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Accueil du site > Actualités > Santé > Du Césium dans les sapins

Du Césium dans les sapins

Avec le nucléaire, on n’est jamais au bout de nos surprises.

Des chercheurs de l’université de Tsukuba, au Japon, ont démontré dans une étude récente que, 6 mois après la catastrophe de Fukushima, 60 % du césium relâché par la centrale avait été capté par les conifères.

Cette étude, réalisée par Hiroaki Kato et son équipe, de la Faculté des Sciences de l’Environnement et de la Vie de Tsukuba, sera publiée en janvier 2013 dans le « journal of environmental Radioactivity » et a été publiée en ligne le 10 novembre 2012 dans la revue « Geophysical Research Letters ». lien

Il faut savoir que le césium 137, celui qui pose encore aujourd’hui des problèmes à Tchernobyl, a une période (ou demi-vie) de 30 ans, ce qui signifie qu’il sera présent encore pendant au moins un siècle dans l’environnement, sa radioactivité diminuant progressivement de moitié tous les 30 ans. lien

Or celui qui est emprisonné à la cime des arbres japonais, surtout des cèdres et des cyprès, piégé par les aiguilles des conifères, finira dans le sol, et quand il sera à  25 cm de profondeur, sera captés par les racines des arbres, pour remonter enfin dans les branches, puis les aiguilles, réalisant années après années, un circuit interminable.

Les champignons, et les animaux de la forêt en feront d’abord les frais, puis ce sera au tour des humains à qui il viendrait la mauvaise idée de les consommer. lien

La forêt qui a servi de base à l’étude des scientifiques est pourtant située à 150 km au sud de la centrale accidentée et les valeurs enregistrées sont du même ordre que celles que l’on avait pu mesurer dans les zones touchées en France au moment de Tchernobyl.

Pour Hiroaki Kato et son équipe, il faudrait peut-être couper une partie de ces forêts, les éclaircir afin de diminuer la contamination, mais ils déconseillent son utilisation pour le chauffage, puisque finalement la radioactivité se retrouverait dans les cendres.

A la lumière de cette découverte, on peut s’interroger sur notre situation en Europe, après la catastrophe de Tchernobyl lors du passage du nuage radioactif au dessus de nos forêts en 1986.

Sur cette carte, on peut constater l’étendue de ces zones contaminées en France.

Le césium 137, relâché alors, a du logiquement suivre le même processus, et se retrouver aujourd’hui disséminé un peu partout, dans les champignons, les animaux, et logiquement les êtres humains qui s’en nourrissent.

Il ne serait pas inintéressant que les autorités de sureté nucléaire étudient nos conifères, dans les Vosges, ou les Alpes, régions qui ont été largement contaminées par Tchernobyl, afin de vérifier si le césium est toujours présent dans ces arbres, ce qui semble assez logique, et en quelle quantité s’y trouve-t-il ?

cette tache devrait être dévolue à l’INRS, (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) laquelle mesure en continu l’éventuelle radioactivité ambiante sur 2164 points du territoire national. lien

Mais ça ne semble pas pour l’instant à l’ordre du jour d’un gouvernement qui, avec François Hollande, peine à tourner la page du nucléaire, à la lumière des déclarations fracassantes non désavouées d’Arnaud Montebourg concernant « l’avenir du nucléaire  », ce qui est manifestement l’une des raisons du refus de Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace de participer au débat sur l’énergie, d’autant que les lobbys pro nucléaires sont invités en nombre à cette rencontre. lien

Au Japon, la facture de Fukushima continue de s’allonger et TEPCO estime que le cout du traitement de la catastrophe nucléaire de Fukushima pourrait atteindre 100 milliards d’euros, soit le double de ce qui était initialement prévu. lien

Cette somme destinée à la décontamination et au dédommagement des victimes ne comprend pas le démantèlement des 4 réacteurs, lequel pourrait s’étaler sur une quarantaine d’année.

Mais pour faire le bilan définitif des conséquences de la catastrophe, il faudrait aussi y inclure les effets collatéraux sur le commerce, l’industrie, le tourisme, en élargissant le périmètre de réflexion bien au-delà du seul secteur de Fukushima, mais au territoire national, voire plus.

On sait en effet que la pollution émanant de la centrale s’échappe en continu depuis plus de 20 mois, polluant l’air, le sol, et l’Océan, dans lequel on pêche de plus en plus de poissons chargés en césium. lien

Ces poissons ne sont pas seulement issus des cotes japonaises, mais aussi pêchés au large des côtes californiennes. lien

Pourtant, encore récemment, l’IRSN affirmait que « la consommation de poissons du pacifique péchés en dehors de la zone économique exclusive du Japon ne présente aucun risque pour les consommateurs ».

On peut à juste titre s’inquiéter de telles affirmations, faites manifestement dans le but de rassurer, car c’est justement cet organisme qui est censé prévenir la population en cas de danger. lien

Ce n’est pas une nouveauté, et à plusieurs reprises l’IRSN a publié des informations optimistes et sujettes à caution, comme celles données en mai 2011 au sujet des piscines de refroidissement : « il convient de noter que les éléments disponibles actuellement sont de nature à confirmer l’hypothèse selon laquelle il n’y aurait pas eu de dégradation importante des combustibles entreposés ». lien

On sait aujourd’hui que de lourdes poutrelles sont tombées dans la piscine n°4 (photo) et que des assemblages de combustible ont été endommagés, (lien) ce qui est aussi le cas dans une autre centrale, celle d’Onagawa. lien

D’ailleurs une polémique était née entre la CRIIRAD et l’IRSN quelques jours après la catastrophe : ces 2 organismes avaient fait des lectures différentes de la pollution radioactive émanant de Fukushima.

Alors que l’IRSN tenait des propos rassurants, évoquant l’absence de risque pour la santé des français, la CRIIRAD, constatant que les filtres utilisés ne permettent pas de piéger l’iode présent dans l’air sous forme gazeuse, demandait des mesures complémentaires. lien

Il y a une autre centrale nucléaire japonaise dont on a peu parlé : c’est pourtant la plus grosse centrale nucléaire du monde, et elle a connu de gros problèmes il y a 5 ans.

C’est celle de Kashiwazaki-Kariwa (photo) : elle ne reprendra pas son activité prochainement ainsi que cela était prévu : le mur qui devait protéger les 7 réacteurs contre d’éventuels tsunamis ne sera pas terminé avant le mois de juin 2013. lien

Ce qui est moins connu, c’est qu’elle a subi de sérieux dommages lors du séisme du 16 juillet 2007 d’une force de 6,8° sur l’échelle de Richter, et, d’après l’exploitant, un certain TEPCO, elle avait subi « de légères fuites radioactives » lien

Les experts de l’AIEA avaient pourtant jugé que « le séisme avait dépassé de manière significative la capacité de résistance conçue de la centrale… » .

Il semble qu’une fois de plus, tout a été fait pour minorer les conséquences du séisme, puisqu’il y aurait eu à l’époque 13 fuites de liquide radioactif, et de l’eau avait débordé de la piscine de stockage, se déversant dans « un secteur non contrôlé  ».

Annonçant que le séisme avait provoqué un incendie, détruisant un transformateur, Tepco a assuré «  que les fuites radioactives n’avaient représenté aucune menace pour la population locale…  ». lien

Mais depuis les cachoteries à répétition dont l’entreprise japonaise est coutumière, on ne pouvait qu’avoir des doutes sur cette affirmation.

Au moment de la catastrophe de Fukushima, Tepco avait affirmé en avril 2011 qu’un peu plus de 300 000 terabecquerels de substances radioactives avaient été rejetées dans l’air, pour reconnaitre plus tard qu’il s’agissait en fait de 900 000 terabecquerels. lien

D’ailleurs quelques jours après le séisme du 16 juillet 2007 à Kashiwazaki-Kariwa, Tepco reconnaissait avoir sous estimé le niveau de radioactivité : celui-ci avait atteint 90 000 Bq, et qu’il y a avait eu au total une cinquantaine « d’incidents » dans la centrale : incendie, fuites de carburant, bris de matériels… lien

C’était en 2007…une forme d’avertissement et il semble que la leçon n’ait pas été bien retenue.

Comme dit mon vieil ami africain : « les œufs d’une poule noire ne sont pas noirs  ».

L’image illustrant l’article provient de « paesaggio.over-blog.com »

Merci aux internautes de leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

Sites à visiter :

Le blog de Fukushima

Fukushima Diary

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Blog de Jean Pierre Petit

Site de la CRIIRAD

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100 réactions à cet article    


  • dominique 16 novembre 2012 09:37

    Bonjoue Olivier
    « Mais ça ne semble pas pour l’instant à l’ordre du jour d’un gouvernement qui, avec François Hollande, peine à tourner la page du nucléaire... »
    Il sagit d’une promesse électorale et comme la plupart des promesses électorale elle a vocation à ne pas etre tenue je pense. On verra avec Fessenheim. Je sui un peu comme Saint Thomas, il faut que je voie pour croire.


    • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 09:42

      dominique

      il y a déjà un problème, puisque dans son meeting au bourget, Hollande avait annoncé la fermeture immédiate de Fessenheim...
      maintenant, c’est avant 2017...
      ils sont vraiment décourageants !
      en tout cas c’est mal parti.
      à+

    • Jagermaster Jagermaster 16 novembre 2012 12:06

      Je suis d’accord pour dire que le nucléaire civil et militaire « peut » causer notre perte si elle est mal utilisée (ex avec Fukushima et Tchernobyl ).

      Quand une entreprise n’est pas transparente c’est d’autant plus alarmant.

      Mais en France on a la chance d’avoir l’ASN qui est totalement indépendante, et quand un problème éclate on le sait tout de suite et avec une relative précision.

      Sachant que 78% de notre électricité provient de notre parc nucléaire, si on sort de cette énergie je n’ose pas imaginer le prix de l’électricité d’autant plus en ces temps de crise.

      Alors, bien sur il faut à terme remplacer cette énergie, trop dangereuse ; mais entre nous, toutes les forets d’éoliennes du monde ne suffiront pas et la nécessité de retourner aux centrales charbons, gaz ou pétrole s’avérera nécessaire : soit tout ce que les écolos ne veulent pas. Alors, voila le dilemme pour nos amis du gouvernement ; la peste ou le choléra, sachant que la peste peut contaminer notre Terre des millions d’années, et que le choléra risque de changer le climat pour des millénaires.

      Petite parenthèse sur l’affaire Montebourg, je confirme que le nucléaire est un secteur d’avenir car il va bien falloir les démanteler ces centrales un jour ou l’autre = emplois.
      Voila ce qu’il a voulu dire (en partie).


    • Croa Croa 17 novembre 2012 22:28

      FHromage ordinaire n’avait fait que quelques vagues « promesses » datés aux calendes grecques ce qui signifiait rien sinon qu’on l’emmerdait. En toute objectivité il n’avait rien promis en fait.

      Ce bonhomme n’a pas changé. Il ne fait rien dans le bon sens, ni contre le nucléaire ni contre rien d’autre de mauvais. C’était écrit d’avance et ceux qui sont déçus ne sont même pas des naïfs puisqu’ils se sont fait des illusions d’eux-mêmes ! 


    • Croa Croa 17 novembre 2012 22:41

      « toutes les forets d’éoliennes du monde ne suffiront pas »
       smiley smiley smiley smiley

      Sauf qu’aujourd’hui la production éolienne chinoise est déjà équivalente à la production nucléaire française. Elle sera bien supérieure en 2013.

      Il faut se méfier des idées reçues. smiley


    • Romain Desbois 17 novembre 2012 22:56

      Bah on a bien eu des forêts d’antenne télé sur les toits.

      Le mini éolien vertical est tout a fait adapté pour cela.

      on peut en mettre aussi sur tous les réverbères, sur les pylônes électriques , sur les panneau de pub, sur les bâtons de ski .....


    • Jagermaster Jagermaster 17 novembre 2012 23:38

      Croa, heureusement que les chinois ont des éoliennes compte tenu de la superficie de leur pays et du régime politique qu’ils ont, ca en fait pas un exemple pour autant .
      En France quand on en plante une on à des associations aux fesses, c’est le fameux : « j’ai rien contre, mais pas chez moi, chez le voisin ».

      Pour que notre politique énergétique soit viable il faut un mixe énergétique qui accroisse le taux d’énergie renouvelable, c’est évident. Le must étant en effet des dispositifs personnels en terme d’isolation, panneau solaire, isolation.... ( on est leader en UE sur ce dernier point) mais tout le monde n’en a pas les moyens.

      Je souhaitais juste pointer les paradoxes en termes d’énergies.
      Il nous faudrait des forets d’éoliennes que personne ne veut héberger dans sa commune / département .... et si on veut aujourd’hui stopper le nucléaire, il va falloir trouver qqchose qui fournisse 78% de notre consommation (sans parler de nos exports en la matière).
      A part en retournant aux centrales à gaz/charbon (comme les chinois / Allemagne / US / Russie / etc...) qui vont d’une part accroitre notre déficit commercial et d’autre part booster l’effet de serre, je ne voie aucune solution immédiate.

      Alors j’appel ca une chance d’avoir actuellement ,dans notre contexte, le nucléaire, cela nous permet de juguler la pression russe de chez Gazpron et l’émission de CO2 de façon significative.
      Mais je doute que les écolos prennent cela en compte malheureusement.
      (Je n’oublie pas la manière désastreuse pour gerer nos déchets nucléaires jusqu’au année + - 2000)

      Pensez que si on abandonne le nucléaire le gouvernement va forcement devoir exploiter l’huile / gaz de schiste sinon tout les français seront dans la rue, brandissant leurs factures edf (étant donné leur pouvoir d’achat actuel et la récession.).

      Si je résume, je suis pour la diminution du nucléaire, mais pas tout de suite, on en a pas les moyens.


    • gaijin gaijin 16 novembre 2012 09:38

      ça sent le sapin
      jamais l’ expression n’aura eut autant de sens .....


      • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 09:43

        gaijin

        ça aurait fait un très bon titre !!!
        trop tard.
         smiley

      • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 09:45

        merci Ecureuil Bleu

        on se demande ce qu’ils vont faire de tous ces arbres ?!
        impossible de les bruler...impossible de les utiliser comme matériau de construction !
        et merci pour le lien concernant la commission indépendante,
        je vous regarder ça de très près.
         smiley

      • gaijin gaijin 16 novembre 2012 10:01

        mais non voyons !
        il seront stockés en attendant que l’on sache quoi en faire et puis on trouvera moyen de les vendre en douce .......
        de toute façon tant qu’a polluer autant que ça soit rentable smiley


      • sirocco sirocco 16 novembre 2012 10:21

        « il seront stockés en attendant que l’on sache quoi en faire et puis on trouvera moyen de les vendre en douce ....... »

        A coup sûr !
        Déjà qu’avec les bois exotiques rouges, il est pratiquement impossible de savoir s’ils sont issus d’une exploitation légale ou de coupes clandestines. Alors le sapin...


      • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 10:41

        Ecureuil Bleu

        à la limite, s’ils stockent les cendres, dans des containers fermés, pendant au moins 1 siècle, ça prendrait moins de place...
        je me demande ce que va devenir le Japon : entre les milliers de containers d’eau polluée stockée sur place, et bientot ceux des cendres...
        l’avenir n’est pas brillant.
         smiley

      • lionel 16 novembre 2012 11:12

        merci Olivier pour cet article. 


        Quid des forêts de la Cote Ouest des zétazunis en Amérique ? Quid des Forêts du grand Ouest canadien ?

      • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 11:18

        lionel

        effectivement...très bonne interrogation, car il est probable qu’ils ont aussi récupéré pas mal de césium...
        est-ce que des laboratoires américains vont lancer une enquête ?
        j’ai peur que non, puisqu’on sait que les USA sont complices des japonais, en ce qui concerne la question nucléaire, et ont participé à étouffer l’info...

      • lionel 16 novembre 2012 13:31

        Salut Olivier, 


        j’ai le souvenir de ce que dès Août l’an dernier, les autorités sanitaire de l’Ouest étazunien constatait une mortalité des nourrissons en augmentation. quand au Canada, très rapidement, des mesure gouvernementales ont été prises pour que toute analyse de radioactivité reste secrète et rien, à ma connaissance, n’est divulgué.

      • Ruut Ruut 16 novembre 2012 15:19

        Les cendres seront mises dans des bacs a l’air libre et oup le vent les prendras...
        Au niveau de pollution actuel du Japon....


      • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 10:19

        @ tous

        une confirmation de l’étendue des dégâts dans les océans :
        c’est sur ce lien


        • Bernard 16 novembre 2012 10:19

          Bonjour à tous. Au risque de me répéter, je pense qu’il vaut mieux ne pas parler de la sortie du nucléaire, et créer les conditions favorables à cette sortie (diminution de la consommation d’énergie, développement des productions d’énergies propres etc...), plutôt qu’en parler tout le temps, sans rien (pouvoir) faire pour en sortir. Le discours heurte les gens qui globalement, veulent continuer à consommer. Il est bien mieux, sans rien en dire, de les entraîner à moins consommer, et leur faire constater les résultats obtenus au fur et à mesure. Cela permettrait de fermer petit à petit, mais malgré tout le plus rapidement possible, les centrales, après avoir déjà permis de ne pas en construire d’autres. Je continue de croire que rien n’est possible dans le libertarisme effréné d’aujourd’hui, où le mot « discipline » est banni du vocabulaire. Comme le disait en substance Voltaire : les peuples ne doivent pas à être consultés, mais guidés. Encore faut-il avoir un guide qui, même s’il ne consulte pas, écoute... Nous faisons face à une dérive générale de la moralité, le nucléaire n’en est qu’une conséquence.


          • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 10:44

            Bernard

            bien sur, une partie de la réponse, nous l’avons et nous pouvons la mettre en place,
            c’est d’ailleurs ce qui commence à se mettre discrètement en place.
            des réseaux de producteur d’énergie propre, qui vont partager leur production à proximité, 
            un gestion plus intelligente de l’énergie
            une meilleure isolation des habitations, encore mieux des Bepos...
            mais il faudra quand même faire fermer ces satanées centrales nucléaires sinon le danger va perdurer.

          • gaijin gaijin 16 novembre 2012 10:59

            «  les peuples ne doivent pas à être consultés, mais guidés. »
            la question étant vers ou ?
            on pourrait aussi commencer par les informer ......ce qui permettrait de les consulter et d’instaurer une démocratie ......
            bien sur maintenir les moutons dans l’ignorance est une priorité pour les bergers ......
            des fois qu’ils s’ apercevraient qu’on ne les conduit que vers deux destinations : la tonte ou l’abattoir .....


          • julius 1ER 16 novembre 2012 11:45

            avoir un guide qui, même s’il ne consulte pas, écoute... Nous faisons face à une dérive générale de la moralité, le nucléaire n’en est qu’une conséquence ;

            et tu penses qu’en passant tout sous le tapis, les choses iront mieux ? çà ma rappelle une chose
            pendant des années les medecins avait pour principe de nier les cancers lorsque les gens étaient atteints, on disait au patient que ce n’était pas grave, en bref on minimisait, il a fallu attendre les années 80 et un changement de doctrine pour que les patients soient véritablement informés sur la nature de leur mal . je pense que c’est le contraire, il faut bien montrer les éffets néfastes du nucléaire afin que les citoyens dans leur ensemble intègrent ces données, sinon ils continueront dans l’illusion que le nucléaire est un moindre mal, d’autant plus que quelqu’un me corrige si je me trompe le Césium137 hautement létal n’existe pas à l’état naturel c’est un pur produit de la fission nucléaire......


          • Ruut Ruut 16 novembre 2012 15:21

            La question est surtout savons nous les fermer ? A ce jour, j’en doute.
            C’est surement la raison de la fuite en avant des gouvernements.


          • ph11 17 novembre 2012 14:39

            « les peuples ne doivent pas à être consultés, mais guidés. »

            Le mythe du despote éclairé serait de retour ?
            Cela ne fonctionne pas. Au XXe siècle, on a vu les résultats de cette idéologie… Des guerres, des centaines de millions de morts, des famines…
            On n’organise pas la société par la raison. On n’est pas capable de comprendre correctement la nature humaine, de la société, l’homme n’est pas non plus une créature rationnelle et ce qu’il analysera, jugera sera toujours derrière un prisme de l’égo, de l’idéologie…
            Le monde est trop complexe, l’information est impossible à obtenir et analyser correctement.

            « Je continue de croire que rien n’est possible dans le libertarisme effréné d’aujourd’hui »

            Le nucléaire est une énergie purement étatique et n’a rien à voir avec un quelconque mouvement libertaire ou libertarien.
            Dans une société juridiquement libre, le rapport entre le risque et les gains serait tel que le nucléaire ne vaudrait pas le coup.


          • Yoann Yoann 5 mars 2013 15:46

            Merci pour cet article Olivier, c’est une vrai catastrophe le nucléaire, il ne peut rien nous arriver de bon sur le long terme avec cette technologie !!
            C’est toujours le même problème, rien ne changera tant que nos politiques céderont aux sirènes du dieu Argent, croissance, profits ... Cf le scandale de la privatisation de l’eau, les prix augmentent et les normes admissibles de produits toxiques aussi : La rentabilité est incompatible avec l’intérêt commun et jamais elle ne le sera ...
            Et pendant ce temps là, la populasse est scootché devant la télé et bosse comme des c—s pour s’acheter des chaussures de foot à 200€ sans rien voir du drame qui se joue dans le monde réel. ...


          • Laulau Laulau 16 novembre 2012 11:11

            Alerte : il semble que l’Ukraine se rapproche dangereusement de la France, Tchernobyl ne serait plus qu’à 150 km de nos frontières, des centaines de tonnes de Césium radioactif vont s’abattre sur nous.

            mayday mayday mayday mayday mayday mayday mayday mayday mayday mayday mayday mayday


            • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 11:20

              laulau

              la politique de l’autruche n’a jamais donné de très bon résultats.
              pendant que vous êtes là, la tête plongée dans le sable, pour ne pas voir le danger, il pourrait vous arriver quand même quelques désagréments.
               smiley

            • joelim joelim 16 novembre 2012 14:21

              @laulau : tu reprendra bien un peu de sanglier ? 



              Un quart de siècle après la catastrophe de Tchernobyl, les sangliers abattus par les chasseurs Bavarois, impropres à la consommation, sont remboursés rubis sur l’ongle par les autorités fédérales. 

              Ah, les ricanements des autruches... smiley 


            • julius 1ER 16 novembre 2012 11:26

              il n’y a pas de quoi en faire tout un pataquès puisque chez-nous les nuages radioactifs ont eu l’extrème obligeance de s’arrêter à la frontière.


              • julius 1ER 16 novembre 2012 11:29

                @ olivier cabanel
                plus sérieusement est-ce que les feuillus stockent le Césium 137 de la même manière ou le phénomène est-il propre aux résineux ?????


                • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 11:39

                  julius

                  il semble que ce phénomène concerne surtout les conifères...
                  (c’est ce que semblaient dire les experts japonais)
                  mais je serais surpris que les feuillus y échappent totalement.
                  je pense que des experts qui liront ces lignes viendront y apporter leur grain de sel.


                • Soi même Soi même 16 novembre 2012 12:50

                  Bonjour Olivier, je suis pas vraiment surpris de cette découverte, si l’on suis bien ce que l’accident de Tchernobyl à produit comme conséquence, il n’est pas étonnant de voir cela !
                  Ce précédent était si je n’abuse, le premier de cette ampleur pour un réacteur nucléaire, et la lutte contre se sinistre à été artisanale et cela n’a pas changer au aujourd’hui du reste !

                  L’autre enseignement, c’est que certain savaient que c’étaient mortel et d’autres on été maintenue dans l’ignorance les équipes d’interventions équiper avec des moyens dérisoires tous cela concerne la gestion post accident et que l’on constate, c’est à peu près la même chose au Japon qui se produit !

                  Et la dernière leçon qui on retenue, avec les différentes observations et suivies des évolutions post accident, ils ont appris ce que vivent les populations et la nature comment attaques et dégénérescences ainsi qu’ils ont étudiés aussi le semblant retour à une situation normal pour s’ent servir à mieux niées et à distordes, relativisés, toutes analyses qui révèlent crûment la réalité des faits ! 

                  Cette somme d’argumentation baissé est en réalité utiliser pour maintenir notre parc de central,
                  et les promesse n’engagent que ceux qui les écoutes surtout si cela est un mensonge et à participé à la misse en place d’une savante désinformation qui ne consiste pas seulement à mentir sur un accident, mais bien à baissé les résultats des informations obtenues !

                  Toute la question reviens toujours vis à vis de soit même, et le rapport que l’on à de sincère avec les réalités la vie, devrait nous éclairez sur les moyens à trouver pour éclairer ceux qui dorment où qui sont indifférents à tous cela !

                  Par expérience, je sais qu’une sur information rend tous où tard indifférent, et l’on endort la vigilance. Et tant que l’on n’est pas déterminé c’est peine perdue !

                  Comment faire alors dans ce cas là ?


                  • Soi même Soi même 16 novembre 2012 12:55

                    Ps, excuse moi pour les coquilles que j’avais pas repérés à la lecture et à la relecture !


                  • Tipol 16 novembre 2012 12:50

                    Il faut remettre les choses en place.
                    La demi-vie, ce n’est pas la disparition magique de la moitié des éléments.
                    Aucun élément ne disparait, ils restent tous à 100% présents à vie là où ils sont retombés, pour nous empoisonner la vie à jamais.
                    Les matières toxiques, ces métaux lourds seront toujours toxiques, toujours là, pour l’éternité, toujours aussi toxiques.
                    La demi-vie, c’est simplement la décroissance de moitié de la radioactivité de l’élément.
                    2 - 4 - 8 - 16 - 32 - 64 - 128 ...etc...
                    1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 ...etc...
                    Il faut 1 période de demi-vie pour diviser le rayonnement radioactif par 2.
                    Il faudra 7 fois le temps de demi-vie pour diminuer la radioactivité de seulement par 128.
                    Il est inutile, et incompétent de parler de demi-vie sans rappeler les autres caractéristiques de la pollution.
                    Avec chaque lieu, il faut citer les éléments avec les taux initiaux de la radio-activité présente.
                    Puis, pour la comparaison, il faut les taux minimums toxiques, les taux acceptés, même s’ils sont controversés.
                    Le taux non toxique, acceptable, c’est pour que x% (50%) de la population vive plus de -Y- années (60 ans) ! C’est ainsi que sont fais les calculs ; pour avoir l’hécatombe juste après 60 ans.
                    Là, je ne connais pas les chiffres exactes, mais je sais que c’est une vraie horreur.
                    -
                    Avec les taux initiaux, et les miniums acceptés, on peut alors diviser, et avoir le nombre réel de périodes à attendre pour être en sécurité... et ce n’est pas seulement une seule demi-vie, c’est de très nombreuses périodes.
                    On rappelle que ces éléments restent alors peu radioactifs, mais dans la nature avec leur toxicités organiques.


                    • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 13:03

                      tipol

                      merci d’avoir expliqué tout le processus,
                      je retiens le terme « d’incompétent » qui m’est vraisemblablement adressé.
                      je pense que, sans tomber dans une vulgarisation de mauvais aloi lorsqu’elle déforme la vérité, le lecteur a bien compris le danger lorsque j’évoque le concept de demi-vie...
                      mais je vous remercie de l’avoir développé,
                      ce qui, sur le fond, ne change pas grand chose...
                      hélas.
                      le danger est là, et pour un certain temps.
                       smiley

                    • Soi même Soi même 16 novembre 2012 13:07

                      Ce qui ma toujours intrigué comment peuvent il déterminer l’échelle de temps qui dépasse l’observation humaine, ce sont des hypothèses qui ne tiens jamais compte que le temps n’a jamais été régulier,il est déterminer par la rotation de la terre et sa course autour du soleil.
                       Et l’on sait que cette rotation à eu plusieurs rythmes différent donc il y a bien eu un temps qui à eu des variations dans ses rythmes et l’on n’est pas certain pour l’avenir que cela reste immuable !
                      D’où ma question cette valeur est’ il une extrapolation d’une moyenne en rapport à l’observation de notre temps d’aujourd’hui ?


                    • Tipol 16 novembre 2012 14:44

                      @olivier cabanel - 16 novembre 13h03
                      Ben non, le terme incompétent ne se rapporte pas à vous, certainement pas en particulier. C’est dans mon langage. Désolé de vous blesser. J’aime votre article ; chaque pierre à l’édification de l’humanité est une avancée. Il y a tant de destructions volontaires...


                    • Ruut Ruut 16 novembre 2012 15:27

                      D’après la notice du compteur Geiger, chaque radiation est source de cancer.
                      Plus la dose est grande, plus le risque est important.
                      Je comprend mieux les politiques de dépistage du cancer actuel...


                    • olivier cabanel olivier cabanel 16 novembre 2012 16:22

                      ok

                      merci donc...
                      et construisons...
                       smiley

                    • Roi des flans 16 novembre 2012 13:10

                      C’est MOINS DANGEREUX QUE LE BÉTONNAGE DUFLOT !
                       
                       
                      Bétonner son pays avec des implantations coloniales Duflot et en plus payer pour ça ...
                      En 15 ans :
                      Immobilier en Allemagne -24%
                      Immobilier au Japon -22%
                      Payer pour les colonies de main d’oeuvre pauvre des capitalistes extra-territoriaux, avec son loyer ou son emprunt, ses impôts etc ...
                       
                      Surface bétonnée, +19% en 10 ans, atteignant 22%. 1 département de terres agricoles disparait tous les 10 ans !

                      Repeuplement et Omerta

                      D’après l’OCDE, les deux tiers des immigrés arrivant en France ont un niveau d’éducation inférieur au premier cycle des collèges, contre 30% seulement pour la Grande-Bretagne et 22% pour les Etats-Unis. En 2005, il n’y a eu que 11.500 cartes de séjours délivrées au titre de l’emploi, soit 7% des flux.
                       
                      VIVE LES ACCIDENTS NUCLÉAIRES !!!

                      Tchernobyl a retrouvé une diversité naturelle incroyable, digne de celle d’y a plusieurs centaines d’ années dans le Fatherland, avant le grand massacre par les sous-animaux humains. Contrairement à ce que bavent les pleureuses vertes qui ont peur du cancer, arrivistes de la caste ou juste égoistes bobos, ce parc naturel est devenu une vraie nurserie pour les frères animaux. Les souris de la forêt rouge se sont formidablement adaptées malgré des taux de Césium et Strontium hallucinants (elle vivent juste sous la surface au top de la radioactivité, dans la zone qui fût brulée par les radiations salvatrices). Les chauves ont réapparus aussi bénéficiant des abris de Pripyat. Le cygne a col jaune est revenu, et d’autres espèces que l’on croyait disparues d’ Ukraine. Les loups sont très nombreux signe de la bonne santé de la chaîne alimentaire. Seuls les oiseaux migrateurs ont des problèmes d’adaptation car malheureusement ils migrent vers le monde des sous-animauxs et ne peuvent développer leur lutte naturelle contre les radicaux libres. Mais quand tout l’ espace vital sera devenu radio actif, eux aussi seront devenus plus forts, et sans les sous-animaux massacreurs pullulant, cancer de la Sainte Terre, ils seront les rois.

                      http://www.artevod.com/tchernobyl_une_histoire_naturelle (reportage ARTE)

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