« Le marxisme ne s’occupe pas de
religions, les religions ne sont pas son adversaire, ou de façon très marginale. »
Vous érigez
là un dogme contraire à l’esprit scientifique dynamique de la théorie de Karl
Marx. Voyons encore très subrepticement ce que Marx pensait et disait de la
religion :
« Un spectre hante l’Europe
: le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont
unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar,
Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d’Allemagne. » (1)
« Le prolétaire est sans
propriété…Les lois, la morale, la religion sont à ses
yeux autant de préjugés bourgeois derrière lesquels se cachent autant
d’intérêts bourgeois. » (1)
Alors, la religion est l’une
des puissances qui traque le spectre du marxisme. La religion est une épaisse
couverture des intérêts bourgeois. Et on nous raconte que le marxisme n’a pas
pour adversaire la religion, ou alors de façon très marginale ! Ce n’est
pas logique
« Contre les superstitions, contre l’ignorance,
il n’y a que l’éducation »
Cela tombe naturellement
sous le coup du sens. Il faut toutefois savoir que les différents clergés ne se
laissent pas faire et sont prêts à tout pour conserver leurs privilèges.
« Preuve en est que le marxisme a
séduit beaucoup de cultures aux religions très différentes, il s’est très vite
acclimaté sur tous les continents »
Bien
entendu, le marxisme a vocation à séduire toutes les cultures. Mais dire à ce
jour qu’il s’est très vite acclimaté sur tous les continents, cela semble très
téméraire tant il est vrai que le capitalisme aujourd’hui recouvre le monde entier
et que nulle part on n’observe le soubresaut d’un mouvement marxiste.
« …vous parlez de
stalinisme dont on peut dire que l’exemple n’est pas vraiment marxiste »
De toute évidence,njamaregrette sans doute que Marx n’ait pas
pu vivre assez longtemps pour savourer en chair et en os la première grande
victoire du marxisme en URSS sous Lénine et Staline. Mais que voulez-vous, la
vie n’a pas donné cette chance à Marx. De toute façon, pour beaucoup de gens,
Marx lui-même n’était pas vraiment marxiste ! Donc même s’il avait vécu et
conduit la révolution d’Octobre aux côtés de Lénine et Staline, celle-ci
n’aurait pas été pour autant vraiment marxiste !
« Le marxisme n’est pas
le rejet de la (ou des) religion(s) »
« La religion est le
soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est
l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du
peuple.
L’abolition de la
religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son
bonheur réel. »(1).
Décidément, le marxisme
n’est pas vraiment marxiste !
« On considère en milieux
marxistes, que le chrétien Thomas Münzer fut la première figure communiste
(1490-1525). Ernst Bloch voit en lui le premier théologien de la révolution. »
Il est complètement
erroné de penser que Thomas Münzer, bien qu’étant revêtu des habits chrétiens,
prêchait la bible (christianisme) comme doctrine de la révolte plébéienne dont
il était le chef. Münzer n’empruntait à la bible chrétienne que la forme de son
expression, la forme du langage. Mais le contenu de son message pulvérisait
littéralement la doctrine chrétienne. Münzer, en tant que chef de la révolution
plébéienne, était un chrétien en rupture totale avec son sacerdoce. Il s’était
petit à petit transformé de théologien religieux à un agitateur politique
retourné contre sa religion. Voici un extrait parmi tant d’autre de ce que
rapporte Engels sur la doctrine révolutionnaire de Münzer :
« Münzer dont les idées
élaborées avec de plus en plus d’acuité devenaient chaque jour plus hardies, se
sépara résolument dela Réformebourgeoise et joua désormais directement
le rôle d’un agitateur politique.
Sa doctrine théologique
et philosophique attaquait, somme toute, tous les points fondamentaux non
seulement du catholicisme, mais aussi du christianisme. Il enseignait, sous des
formes chrétiennes, un panthéisme qui présente une ressemblance curieuse avec
les conditions spéculatives modernes et frise même par moments l’athéisme. Il
rejetaitla Biblecomme révélation tant unique
qu’infaillible. La véritable révélation vivante, c’est, disait Münzer, la
raison, révélation qui a existé de tous temps et chez tous les peuples et qui
existe encore. Opposerla Bibleà la raison, c’est tuer l’esprit par
la lettre. Car le Saint-Esprit dont parlela Biblen’existe pas en dehors de nous. Le
Saint-Esprit, c’est précisément la raison. La foi n’est pas autre chose que
l’incarnation de la raison dans l’homme, et c’est pourquoi les païens peuvent
aussi avoir la foi. C’est cette foi, c’est la raison devenue vivante qui
divinise l’homme et le rend bienheureux. C’est pourquoi le ciel n’est pas
quelque chose de l’au-delà, c’est dans cette vie même qu’il faut le chercher ;
et la vocation des croyants est précisément d’établir ce ciel, le royaume de
Dieu, sur la terre. De même qu’il n’existe pas de ciel dans l’au-delà, de même
il n’y existe pas d’enfer ou de damnation. De même, il n’y a d’autre diable que
les désirs et les appétits mauvais des hommes. Le Christ a été un homme comme
les autres, un prophète et un maître, et la cène a été un simple repas
commémoratif, où le pain et le vin étaient consommés sans rien y ajouter de
mystique.
Münzer enseignait cette
doctrine en la dissimulant la plupart du temps sous les mêmes tournures
chrétiennes, sous lesquelles la philosophie moderne a dû se cacher pendant un
certain temps. Mais la pensée profondément hérétique ressort partout de ses
écrits, et l’on s’aperçoit qu’il prenait beaucoup moins au sérieux le masque
biblique que maints disciples de Hegel aujourd’hui. Et cependant, trois cents
ans séparent Münzer de la philosophie moderne. »(2)
La doctrine
révolutionnaire de Münzer n’est donc pas apologiste de la doctrine chrétienne.
Elle se construisait plutôt en opposition avec le christianisme en particulier
et avec la religion en général. Par rapport aux fondamentaux théologiques, la
doctrine de Münzer était hérétique, démystifiant et démythifiant la théologie
divine. On ne peut donc pas invoquer Münzer pour faire asseoir l’affirmation denjamaque « le marxisme n’est pas le rejet
de la (ou des) religions(s) » même si Münzer utilisait la rhétorique
chrétienne qui était la seule forme de langage excitateur à portée de lui et
directement accessible au peuple à son époque. Et si donc « On considère même en milieux
marxistes, que le chrétien Thomas Münzer fut la première figure communiste,
Ernst Bloch voyant en lui le premier théologien de la révolution » comme
l’affirme si sereinement njama, alors Engels, et donc Marx, ne font pas partie de ces « milieux marxistes »-là. Pour Engels, la
théorie et l’action révolutionnaires communistes de Münzer démolissaient
précisément la théologie et y substituaient l’athéisme (a-théisme).
______________________________
(1) Marx-Engels : « Sur la religion »
(2) Engels (livre cité par njama) :
« La guerre des paysans en Allemagne)
Dans
l’ensemble, votre point de vue concernant la laïcité est tout à fait honorable.
Surtout, votre distinction de la « laïcité
faible » et de la « laïcité forte »
est judicieuse et permet de mieux cerner le concept pour le moins ambigu de « laïcité » qui sert de caution morale aux
démagogues, social-démagogues et sociétal-démagogues. Cependant, votre article
se trouve entaché par une désagréable écorchure en ce qui concerne votre
conception de la dictature. En voici l’extrait :
« Bref, ceci pour démontrer ad absurdum que l’application du
principe “fort” de la laïcité revient à la création d’une
nouvelle religion, concurrente de et semblable à toutes les autres (on
remplacera Dieu par la
Constitution où le Marché, peu importe),dont la recherche d’absolu et le dogmatisme
ne peuvent mener qu’à la dictature et à la ruine intellectuelle. »
C’est une arnaque intellectuelle que d’associer le mot « dictature », sans nuance, à l’horreur
absolue, comme ici à la « ruine
intellectuelle ». On montre ainsi qu’on ne comprend rien au sens des mots
que l’on emploie ou des objets que l’on désigne. Quand on en arrive à ce point,
on témoigne que l’on gît dans les bas-fonds de la « ruine intellectuelle » que l’on croit pourtant dénoncer.
Le mot « dictature »
en lui-même ne renvoie pas forcément à l’horreur, ni à la « ruine intellectuelle » comme pense l’auteur ou comme on pense
généralement. La dictature n’est pas
autre chose qu’un outil de coercition permettant de façonner les comportements
et les mentalités. La dictature est exactement comme une machette. En soi, dans
l’absolu, la machette n’est ni bonne, ni mauvaise, ni plaisante, ni horrible. C’est
un objet quelconque.
Cependant, entre les mains d’un paisible paysan, la machette
devient un outil merveilleux, un outil qui permet de produire de quoi vivre, de
se nourrir et de nourrir la société, de rendre la société heureuse, de créer le
bonheur pour tout le monde. Il ne vient alors à l’idée de personne d’incriminer
la machette en soi, de la tenir en horreur. Bien au contraire, la machette est
un objet vénéré par la société.
Par contre, entre les mains d’un gangster, la même machette
se transforme en un outil horrible, une arme redoutable de pillage, de
brigandage et de massacres, une arme qui sert à plonger la société dans le
désarroi et la désolation. La machette est alors un objet d’horreur, un objet
de peur, un objet à jeter au loin.
On comprend donc l’absurdité qui consiste à parler de
dictature en général, à pester contre la dictature en général, sans
discernement, à désigner la dictature comme l’horreur absolue. C’est ainsi que
procèdent les anarchistes (libertaires), les démagogues et autres fossoyeurs du
bien-être social et moral de la société, les capitalistes et les exploiteurs.
C’est l’intérêt des exploiteurs et leurs griots d’agiter le
chiffon rouge de la « dictature » pour
faire peur au peuple laborieux qu’ils exploitent, dont ils vivent. C’est la
technique des exploiteurs et leurs suppôts de faire croire au peuple laborieux
que toute dictature est à bannir dès lors que c’est une dictature, sauf bien
sûr la dictature des exploiteurs. C’est par cettepeur de la dictature, qu’ils exercent d’une
main de fer, que les exploiteurs arrivent à tenir les masses laborieuses en
laisse, à distance, à les maintenir disciplinées sur l’autel de l’abattoir.
Cette supercherie conforte la « ruine
intellectuelle et morale » des masses laborieuses, du prolétariat, sous la
dictée des exploiteurs et leurs griots et kapos.
Non à la dictature des bandits contre la société ! Non à
la dictature des exploiteurs contre les masses laborieuses, contre le
prolétariat ! Non à la ruine intellectuelle et la corruption morale de la
société, produit de la dictature des exploiteurs et leurs griots (anarchistes,démagogues, social-démagogues et autres
idéologues de la bourgeoisie) !
Oui à la dictature de la société contre les
bandits et les trafiquants ! Oui à la dictature des masses laborieuses
contre les exploiteurs ! Oui à l’émancipation totale des masses
laborieuses par la dictature staliniste du prolétariat !
« Une
partie de la droite et de l’extrême gauche misent sur une déstabilisation du
pouvoir socialiste ».
Les
gens qui manifestent aujourd’hui contre l’inconscience et l’inconsistance du
pouvoir socialiste ne se réduisent pas à l’extrême gauche ni à l’extrême droite.
C’est essentiellement le peuple qui manifeste son mécontentement devant un
pouvoir social-démago-sociétaliste.
Que
doit donc faire le peuple devant les attaques sociétalistes et anti-sociales du
pouvoir social-démago-socialiste ? Doit-il rester les bras croisés et se
morfondre ou aller à la pêche des poissons de rivière pour faire passer
ses ennuis par crainte de l’extrême gauche et de l’extrême droite ? Le peuple
ne « mise » sur la « déstabilisation » d’aucun pouvoir. Le peuple mise au contraire sur
la satisfaction de ses besoins par le pouvoir qu’il a lui-même désigné pour
cela. Quand cette satisfaction n’est pas au rendez-vous, ni même à l’horizon,
alors le peuple doit s’insurger contre la trahison du pouvoir même élu, car
l’élection n’est qu’un moyen et non une fin en soi.
« Tel un punching-ball, le pouvoir socialiste par son côté ventre mou… »
Le pouvoir
social-démago-sociétaliste n’a nullement le ventre mou. Il a le ventre chargé de
plans réactionnaires en béton.
« Le Monde, dans un article très étayé, revient sur l’ambition à droite d’un printemps français au
cours duquel la rue, dans un réflexe de défense identitaire, imposerait sa loi ».
La charrette « gauche-droite » des arnaqueurs du peuple ne poursuivra pas éternellement sa trajectoire. Elle s’écrasera un jour contre
le peuple laborieux insurgé.