012 15:10

                Le nucléaire sera détruit par le nucléaire. Ce sera le fin mot de l’histoire de cette sordide épopée. 


                • olivier cabanel olivier cabanel 29 juin 2012 16:32

                  mortelune

                  comme dit mon vieil ami africain, « il faut vite sortir du nucléaire avant que le nucléaire ne nous sorte »
                   smiley

                • epapel epapel 1er juillet 2012 18:37

                  En ce qui vous concerne, vous n’avez plus grand chose à craindre.


                • gaijin gaijin 29 juin 2012 16:23

                  bravo pour le coup des « déchets activés »
                  ça fait quoi 50 ans de recherches ( au bas mot ) sur la question pour que l’on arrive a 3 types de solutions :
                  1 : foutre les déchets sous le tapis pour plus les voir
                  2 : foutre des trucs sur les déchets pour plus les voir
                  3 : arracher la page du dictionnaire pour ne plus entendre parler du problème
                  comme dit le proverbe :
                   « il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre »
                  pardon en novlangue ça donne :
                   « il n’y a pas de pire non entendant qu’un spécialiste du nucléaire » 

                  @ spit it out
                  sur la question des doses de toute façon c’est incompréhensible ( si j’ai essayé )
                  dans le cadre de votre intervention pouvez vous m’expliquer quel sens alors a le fait d’avoir une limite .........
                  d’autant que quand un accident survient ( oups pardon un incident ) la limite change ......

                  sur la question de l’entreposage seriez vous d’accord pour un entreposage des susdits déchets activés dans votre jardin jusqu’en 2025 ?
                  date a laquelle ils seraient théoriquement acheminés vers un endroit dont on est pas sur ?
                  c’était quoi la différence entre l’entreposage et le stockage ?
                  ah oui ... c’est comme les impôts il y a les impôts provisoires ( qui ne s’arrêtent pas mais qui pourraient ) et ceux qui ne s’arrêtent pas
                  comme quoi la sémantique ...


                  • olivier cabanel olivier cabanel 29 juin 2012 16:35

                    gaijin

                    ça me parait parfaitement résumé.
                    merci.
                     smiley

                  • spit it out 1er juillet 2012 17:56

                    Déjà, ne me faites pas passer pour ce que je ne suis pas : un ardent défenseur du nucléaire.

                    Il devrait y avoir dans ce pays un grand débat pédagogique sur la question énergétique (c’est ce que propose de faire François Asselineau soit dit en passant), suivi d’un référendum.
                    Quoi qu’il en soit, la situation aujourd’hui est telle qu’elle est : nous avons tout un parc en fonctionnement, nous avons des réacteurs d’ancienne génération arrêtés et en cours de démantèlement... il faut faire avec, en faisant du mieux possible pour protéger la santé et la sécurité des gens ainsi que l’environnement.

                    Quel sens a le fait d’avoir une limite ? Curieux comme question. Dites moi plutôt quel sens aurait de ne pas avoir de limite ! Connaissez-vous le principe de précaution ?
                    Connaissant mal l’impact qu’ont les faibles dose sur l’homme à long terme (car oui, nous parlons bien de faibles doses <100mSv), il convient d’être le plus prudent possible, et d’instaurer une limite proche de la dose intégrée naturellement.
                    Pour information, un travailleur du nucléaire, qui lui va au turbin, a une dose annuelle limite de 20mSv. Et tout est fait dans l’industrie du nucléaire pour minimiser la dose intégrée des travailleurs.
                    Et non, ces limites ne changent pas au gré des incidents, ni même accidents (termes bien distincts).
                    Vous confondez avec les dispositions prises par Bruxelles concernant les seuils dans les normes sanitaires. Tout à fait condamnables à mon sens, mais hors sujet.

                    Si je serai d’accord pour un entreposage de déchets activés dans mon jardin ? Il faudrait être con pour cela. Non. En revanche, dans un bâtiment répondant aux nouvelles normes sismiques et dont les murs font 1m40 d’épaisseur, à la rigueur. Vous avez mieux à proposer peut être ?
                    Encore une fois, les déchets sont là. Encore une fois, il faut faire avec, et du mieux possible.
                    J’espère en tout cas que vous dépensez autant d’énergie à « combattre » les déchets de l’industrie chimique et issus de nos modes de consommation...

                    Bien à vous

                  • gaijin gaijin 1er juillet 2012 18:13

                    spit
                    c’est vous qui parliez de pédagogie d’ ou ma question quel sens a une limite inférieure a la dose naturelle ?
                    cela dit oui c’est bien qu’il y ait une limite
                    et oui je suis aussi contre pas mal d’autres trucs ( y compris et surtout au quotidien dans la vraie vie )
                    mais le nuclaire est un sujet a part ( au vu de l’ampleur de la désinformation ) il n’ y a pas si longtemps des gens très sérieux ( spécialistes avertis du nucléaire ) essayaient d’expliquer qu’il n’ y avait pas eut d’accident nucléaire a fukushima .....juste une catastrophe naturelle


                  • spit it out 1er juillet 2012 23:38

                    Je ne suis malheureusement pas en mesure de répondre avec exactitude à cette question, qui a en a pourtant bien une.

                    J’ajouterai seulement que fixer une limite de dose plus faible que la radioactivité naturelle pour le public et le personnel « non nucléaire » travaillant sur les sites, montre à mon sens quand même bien le faible impact qu’à l’activité nucléaire en « temps normal », conséquence de la politique de sûreté toujours plus restrictive qui est menée en permanence sur les sites nucléaires.

                  • olivier cabanel olivier cabanel 2 juillet 2012 06:40

                    spit

                    je crois que c’est le grand biologiste Jean Rostand qui, à la question : « quelle dose minimum de radioactivité un être humain peut recevoir sans danger » répondait : « c’est comme si vous me demandiez »quelle quantité d’arsenic on peut mettre dans le biberon d’un bébé".
                    en fait il semble qu’il soit difficile de valider une norme, puisque des individus vont résister à des doses de radioactivités qu’un autre ne supporterait pas.

                  • gaijin gaijin 29 juin 2012 16:26

                    ah ! un dernier truc
                    c’est une super idée de foutre les déchets a coté d’une centrale comme ça en cas « d’incident » on est certain d’avoir un magnifique effet domino « impossible a prévoir »


                    • olivier cabanel olivier cabanel 29 juin 2012 16:37

                      gaijin

                      au fait, je suis assez fier d’avoir réussi à décourager les fabricants de châteaux de sable.
                      leurs interventions n’étaient pas dépourvues d’humour, mais ça finissait par rendre lassant la lecture des commentaires.
                      qu’ils en soient remerciés.
                       smiley

                    • gaijin gaijin 29 juin 2012 17:19

                      oui
                      ça aussi ça mérite un bravo smiley


                    • epapel epapel 1er juillet 2012 18:37

                      Il n’y a pas de quoi être fier d’une politique qui consiste à faire taire toute contradiction.


                    • olivier cabanel olivier cabanel 1er juillet 2012 18:38

                      epapel

                      toujours en attente de vos excuses, je suis désolé de replier votre commentaire.
                      c’est dommage.

                    • epapel epapel 1er juillet 2012 20:06

                      Ne faites pas le désolé car vous n’êtes pas sincère.

                      Et ne le soyez pas car cela m’importe peu.


                    • Laurent C. 29 juin 2012 17:23

                      A la question pourquoi envoyer les déchets aussi loin en Russie ??
                      Parce que depuis le nuage de Tchernobyl, on sait que ne passe la frontière en cas « incident » même de niveau 7 !!!

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