Il faut cesser de penser qu’entreprise = multinationale. Une entreprise, pour plus de la moitié des salariés, c’est moins de 50 salariés, pas de CE, pas de mutation aux Seychelles, pas de 13e mois, de mutuelle et tout ce genre de chose. Les salariées stérilisées, c’est un cas documenté, mais qui date des années 70. Les cadres sous contrôle de fécondité, si mes souvenirs sont bons, c’est une multinationale de l’informatique, dans les années 80.
L’entreprise n’exerce pas son pouvoir que sur les cadres sup’ pour des question d’expatriation, avec des contrats de mobilité généralement bien dédommagés, je parle des PME qui expédient les ouvrières sur un site à 100 bornes du précédent, sans choix, ni salaire en mieux, sachant qu’il y a la maison et le boulot du mari sur l’ancien site, ce genre de chose...
J’ai surtout été subordonnée dans des entreprises suffisamment petites pour ne recevoir en retour de mon labeur qu’un simple salaire. Pour la moitié des salariés, il n’y a absolument aucun hersatz de démocratie en entreprise : pas de CE, pas de syndicat, pas de délégués, rien, que dalle.
C’est une réalité qu’il convient de ne pas perdre de vue.
La taille ne change rien à l’affaire : c’est le système qui favorise certains comportements. Du moment que le principe de subordination domine le modèle politique de l’entreprise, qu’il y ait 1 ou 100 000 salariés, le patron peut décider à tout moment d’imposer le fait du prince. Nul besoin d’être aux manettes d’une grosse entreprise pour être un a dpatron de droit divin.
En fait, le droit du travail est ainsi fait qu’en dessous de 50 employés, il y a tellement peu de garde-fous, que la dictature patronnale peut être implacable.