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Rage

Rage

32 ans, originaire de Lyon et vivant à Poitiers
Ingénieur territorial en Région Poitou-Charentes (chez une certaine Ségolène R), diplômé du DESS Aménagement de Lyon III, je m'intéresse particulièrement aux questions qui animent notre société. 
"Spécialiste" des questions liées aux transports et à l'urbanisme, ma vision est forgée par de multiples expériences en entreprises et une curiosité personnelle : j'essaye modestement d'analyser les décisions et faits majeurs de notre monde dans leur globalité.
Je pense que mes propositions peuvent apporter des éléments intéressant pour ce type d'initiative louable qu'est Agoravox !
Contactez moi : [email protected] ou 06.24.21.40.37

Tableau de bord

  • Premier article le 20/10/2005
  • Modérateur depuis le 07/11/2005
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Derniers commentaires



  • Rage Rage 2 août 2006 09:46

    Ce thème est décidément très intéressant !

    En tous les cas il a le mérite de dévoiler des réponses parfois sensés et souvent en manque d’informations.

    Essayons de revenir au sujet, à savoir les retraites. Le problème n’est pas tant le système par répartition que les « acquis sociaux » glanés non seulement par une CGT mais aussi par des bureaucrates de tout bord destabillisant durablement le système.

    - La 1ère erreur est générationnelle : proposer à une génération de couvrir la précédente à l’instant T est très malsain puisque exposé directement aux fluctuations démographiques. Pourquoi ne pas avoir laisser les cotisations en placements financiers d’Etat, ce qui aurait laisser une marge de manoeuvre reproductible dans le temps (un fond de roulement en somme) ?

    - La 2ème erreur, corrolaire à la première, est politique, voire démagogique. Pour équilibrer les budgets, et surtout celui de 2006, les gouvernements ont joué des subtilités des « soultes » des retraites du public. Une soulte, c’est une caisse fond de roulement qui a pour but de couvrir les retraites des agents de type EDF, la Poste, FT. En transférant plusieurs 10aines de milliards d’euros au budget général, tout en reportant les fonctionnaires de ces « EPIC - Etablissement Public industriel et commercial » au régime général on a mécaniquement plombé le régime général, et donc les cotisations du privé. Je précise, c’est la droite qui a majoritairement fait cela (et après ça veut baisser les impôts des sociétés...)

    - La 3ème erreur est idéologique. On pensait qu’en cotisant 10€ on pourrait en toucher 15€ (cotisation parfois à 66% !), qu’on pourrait en plus bénéficier d’une couverture de 55, même 50 ans à 80 ans (espérance de vie) tout en ayant commencé à bosser à 25 ans soit 25 ans actif, 30 ans passif tout en ayant une conservation des salaires liée aux meilleurs mois de rémunération... Une belle utopie CGTiste, digne d’une loi Fillon pour le coup : loin des réalités, sans aucun fondement financier et une absence totale de gestion, de responsabilité et de système de sanction pour ceux qui en abusent. Voilà comment des conducteurs et surtout des cadres RATP sont à la retraite à 52 ans tout en touchant 1500€/mois alors qu’ils ont cotisé (patronat + salarié) 500€ max / mois.

    - La 4ème erreur est de laisser fonctionner des systèmes hybrides peu lisibles et surtout très inégaux. Dans des grandes entreprises, et surtout pour les cadres (encore !) certains régimes de retraites complémentaires viennent s’ajouter à la retraite de base, à la complémentaire, à l’activité au black ou associative post retraite et parfois même encore... à la retraite de l’armée ! Un exemple criand provient d’un militaire ayant été à la « retraite » à 35 ans (ça aussi c’est énorme, surtout en temps de paix et dans un bureau), puis ayant intégré EDF (décidemment !). Après sa sortie d’EDF (58 ans max), il intégra une association active d’ingénierie (rémunéré). Avec sa complémentaire retraite, voilà notre homme touchant une retraite provenant de 4 sources ! Cumulard alors ? Non, juste malin en utilisant toutes les failles du système, et encore je ne cite que ce que je connais ! Peut-être a t’il des actions, du patrimoine etc...

    - La 5ème erreur a été de laisser la possibilité à des PDG de créer leur propres règles du jeu (retraites chapeau) sans imaginer un seul instant que l’image serait dévastatrice pour la raison du commun des mortels touchant à 65 ans ses malheureux 800€...

    - Bilan : OUI, le système des retraites va exploser. Il explose même déjà puisque le creusement de la dette provient aussi de cette source. Ce système explose parce que la génération au pouvoir (regardez les dates de naissance des députés) né en 1945 n’a pas fait acte de gestion tout en reportant pour les générations à venir le poids de la dette.

    C’est ce que l’on appelle vivre sur le dos de ses enfants tout en laissant crever les parents et grands parents dans des mouroirs sordides et peu nombreux au moindre dépassement des 35°C.

    Personne n’a voulu ouvrir les yeux et être réaliste un seul instant. Il fallait anticiper, droite et gauche se sont attelés à s’arrimer coute que coute au pouvoir. Il fallait changer les règles du jeu, et surtout pour ceux en place afin de donner l’exemple, on a reporter la dette sur les générations à venir. Cela aurait pu être rationnel si l’inflation avait « comblé la dette » (mécanisme financier), malheureusement avec une inflation de 2%/an la dette ce sera ceux qui sont au chômage aujourd’hui (ceux nés entre 75 et 85 et 55-60) qui vont la bouffer de plein fouet.

    Un grand merci à nos politiques et surtout à nos 2 derniers présidents, tout à fait responsables de cette situation.



  • Rage Rage 1er août 2006 17:33

    Et j’oubliais :

    - 1. Le public ne paye pas non plus des sommes fantastiques SAUF pour les élus (quid de la prolifération politique, je l’ai déjà maintes fois évoqué).
    - 2. Dans le public des gars rament à 1300€ nets max en fin de carrière après 40 ans en poste.
    - 3. Pour réussir un concours, il faut avoir le diplôme, le niveau, le temps d’attendre des délais annuels intenables (inscription-écrit-oral-jury-entretiens-recrutement ==> 2 mois en Angleterre, 12 mois en France, et je parle de ce que je connais !) ET le réussir avec des taux frolant les 5 à 10%, surtout en vrai externe (concours biaisés).
    - 4. Pour intégrer le public, il faut aussi avoir la foi d’aller vivre pour son 1er poste soit dans le 93, dans le Nord ou dans des régions peu prisées souvent difficiles et à 500 bornes de chez soi (cela se monnaie t’il ?)
    - 5. Et avoir l’envie de se tapper des formations de 3 semaines tous les 3 mois forts couteuses et inadaptées un peu partout en France en se logeant toujours à l’arrache et loin de ses proches.
    - 6. De subir la volonté politique de bords que l’on ne partage pas forcément, surtout pour le personnel d’état, et ramasser sur la tronche tous les jours la colère de citoyens dont vous partagez parfois l’avis mais auxquels vous devez faire face (cf livre de Fabienne Brutus à l’ANPE et autres « contacts » des services publics)



  • Rage Rage 1er août 2006 17:22

    Les réactions sont intéressantes, j’ai bien fait de repasser :)

    Je pense que là où il faut clairement arrêter de se raconter des histoires c’est au sujet du duel éternel public-privé. Soyons clair, si 75% des jeunes veulent rentrer dans le public c’est qu’il y a pas mal de raisons à cela dont :
    - 1. La volonté d’avoir une vie paisible, rationnel, calme. Certains diront qu’ils veulent se planquer, moi je pense plutôt qu’au vu de la tension du marché, ceux-ci veulent avant tout pouvoir CONSTRUIRE leur avenir. Voilà pourquoi les jeunes veulent être dans le public, quitte à y gagner moins...

    - 2. ... y gagner moins par la suite ! Et oui, car le public paye mieux pour les premiers postes que dans le privé ! Néanmoins la progression, même « garanti » est bien moindre dans le public que dans le privé, faut-il encore pouvoir intégrer une grosse boite privée. Du coup, le vrai changement de ces dernières années a été que le ration « prise de risque privé-salaire VS sécurité publique-salaire » a basculé en faveur du public. Dans les années 70-80, un ingénieur ne serait jamais aller dans le public tout simplement parce qu’il y gagnait 2 à 3 fois moins ! Tout est donc une histoire de ratio « intellectuellement acquis », et si le privé n’est plus en tête c’est aussi et surtout parce que les conditions de travail s’y sont nettement dégradés.

    3. L’enchainement logique étant facile, le 3ème point c’est clairement la faible proportion d’évolution forte dans le privé. Combien de « riches » ou de « succès » dans le privé pour combien de manards et autres working poors ? Si vous rentrez dans les boîtes du CAC 40, disons même SBF 120, vous avez vos chances. Après, soit vous êtes à votre compte (artisan, commerçant etc..), soit libéral, sinon vous rentrez dans les rangs de la masse des salariés tributaires des moindres fluctuations des marchés. Et voilà le problème : Pour 1 médecin libéral, 1 gars dans une grosse boîte ; combien de personnes dans des petites entreprises ? Même Parisot le dit : La France n’a pas assez de moyennes entreprises (100à 500 salariés). Du coup, il y a ceux des grosses boîtes à 5000€ de participations/an et les autres... Dans le public, vous avez un rang correspondant à votre niveau d’études + concours passé. En fonction de ce que vous réussisez, vous êtes payé à cette hauteur. Du coup, moins de variable, plus d’équité (à priori) et donc plus d’attractivité.

    4. Puisqu’on parle avantages, dont retraite, force est de constater qu’il vaut mieux aujourd’hui intégrer le public, y évoluer un temps puis tenter sa chance dans le privé plutôt que de faire l’inverse. Voilà pourquoi on tire à vu sur le public tout en étant avide de pouvoir y rentrer pour le « package ».

    - Bilan : Pour ma part, la question posée par les libéraux est fondée sur un dogme erronné qui consiste à tout laisser réguler par le marché et à fusiller le public. Néanmoins, ce sont les premiers à venir pleurer dans les basques de la mère Europe au moindre soucis de concurrence de type textile Chinois (le beurre et l’argent du beurre ou plus simplement le caprice d’enfant gâté turbulent).

    Le VRAI problème qu’il s’agisse de retraites, d’avantages ou de choses de la sorte, c’est que la rémunération n’a rien de scientifique, ni même de rationnel (bon marché, coup de bol, un peu d’envie...). Il en résulte que sans règles du jeu CLAIRES et EQUITABLES en amont, on pourra toujours laisser le privé et le public se tapper dessus, les cadres et les ouvriers, les sportifs et (tiens personne), les artistes et (encore personne), les généralistes et les spécialistes etc...

    Chacun y allant de sa jalousie propre, si personne ne tente à minima de rendre transparent les rémunérations REELLES perçues par les individus, on restera dans une vaste hypocrisie.

    La dernière en date : Celle de nos gentils généralistes à Bac +8 (payés par l’Etat dès bac+4/5) qui se plaignent de gagner 20€ la consultation de 9 minutes 22 chrono ! Mais comme ils disent, ce n’est pas pour l’argent, c’est pour la reconnaissance... Ah la FOUTAISE, ça fait toujours sourire au moins...



  • Rage Rage 1er août 2006 14:00

    J’ajoutte : C’est aussi et surtout pour cela qu’il est grand temps de réformer l’impôt sur le revenu pour en faire un impôt sur TOUS les revenus, soit un impôt sur la situation de vie.

    - Aujourd’hui la formule même de l’impôt sur le revenu est injuste : la réduction accordée via le nombre d’enfant est favorable en valeur absolu aux riches (effet coef multiplicateur).
    - Les frais réels sont un véritable gouffre à avantages (quid de l’indemnité kilométrique calculé pour un 4x4 ou une 106,est-ce du ressort de l’Etat ?)
    - Les abattements diverses et variés des primes aux propriétaires
    - Les braderie actionnariales des primes au court terme et aux opportunistes (effet d’aubaine)
    - Les déductions Robien, une des causes alimentant la flambée de l’immobilier et surtout le catalyseur de la croissance du revenu du patrimoine (toujours pour les mêmes)

    La liste pourrait être longue, est c’est bien pour cela que la lorgnette des retraites n’est qu’une des faces d’une France qui déteste les privilèges mais adore les avantages.



  • Rage Rage 1er août 2006 13:54

    Bonjour,

    Oui les retraites vont poser de gros problèmes à l’avenir et oui des injustices évidentes transparaissent.

    Mais à QUI la faute ? Au public ? Au privé ? Aux élus ? Aux syndicats ? Il suffit de lire le livre « Toujours Plus » de F.de Closets pour se rendre compte que la cooptation syndicalo-bureaucratique a bien négocié ses avantages en laissant la contre-partie aux lobbyes de pouvoir avoir champ libre pour ce type de questions. Tous dans la même barque donc.

    L’opposition public-privé me semble simpliste, et trompe l’oeil.

    La véritable opposition est plutôt à chercher du côté des personnels encadrants / personnels salariés et catégories B et C. Le problème en fait, c’est que les avantages dans ce pays sont proportionnels non seulement au salaire mais qui plus est au statut et à la « gâche » ou créneau. Il advient que cela ne fait qu’accroître les inégalités, bien au delà du simple salaire.

    Ainsi mieux vaut gagner 1200€ sur 14 mois + tickets restos + tickets vacances + prêts avantageux + package dans une banque plutôt que 1500€ en tant que salarié d’une PME. A l’autre bout de l’échelle, mieux vaut être PDG de total que ministre, et donc mieux vaut être directeur chez danone que Cadre A rang exceptionnel dans le public et encore plus que catégorie B ou C dans une petite commune...

    Et oui, en France, au delà des apparences se superposent une foultitude d’avantages et de privilèges (dont les retraites) que certains défendent bec et ongle au titre des « acquis sociaux ». Ce beau paravent ne doit pas occulter le fait que c’est toujours ceux qui sont proches du pouvoir, et ceux là mêmes qui sont élus pour mieux le réguler (syndicats) qui jouissent le plus de la manne financière et statuaire, qu’ils soient du privé ou du public...

    Là est le vrai problème de société parfaitement traduit par le creusement des inégalités et le gouffre de la dette publique.

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