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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 4 mars 2011 01:57

    J’apprécie beaucoup cette diagonale historique. Dans le cas de ce papier, l’argument historique ne cherche pas à être un argument doctoral. Ouf.

    Mais l’auteur frôle, à mes yeux, la faute.

    A ma connaissance, concernant toutes les questions de moeurs, surtout sexuelles, chaque camp, à commencer par celui de la voie/voix dominante, argumente de l’habitude, de l’usage, de l’histoire, de l’universalité, mais aussi de ce que font les sauvages, mais encore de ce que font les bestioles. Oui je crois que c’est le camp majoritaire qui commence par argumenter avec ces repères. Et ensuite seulement, le camp minoritaire tente de lui répondre en usant, lui aussi, des mêmes repères mais avec des contre exemples. 

    Ainsi, aucun des deux camps ne parvient à établir la justesse de son point de vue ab nihilo, en se passant du cas des Canaques, des bonobos, des Grecs et autres tricuspides (ça ne veut rien dire mais ça claque et il n’y a que ça qui compte dans ce débat) 

    Il me semble pathologique qu’il faille s’expliquer sur ses amours. 
    Et encore, François aurait à s’expliquer sur pourquoi il aime coucher avec Bertrand ou sa chèvre sur la base de leur caractère, de leur odeur, de leur pelage, de leur sexe, je ne sais quoi mais qui se rapporte à ces êtres aimés, je comprendrais.

    Mais ce n’est jamais cela qu’on demande à l’anormal. On ne lui demande jamais ce qu’il trouve de spécial à l’objet de son amour, on lui demande seulement pourquoi il aime ce type ou genre de sujet.

    Il est vrai que celui qui aime un homme est susceptible d’aimer les hommes. Mais bien souvent il s’agit d’amour exclusif. François ne se mettrait à aimer un autre homme qu’après sa rupture avec Bertrand et après bien des années d’amour intense et exclusif. Et après son chagrin, François rechercherait sans doute dans les autres hommes quelque chose lui rappelant Bertrand.


    L’amour, qui comprend toujours une relation intime et sexuelle ou au moins érotique, est d’abord le fait d’un sentiment d’attirance incontrôlable, surtout quand il est partagé, et d’autant plus intense que les deux êtres se retrouvent en zone interdite. Ils se sentent seuls, rares, ils se sentent irremplaçables l’un pour l’autre.


    Je suis consterné que les plus grands penseurs du passé et actuels soient infoutus d’argumenter les amours étranges tout simplement à partir du sentiment amoureux qui, déjà entre deux personnes normales, relève souvent de l’incompréhensible.


    On dit que l’amour sale est celui des autres. C’est très vrai concernant le sexage. Mais c’est également vrai concernant le sentiment et même dans les cas de liaisons normales. Chacun ne comprend que ses propres sentiments d’attraction.




    Il est pathologique, qu’au XXème siècle dépassé, alors qu’on n’a absolument pas besoin d’eux pour expliquer nos goûts vestimentaires ou alimentaires, pour expliquer nos préférences économiques ou politiques, pour expliquer notre sentiment écologique et notre angoisse sur l’avenir du monde, que pour justifier nos préférences sexuelles nous n’ayons d’autre solution que d’aller voir ce que font les Zoulous dans leur case et de brandir le résultat de notre enquêtetuparles comme preuve que nous pouvons en faire autant.

    Encore une fois, alors que l’auteur utilise justement des références qui ont moins à voir avec nous que mon pote Christian qui habite à Saint Germain, ça ne m’agace pas. Sans doute parce qu’il diagonalise vite et ne fait pas un plat de ce qu’il ramène dans son filet. Car le boulot de Claude Levy Strauss m’agace énormément. Je n’admets pas non plus que Freud ait eu besoin de déterrer le très très vieil Oedipe pour expliquer ce que nous sommes.
    L’impression que j’ai, quand je vois les explicateurs de sexualité argumenter en recourant à des gens ou des bestioles qui n’ont rien à voir avec nous, c’est qu’ils utilisent ces êtres comme objets muets et ils leur font dire ce qu’ils veulent sans aucun risque d’être contredits.

    Ce qui compte en Occident surtout, c’est l’autorité. Dans le privé, dans l’intime, le sentiment le plus important c’est l’amour. Dans le social c’est l’autorité. Et comme il est très difficile de parler de ses propres pratiques sexuelles avec autorité, les maîtres sont contraints de faire parler des morts, des Dogons, les dauphins pour faire docte.



    L’homme est très pensant. Il est sans doute la seule bestiole à pouvoir imaginer demain. Au point d’être obsédé par le futur. Cette capacité futuriste le place aussi face à l’évidence de sa mort et ça ne peut que l’angoisser. Vite, il va occuper son temps de cerveau disponible à autre chose pour oublier son funeste sort. Arrive alors le fantasme, c’est à dire le rêve éveillé (on ne dort pas ou plus mais on garde les yeux fermés. On réfléchit en étant moins emmerdé par la réalité)
    Et chacun a des fantasmes particuliers : trouver un coffre rempli de pièces d’or, trouver une rose bleue, piloter un tapis volant, coucher avec Marilyn, chevaucher un tigre...C’est là, dans le chaudron de nos fantasmes que se prépare notre passion amoureuse. Il y a des éléments dans nos fantasmes qui nous prédisposent à tomber amoureux d’une commode Louis XV, d’un chat noir, d’une bossue, d’un imbécile heureux....Et ça ne devrait pas se discuter. Ce ne devrait surtout pas se comparer avec des êtres qui soit ne savent pas fantasmer soit n’ont pas les mêmes Lego culturels que nous pour fantasmer comme nous.

    En expliquant pseudo scientifiquement nos passions amoureuses par le biais des pratiques animales, on ne fait rien d’autre que piétiner ce que nous avons d’original par rapport à toutes les bestioles, une imagination débordante, le goût de l’aventure, le goût du risque et la compassion (la pitié, l’attendrissement insolite car dirigé vers le bas, vers le handicapé, vers le faible, le moche, le tordu, l’exilé, l’anormal dans lequel on retrouve la partie faible de soi-même) 




  • easy easy 4 mars 2011 00:15

    «  »«  »«  »«  »«  »« c’est comme si l’on s’accusait de se transmettre les virus de la grippe, il y a quelque chose de délirant dans cette volonté de criminaliser l’existence, de criminaliser le risque pour quoi que ce soit. »«  »«  »«  »«  »«  »«  »

    je n’aurais su mieux dire



  • easy easy 3 mars 2011 18:45



    Bonjour Hommelibre,


    Globalement, je serait plutôt dans votre camp.

    Mais je ne vous félicite pas pour votre rhétorique.

    Il n’y avait pas à ramener le cas de Françoise Dior sur un sujet concernant Galliano au premier rang et Christian Dior au troisième, tant que ce dernier ne se dit pas nazi (je ne me fais aucune illusion sur l’élitisme des opérateurs du luxe mais tant qu’ils la jouent démago en public, je n’ai pas à redire).
     
    Il n’y avait pas non plus à utiliser l’argument des quelques 5 témoins ayant affirmé que Galliano n’avait pas proféré d’insultes tout en évitant d’argumenter sur le fait que les uns travaillent dans ce bar dont Galliano est une locomotive et que les autres étant possiblement des habitués ils peuvent trouver plus d’intérêts à couvrir Galliano qu’à confirmer des insultes qui de toutes manières leur étaient moins audibles qu’à leurs destinataires. Ce café est isolé du secteur qui grouille de monde. Ses habitués sont ceux qui ont pris le parti de regarder de haut les autres clients, ceux du bas de la rue. Le patron y joue plus que les autres encore, la carte de la fidélité et ses habitués se serrent les coudes. Par principe plus général, un quartier a tendance à protéger ses stars.


    On a des gens qui vont se plaindre au commissariat qu’un type illustre les a insultés alors qu’ils ont tout inventé ? Qui prendrait un tel risque et pour quoi faire (à moins d’être carrément payé par la maison Dior) ?
    Et quand on voit, sur une vidéo qu’en une autre occasion, cet illustre avait proféré des injures de ce genre, sans en subir de dommage, on ne parvient pas à croire qu’il ait pu recommencer ?

    Il y a trop de mauvaise foi dans votre argumentation.

    A partir du moment où une vidéo montre que Galliano a pu insulter une fois en étant saoul, on doit croire ceux qui, sans rien savoir de cette vidéo, racontent que Galliano les a insultés. La probabilité est très très forte pour que ce soit vrai.

    Mais, en tout état de cause, nous entraîner ou nous chamailler sur vraie ou fausse accusation n’est d’aucun intérêt philosophique. Nous ne sommes pas flics alors restons à philosopher.

    Discutons plutôt sur : Est-ce que des injures sont traumatisantes ? Si elles le sont pourquoi et si oui combien vaut de traumatisme ? Les injures proférées par une personne ivre, très visiblement ivre, sont-elles à considérer avec rigueur ? Que devons-nous faire de l’alcool (et des autres produits qui réduisent notre nomos) ? Voilà le genre de questions qu’il est utile de débattre ici.

    Car si personnellement je n’aurais eu aucune réaction face à un type ivre m’insultant, je serais nettement plus énervé face à un conducteur ivre.

    Sans aucun doute, que ce soit pour finir ivre devant un comptoir ou ivre derrière un volant, dans les deux cas, la démarche du saoulard est la même, il n’y en a pas. Même avant d’être ivre, celui qui va l’être, qui se prépare à l’être, qui fait tout pour l’être, est déjà hors raison, il est déjà tout à sa douleur. Il est déjà épave de son destin avec de l’être de l’alcool.

    Je dirais qu’il ne faut pas chercher à idéaliser une législation qui de toute manière ne jouera qu’après l’incident ou l’accident. Il y aura toujours des gens qui chercheront et trouveront un moyen de se soustraire un moment de la dure réalité de la vie. Dans les cas chanceux, ça fera un ivrogne proférant des insultes dans la rue. Dans les cas malchanceux, ça fera 6 morts sur une route.

    Il y a une autre question dont on pourrait débattre. Est-ce que ce qu’on dit ivre reflète notre pensée secrète ?
     En ce qui me concerne, n’ayant jamais été ivre, je ne sais pas ce qu’il en est vraiment. Mais j’ai un ami, pauvre prof de piano, vivant seul avec son chat, originaire de Téhéran de l’époque d’avant la Révolution islamiste. Il aime boire. Il est toujours doux et courtois. Mais j’entends bien à travers ce qu’il dit, qu’il méprise les ayatolahs. Il ressent du mépris (moi je ne connais pas ce sentiment) au minimum pour les barbus. Mais aussi pour les gens de petite culture, pour ceux qui ne comprennent pas la musique classique, qui ne comprennent pas Gould, Bach, Nietzsche. Et bien quand il est saoul, ce sentiment de mépris devient majuscule, accapare toute la place et règne en maître. Ivre, il n’exprime plus que du mépris. 
    Envers les mêmes cibles qu’à jeûn ? 
    Non. Quand il est ivre, il méprise absolument tout et tout le monde. Ivre, il ne respecte plus rien ni personne. 


    Galliano serait donc accessible au mépris et sous alcool, il mépriserait n’importe qui, n’importe quoi, à commencer par lui-même. 



  • easy easy 2 mars 2011 16:46

    Déjà quand on dit « les Etats les plus démocratiques... » il vaut mieux mettre une majuscule. Qui plus est lorsqu’on désigne plus particulièrement un ou plusieurs Etats.



  • easy easy 1er mars 2011 21:45

    Chaque communauté ayant eu à souffrir du nazisme doit prendre sa part dans le travail de mémoire et donc parler de ce que les Nazis lui a fait subir.

    Mais un prof d’Histoire est là pour raconter ce qui est arrivé à toutes les communautés.

    A une époque, en France, on enseignait que les victoires de nos chefs. Il n’était pas question de parler de Nelson. Progressivement, les rivalités ayant cessé, il devint possible d’enseigner à la fois le point de vue de Napoléon et celui des Anglais. Celui des Sudistes, celui des Nordistes.

    Concernant les Nazis, j’ai idée qu’il restera longtemps interdit d’enseigner leur point de vue. Sur ce sujet de la Seconde Guerre, l’enseignement est donc déjà partial. Il ne faut pas aller plus loin dans le déséquilibre en développant hors de proportion, le martyr des Juifs. 

    De toutes manières, je n’ai aucun doute que plus certains névrosés de l’exposition de la Shoah en feront, plus ils irriteront. Ne serait-ce que les autres communautés victimes aussi bien des Nazis que des esclavagistes que des colonialistes.

    J’espère que cette prof enseigne l’Histoire plus récente et qu’elle mentionne bien ce qui se passe en ce moment en Palestine.



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