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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 4 mars 2011 15:24

    @ Hommelibre,

    Je vous fais le même reproche que j’ai fait hier sur votre autre papier Galliano.

    Quand on se trouve face à une affaire dont on ne connaît pas bien les détails, on devrait éviter, aussi bien dans le sens de l’hallali que dans celui de la défense, d’ajouter à la confusion. 
    Faute d’éléments clairs, on ajoute des éléments imaginaires. C’est une erreur au sens où ça ne conduit forcément qu’aux embrouilles (faites de bonne foi ou de mauvaise foi).

    L’invention en positif ou en négatif, de complots, d’intentions, de pensées, qui ne sont pas clairement établies ou prouvées traduit le goût pour la fumée et l’enfumage. 

    Je le répète, nous ne sommes pas flics et n’avons pas leurs moyens d’investigation. D’ici nous ne devons commenter que sur la vidéo, telle que nous la voyons tous. 

    Que voyons-nous tous ? Un homme connu, ivre, proférant des injures dures car de type dont on ne peut pas se défaire puisqu’elles portent sur un délit de race, de religion ou de physique. 

    Au vu de cette scène, sans spéculer sur la pensée de la personne qui a filmé, on doit commencer pas se demander si les injures d’une personne visiblement ivre (on sera tous d’accord sur le fait que son ivresse est visible, c’est un point très important) faont aussi mal que celles proférées par une personne en pleine conscience.
    Ensuite on peut se demander si des insultes lancées par un clochard nous blessent autant que celles lancées par un président.
    Ensuite on doit se demander si un homme ivre a tendance à dire le fond de sa pensée ou s’il dit n’importe quoi, si le seul vrai fond qu’un ivrogne avoue c’est son mépris de lui-même.

    Enfin, si dans la discussion on pose qu’un ivrogne n’est pas aussi responsable qu’un homme à jeûn, on doit poser la question de son irresponsabilité si dans son ivresse, il tue quelqu’un.

    Car de toutes manières, la Justice tiendra compte de cette ivresse. Et là elle aura deux options contraires. Soit elle partira du principe que sous alcool on n’est pas très responsable, soit elle partira du principe que chacun est très responsable de sa prise de drogues. Qu’au moment où, fin saoul, on profère des insultes, on soit inconscient, ça c’est clair mais est-on parfaitement conscient et raisonnable quand on entame un premier verre de ce qu’on sait déjà être le début d’une série ?

    Pour ma part, j’irais à dire que Galliano est 100 % responsable de son ivresse et de ses conséquences (comme il l’aurait été après avoir pris le volant par exemple) et que les victimes de ses insultes, voyant qu’il était saoul, n’ont pas trop souffert, malgré l’autorité de cette star.

    Je crois qu’il y a largement matière à débattre philosophiquement avec ces points factuels. Il n’est pas utile, il est même dilatoire, peut-être également egocentrique, d’ajouter des arguments soi-disant très spécifiques à ce cas alors qu’ils ne sortent que de son imagination.

    Il ne faut pas se servir d’une affaire pour prouver l’étendue de son imaginaire ou sa capacité à deviner les ficelles cachées, pour jouer les Sherlock Holmes. 

    Le passé de cette affaire, je n’y toucherai pas. Je n’irai qu’à des projections. Si Galliano est reconnu responsable d’une vilaine conduite vis à vis de deux inconnues, la maison Dior disposera d’une voie royale pour dire qu’elle a énormément souffert de cette turpitude et pour demander à son ex créateur des réparations conséquentes. Inversement, si la Cour s’en tient au strict moment de l’insulte, elle le déclarait inconscient donc peu responsable de cette situation et c’est lui Galliano qui serait fondé à dire que son employeur l’a lâché lâchement. 

    Cette affaire, et celle de Guerlain, nous donnent l’occasion de redécouvrir qu’une entreprise est un drôle de monstre. Capable de tout dévorer par ses puissances et ses pouvoirs, mais jamais compromise par quelque pensée libre. Une entreprise peut être compromise par exemple en produisant un médicament qui tue mais jamais au niveau de sa pensée. Elle a toujours une éthique irréprochable. Une entreprise peut très bien grenouiller avec n’importe quel régime, dont le nazi, dont celui de Khadafi, mais en sortir sans aucun dommage à son image.



  • easy easy 4 mars 2011 13:50

    Pareil. Moi aussi je naïvais que les « Parcs naturels » suffisaient pour protéger en tous cas les grosses et spectaculaires bestioles. Quelle déception !

    Même s’il n’y a plus que très peu d’hommes portés sur le tuage d’animaux trophées, le cheptel allant lui aussi en se réduisant, chaque trophée devient à la fois de plus en plus rare et convoité. La fixation des chasseurs augmente, la compétition les presse. Le résultat ira forcément à l’extinction de toutes les bestioles rares.

    Quoi qu’on fasse.

    Il faudrait, je ne sais pas, en venir à poser que la chasse est aussi taboue que le cannibalisme pour que ça cesse. Mais c’est impossible. La chasse est tellement fondamentale de l’histoire humaine, elle a été tellement incontournable, elle le serait tellement à nouveau en cas de disette, qu’on n’en sera jamais totalement dégoûté.

    Même si l’on tondait les bestioles rares, même si on les peignait en vert, même si on les marquait au plutonium, elles resteront, par leur rareté et leur sauvagerie, des trophées convoités par une poignée de névrosés de l’ultime chasse.

    Au fond, voilà peut-être la solution. La seule. Faire de toutes les bestioles rares des bêtes domestiques, de compagnie. Quand un animal sauvage devient synonyme de vache ou de poule, il perd sa qualité de trophée.





  • easy easy 4 mars 2011 13:26

    Actrice valable ou non (pour moi c’est clairement oui) c’est un paramètre qui n’est fondé que sur notre ego personnel.

    Alors au-delà du cinéma et de l’actrice, il y a surtout le fait qu’Annie Girardot était une personne, une femme, dont je connaissais un peu la vie par le biais des medias, dont je connaissais quelques éclats de pensée. C’est cette petite connaissance de ses turpitudes et de ses déclamations à coeur ouvert, toujours centrées sur la volonté d’aimer, n’importe qui, n’importe quand, n’importe comment, qui me l’a fait progressivement aimer par fraternité et compassion. Pareil que pour Edith Piaf.

    Elle restera une soeur de coeur.



  • easy easy 4 mars 2011 12:52

    En effet, sous des régimes rouges, il y avait des espaces de liberté de parole (autant dire de protestation) étonnants.
    Prenons le cas très précis et très formel des dazibaos. Depuis la nuit des temps, en Chine, il était possible (je n’ose pas dire permis) de placarder l’expression de ses pensées sur une affiche exposée en public. Comme ça allait bien plus souvent à des critiques qu’à des compliments, on pourrait avoir l’impression que ça entamait le pouvoir. En fait non. Ces dazibaos dénonçaient éventuellement une surcharge d’impôts, éventuellement un fonctionnaire (qui courait alors de grands risque de perdre sa place) mais ils préservaient une chose sacrée, l’empereur. Attaquer les imperfections des satellites du Soleil c’est implicitement reconnaître la perfection de l’astre central. Surtout quand l’Empereur faisait décapiter le fonctionnaire critiqué.

    Et, chose amusante et éclairante du principe, sous le régime rouge de Mao, est apparu, spontanément, un premier dazibao (qui protestait contre le pouvoir d’un ponte régional je crois). Mao avait pris connaissance de ce pamphlet, avait sévi contre ce potentat et avait applaudi le principe du dazibao dénonciateur. Il encourageait la délation. Sous Mao, jamais un dazibao ne visait le principe de la révolution et encore moins Mao. Il ne visait que ceux qui semblaient ne pas jouer le jeu de la révolution. Et ce fut une période de terreur.

    Mais au fil des années, les gens finissaient par déchanter de tous les aspects de la révolution maoïste et les dazibaos portaient de plus en plus de coups directs aux fondamentaux révolutionnaires. Alors en 1979, ils furent interdits. De nos jours, il ne reste plus dans les panneaux à dazibaos que les exposés des journaux à grands tirages. Il n’y a plus d’espace de protestation individuelle.


    Détails techniques à souligner. Un dazibao était une affiche écrite à la main. On en écrivait une qu’on collait sur un panneau de la ville et basta. Il était hors de question de monter une entreprise allant à multiplier l’affichage d’une même protestation. Jamais le pouvoir n’aurait accepté qu’il y ait une organisation, un groupe, une coagulation échappant à son contrôle total.
    Autre point. Un dazibao est fait pour être lu en place publique et en silence. L’Etat encourageant la délation, il y a toujours des mouchards pour dire aux autorités qui a passé 15 minutes devant un dazibao. Un dazibao ne permet pas la coagulation par la théâtralisation et surtout par l’émulation que provoque le spectacle d’un individu criant haut et fort sa révolte en exposant son corps aux coups de la police.
     
    Partant de ces expériences, la véritable liberté de parole (je répète qu’il s’agit au fond de la liberté de PROTESTER contre le système dominant) serait obtenue le jour où une loi dira qu’il est impossible d’interdire à qui que ce soit, de se tenir en n’importe quel lieu public, y compris devant les grilles du palais et au travers ou par le biais de n’importe quel autre moyen d’expression (dont le Net) pour dire tout le mal qu’il pense de la situation s’il en a envie et pour coaguler les esprits, pour les encourager à la révolte s’il en a envie.

    Une révolution devrait d’abord permettre le principe de la révolte, même si elle doit aboutir à une autre révolution.
    Le premier interdit d’une constitution devrait aller à l’Etat. L’article premier devrait lui interdire de sévir de quelque manière que ce soit contre des gens en révolte politique.






  • easy easy 4 mars 2011 12:11

    Concernant la liberté de faire, la seule porte franchement ouverte par la Révolution, sans aucune limitation, c’est celle de s’approprier. La seconde porte presque totalement ouverte est celle de voyager (que l’Etat peut toute fois très facilement bloquer). Cet espace ouvert permet de s’approprier tout ce qu’il y a à prendre sur la Planète et ça occupe déjà pas mal son bonhomme.

    Parce cette appropriation jamais censurée aboutit à des situations matérielles insupportables pour ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu s’approprier, les victimes de l’accaparement ont eu envie et besoin de protester publiquement. De dire d’une manière ou d’une autre que quand un patron possède la ville, ses usines, ses écoles, ses dispensaires, sa mairie, quand de surcroît il peut transmettre cette appropriation à ses enfants, il bloque le jeu et se réserve tout ce qu’il y a de bon.
    Je suis convaincu que le législateur de 1789 n’avait pas cru possible que grâce à leurs lois, des bourgeois allaient pouvoir s’accaparer tous les moyens et tous les pouvoirs dans une région donnée et devenir des néoseigneurs. Ce législateur n’avait donc pas prévu d’accorder une totale liberté de protestation.

    Vous parlez de dépendance économique. La dépendance est de périmètre trop large pour en parler sans en définir d’abord les contours. Le pain que mange Fernand dépend du laboureur, du vendeur de semences, de l’eau de la rivière, de ce qui reste de cette eau, ...Par ailleurs on peut être dépendant d’un patron parce qu’on est son salarié mais on dépend tout autant sinon plus gravement du chirurgien urologue pour qui on ne travaille pas mais qui demande 30 000 pièces d’or pour ses talents. Et sur le plan pécuniaire, on dépend aussi d’EDF ou de SFR dont on est pourtant le client roi. Même si on ne considère que la thune, nous dépendons exactement autant de ceux qui nous en donnent que de ceux qui nous en prennent. Alors ça fait du monde. Comme dans le village d’Astérix. Je ne vois pas lieu à dire que cette interdépendance (grosse discussion possible sur le préfixe « inter ») est par son principe, liberticide.

    En dehors de ce champ d’interdépendance écononique, il y aurait eu, comme véritable champ de liberté, celui de la parole. La parole pour dire du bien de la situation n’est peut-être pas toujours explicitement autorisée mais dans les faits, elle n’est jamais interdite ou réprimée. Le problème c’est quand cette parole est une protestation, quand elle dit une souffrance, une insatisfaction, quand elle semble réclamer un changement de système et surtout quand elle est coagulante.

    Il est logique que ceux qui s’engraissent de cette situation n’aient pas envie que des esprits coagulent et qu’une masse se forme allant à renverser l’ordre des choses. Il est logique que ceux qui profitent de la situation exigent le blocage non de la parole mais de la protestation coagulante et révolutionnaire.
    Mais il est aussi logique que la masse, quand elle souffre trop, quand elle voit sa vie gaspillée par un jeu bloqué, explose les interdits du pouvoir en espérant changer la donne.










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