• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Étonnant > La vie ne tient qu’à un rat

La vie ne tient qu’à un rat

On connait le « syndrome de l’aile du papillon  » qui propose qu’un battement d’aile peut déclencher une catastrophe à l’autre bout de la planète.

C’est ce qui a failli se vérifier récemment lorsqu’un rat à mis en péril tout l’hémisphère nord.

En effet, comme l’a écrit Pierre Schoendoerffer : « le battement d’ailes d’un papillon au pays du matin calme pouvait provoquer un ouragan à l’autre bout du monde ». lien

Il s’était inspiré, pour écrire son livre des paroles d’Edward Lorenz, un célèbre météorologue, qui estimait en 1972 que « le battement d’aile d’un papillon au Brésil pouvait provoquer une tornade au Texas  », faisant suite au déterminisme décrit par le mathématicien Pierre-Simon de Laplace expliquant qu'une erreur minime sur un paramètre pouvait avoir une influence importante sur la situation résultante à une date ultérieure. lien

Ce qui est étonnant dans la théorie proposée par Schoendoerffer, c’est le coté prémonitoire de sa phrase, car « le pays du matin calme  », c’est bien sur le Japon, ce pays qui a connu la plus grosse catastrophe nucléaire à ce jour dans le monde, et c’est dans la centrale nucléaire de Fukushima que, le 20 mars 2013, s’est produit une panne qui aurait pu avoir des conséquences sur tout l’hémisphère nord, voire au-delà, l’exploitant TEPCO ayant tout de même attendu 3 heures avant de l’annoncer. lien

En effet la panne qui s’était produit aux alentours de 19h, n’a été signalée qu’à 22h11. lien

En effet, même si certains en doutent encore, (lien) c’est bien un rat qui a provoqué un court circuit, entrainant une panne d’électricité dans la centrale nucléaire, paralysant du lundi soir au mercredi matin le système de refroidissement des piscines de stockage, ce qui a été confirmé par Tepco. lien

Ajoutons pour faire bon poids qu’une autre piscine, rarement évoquée, la piscine centrale, laquelle contient 6377 assemblages n’a plus eu non plus son refroidissement assuré.

Elle n’est éloignée que d’une cinquantaine de mètre de la piscine n°4 et il est difficile d’estimer ce qui arriverait si la piscine centrale devenait incontrôlable. lien

Il aura fallu 39 heures pour trouver la raison de la panne, et rétablir le courant, permettant d’assurer à nouveau le refroidissement des piscines.

La température maximum mesurée dans celles-ci à atteint les 31,8°C, ce qui naturellement provoqué une évaporation, et une baisse du niveau d’eau au dessus des assemblages. lien

Rappelons que 2 ans après la catastrophe, la centrale nucléaire n’est toujours pas pourvue de système de secours de refroidissement.

On se souvient que quelques temps après la catastrophe du 11 mars 2011 les piscines des réacteurs 3 et 4 étaient entrées en ébullition provocant un important dégagement de radioactivité. lien

C’est le moment de rappeler que c’est la piscine du réacteur N°4 qui est dans la situation la plus préoccupante : perchée à 30 mètres de haut, délabrée lors de l’explosion d’hydrogène, laquelle à soufflé le toit, elle penche du coté où elle pourrait tomber, malgré les renforts qui lui ont été apportés par une structure métallique.

Pour le physicien Jean-Louis Basdevant, expert en matière nucléaire, connu pour avoir été longtemps favorable au nucléaire, elle semble être maintenue en hauteur par « les seules forces de l’esprit ». lien

Le professeur Hiraoki Koide, de l’institut de recherche nucléaire universitaire de Kyoto, à déclaré : « si le bassin du réacteur nucléaire N°4 devait s’effondrer, les émissions radioactives seraient énorme (…) une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima » et pour d’autres experts, ce serait 60 fois plus grave que lors de la catastrophe de mars 2011.

De plus, lors de l’explosion, des parties du pont roulant, et des poutrelles sont tombées sur les assemblages stockés dans la piscine, et une caméra a pu constater que certaines gaines de zirconium avaient été endommagées, voire même brisées. lien

Ajoutons que cette piscine contient les 1535 assemblages usés des 3 réacteurs, et 200 assemblages neufs. (lien) alors qu’elle ne devrait en accepter que le tiers, ce qui provoque une proximité entre les assemblages, et renforce le danger de criticité.

Ce danger serait encore plus préjudiciable à l’environnement s’il concernait la piscine de refroidissement du bâtiment n°3, puisque celle-ci contient des assemblages avec du Mox, donc entre 7 et 8% de plutonium, produit extrêmement radioactif, d’autant qu’en février dernier un pièce en métal d’une tonne et demie est tombée dans cette piscine, ce qui aura pu endommager les assemblages. lien

Or, lors de la catastrophe du 11 mars 2011, il reste encore des inconnues, notamment sur la nature des explosions qui se sont produites.

D’après le professeur britannique Christopher Busby, expert en énergie nucléaire, l’explosion de l’unité 3 n’aurait pas été une explosion d’hydrogène, mais due à une criticité de fission nucléaire, ce qu’il démontre en détail sur ce lien, avec l’approbation d’un autre expert, Arnie Gundersen. lien

Une courte vidéo montre bien la différence de la nature des explosions concernant l’unité 1 et l’unité 3. Elle montre clairement que dans le premier cas, les fumées s’orientent horizontalement, alors que dans le second, c’est nettement vertical. vidéo

C’est d’ailleurs ce qui expliquerait que l’on ait retrouvé des morceaux de combustible à l’extérieur du site nucléaire. lien

Le scénario évoqué par Arnie Gundersen est le suivant : suite à l’explosion d’hydrogène, l’onde de choc aurait ébranlé les combustibles de la piscine, provoquant une réaction nucléaire « prompte », ce qui aurait envoyé au-delà du Pacifique la pollution nucléaire. lien

D’ailleurs on voit très bien sur les photos que l’explosion venait de la piscine de stockage. lien

Ce danger de criticité a déjà été évoqué par de nombreux scientifiques : si l’eau venait à manquer au dessus des assemblages, ceux-ci se mettraient à chauffer spontanément, faisant évaporer la quasi-totalité de l’eau restant, et rendant impossible le refroidissement si la température atteignait le seuil critique,

Des lors, il deviendrait impossible de contrôler quoi que ce soit : des explosions d’hydrogène, et de « réaction nucléaire prompte » se produiraient, provocant la dispersion d’une énorme quantité de radioactivité contenue dans les 2500 tonnes de combustible nucléaire que contiennent les piscines, qui ne pollueraient plus seulement le Japon, mais qui concernerait tout l’hémisphère nord, voire au-delà. lien

Ils sont nombreux à avoir alerté les instances mondiales, et parmi eux, on trouve le professeur Koichi Kitazawa.

Ce scientifique qui présidait l’Agence Japonaise pour les Sciences et la Technologie à déclaré : « après avoir écouté des centaines de témoins, ma conviction est faite. A la centrale de Fukushima, le pire est peut-être à venir. A cause de la piscine du réacteur 4, un nouvel accident peut se produire n’importe quand, qui menacerait la survie même de mon pays ». lien

Marc Molitor, journaliste à RTBF, s’est longuement renseigné sur les conséquences qu’entrainerait la vidange, ou l’écroulement de la piscine du  : « le rayonnement radioactif rendrait impossible toute approche du site. A 100 mètre, un travailleur décéderait en une demi-heure. A 500 mètres ou à un kilomètre, les doses limitées tolérées par an seraient atteintes en quelques heures. On ne pourrait plus alors continuer à surveiller les 3 autres réacteurs et leur piscine de combustible ainsi que piloter leur alimentation en eau. Là, on serait dans un scénario vraiment dramatique, car ils deviendraient des sources très puissantes de rayonnement ». lien

Cette panne du 20 mars 2013 n’est pas une première : une première panne s’était produite à l’été 2012. lien

Le syndrome de l’aile du papillon est donc une réalité, et lorsque les gouvernements continuent, pour certains, à privilégier la technologie nucléaire, on peut s’interroger logiquement sur ces choix discutables.

En France, on pourrait aussi relever cette phrase entendue de la bouche d’une « responsable », Nathalie Bonnefoy, directrice de la communication du site nucléaire du Tricastin, s’étant exprimée lors d’un nouvel « incident », qui laisse présager de quelle manière l’information nous est donnée : «  des que l’accident est visible, il est important de donner des informations » sous entendant clairement que dans le cas contraire, ce n’est plus essentiel d’informer. lien

La politique du secret dans le petit monde nucléaire a encore de beaux jours devant lui.

Jean Louis Basdevant s’exprimant au sujet de Fessenheim a affirmé : « Fessenheim est dangereuse (…) un accident nucléaire majeur y anéantirait le cœur de l’Europe pour plus de 3 siècles ». lien

Du 26 au 28 avril prochains, dans toute la France, et au-delà, des actions seront menées pour commémorer la catastrophe de Tchernobyl, et on peut s’inscrire sur ce lien pour y participer.

Comme dit mon vieil ami africain : « il y a parfois des remèdes pour la maladie, mais il n’y en pas pour la destinée ».

L’image illustrant l’article provient de « paperblog.fr ».

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

Une pétition à signer pour défendre les énergies propres.

Films à voir : « fukushima, chronique d’un désastre  » ARTE

Terre Souillées, documentaire de Marie Dominique Robin

Beaucoup de vidéos sur le site de Scoop It.

A lire : « Fukushima, récit d’un désastre » de Michaël Ferrier

A découvrir : ce reportage dans la zone interdite, ainsi que ces vidéos décrivant chronologiquement la catastrophe.

Sites à visiter :

Le blog de Fukushima

Fukushima Diary

Scoop It

Next-up organisation

Blog de Jean Pierre Petit

Site de la CRIIRAD

Site de l’ACRO

ENENEWS

Articles anciens

Tchernobyl, drôle d’anniversaire (12 mars 2011)

Fukushima, mon amour

Fukushima, Sarko pète les plombs

Fukushima, et maintenant ?

Fukushima, nuages noirs à l’horizon

Entre fusion et confusion

Fukushima, le monde du silence

Au pays du soleil, le Vent !

Fukushima, le syndrome Japonais

Fukushima, la fuite en avant

Fukushima, plus jamais ça

C’est foutu…shima

L’exode nucléaire

Ça fume à Fukushima

Nucléaire, la cible terroriste

Fukushima, le mensonge organisé

Faire reculer le crabe

Le Japon bientôt inhabitable ?

Le silence des salauds

On a retrouvé le corium de Fukushima

La France a peur

Fukushima, tragédie en sous sol

Fukushima, tournée mondiale

Fukushima, un silence inquiétant

Fukushima, le début de la fin

Nucléaire, explosion des prix

Penly du feu et des flammes

Les normes sont-elles normales ?

Fukushima, quand c’est fini, ça recommence

Fukushima, l’en pire Japonais

Le mensonge nucléaire de sarközy

Palmiers contre nucléaire

Promo nucléaire : pour toute centrale achetée, leucémie en prime !

Fukushima, les limites du cynisme

Ce cher nucléaire

Nucléaire, de la fission aux fissures

La fable du thorium

L’hallali nucléaire

Fukushima, la stratégie de l’oubli

Fukushima s’enfonce-t-il ?

11 mars 2011, remember Fukushima


Moyenne des avis sur cet article :  3.8/5   (30 votes)




Réagissez à l'article

164 réactions à cet article    


  • liko liko 28 mars 2013 09:09

    Bonjour,


    Article intéressant car il résume bien des faits, mais je trouve qu’il manque une conclusion/synthése de fin. Pourquoi ne donneriez-vous pas votre avis sur les faits au lieu de les cataloguer les uns à la suite des autres ? ça initierait un peu le débat dans les commentaires.

    • gaijin gaijin 28 mars 2013 09:25

      liko
      vous êtes nouveau dans le coin ?
      ne vous en faites pas ......
      pour animer le débat olivier dispose d’une équipe de professionnels payés par areva pour aider lutter contre la désinformation en matière de nucléaire
      vous pourrez donc apprendre au fil du débat
      que le seul danger en matière de radioactivité est le granit breton
      que l’industrie du nucléaire est la plus sure du monde
      que l’augmentation des tarifs de l’électricité est causée par les énergies renouvelables
      et que zéro plus zéro égale la tète a toto

      patientez donc un peu le cours va commencer
       smiley

      ici on est comme au spectacle de guignol en général l’entrée en scène du premier clown commence par « salut les enclumes »
      chuuut le rideau ne va pas tarder a se lever


    • liko liko 28 mars 2013 09:35

      J’ai un peu lu les anciens fils de commentaire sur le sujet, et c’est pour cela que je pose la question.

      On retrouve toujours une opposition de pour et de contre et je trouve cela stérile dans le débat. Je n’ai rien contre à apposer des idées mais je sens que c’est toujours la même chose. Vous ne trouvez pas ?

    • gaijin gaijin 28 mars 2013 09:52

      liko
      oui c’est toujours pareil mais il y a des sujets qui cristalisent instatannément les oppositions de points de vues
      la structure aristotélicienne de notre pensée héritée de la scolastique moyenageuse nous pousse de toute manière innélectuablement vers ce genre de dérives
      le fait même que je soit au départ venu sur ce site pour m’informer a l’issue du problème fukushima témoigne d’un réflexe aquis : on est désinformés sur ces sujets ........
      je n’étais pas a l’époque un habitué du net et j’ai découvert avec stupeur la teneur de certains discours

      mais et vous même ?
      vous en pensez quoi ? 


    • olivier cabanel olivier cabanel 28 mars 2013 10:07

      liko

      c’est une règle que j’essaye de respecter.
      l’article n’est là que pour donner des infos, ensuite au lecteur de faire son opinion.
      par contre dans les commentaires, je ne m’interdit pas de donner la mienne.
      vous la voulez ?
      on arrête tout de suite le nucléaire, d’autant que j’ai prouvé il y a quelques mois que l’on pouvait, sans se priver, produire autant d’énergie que nécessaire, sans utiliser les énergies fossiles.
      l’article est

    • liko liko 28 mars 2013 10:08

      Comme je ne suis pas férue dans ce domaine, j’essais de m’informer grâce au net, mais je tombe toujours sur des excés de dialogue, des oppositions, ce qui ne m’explique pas le probléme du nucléaire.

      Soit, c’est dangereux ! L’accident de Fukushima est là pour nous le montrer, mais rien m’explique vraiment pourquoi. Je reste toujours sur une soif de savoir.


    • liko liko 28 mars 2013 10:15

      @olivier,


      je vais lire ça !

    • liko liko 28 mars 2013 10:36

      J’ai lu rapidement. J’ai trouvé un article sur Rifkin ici, que je ne connaissais pas.

      Le projet semble intéressant mais est-il industriellement mure à l’heure actuelle ?
      Délocaliser une grande part de l’énergie semble être un projet de taille. En avons-nous les moyens ? et dans combien de temps ? quelle est la sécurité intrinséque d’un tel projet pour nos concitoyens en terme de délivrance d’énergie ?
      Arrêter tout le nucléaire d’un coup pour passer à cela me semble utopique, mais bon on n’y viendra surement un jour ! Il faut regarder comment cela se passe ailleurs histoire d’éviter des erreurs et de pouvoir s’adapter en conséquence.
      Je crois que le nucléaire on en a encore pour pas mal d’années même si on diminue sa participation.

    • gaijin gaijin 28 mars 2013 10:44

      liko
      « rien m’explique vraiment pourquoi. »
      pourquoi ?
      sur un plan technique la radioactivité engendre cancers malformations ......
      sur un plan social : le pognon
      pourquoi la centrale de fukushima est elle en bord de mer ?
      pourquoi la digue est elle trop basse ?
      pourquoi les batteries de secours sont elle dans le même batiment que le reste du centre électrique ?
      pourquoi sont elles en sons sol ?
      pourquoi les employés sont ils mal formés ?

      pour faire des économies !!!!

      pourquoi a t’ on besoin du nuclaire ?
      pour éclairer les villes la nuit ?
      pour chauffer des apartements a 25° l’ hivers ?
      parce qu’il n’existe pas d’autre solution ?
      parceque c’est l’énergie de l’avenir ?
      parce qu’il y a de gros intérêts privés a défendre ?
      a votre avis ?

      c’est le même principe que le rapport bénéfices - risques en médecine
      nous faisons les bénéfices, vous prenez les risques ......
      plie je gagne, face tu perd
      voilà pourquoi ......il n’ y a pas de véritable débat possible 

       


    • olivier cabanel olivier cabanel 28 mars 2013 11:06

      liko

      quand je dis « arrêter tout de suite le nucléaire », c’est bien sur une image.
      chacun comprend que il faudra beaucoup d’années, de dizaines d’années, ne serait-ce que pour le démantèlement des centrales...
      il faut donc comprendre dans la phrase « arrêter tout de suite le nucléaire », la décision de tourner la page.
      et des que cette décision essentielle sera prise, on remplacera progressivement toutes les énergies fossiles par des énergies propres.

    • BlackMatter 28 mars 2013 19:31

      Moi j’ai rien contre les énergies propres mais elles sont trop ponctuelles pour être efficaces. Tout le monde sait qu’à cause des choix politiques en Allemagne, on consomme du charbon en veux tu en voilà ce qui est une catastrophe pour le paysage et pour l’atmosphère.

      Ok, la fission c’est pas le top mais en attendant la fusion, on n’a que ça. Mais on trouvera encore et toujours des écolos pour rejeter les recherches sur la fusion - par pur dogmatisme- alors que c’est une énergie d’avenir, très sûre, écologique et durable.

    • olivier cabanel olivier cabanel 28 mars 2013 19:45

      blackmatter

      la fusion ?
      personne n’a le moindre début de preuve que « ça pourrait marcher »...
      et quand bien même...
      pourquoi aller chercher une solution compliquée, et improbable, alors que nous avons déjà les solutions à portée de main ?
      si vous avez lu attentivement l’article que je vous ai mis en lien vous avez la preuve que la sortie du nucléaire, et des autres énergies fossiles, est possible.
      on essaye de nous faire croire que c’est impossible...mais regardez au Japon, ils n’ont pas eu le choix, et ont du trouver tout de suite une solution (elle n’est pas idéale, mais il y avait l’urgence), et lorsqu’ils auront fait le tour de leur possibilité en énergie propre, (géothermie, éolien, méthane fabriqué, solaire, etc) ils pourront tourner la page nucléaire.

    • BlackMatter 28 mars 2013 20:06

      Bof... Le méthane a un pouvoir de nuisance sur l’effet de serre 100x supérieur à celui du Co2. Et vous savez bien que le Japon a du relancer des centrales nucléaires pour faire face à la demande... Et puis comment voulez vous qu’on sache si l’utilisation de la fusion est possible si on ne fait ni recherche ni expérience ?

      Non, pour moi, l’urgence est de diminuer notre production de Co2 quitte à devoir utiliser le nucléaire. Je suis très inquiet des tentatives de récupération des hydrates de méthane et il faut savoir que si nous continuons à réchauffer la planète, les hydrates au fond de la mer risquent de remonter dans l’atmosphère et là, ce sera une vraie catastrophe à l’échelle mondiale.

    • olivier cabanel olivier cabanel 28 mars 2013 20:10

      blackmatter

      tout d’abord ce n’est pas 100 fois pour le méthane, mais seulement 20 fois, ce qui est déjà beaucoup. lien
      mais vous faites une grosse confusion.
      le méthane pose un problème justement quand il n’est pas brulé.
      il regagne les hautes couches de l’atmosphère, 
      le méthane que j’évoque, c’est du méthane que nous fabriquons, afin de le bruler
      pollution quasiment nulle.
      on gagne sur les 2 tableaux.
      ceci dit, le méthane qui s’échappe de sous le pergélisol, celui là, il va être difficile de le récupérer.
       smiley

    • olivier cabanel olivier cabanel 28 mars 2013 20:11

      blackmatter

      j’ajoute que le méthane piégé dans les glaces des poles s’échappe déjà , et ça fait un bout de temps que ça a commencé !

    • BlackMatter 28 mars 2013 20:26

      20 fois ok...

      Peu importe.
      Il n’empêche qu’il n’y a pas des hydrates de méthane seulement aux poles mais un peu partout au fond de la mer et que son dégel à déjà causé une extinction massive (extinction permienne).
      Alors si vous me demandez de choisir entre le mauvais et le pire, je prend le mauvais.



    • liko liko 29 mars 2013 07:58

      Exploiter le méthane contenu dans les gisements d’hydrates de gaz sera-t-il bientôt possible ? Avec un premier test prévu en mars 2013 et des milliards de yens investis, le Japon s’engage dans un programme de recherche ambitieux le long de ses côtes. Le but : une production commerciale dans les dix ans à venir.


    • olivier cabanel olivier cabanel 29 mars 2013 09:12

      liko

      oui, j’ai vu cette info.
      ceci dit, ça reste une solution de transition provisoire, puisqu’il s’agit d’une énergie fossile.
      il faut bien comprendre le potentiel du méthane fabriqué, que ce soit en France, au Japon ou ailleurs.
      dans un article déjà ancien, j’avais expliqué en détail qu’il y avait en France la possibilité théorique de faire tourner tous les véhicules du pays (poids lourds compris) avec le méthane produit, soit 54 mtep/an.
      c’est une information capitale, puisque ça veut dire que nous ne serions plus dépendant du pétrole extérieur, et ça améliorerait considérablement notre balance économique.
      l’article complet est sur ce lien
       smiley


    • liko liko 29 mars 2013 09:15

      Alors pourquoi les Japonais ne suivent-ils pas votre voie puisqu’ils n’ont pas de pétrole ?


    • olivier cabanel olivier cabanel 29 mars 2013 09:20

      liko

      et il n’y a pas que cette voie, pour nos amis japonais :
      ils ont un parc éolien off shore, qui a eu la particularité de résister au tsunami, et continue a fonctionner parfaitement.
      de plus, les japonais ont le privilège d’être assis sur une immense nappe d’eau chaude...
      ils ont bien quelques usines géothermiques qui exploitent cette chaleur, mais ils sont très loin d’avoir exploité tout le filon.
      ajoutons que le Japon était, il n’y a pas si longtemps, l’un des plus gros producteur de panneaux photovoltaïque...
      alors, vous allez me dire : pourquoi ne développent-ils pas toutes ces énergies propres ?
      la réponse est simple.
      il y a dans ce pays (comme chez nous d’ailleurs) un lobby pronucléaire très puissant.
      rien de plus.

    • liko liko 29 mars 2013 09:32

      Les Japonais se développent dans la technologie des hydrates de méthane, technologie qui n’en est pas moins difficile et coûteuse. Alors, quel est leur intérêt de se développer dans cette voie si, comme vous le dite, ils ont plus simple à faire ailleurs. Les gisements de méthane seraient-ils pro nucléaire ? J’avoue ne pas comprendre !


    • olivier cabanel olivier cabanel 29 mars 2013 09:57

      liko

      il faut toujours différencier les « énergies fossiles » (qui fatalement un jour ou l’autre finiront par s’épuiser) et les énergies fabriquées, dont le potentiel est inépuisable.
      donc, que ce soit en exploitant du charbon, du pétrole, ou du méthane, on reste sur une logique d’exploitation d’énergie fossile,
      alors que le méthane produit, ou si vous préférez, fabriqué, est sans limite.

    • liko liko 29 mars 2013 10:01

      J’ai bien compris le coté renouvelable de la production de methane. Alors pourquoi allez le récupérer au fin fond des mers. Serait-ce plus productif pour eux qui ont besoin de ressources ?


    • olivier cabanel olivier cabanel 29 mars 2013 10:10

      liko

      à mon avis, c’est quand même plus simple de récupérer du méthane déjà fabriqué que d’en faire, et pourtant, j’ai connu un agriculteur qui s’était mis en tête d’en fabriquer.
      récupérant du lisier de porc, la première production est arrivée moins d’une année après : 180 m3 de méthane par jour...avec le double avantage c’est qu’il faisait bruler ce méthane dans un « totem » sorte de moteur tournant au gaz : il produisait donc de la châleur mais aussi de l’électricité.


    • liko liko 29 mars 2013 10:39

      A l’échelle locale, cela marche. On devrait inclure ces systèmes là où il y a de la ressource pour produire du gaz, ça devient intéressant. Mais cela doit avoir des limites de capacité.

      Il y a ici un doc intéressant sur le biogaz par rapport au gaz naturel.

    • gaijin gaijin 29 mars 2013 10:48

      « A l’échelle locale, cela marche »
      vous posez là la question qui tue
      a l’échelle locale on sait tout faire ! des maisons passives ne perdant pas de chaleur produisant leur électricité, autonome sur la question de l’eau ........
      et depuis longtemps !

      alors pourquoi ?
      on veut pas ! des citoyens dépendants d’un réseau extérieur sont bien plus faciles a diriger et exploiter que des individus indépendants ........


    • liko liko 29 mars 2013 11:15

      Ce que je voulais dire par « à l’échelle locale » c’est que il est plus facile de construire des petites structures que des grosses pour ensuite, aprés traitement, injecter ce gaz produit dans le réseau régional/national.


    • olivier cabanel olivier cabanel 29 mars 2013 11:18

      liko

      une fois de plus, les moyens de produire du méthane sont quasi illimité : tout ce qui fermente en produit : des stations d’épuration, aux zones de stockage de déchet, en passant par les copeaux de bois destinés à faire des granulés, par les étables, les écuries, les pailles de refus, les égouts, le petit lait des fromageries, etc...on peut faire du méthane partout.
      énergie illimitée.
       smiley


    • liko liko 29 mars 2013 11:30

      « énergie illimitée » : tant que l’on produit de la matière à méthaniser !!!


    • liko liko 29 mars 2013 11:36

      Projet pas loin de Paris : vidéo


    • olivier cabanel olivier cabanel 29 mars 2013 11:47

      liko

      je confirme « illimitée »
      si vous admettez qu’il y aura toujours de la végétation, il y aura donc toujours de la décomposition, donc du méthane...

    • olivier cabanel olivier cabanel 29 mars 2013 11:49

      liko

      il y en a un peu partout...
      à lille, par exemple, les camions de collecte d’ordures tournent grâce au méthane qu’elles ont produit..
      mais ça pourrait être autrement plus important, élargi à l’échelle du pays...

    • liko liko 29 mars 2013 11:56

      Illimité voudrait dire sans limite, or la seul limite c’est l’apport de matiére à méthaniser. Je suis d’accord avec vous pour dire illimité=renouvelable, mais pas au sens strict du terme.


    • olivier cabanel olivier cabanel 29 mars 2013 12:54

      liko

      j’avoue que votre réponse me plonge dans un abîme de perplexité
      tant que la végétation poussera, il y aura du méthane
      c’est donc illimité
      a moins que la planète ne meure...


    • liko liko 29 mars 2013 13:19

      Pas grave, c’est qu’une question de définition au terme « illimité » ! smiley


    • olivier cabanel olivier cabanel 29 mars 2013 15:32

      liko

      le mot illimité n’a qu’une définition.
       smiley


    • liko liko 29 mars 2013 15:47

      Comme le « illimité » de mon forfait téléphonique. smiley


    • BlackMatter 29 mars 2013 15:49

      Illimité veut dire sans limite.

      Or notre capacité de produire artificiellement du méthane dépend, vous le dites vous même, de notre capacité à produire de la matière organique qui pourra fermentée. Mais pour produire cette matière organique, il faut des terres, des engrais (parfois issus du pétrole qui est épuisable). Il existe donc une limite à nos capacités. Peut être vaudrait il mieux utiliser le mot durable que illimité. De toute façon, cette production anthropique ne saurait répondre à l’ensemble des besoins de la population humaine et risque même de se substituer à la production de plantes destinées à l’alimentation. Et on sait bien ce que cela donne pour les biocarburants : explosion des prix de la nourriture et raréfaction. Parfois les solutions des écolos sont pires que la peste. Pour l’instant et avant la fusion (que je souhaite), il n’y a guerre que la fission nucléaire (et la surgénération) qui peut nous apporter durablement de l’énergie « propre » (oui je sais qu’il y a les déchets mais les chercheurs s’en occupent via la transmutation). Ce qui ne veut pas dire qu’il faut se dispenser de mettre en place l’éolien, le géothermique et le solaire.

    • liko liko 29 mars 2013 15:55

      « Il existe donc une limite à nos capacités... »


      En effet, c’est plus cela que je voulais dire.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires