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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les Corons : un superbe hommage de Pierre Bachelet aux « gueules noires (...)

Les Corons : un superbe hommage de Pierre Bachelet aux « gueules noires »

Le 3e album de Pierre Bachelet, est sorti en juin 1982, il y a tout juste 40 ans. Contre l’avis des producteurs de sa maison de disques, Polydor, le chanteur avait décidé d’y inclure une chanson écrite en hommage aux mineurs des houillères du Nord et du Pas-de-Calais : Les Corons...

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Photo Stéphane Compoint

Pierre Bachelet naît à Paris en mai 1944. Après un début de carrière professionnelle dans la réalisation de documentaires et de films publicitaires – il est diplômé de l’ENS Louis-lumière –, il change de voie et compose des musiques de films, la plus célèbre étant, en 1974, celle d’un opus érotique qui connaît un succès planétaire : Emmanuelle de Just Jaeckin. D’autres musiques de films suivent jusqu’au moment où l’artiste décide de se lancer dans la chanson. Une reconversion réussie : en 1980, Pierre Bachelet obtient un vif succès avec un album, Elle est d’ailleurs, qui marque les débuts de sa collaboration avec le parolier Jean-Pierre Lang.

En 1982, Pierre Bachelet éprouve le besoin de composer une chanson qui rende hommage à ce nord où il a vécu quelques années durant son enfance, dans la ville natale de son père : Calais. Bien que peu enraciné dans la Flandre et l’Artois, le chanteur tient à ce projet qu’il mûrit patiemment. Réflexion faite, il décide d’en centrer le texte sur ce qui symbolise le mieux cette attachante région, tant à ses yeux qu’à ceux du public : la vie des mineurs de fond. Son ami Jean-Pierre Lang est lui-même un Parisien d’origine corse, sans la moindre racine nordiste. Cela n’empêche pas les deux hommes d’écrire et de composer de bien belle manière Les Corons

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Pierre Bachelet tient absolument à incorporer cette chanson dans l’album qui doit sortir en ce mois de juin 1982. Les producteurs de Polydor y sont opposés : le texte est jugé « trop triste », et de surcroît « inadapté » à un lancement en début d’été, au moment où les populations ont déjà la tête aux vacances et sont demandeuses de titres propices à la fête et à la détente. Un avis partagé par son ami Patrick Sébastien qui confiait il y a 10 ans : « Je n’y croyais pas un instant, à cette chanson. » Pierre Bachelet tient bon, et sa ténacité lui donne raison : non seulement la chanson se hisse au sommet du hit-parade où elle reste durant près de deux mois, mais très vite elle acquiert un statut d’hymne officieux du bassin minier.

Il suffit, pour prendre pleinement la mesure du lien très fort qui s’est créé entre les habitants de la région et cette chanson, de se rendre un soir de match au stade Bollaert-Delelis à Lens. Depuis le 19 février 2005 – 4 jours après le décès de Pierre Bachelet, emporté par un cancer des poumons –, le 2e couplet des Corons est diffusé par les haut-parleurs du stade à la mi-temps de chaque match du Racing Club de Lens. Le refrain, repris par l’ensemble du public (lien) est impressionnant, et quiconque a vécu ce moment, dont on dit fréquemment qu’« il prend aux tripes », en garde un souvenir ému longtemps après avoir oublié les péripéties du match.  

De quoi parle Les Corons ? Des souvenirs d’un enfant qui est né dans le bassin minier et a vécu dans ces rues rectilignes où, serrées les unes contre les autres, sont alignées les petites maisons en briques où vivent les familles de mineurs. Les Corons parlent du charbon et des « gueules noires » qui descendent l’extraire dans les galeries au fond des fosses. La chanson parle aussi de la silicose qui attaque leurs poumons, et des coups de grisou qui, parfois, endeuillent leurs proches. Mais surtout Les Corons évoquent une « enfance heureuse dans la buée des lessiveuses ». Avec pour paysage « les terrils à défaut de montagnes ».

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Le succès de cette chanson est d’autant plus étonnant que, durant de longues années, les anciens mineurs ont voulu oublier, non pas leurs dures conditions de travail, trop souvent ponctuées d’accidents tragiques, pas plus que les mouchoirs, noirs du poussier qui tapissait leurs bronches, mais les terribles désillusions qu’ils ont connues lorsque les puits ont fermé les uns après les autres en plongeant la région dans l’amertume et la désolation. Ce sont les enfants et les petits-enfants des « gueules noires », très fiers du vécu de leurs aînés et de leur dignité, qui se sont résolument approprié cette chanson pour en faire un hymne à la gloire de leurs aïeux.

Les dernières houillères du bassin nordiste ont fermé il y a plus de 30 ans. Et pourtant, tous les Ch’tis, jeunes et anciens, se reconnaissent dans Les Corons, un chant devenu un marqueur de leur identité. Dany Boon, le natif d’Armentières, ne s’y est pas trompé : il a incorporé dans son film Bienvenue chez les Ch’tis une scène de match à Lens où l’on voit Kad Merad, alias Philippe Abrams, l’homme monté du sud pour des raisons professionnelles, découvrir à côté de Dany Boon, alias Antoine Bailleul, la formidable ambiance de Bollaert (lien) un soir de match. Les Corons : difficile d’y être insensible, même si l’on a vu le jour et si l’on a grandi à des centaines de kilomètres de là ! 

Lien : Les Corons par Pierre Bachelet en montage photo

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53 réactions à cet article    


  • Roberto Rastapopulos Séraphin Lampion 1er juin 08:16

    « …l’homme monté du sud pour des raisons professionnelles, découvrir …/… la formidable ambiance de Bollaert. »

    Pas étonnant, dans le sud, c’est une autre ambiance : lien.


    • Roberto Rastapopulos Séraphin Lampion 1er juin 08:36

      Il y avait quelque chose de particulier dans le monde des mineurs, et je pense que la fermeture des mines a fait disparaitre ce côté-là en ne laissant , au mieux, que la nostalgie, au pire que le deuil d’un passé enjolivé.

      Quand j’étais petit, la ville où j’habitais organisait tous les ans un « corso fleuri » et, une année, le musique des mineurs de Lens avait la vedette. Les fanfares défilaient les unes derrières les autres, en costumes de comiques troupiers, à l’allure des chasseurs alpins, en jouant des marches militaires apprises à l’armée, mais quand les mineurs sont arrivés, j’ai eu un frisson dans le dos et je me souviens encore de l’émotion que ça j’avais ressentie. Ils étaient habillés en mineurs, en noirn avec un foulard et je ne sais plus quoi sur la tête. Ils avançaient lentement, las tambours formant un front au premier rang, et leur formation était « en large », et non pas « en long », comme les autres. Ils ne jouaient pas des airs militaires et n’avaient pas de clairons, mais des instruments capables de jouer toutes les notes. Et ils jouaient juste ! Il se dégageait de leur ensemble une force, une puissance contenues et maîtrisée impressionnantes. Mais aussi une certaine tristees.

      Je crois que c’est ce jour-là que j’ai eu envie de « faire de la musique », et je l’ai fait.


    • Fergus Fergus 1er juin 09:17

      Bonjour, Séraphin Lampion

      Un grand merci pour ce témoignage. Il rejoint celui de toutes celles et tous ceux qui ont été, de près ou de loin, témoins de ces défilés de mineurs. Fierté dans leurs rangs, mais aussi fierté des spectateurs, qu’ils aient eu ou pas des mineurs dans leur propre famille.

      « des instruments capables de jouer toutes les notes »
      Oui, et parfois des musiciens de si grande qualité qu’il peut en sortir des virtuoses, à l’images de Maurice André, mineur à Alès durant son adolescence.
      A propos de « virtuoses » et de mines, à voir le très beau film éponyme : lien.


    • cevennevive cevennevive 1er juin 09:36

      @Séraphin Lampion, bonjour,

      A sept ou huit ans, je jouais du tambour dans l’harmonie ouvrière, fière comme Artaban, défilant aux premier rang, comme les petits.
      J’avais droit, de ce fait, à une tonne de charbon gratuit !


    • Aristide Aristide 1er juin 09:37

      @Séraphin Lampion

      « …l’homme monté du sud pour des raisons professionnelles, découvrir …/… la formidable ambiance de Bollaert. »

      Pas étonnant, dans le sud, c’est une autre ambiance : lien.


      Les supporters de TOUS les clubs ne brillent pas par leur finesse : dans le sud ? et dans le nord : ! Et même à Lens : 

      Débordements lors de Lens - Lille : 18 mois d’interdiction de stade pour des supporters lensois

      et

      Incidents Lens - Lille : Bollaert à huis clos pour deux matchs au moins




    • Fergus Fergus 1er juin 09:43

      @ cevennevive

      Je vous imagine, petite fille si fière de jouer du tambour en tête de la fanfare. Cela doit rester un excellent souvenir pour vous.


    • Fergus Fergus 1er juin 09:46

      Bonjour, Aristide

      Vous avez raison de le souligner, les débordements de supporters sont un mal hélas ! trop répandu sur le territoire, même si certains clubs y sont plus souvent sujets que d’autres.
      Même à Saint-Etienne, ce club naguère exemplaire, tout fout le camp comme l’ont montré les récents incidents à l’issue du match de barrage contre Auxerre.


    • Aristide Aristide 1er juin 10:09

      @Fergus

      Le problème est simple à résoudre, faire le tri par l’argent !!! Les anglais se sont débarrassés de cette plaie en fixant des prix de billets hors de portée.

      Conclusion de l’article : Comment les Anglais ont maté leurs hooligans

      Ainsi, le prix de l’abonnement standard pour une saison dans les gradins de l’Emirates Stadium, le nouvel antre d’Arsenal, s’élève aujourd’hui à plus de 4000 francs suisses (3890€). Un tarif dix fois supérieur à celui pratiqué par le Paris Saint-Germain. ( Article de 2006)


      C’est assez navrant de devoir dire cela mais partout en France, c’est la loi de ces malades excités qui pourri les matchs, Quelques clubs font exception pour ces violences, débordements, propos indignes, ... Simple ceux où il y a peu de supporters attitrés.

      J’habite la Cote d’Azur, je suis mon club préféré le TFC, je reconnais c’est pas du coin, mais il remonte en Ligue 1, je vais de nouveau aller voir leurs matchs à Monaco, Marseille et Nice.
      Sans problème à Monaco, mon fils avec le maillot du TFC, et on se lève à chaque action du TFC, et pour le but ... . A Nice, quelque soit la tribune, la consigne est de ne pas trop se faire remarquer, surtout pas de maillot et même on limite son enthousiasme pour les actions et les buts de TFC. A Marseille, pas de problème, de la galéjade, des moqueries mais aucune vraie agressivité en tribune aux places chères ! En tribune « populaire » là cela craint, on est scalpé ! 

       


    • ZXSpect ZXSpect 1er juin 10:17

      @Séraphin Lampion

      .

      « Ils étaient habillés en mineurs, en noirn avec un foulard et je ne sais plus quoi sur la tête. »

      .

      sur la tête… la barrette du mineur

      .

      http://adoniczka.free.fr/encyclopediecharbonfondmine.html


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er juin 19:40

      @cevennevive
      Bonsoir. Moi aussi vers le même âge j’ étais tambour pour l’harmonie municipale. Pas d’uniforme mais une casquette. J’ étais fier aussi. Fermez le ban !


    • cevennevive cevennevive 1er juin 08:27

      Bonjour Fergus,

      Cet hommage me touche et les paroles m’apportent encore bien des émotions. Je ne peu l’écouter sans retenir mes larmes...

      Dans les années 80, nous participions activement à une chorale dans le Bassin Minier des Cévennes, et nous allions de maisons de retraites en fêtes locales.

      Lorsque nous entonnions cette chanson de Bachelet, les larmes coulaient sur les vieilles joues ridées de nos vieux mineurs ou veuves de mineurs.

      Moi, fille et enfant de ces mineurs, je retenais difficilement mes larmes.

      Pierre Bachelet y a mis tant de vérité, d’émotion et de réalisme !

      Il en est de même d’ailleurs avec sa chanson « mon père »...

      une petite référence, souvenir de ma propre jeunesse, à ces deux chansons de Bachelet : mon père était si fier de moi lorsque j’ai eu le baccalauréat qu’il a pleuré !


      • Fergus Fergus 1er juin 09:27

        Bonjour, cevennevive

        Merci beaucoup pour ces évocations.

        Quand on parle de bassin minier, l’on oublie trop souvent celui des Cévennes, pourtant d’une grande importance (il est vrai que la mémoire du bassin minier lensois est ravivée chaque année par le passage des coureurs de Paris-Roubaix smiley ).

        Dans sa chanson, Bachelet évoque la photo de Jaurès présente dans toutes les maisons. J’imagine que ce devait être également le cas du côté d’Alès, Carmaux ou Decazeville, d’autant plus que Jaurès était né à deux pas de là et porteur de cette idéologie sociale si imprégnée dans les villes minières.


      • Aristide Aristide 1er juin 09:46

        @Fergus

        Carmaux ou Decazeville, 

        Vous parlez à juste titre des Cévennes pour Alès, mais Carmaux est dans le Tarn et Decazeville dans l’Aveyron. Juste une précision ...

        Jaurès est originaire du Tarn, de Castres. Carmaux est le lieu de référence pour les mouvements des mineurs en 1892, cela a duré 3 ans !!! Jaurès a largement contribué à la publicité nationale de cet évènement.


      • troletbuse troletbuse 1er juin 11:11

        @Aristide
        Le GPS n’existait pas quand Arrias y a été !


      • Fergus Fergus 1er juin 11:23

        @ Aristide

        Je n’ai pas cité Carmaux et Decazeville comme faisant partie des Cévennes (je connais très bien cette région), mais de ces régions minières des contreforts sud et sud-est du Massif central trop méconnues de nos compatriotes. Cela dit, vous avez raison, j’aurais dû être plus précis.


      • Aristide Aristide 1er juin 11:29

        @Fergus

        No problemo ! Etant du coin, j’ai apprécié de pouvoir préciser simplement la localisation de ces villes, et j’en ai profité pour rappeler l’origine castraise de Jaurès ...


      • Le Panda Le Panda 1er juin 09:20

        Bonjour, Fergus

        Je reviens un article qui me rappelle bien des souvenirs de mon époque étudiant. Un sacré bonhomme. On ne peut connaitre le Nord sans comprendre ou avoir passé quelques ou quelques mois dans cette région embléme de la nation France.

        Pierre Bachelet devait peut-être avoir « Germinal » comme livre de chevet. 

        Je reviens dans un moment et merci beaucoup pour cet hommage à cette région à ces « Corons » et les désastres que ces gens de l’époque et encore à présent ont pu vivre.

        Le Panda


        • Fergus Fergus 1er juin 09:38

          Bonjour, Le Panda

          Des « souvenirs » que j’imagine marquants tant un séjour prolongé dans cette région marque aux plans culturel et humain.

          Pas trop d’accord en revanche avec cela : « cette région embléme de la nation France »
          Notre pays est en effet un mix de cultures très différentes. Et quel que soit l’attachement que l’on porte à celle de telle ou telle région, cela n’en fait pas pour autant un « emblème de la nation », mais une composante de l’identité nationale.

          « Germinal », un roman d’autant plus fort qu’il décrit avec une remarquable précision la sociologie du bassin minier.

          Bien à toi !


        • Le Panda Le Panda 1er juin 09:49

          @Fergus
          Pas trop d’accord en revanche avec cela : « cette région embléme de la nation France »
          Notre pays est en effet un mix de cultures très différentes. Et quel que soit l’attachement que l’on porte à celle de telle ou telle région, cela n’en fait pas pour autant un « emblème de la nation », mais une composante de l’identité nationale.
          Tu vois et lis nous ne sommes pas en accord, tu joues avec le ressenti, mais je reviendrai plus à fond dans un moment. Sans cette région terre de révoltes justifiés, tu n’aurais jamais eu de « congés payés » je suis descendu dans ces mines, je suis allé à Dunkerque, j’ai vu des scénes horribles et nous n’avions pour nous protéger qu’un « oiseau » pour le manipuler afin de savoir si nous pouvions continuer à monter ou descendre. En ce qui me concerne oui je considére cette partie de la France comme un emblème de la France. As tu travaillé étudiant sur des chantiers à gros risques avec des transbordeurs ? 
          Le Panda


        • Fergus Fergus 1er juin 11:17

          @ Le Panda

          Les premiers « congés payés » datent d’un décret de Napoléon III en... 1853. Mais ils ne concernaient que les fonctionnaires. Quelques années plus tard  le fait est peu connu , les ouvrières de la manufacture de tabacs de Morlaix obtenaient à leur tour une semaine de congés payés. J’y reviendrai dans un article si j’arrive à mettre la main sur des documents que j’ai égarés lors d’un déménagement.
          Cela dit, les luttes des bassins miniers ont été déterminants pour l’extension de ce droit.

          Je n’ai pas eu dans ma jeunesse d’expériences comparables aux tiennes, tout juste des rapports étroits avec la nature dans le cadre des activités d’élevage de montagne.


        • Et le cancer des poumons. En angleterre, ils veulent maintenir la charbon... Assassins...


          • Fergus Fergus 1er juin 09:39

            Bonjour, Mélusine ou la Robe de Saphir.

            En effet, et cela suscite, à juste titre, bien des controverses outre-Manche.


          • gruni gruni 1er juin 09:41

            Bonjour Fergus

            Un bel article pour une bien belle chanson.

            Né dans la vallée sidérurgique de la Fench, le pays du fer, j’habite aujourd’hui dans ce qui a été une citée de mineurs du charbon pas très loin de Forbach. Alors bien sûr, écouter la chanson « Les Corons » de Bachelet ça me fait quelque chose. Je n’oublie pas non plus la vie très dure des mineurs de fond, et puis les catastrophes, comme celle du puits Simon.

            https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/moselle/forbach/forbach-coup-grison-au-puits-simon-derniere-grande-catastrophe-miniere-france-653581.html


            • Fergus Fergus 1er juin 09:52

              Bonjour, gruni

              J’imagine effectivement que les Lorrains du bassin de Forbach sont eux aussi très sensibles à cette chanson.
              De même que les personnes qui, comme toi, sont issues des sites sidérurgiques : s’ils ne descendaient pas au fond des fosses, les ouvriers n’en ont pas moins connu de très rudes conditions de travail et ont été également exposés à de graves crises sociales.
              Merci à toi ! 


            • LeMerou 2 juin 06:42

              @gruni

              « Un bel article pour une bien belle chanson ».

              Je suis entièrement d’accord, bien au delà des clichés traditionnels.


            • troletbuse troletbuse 1er juin 09:45

              Tiens, v’la que Fergus pique les articles de Rototo maintenant, sous les applaudissements de Grounichou. smiley

              Tout va bien sous le règne de Micronor 1er.  smiley


              • Aristide Aristide 1er juin 10:15

                @troletbuse

                Vous ne vous arrêtez jamais !!!


              • chantecler chantecler 1er juin 10:17

                @troletbuse
                C’est dans la série : « parlons d’autre chose que de ce qui est important . »
                C’est certain les corons , et Bachelet , c’est capital .

                La fermeture des mines de charbons et des industries textiles dans notre pays qui allaient avec , c’est vraiment l’actualité ... !

                Enfin ça c’est terminé vraiment en 1990 .
                Mais en 70 c’était bien avancé :
                https://fr.wikipedia.org/wiki/Bassin_minier_du_Nord-Pas-de-Calais?tableofcontents=1

                Faut il rappeler qu’au RU , Margaret Thatcher a commencé par liquider le charbon en Angleterre dans les années 1970 pour imposer le néolibéralisme en Europe ?

                Il y eut des grèves très violentes au RU , en France , car le charbon était aussi des bastions ouvriers surtout depuis la fin de la seconde guerre mondiale : CNR .

                Puis ça a été le tour de la sidérurgie qui , elle , a été délocalisée .

                Et c’est comme ça qu’a commencé la perte de souveraineté de notre pays ,

                Le nucléiare a pris le pas sur le charbon : c’était plus moderne et moins pour les crasseux .
                Pas de corons autour des centrales nucléaires .
                Que la fine fleur de la technologie .

                Perte de souveraineté ,autrement dit la mondialisation ...

                Ce qui veut dire aussi que l’UE a été aussi une machine de guerre contre la classe ouvrière qu’on a fini par casser totalement .

                D’où la disparition progressive du PCF .
                Et la montée du FN .

                Pour le reste il faut demander l’avis des Chinois , qui vivent et travaillent dans un système mixte :
                autoritaire, verrouillé par un PC tout puissant
                et libéral , mondialisé pour le commerce ...


              • troletbuse troletbuse 1er juin 11:05

                @Aristide
                Non, je sui comme les banquiers et les politiques qui contrairement aux oiseaux s’arrêtent souvent de voler.
                Je continue à persifler de la même façon que Fergus continue à nous distraire avec les cons en or, pardon les corons.  smiley
                Mais il me semble que vous faîtes un peu comme moi, non ? Enfin peut-être me tromperais-je ?



              • ZXSpect ZXSpect 1er juin 10:13

                .

                Merci pour cet article sur ma région et une époque souvent caricaturées

                .

                Le pays minier, c’est aussi et avant Bachelet, le poète Jules Mousseron, mineur de fond, (1868-1943 Denain - Nord) et ce texte émouvant sur le « Pain d’alouette »

                .

                J’ vas chi vous dir’, tout à l’ coyette,
                El pain d’alouett’ chuss’ qué ch’est :
                C’est un pétiot restant d’ briquet.
                C’est deux dogts d’ pain, pas davantache
                Avec du burr’, du mou fromache.
                L’ mineur r ‘mont’ cha pou ses infants
                Du fond del min’, chaqu’ jour ouvrant.

                .

                pain d’alouette : ce morceau de pain tartiné de saindoux ou de beurre que le mineur gardait de son casse-croûte (ou briquet) pour le rapporter à ses jeunes enfants. (El tartine réchuée avec sin goût d’nojette / Qu’in n’app’lot, nous les gosses, el bon pain d’alouette)

                .

                Un autre artiste, le sculpteur franco/britannique Raymond Mason, a réalisé un bas-relief « Une tragédie dans le nord » illustrant la catastrophe minière de 1974 https://www.raymond-mason.com/lievin/


                • Fergus Fergus 1er juin 11:40

                  Bonjour, ZXSpect

                  Merci pour ce texte de Jules Mousseron. Du pur picard comme il est malheureusement de moins en moins parlé.

                  Je ne connaissais pas Raymond Mason, ni cette oeuvre.


                • Le Panda Le Panda 1er juin 12:01

                  @fergus

                  Oui j’ai connu ces lieux, durant 3 années à la période des vacances d’étudiant. Je venais de Lyon et je passais pratiquement trois mois à suer en descendant nettoyer ces fosses de Dunkerque à Coudekerque à Calais.

                  Oui j’ai pasqsé ton article sur ma page facebook et sur twitter. Je me souviens nous étions un petit groupe de 4 gones. Debout à 2 heures du matin et le casse croute dans un sac. Arrivés sur les chantiers du jour je suis allé travailler aussi à Usinor Dunkerque je passais mes journées de 14 à 15 heures par jour à nettoyer ces fosses et à boulonner des trains à bandes. Sur des passerelles de 15 cms de large à 100 mts de hauts ou dans les fosses à 100 mts aussi la trouille au ventre, mais cela s’est fait. Les matins étaient durs mais j’étais jeune et buvant mon café au lait avec des tartines, les hommes aux comptoirs buvez de grandes rasades d’alcool blanc. Arrivé sur les portes des chantiers figurait toujours au mur d’entrée le nombre de morts de la veille et le fait de ne pas boire. Mais ces hommes étaient épuisés bien souvent avec des familles nombreuses. Lorsque qu’à Calais, à Dunkerque Place Jean Bart il y avait un bal, nous nous en donnions à coeur joie. Les filles se mariés très jeunes ton article a réveillé chez moi bien des souvenirs très tendres, merci encore. La dernière année nous passions la frontière pour aller à Ostende, nous ne dormions pas de la nuit, mais c’était merveilleux. Usinor quitta le Nord pour s’implanter à Fos sur Mer, j’y suis allé deux ans, oui j’ai plongé les mains dans le camboui pour poursuivre mes études. Je logeais à Arles et tous les jours comme dans le Nord presque 100 kms / jour. Cela construit un homme et apprend des tas de choses. Je pousuivais mes cours ensuite en fac, mais jamais je ne pourrai oublier ces étapes qui font d’humains UNE VIE pleine de belles choses, parfois triste car une prateforme avait été touché par « le grisou » mais c’était le risque de ce métier", mercfi encore puis lorsuq l’on constate ce que que ces gens ont pu souffrir l’état de la France tente de plonger les Français dans un marasme du vide.

                  Le Panda


                  • jacques 1er juin 12:05

                    @Le Panda
                    Cela mériterais un article sur la voix.


                  • Le Panda Le Panda 1er juin 12:36

                    @jacques
                    Je suis sur un article du vide médical et les marasmes du gouvernement menteur comme jamais, puis il faut s’inscrire sur Les Voix du Panda


                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er juin 12:15

                    Article scandaleux qui met en avant les chtis , alcooliques, incestueux , pédophiles , consanguins et j’en passe !


                    • @Aita Pea Pea Affaire Outreaux que l’on a préféré étouffer... la pauvreté engendre des comportements psychopathiques. 


                    • Fergus Fergus 1er juin 12:37

                      Bonjour, Aita Pea Pea

                      Je plaide coupable. smiley
                      Cette fameuse banderole était scandaleuse !


                    • Relire Zola et les Rougons Macquart (origine du nom de Macron) qui fait la généalogie d’une famille qui comporte, inceste, traffic, les gueux c’est sympa, mais ils n’ont pas de limites...


                      • « Les Rougon-Macquart personnifieront l’époque, l’Empire lui-même. » Inspiré de La Comédie humaine de Balzac, l’ouvrage a notamment pour but d’étudier l’influence du milieu sur l’Homme et les tares héréditaires d’une famille, originaire de Plassans, sur cinq générations depuis l’ancêtre, Adélaïde Fouque (née en 1768), jusqu’à un enfant à naître, fruit de la liaison incestueuse entre Pascal Rougon et sa nièce Clotilde (1874). Il veut aussi dépeindre la société du Second Empire de la façon la plus exhaustive possible, en n’oubliant aucune des composantes de cette société et en faisant une large place aux grandes transformations qui se produisent à cette époque (urbanisme parisien, grands magasins, développement du chemin de fer, apparition du syndicalisme moderne, etc.). Cet ensemble de romans marque le triomphe du mouvement littéraire appelé naturalisme, dont Zola est, avec Edmond et Jules de Goncourt, puis Guy de Maupassant, le principal représentant.


                          • Gervaise (L’Assommoir) : née en 1828. A deux garçons d’un amant, Lantier, dont l’ascendance compte des paralytiques, qui l’emmène à Paris et l’y abandonne ; épouse en 1852 un ouvrier, Coupeau, de famille alcoolique, dont elle a une fille ; meurt de misère et d’ivrognerie en 1869. Élection du père. Conçue dans l’ivresse. Boiteuse. Blanchisseuse.
                          • Étienne Lantier (Germinal) : né en 1846. Mélange soudure. Ressemblance physique de la mère, puis du père. Mineur. Vit à Montsou, puis à Nouméa.
                          • Jacques Lantier (La Bête humaine) : né en 1844, meurt en 1870 dans un accident. Élection de la mère. Ressemblance physique du père. Hérédité de l’alcoolisme se tournant en folie homicide. État de crime. Mécanicien.

                          Il s’agissait pour Zola d’affirmer que, dans le roman naturaliste, il n’y a plus de barrière entre science et littérature. Ces conceptions étaient très proches de la théorie de la dégénérescence alors très en vogue dans les milieux scientifiques et médicaux. Les détracteurs de Zola se sont moqués de son arbre. Alphonse Daudet aurait dit que, s’il avait possédé un tel arbre, il se serait pendu à sa plus haute branche.


                          • agent ananas agent ananas 1er juin 14:23

                            Pour ce qui est de l’hommage aux gueules noires, je préfère la version de Bernard Lavilliers Fensch vallée, où il décrit la condition de la classe ouvrière de ce coin de Moselle marqué par un héritage minier et sidérurgique ou encore Les Mains d’Or qu’il dédie aux « métallos » d’ArcelorMittal de Florange ...

                            Question de goût me direz vous ...


                            • Fergus Fergus 1er juin 17:45

                              Bonjour, agent ananas

                              Le fait est que ces chansons de Lavilliers  notamment Les mains d’or  sont également très réalistes et, de ce fait, très émouvantes.


                            • wagos wagos 1er juin 14:46

                              Beaucoup d’entre nous avons débuté dans l’âpreté du boulot pas très gratifiant , mais il fallait bien bouffer et gagner sa vie une fois le Certif en poche ...

                              Perso, c’est dans ma 15 ème année que je me suis trouvé dans un entrepôt à charger et décharger des camions de marchandises diverses , 

                              Ah oui bizutage obligatoire, on vous saoule et on vous passe la bite au cirage ...c’est la coutume ! 

                              Avec un sac de sucre en poudre 100 kgs sur le dos , ou des caisses de pinard 15 trous, il fallait en prendre deux à la fois : !!! c’est vrai que faisait des muscles, mais bon 12 heures par jour , on s’écroule de fatigue le soir après le souper ...

                              Du coup je me suis engagé 3 ans dans l’armée ,

                              C’est revenu à la vie civile que je me suis remis à étudier pour avoir enfin un boulot choisi une fois le diplôme obtenu ...


                              • Fergus Fergus 1er juin 17:49

                                Bonjour, wagos

                                Un apprentissage de la vie professionnelle effectivement très musclé. Comme l’on dit souvent, « cela forge le caractère ». On n’en apprécie que mieux par la suite un métier moins éprouvant.


                              • Octave Lebel Octave Lebel 2 juin 16:05

                                Merci pour cet article.

                                Pour info, la chanson a touché l’ensemble des mineurs au-delà de l’origine géographique .

                                Il y a une vingtaine d’années, j’ai entendu chanter la chanson par deux beaux-frères savoyards, ancien mineurs (bassin houiller, Dauphiné/La Mure fermé en 1997), fils d’immigrés italiens, dont l’un d’eux mariait sa fille à un de mes neveux. Interprétation parfaite, dignité et fierté du travail, dignité de l’être humain et le talent d’en témoigner avec une modestie tranquille dans une simple chanson. Un grand moment de liaison entre les générations. Poignant.


                                • Fergus Fergus 2 juin 16:48

                                  Bonjour, Octave Lebel

                                  C’est vrai. Et cevennevive s’en est fait l’écho plus haut, elle qui appartient à une famille de mineurs des Cévennes.
                                  Merci pour ce témoignage.


                                • Aristide Aristide 3 juin 13:55

                                  @Fergus

                                  C’est assez remarquable de voir comment on désigne cette profession en symbole des luttes et du prolétariat dominé etc, etc ... Germinal et le Capital en tête de gondole pour poser les mineurs en héros de la classe ouvrière. Il me semble que le monde paysan de l’époque méritait tout autant par sa situation de misère sociale et de travail sans limites. C’est vrai que le paysan ne travaillait pas toujours pour un patron ... pas de méchant dominateur.

                                  Mes aïeuls étaient paysans dans le Tarn, propriétaire d’une petite exploitation agricole. Toute la famille, frères et soeurs, conjoints et enfants étaient à la peine pour les labours, les semailles, les récoltes, quelques animaux d’élevage et lapins, pigeons, volaille diverses, ...

                                  Mon arrière-arrière grand-mère, Virginie elle se nommait, se levait le dimanche matin vers 5 heures et se rendait au marché de la ville à Albi à pied. Plus de 15 km, elle aurait pu prendre le train mais il fallait économiser et là-bas les clients sont bien habillés et surtout ils payent mieux !. Elle embarquait dans ses paniers, quelques pigeons, lapins et volailles, ... Passé le marché, vers midi une heure, elle faisait le chemin inverse : toute petite et fragile, elle abattait ces 15 kilomètres en 2 heures et demi. Et la journée continuait comme toutes les journées, levée aux aurores et couchée avec le jour ! 

                                  C’est vrai que cette réalité sociale échappe à l’analyse dominant-dominé, mais elle représentait la grande majorité de la population de l’époque. Je pourrais aussi vous donner l’exemple de mon arrière-arrière grand oncle, maréchal-ferrant et ferronnier usé par ce travail éreintant ou l’autre qui fabriquait des briques de terre, les mêmes qui ont servi pour bâtir la cathédrale d’Albi. ... Ils travaillaient pour eux et pourtant ...


                                • Fergus Fergus 3 juin 18:45

                                  Bonsoir, Aristide

                                  Vous avez raison. Cela dit, la condition paysanne est également souvent évoquée.
                                  Moi-même, issu d’une famille de paysans de montagne et cousin d’exploitants encore en activité, ai décrit cette vie agricole montagnarde dans plusieurs articles sur ce site, notamment dans ces deux textes :
                                  1965 : un dimanche au village
                                  1957 : jour de batteuse


                                • Aristide Aristide 4 juin 10:07

                                  @Fergus

                                  La condition paysanne à la fin du XIXème au début du XXème est connue de tous et peu contesté. Je n’ai donné qu’un exemple assez anecdotique de ce monde habitué à la peine et au travail.

                                  Je soulignais simplement que la base de l’analyse marxiste autour du concept de dominant-dominé sous la forme du patron-salarié me semble trouver une vraie contradiction quand elle ne permet pas de prendre en compte toute cette population paysanne anciennement et bien évidement la part énorme que cela va reprséneter dans les années futures.

                                  L’apparition récente du modèle de l’auto-entreprise constitue le nouveau modèle qui dépasse la relation patron-salarié ...


                                • Le Panda Le Panda 3 juin 09:17

                                  Bonjour, Fergus

                                  Il est bien plus que regrettable du peu d’intervenants sur ton article.

                                  Cela ne correspond nullement à l’histoire de la France profonde.

                                  Surtout pour un article de cette qualité de mémoires.

                                  Le Panda


                                  • Fergus Fergus 3 juin 09:29

                                    Bonjour, Le Panda

                                    Bof ! Cela n’a pas grande importance. Cela montre que les esprits sont ailleurs. La question est : où ? dans la mesure où les législatives ne passionnent pas les foules et où la guerre en Ukraine s’inscrit dans une routine déprimante malheureusement appelée à durer.


                                  • raymond 3 juin 18:17

                                    @Le Panda
                                    oui, mais bon c’est moins pire que « la voix »
                                    je pense qu’en général les blogs ou forums ont vécu....

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